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homélie pour la nativité du christ sous forme d'un dialogue

  • Homélie sur la Nativité du Christ sous la forme d'un dialogue

     

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    Un dialogue sur la paix qu’annoncent les anges lors de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ.

     

     

    Un disciple interrogeât son Abba : «  Abba Nous entendons lors de la Nativité de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ les anges proclamer du Ciel : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix aux hommes la bienveillance » (Lc II, 14) «  Comment nous les hommes nous recevons cette paix ? »

    - L’Abba répondit : « C’est un long chemin qui ne se gagne pas en un seul jour, ni même en une seule année, ni même en dix années. Il faut vaincre en toi toutes les guerres contre la chair et seulement après, le Christ, dans un don entièrement gratuit, s’il trouve ta terre bien labourée la sèmera de Sa paix.  Tu ne la recevra pas d’un coup. Elle grandira progressivement presque à ton insu. Un jour tu constateras que non seulement ton âme n’est plus en guerre, mais qu’elle goute à la paix supracéleste et que chaque jour cette paix tente à gagner davantage d’espace dans ton âme. Lorsque cela arrivera d’autres renoncements qu’il est inutile que tu connaisses aujourd’hui te seront indiqués pour qu’elle grandisse davantage en toi. » Avant la paix le combat se fait directement contre le péché, certes face à la vertu que ce péché nous fait perdre : générosité contre Jalousie et envie; douceur contre irascibilités et colère;  patience contre l'impatience; la  joie du Saint Esprit contre la tristesse des soucis de ce monde ; l’amour de Dieu et de ses ennemis contre la haine et la rancœur. Dans cette première et longue expérience le Christ dans l’Esprit Saint nous montre toutes les beauté perdues à cause du péché que nous entretenons en nous. Mais quand notre âme reçoit en abondance la Paix du Christ, c’est directement et principalement la perte de la paix qui devient notre guide. Tel chemin nous est proposé. Si après avoir examiner attentivement cette route nous constatons qu’en nous y engageant nous restons en paix nous nous y engageons. L’apôtre Pierre agissait ainsi lorsqu’il s’exclame : «  L’Esprit m’a dit d’aller avec eux. » (Act XI, 12). Mais si au contraire nous discernons que l’Esprit Saint qui communique le charisme de la paix ne nous accompagne pas aussitôt nous rebroussons le chemin, comme Paul et Timothée : « Arrivés près de la Mysie, ils tentèrent de passer en Bithynie, mais l’Esprit de Jésus ne leur permit pas. »( Act XVI, 8) et encore : « L’Esprit Saint leur a fait dire de ne pas monter à Jérusalem. » (Act. XXI, 4) et encore :  « Ils parcourent la Phrygie et de pays des galates parce que le Saint Esprit les avaient empêchés de dire la Parole en Asie. » (Act. XVI, 6). S’ils perdaient la paix en s’engageant dans un chemin ils y renonçaient. C’est le Christ Lui-même qui avaient enseigner ce discernement à ses apôtres : « En entrant dans cette maison saluez-là. Si la maison est digne, que votre paix vienne sur elle ; si elle n’en n’est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Sortez de cette maison en secouant la poussière de vos pieds. » (Mt. X12-14) » Mais avant de pouvoir exercer ce discernement il faut recevoir cette paix du Christ « non pas comme le monde la donne » ( Jn XIV, 27). Le Christ indique par cette parole que cette paix est un charisme que l’on ne reçoit que de Lui. Mais au paravant il est nécessaire de combattre la chair, même si les arrhes de cette paix nous sont donnés avant que la chair ne soit entièrement vaincu. L’Apôtre Paul l’atteste lui qui était dans cette paix et dont le combat contre la chair n’avait pas été enlevé: « Il m'a été mis une écharde dans la chair. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et Il m'a dit: «Ma grâce te suffit». Car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse ». (2 Cor XII.7-9).

    - Le disciple interrogeât à nouveau l’Abba : «  Dis moi qu’elles sont les guerres spécifiques contre la chair qu’il faut affronter et vaincre pour recevoir la paix ? »

    - L’Abba répondit : «  Les guerres de la chair sont nombreuses et variées et vont de la chute dans l’impureté en passant par le combat sans chute physique contre les pensées mais avec des satisfactions imaginatives, jusqu’à l’ignorance de la tentation, en tenant la pensée impure à l’extérieure de son âme lorsqu’elle se présente. Toutes les guerres de la chair peuvent nous être présentées, car ce qui n’est pas vaincu dès le commencement, ou au milieu du chemin de la vie spirituelle, nous est représenté tout au long de notre existence jusqu’à la fin tant que cela n’est pas extirpé. Le moine du Mont Athos le bienheureux Abachuq aux pieds nus qui avait été par une disposition mystérieuse de la Providence Divine préservé du combat contre la volupté durant presque toute son existence, fut soudainement vers la fin de sa vie, alors qu’à cet âge pour les hommes de ce monde la chair est souvent éteinte, soumis à un combat surhumain contre la pensée de fornication que dans sa simplicité et sainteté il confessait à ses disciples.

    - Mais il faut également compter comme un combat contre la chair, même si tu vis dans la plus absolue pureté charnelle : le désir de plaire dans le monde, d’accéder aux honneurs et au pouvoir dans l’Église, c’est-à-dire l’ambition ecclésiastique, la jalousie du prochain, le jugement du prochain, la haine du prochain et le non pardon absolu de son persécuteur. Car tout ce qui est en rapport avec l’homme et le monde est un combat contre la chair, même s’il comporte une partie spirituelle satanique. Il est nécessaire d’avoir fait diminuer fortement en soi toutes ces guerres pour pouvoir recevoir la paix du Christ. Nous disons « diminuer » et non pas « supprimer » car il faut chaque jour s’attendre à la tentation, et jusqu’à la mort savoir que l’on a jamais remporté une victoire définitive et qu’à tout instant on peut chuter. »

    - « Abba ce chemin me paraît difficile et il me semble que bien peux sont ceux qui y parviennent. Nous nous sommes dans le monastère, protégés du monde, et malgré cela, lorsque je lis les Catéchèses de notre Père Syméon le Nouveau Théologien, je vois que déjà il y avait dans la vie cénobitique des troubles à propos de l’élection de l’higoumène, que des ambitions, des jalousies possédaient les cœurs de ceux qui avaient choisi, en principe, une voie de dépouillement. Il en est de même aujourd’hui… Et les moines qui ne le sont devenus que pour devenir évêque et qui à la fin de leur vie se sont rassis, car leur ambition ne s’est pas réalisée. J’ai peur pour moi-même de tomber dans tous ces travers. Donnes-moi une parole Abba pour mon salut. »

    - «  Mon enfant, une vertu l’emporte sur toutes les autres pour vaincre la chair et toutes ses vanités, elle constitue également « le chemin le plus accessible pour ceux qui sont dans le monde ; car elle permet en maintenant l’âme brisée de vivre une participation à la Croix du Christ, et vers la fin de notre vie de recevoir Sa paix. »

    - «  Quelle est cette vertu Abba  que je m’efforce de ma pratiquer ? » interrogeât le disciple.

    - L’Abba répondit : «  C’est le pardon des fautes commises, l’amour des ennemis et de prier sans cesse pour le salut de son persécuteur. Cette vertu là ouvre, plus rapidement que toutes les autres, l’âme à recevoir la paix du Christ. Car celui qui est en paix dans son cœur avec tous, c’est du Christ qu’il tient cette paix et le Seigneur remplira son cœur d’une paix débordante. L’Apôtre Paul atteste ce mystère en s’exclamant : «  Que le Seigneur de la Paix vous donne lui-même la paix. » ( II Th. III, 16) Signifiant par là que la paix vient toujours du Christ : « Que la paix du Christ règne dans vos cœur » ( Col III, 15) et que notre tache humaine comme témoins de sa Résurrection est de : « Réconcilier les êtres (leur pardonner) en faisant la paix par le sang de la Croix » ( Col I , 20) car le véritable pardon est toujours crucifère et a sa source dans le Christ crucifié. » Dans le pardon du Christ il n’y a aucune place pour l’esprit de domination, pour la jalousie, pour la rancune, pour l’ambition, pour prendre la place d’un autre, voler un autre ou surpasser un autre. Le pardon est toujours humble. C’est par le pardon et l’amour des ennemis que toute guerre cesse, et que le Christ accorde à l’âme Sa paix. Une seconde vertu procure cette paix, c’est la prière permanente pour les âmes des défunts. Car celui qui prie pour les âmes des défunts et spécialement pour celles qui sont en Enfer, bien qu’il ne puisse savoir qu’elles sont ces âmes ; sans le savoir il place sa propre âme en Enfer. En effet on interrogeât un jour un Père qui pratiquait la prière perpétuelle pour les défunts en lui demandant pourquoi il avait choisi cette prière bien qu’il avouât prier pour les vivants : « un peu moins » disait il. Il expliquait : « Les vivants nous les voyons et de nombreux saints moines et prêtres et des croyants prient pour eux, surtout si ils y sont sollicites par telles ou telles personnes. Mais les défunts en dehors des dyptiques, nous ne les voyons pas, et ce sont ceux qui sont oubliés en premier. La mémoire des défunts se perd en deux ou trois générations. Qui songe à prier pour eux après un siècle ? Pourtant la prière de l’Eglise pour eux est essentielle, et elle à même le pouvoir d’en faire sortir beaucoup de l’Enfer. Je voudrai qu’après ma mort que l’on puisse prier pour mon âme qui sera sans doute en Enfer, comme je prie maintenant pour les âmes de tous ceux qui sont partis, que je connaissais avant leur départ ou que je ne connais pas, mais dont le Seigneur connaît les noms. » Une telle prière introduit l’âme de celui qui l’adresse ainsi au Christ avec le Bon Larron au Paradis dans la paix suressentielle. »

    - « Cependant » continuât l’Abba  « je ne t’ai pas dit l’essentiel : L’Auteur de la Paix est le Christ Lui-même et ce n’est pas un hasard que les anges avant le commencement de la proclamation de la Parole, le jour même de la venue dans la chair du Christ, l’annonce de sa paix : « Paix aux hommes la bienveillance. » Car la paix est le signe de la naissance du Christ intérieur dans le cœur d’un homme. Elle n’est rien moins que l’accomplissement de la parole de l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vis c’est le Christ qui vit en moi ». La vie en Christ, dans le doux murmure du Nom de Jésus inséparable des vertus du pardon et de l’amour des ennemis dont je t’ai parlé, sont les exigences du chemin qui aboutit à la venue du Christ dans le cœur d’un homme. » Au commencement de la vie en Christ ce sont les anges qui nous annoncent la paix. A la fin de la vie en Christ c’est le Seigneur Lui-même qui apparaît à ses apôtres en leur communiquant sa paix : «  Paix à vous tous » (Jn XX, 26). C’est pourquoi dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome nous commençons avant même la prière au Saint Esprit «  Roi du Ciel » la prière angélique : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux paix sur la terre… » que nous prononçons à voix médiocre deux fois en nous inclinant et à la troisième inclinaisons nous demandons : « Seigneur ouvres nos lèvres et que notre bouche annonce ta louange ». Et durant la divine liturgie à plusieurs reprises le célébrant bénit le peuple en prononçant la même bénédiction que le Christ Ressuscité : «  Paix à vous tous ». (Jn XX, 26) Et au moment le plus sacré de la divine Liturgie avant la prière de l’Anaphore durant laquelle le pain et le vin seront transformés par la descente du Saint Esprit en Corps et Sang du Christ, l’évêque ou le prêtre échange avec les autres évêques ou prêtres le baisé de paix en disant la prière : « Le Christ est au milieu de nous » ce à quoi le moins ancien répond : « Il est et il sera ». Cette prière signifie que c’est le Christ qui est notre paix.

    - C’est celui qui est devenu transparent au Christ qui porte la paix du Christ. Etre transparent au Christ c’est avoir épousé toutes les vertus du Christ. Oui l’Apôtre Paul avait bien en vu cette expérience lorsqu’il s’exclamait : « Ce n’est plus moi qui vis c’est le Christ qui vit en moi. » ( Gal. II, 20) et en parlant du baptême : «  Vous tous qui avez été baptisé en Christ vous avez revêtu le Christ. » (Gal. III, 27) en montrant par là que le but de la vie chrétienne, c’est dans l’acquisition du Saint Esprit devenir des icônes vivantes du Christ. Celui qui a pleinement revêtu le Christ a reçu la paix inséparable du Christ.

    Elle est véridique cette parole de saint Jean Baptiste : « Il faut qu’Il (le Christ) croisse et que moi je diminue. » ( Jn III, 30) C’est la voie de toute sainteté, c’est la voie qui conduit à la vie en Christ et à Sa paix. La naissance du Christ dans la chair est la venue de la paix sur terre parmi les hommes. La naissance du Christ en nous est la venue de la Paix du Christ dans notre cœur .Le signe le plus réel que le Christ vit en nous c'est Sa paix qu'il nous communique.»