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chapitres 2 et 3

  • Seconde Naissance II

     

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    "Ensevelis avec le Christ, nous ressuscitons avec Lui."

     

    Chapitre 2 : Qu’est-ce qu’un commandement du Seigneur ?

     

    L’enseignement du Christ se présente sous forme de « commandements », il est nécessaire de bien comprendre ce qu’est un commandement.

    Là encore, en effet, l’homme occidental est saisi à ce mot d’un sentiment de rejet par rapport à une culpabilité potentielle quand à la transgression de ces « commandements ». Un « commandements » est comme une loi qu’il faut donc observer. Déjà pour le chrétien d’aujourd’hui, ce concept paraît archaïque ; mais pour beaucoup, il n’y a là qu’une intolérable et insupportable série de règles morales et inquisitoriales ! Une atteinte à la liberté de l’individu ! Bref les « commandements » sont « liberticides ».

    Quoi de plus beau, pourtant, que la pratique de l’Échelle Mystique que constituent les Béatitudes, considérées par tous les Pères de l’Église comme des commandements ? En réalité c’est notre regard sur les commandements qui leur donne un contenu culpabilisant.

    Dison pour commencer que chaque parole du Christ sur ce que l’homme doit accomplir a été nommé par la Tradition commandement et que le Christ lui-même en parle comme de commandements : « je vous donne un commandement nouveau : de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Mais le seigneur ajoute à ce nouveau commandement qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Ainsi la notion de commandement nous est montrée par le Seigneur comme expérimentale et non pas morale, ni mentale. Le Seigneur réalise ce commandement en donnât lui-même sa vie pour le salut du monde entier. Ainsi ce commandement, comme d’ailleurs tous les autres, prend-il sa source dans l’être même du Christ dans lequel sont inscrites toutes les actions qu’Il accomplit, en particulier sa Passion, sa Crucifixion, sa Mort, et sa Résurrection le troisième jour. Chaque commandement du Christ est donc fondé sur ce qu’accomplit parfaitement le Christ durant sa traversé terrestre. Le commandement est vivant en soi, le mettre en pratique c’est pouvoir et vouloir entrer dans le charisme qu’il octroie. Un commandement divin n’est pas une abstraction métaphysique, idéologique, ni même un but de perfection ascétique ! Chaque commandement est plus vaste d que la création. Il est vivant, issue de la vie même.

    Il ne faut pas regarder les commandements comme un assemblage de règles morales, idéologiques, humaines, mais comme des parcelles de la vie du Christ : chaque commandement nous greffe sur la vie même du Christ, sur ce qu’il a accompli une fois pour toutes durant son passage terrestre, nous permettant nous-mêmes alors, en similitude avec lui, de le réaliser en Lui.

    Si certain lecteur pensent que parler des commandements est chose ennuyeuse, bien éloignée des préoccupations importantes d’aujourd’hui, je leur dirai ceci : le Christ a porté jusqu’à l’œuvre de la Croix les commandements qu’Il nous a donnés, et mépriser le moindre d’entre eux, c’est méprisé toute l’œuvre accomplie par le Christ.

    Regardons donc les commandements du Christ pour ce qu’ils sont : une parole vivante qui interpelle l’homme, peut-être même l’agresse, remet en causes des bases qu’il croyait définitivement acquises, lui permettant ainsi d’aller vers l’évolution éternelle.

     

     

     

     

     

     

    Chapitre 3 : Les commandements négatifs du Seigneur

    Le Seigneur interroge souvent l’homme par des phrases négatives ; au lieu de dire simplement ce genre de commandements positifs : « l’homme doit être bon, charitable, etc… », il énonce des commandements négatifs : « qui perd son âme à cause de moi…qui veut être mon disciple devra haïr son père… devra renoncer à soi-même, etc… »

    Savons-nous réellement, au plus profond de nous-mêmes ce que signifient ces paroles terriblement exigeantes du Christ ? Les chrétiens ont tendance à éviter de retenir ce genre de phrases dérangeantes, qui les interrogeraient au plus profond d’eux mêmes s’ils s’y arrêtaient. Et pourtant il n’y a pas de tri à faire dans l’Écriture sainte. Si quelqu’un accepte d’être chrétien, il doit accepter le message de l’Évangile tout entier.

    Lorsque le Seigneur procède à ce que j’appelle l’interrogation négative, l’interlocuteur est par contraste, fortement interpellé. Ce genre d’interrogation ne se décrypte qu’après en avoir discerné l’antinomie. En d’autres termes c’est en quelque sorte d’abord le négatif de la photo qui nous est présenté ; asse dans le bain, celle-ci apparaît en positif ; ce qui était ombre devient lumière et ce qui était lumière apparaît comme ombre.

    L’exemple type de ce « commandement négatif » du Seigneur est cette phrase déjà mentionnée dans mes précédents ouvrage : «  Qui veut être mon disciple devra haïr son père, sa mère, son épouse, ses enfants, ses frères et ses sœurs, se haïr soi-même, prendre sa croix et me suivre. » L’homme est ici très brusquement interrogé en lui-même : qui pourrait haïr de cette manière les personnes mentionnées comme étant bien souvent les plus chères à son âme ? Nous ne redonnerons pas ici, cela a été fait dans de précédents ouvrages, l’exégèse de ce texte, c’est-à-dire la photo qui, sortant du bain, manifeste alors en partant du positif, le négatif. ( Une seule chair, l’aventure mystique du couple. Sur la terre comme au Ciel, la vie spirituelle au quotidien, Éd. Nouvelle Cité).

    Je mentionnerai seulement pour mémoire, afin d’éclairer la signification de ce que j’ai nommé « commandement négatif » un ou deux des termes de l’exemple précité : haïr son père, c’est haïr le père selon la chair et le sang qui, selon la parole du Seigneur n’hérite pas du Royaume des cieux, afin que s’en dépouillant, l’homme recouvre le Père céleste, son véritable père, celui qu’il nomme dans la prière dominicale : « Notre Père qui es aux cieux… » Haïr sa mère, c’est se dépouiller de l’engendrement du monde pour recouvrer la maternité divine de l’Esprit « sainte » consolatrice, qui nous engendre à nouveau dans cette seconde et sublime naissance. ( Sur l’Esprit Saint au féminin lire notre chapitre «  de l’inconnaissance de Dieu à l’inconnaissance de l’homme »)

    Il s’agit donc de savoir quel est le dépouillement qui va nous permettre de trouver la signification positive du message du Christ. « Dépouillement », ce mot reviendra souvent au cours de ces pages. En effet le Seigneur nous indique constamment que c’est la voie du dépouillement qui permet d’arriver à lui. « Qui voudra conserver son âme la perdra, qui perdra volontairement son âme pour moi la recouvrera en vie éternelle. » « Si quelqu’un veut me venir à ma suite qu’il renonce à lui-même. »

    Le Seigneur montre que c’est là la seule possibilité pour être son disciple. Ce commandement est incontournable…et pourtant, nous le constatons, il est, de la part de beaucoup de chrétiens, contourné voir effacé.

    Qu’est-ce que « renoncer à son âme » ? C’est renoncer d’abord, à ce qu’elle a, en elle-même, de lié aux affirmations de ce monde. Le Seigneur nous dit : « Le monde passera et mes paroles ne passeront pas ». « De même que le monde m’a haï, il vous haïra. » «  Le prince de ce monde est déjà jugé » « Mon royaume n’est pas de ce monde.» « Vous êtes dans ce monde, mais n vous n’êtes pas de ce monde. »

    Le Christ affirme, par toutes ces phrases et bien d’autres, plus qu’une différence, d’avantage qu’un gouffre, une totale et absolue antinomie entre ce monde et le Royaume des cieux.

    Dès lors renoncer à son âme, c’est se dépouiller de ce qu’elle a de lié à la sagesse du monde, c’est-à-dire aux habitudes de pensée, mais également aux sollicitations de l’inconscient héritées de l’éducation, du conditionnement opéré par la société qui modèle l’âme dans une fausse sagesse très éloignée de la sagesse divine.

    Un autre problème découle du renoncement à soi-même, de la mort à son âme : c’est ce sentiment de relativité concernant son propre individu que doit avoir le chrétien. En effet, si l’homme s’identifie à ce ressenti, lequel est imprégné des fausses valeurs dont on a parlé, il bloque toute remise en cause de lui-même et par conséquent toute évolution. Si quelqu’un pense profondément que tout ce qu’il ressent, appréhende, voit de lui-même, est absolu, fini, et que ce la est pour toujours sa propre personne réelle, alors une telle personne stagne et régresse.

    Le chrétien est, tout au contraire, celui qui meurt volontairement aux définitions qu’il se faisait de la lui-même, où qu’il acceptait des autres, se la société, afin de recouvrer sa véritable identité hypostastique. L’angoisse, dont nous parlerons plus loin, est le phénomène premier est nécessaire de résistance, qu’opposent tous les « faux moi » qu’abrite l’âme, à cette remise en question fondamentale ;

    « Celui que ne s’oublie pas lui-même ne saurait approcher celui qui est au-dessus de lui, s’il ne s’est point d’abord immolé de ce qu’il est pour devenir ce qu’il n’est pas et qui constitue cependant son véritable être » enseignent les Pères de l’Église. (Saint Grégoire le Grand, P.L. t 16-1234-1235.)