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Le Blog du Métropolite Michel (Laroche) - Page 2

  • Paix sur terre aux hommes bonne volonté

    "Paix sur terre aux hommes bonne volonté !" (Lc II, 14)

    Je pense qu'il n'est pas inutile de publier sur ma page Face Book à l'approche de la grande Fête de Noël, fête par excellence de la Paix entre les hommes, la réponse que j'ai donné sur le Blog de notre Eparchie, à un croyant Orthodoxe qui me reprochait de ne pas m'exprimer sur les violences consécutives à la guerre actuelle en Ukraine.


    "Je pense que vous êtes un croyant Orthodoxe et je m’adresse donc à vous comme un représentant du Peule Royal, défenseur de la Foi Orthodoxe en dehors de tout esprit partisan.

    Je crois avoir déjà et depuis longtemps répondu aux questions que vous me poser par deux lettres pastorales dédiées sur cet unique sujet et dans lesquelles je réprouve toute forme de violence, et très récemment par ma lettre pastorale datée du 12 octobre 2014 intitulée : « A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine. » et celle publiée pour le Carême 2014 qui a même été traduite en russe.
    Il n’existe donc pas selon vos propres mots « de silence assourdissant » sur le Blog de la Métropole Orthodoxe de France. Si comme je viens de l’écrire je réprouve toute forme de violence j’ajoute : y compris la violence verbale qui parfois dénature, par pure propagande, les faits. Je vous invite à la plus grande prudence lorsque vous relatez tel ou tel fait sans en avoir été le témoin direct. 
    Je m’abstiens de commenter toutes les accusations de violences physiques tant de Russes envers les Ukrainiens, que d’Ukrainiens envers les Russes, car elles alimentent les passions et attisent la haine.
    Je prie pour tous. Je prie pour la paix et le pardon sans laquelle cette paix ne pourra s’établir. Mais la paix pour la quelle je prie ne sera pas uniquement une paix humaine d’entente diplomatique mettant fin à une guerre fratricide, mais elle devra être la Paix que donne le Christ non comme le monde la donne mais comme Lui nous la donne : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde la donne. » (Jn, XIV, 27) Cette paix est inséparable du pardon illimité. J’ajoute que si chacun de nous entretient dans son cœur pour des motifs patriotiques, si juste puissent-ils être : haine, désire de vengeance, rancune, alors aucune paix ne sera possible. La paix commence par notre cœur. Avant de faire des déclarations tonitruantes sur la paix, de dénoncer telle ou telle injustice, commençons par convertir notre propre cœur ? Le pardon illimité qui précède la paix, commence par notre cœur ; et c’est pour cela que sur ce Blog il n’y aura jamais de commentaires partisans qui, si juste puissent-ils être aux yeux de certains, attisent toujours la haine.
    Je vous invite à cette paix dans votre cœur. Pardonnez, pardonnez et encore pardonnez !
    Nous avons dans notre modeste éparchie des croyants russes qui partagent le point de vue patriotique de leur nation et des paroissiens ukrainiens qui partagent le point de vue patriotique de leur nation, et nous pleurons de la même manière les morts russes et les morts ukrainiens, comme le Christ aime ces deux nations et les appelle au pardon et à la paix. Nous nous interdisons de relater les accusations d’agressions tant de la part des Russes que des Ukrainiens, car elles attisent la haine et non le pardon.
    La seule violence que je veux dénoncer est celle-ci : La violence, faite dans l‘Église Orthodoxe par des patriarcats Impérialistes à chaque auto-proclamation de son Autocéphalie, envers la nouvelle Église Orthodoxe Nationale. 
    Vous avez du comprendre que les motifs ecclésiologiques me font en toute paix de l’âme avoir le grand honneur d’être membre de l’épiscopat d’une Église Locale qui luttent courageusement pour la reconnaisse de son identité Ukrainienne et de son autocéphalie, comme avant elle, les églises de Roumanie, de Serbie, de Bulgarie et bien d’autres sont passées par de longues période de schismes et ont tous été stigmatisées comme « schismatiques » comme aujourd’hui notre patriarcat. Là encore pas de « silence assourdissant » : lisez mon article : « Kiev la Mère de toutes les Églises Russ’ l’expression d’un principe ecclésiologique ancien » ou mon ouvrage dédié à ce sujet « La papauté Orthodoxe » Ed. Présence. Paris 2002.
    Le refus du patriarcat de Moscou de reconnaitre une identité nationale ukrainienne qui ipso facto doit passer selon l’ecclésiologie Orthodoxe par la reconnaissance d‘une Église Locale autocéphale Ukrainienne distincte de l’Église Russe, est en soit une violence comparable à celle qu’ont subit avant le patriarcat de Kiev, durant plus de cent ans, l’Église Orthodoxe Bulgare hellénisée de force sous l’occupation Ottomane par le patriarcat de Constantinople, ou l’Église Orthodoxe de Serbie subissant le même sort durant presque le mêmes nombre d’années et dans les mêmes circonstances.
    L’Église Russe considèrent qu’elle est l’Église Mère de l’Église d’Ukraine ce qui est manifestement historiquement faux, car l’Église Russ’ est née à Kiev, et que Moscou n’existait même pas comme cité à l’époque de la naissance de l’Église Russ’ ! Le patriarcat de Moscou ne supporte pas que l’Ukraine ne fasse plus parti de l’Empire Russe, comme avant lui le patriarcat de Constantinople avait atteint dans l’Empire Ottoman une puissance jamais égalée dans l‘Empire Byzantin, refusait d’admettre qu’au début du XX ème siècle les très anciennes nations vassalisées par l’occupant Turc proclament leur indépendance en exigeant que leurs Églises Nationales sortent de leur soumission à une Église impérialiste et se proclament autocéphale. Comme aujourd’hui Kiev vis à vis de Moscou.
    C’est la période des auto-proclamations, des autocéphalies modernes, non seulement de la Bulgarie, de la Serbie, de la Roumanie, mais aussi de la Grèce. Toutes ces auto-proclamations d’autocéphalies ont été, exactement comme pour le patriarcat de Kiev aujourd’hui par le patriarcat de Moscou, sanctionnées par le patriarcat de Constantinople (à l’époque impérialiste), par des condamnations, anathémisations, non reconnaissance de l’épiscopat et de la grâce, et toutes désignées comme « Schismatiques » ! Moscou aujourd’hui, comme hier Constantinople, ne renonce pas facilement à un pouvoir séculaire exercé sur le territoire d’un empire aujourd’hui privé de ses anciennes conquêtes territoriales.
    Voilà la violence que vous devriez dénoncer : que la violence faite hier par le patriarcat de Constantinople aux vénérables Églises Locales précitées se perpétuent au commencement du XXI ème Siècle par le patriarcat Moscou envers l’Eglise Locale de l’Ukraine.
    Voilà la violence que vous devriez dénoncer et voila celle que je réprouve :
    Comme vous avez pu le constater dans ma réponse c’est un débat très ancien dans l’Église Orthodoxe qui demande pour le comprendre une connaissance approfondie de l’histoire que ne possède pas toujours les croyants orthodoxes .
    Le seul débat que nous devons avoir aujourd’hui est celui de l’ecclésiologie qui est un sujet dogmatique dans l’Église Orthodoxe. Mais aucun débat ne peut se faire dans la condamnation de l’autre et la négation de la légitimité de son existence comme préalable obligatoire à la discussion.
    L’impérialisme de certaines Églises Locales leur font refuser à certains moment de leur histoire la légitimité d’ériger ou de laisser s’ériger d’autres Églises Locales en se fondant sur la Parole du Christ : « de toutes les nations faites des disciples les baptisant au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit. » (Mt XXVIII, 19). Revenons à ce commandement du Seigneur, méprisé par les Églises Impérialistes.
    Avec amour en Christ.
    +Métropolite Michel de Paris – Patriarcat de Kiev."

     
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  • A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine.

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    A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine.

     

      Publié le Dimanche 12 octobre - (29 septembre AC)

    18 ème Dimanche après la Pentecôte. Ton 1

     

    « Aimez vous ennemis et priez pour ceux  qui vous poursuivent, alors vois serez fils de votre Père qui est aux cieux. »  (Mt V 44-45 ) .

     

    Lorsque je lis  notamment sur le Net des discours de haine que ce soit de la part de chrétiens orthodoxes Russes (ou d’autres partisans de leur point de vue) envers leurs frères slaves ukrainiens ou de la part de chrétiens orthodoxe Ukrainiens (ou d’autres partisans de leur point de vue)  envers  leurs frères slaves Russes, mon cœur saigne.

    Et je m’interroge : Comment notre Eglise Orthodoxe a pu échouer  à ce point dans ce qui est le plus important dans le message du Christ le pardon  illimité : « Remets nous de nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs » ( Mt VI, 12) et l’amour des ennemis (Mt V 44-45 ) ?

    Sans ces deux commandements personne n’est sauvé ! Ce sont les commandements universels de notre salut. Ils sont  incontournables, irremplaçables. Il devrait être comme les battements de notre cœur ou l’air que m’on, respire car sans eux personne ne serait sauvé.

    Le pire est atteint  est lorsque ces messages de haines sont repris par des membres de la hiérarchie orthodoxe qui devraient parler de paix, de pardon d’amour des ennemis  et non de vengeance.

    Devrais-je dire que de tels discours existent lamentablement entre d’autres nations orthodoxes embourbées depuis des siècles dans des querelles identitaire,  certes légitimes lorsqu’il  est question, pour une nation de la reconnaissance de son identité nationale selon la parole du Christ « De toutes les nations faites des disciples le baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ;  et de ses frontières historiques. Mais souvent la vérité humaine qui est a des années lumière de la Vérité du Christ donne de chaque côté » d’une frontière des arguments qui ne peuvent pas être résolut par une guerre, mais par des compromis que chacun  ne veut pas envisagé et là se situe  le commencement du fanatisme et de la haine. Nous parlons de l’Ukraine et de la Russie, mais nous pourrions parler des la Roumanie avec sa frontière avec le Moldavie russe, de la Serbie avec la Macédoine, de la Macédoine avec la Grèce, où  derrière chacune de ces revendications territoriales existe une ou plusieurs Eglises Orthodoxes Locales  en situation de schisme avec une ou plusieurs  autres Eglise Orthodoxes nationales , comme par exemple aujourd’hui le patriarcat d’Ukraine Eglise Locale incontestable du peuple Ukrainien avec le patriarcat de Moscou qui bénit, comme c’est son devoir pastoral de le faire,  les troupe qui se trouvent à combattre en Ukraine l’armée Ukrainienne qui elle est bénie  avec la même légitimité pastorale par le clergé du Patriarcat Orthodoxe  d’Ukraine.

    Nous l’avions écrit pour notre lettre de Carême 2014 ( que l‘on peut lire des les archives de ma page Face Book ou sur le blog de notre Métropole Orthodoxe de France ) que « chaque sentiment patriotique est légitime », mais  j’ajoute aujourd’hui  qu’il est antichrétien qu’au nom de ce sentiment patriotique,  d’haïr son ennemis  et de ne pas lui pardonner. Les larmes que versent les Mères ukrainiennes , les veuves russes, les orphelins russes sont les mêmes que celles que versent les Mères russes, les  veuves ukrainiennes, les orphelins ukrainiens. Le sang des soldats ukrainiens est de la même couleur que celui des soldats russe. Et j’ajouterai : le baptême orthodoxe qui prend sa source  à Kiev la Mère de toutes les Eglise Russ’ est le même pour ces deux grandes nations Russ’.

    J’ai le privilège de rassembler dans ma modeste métropole une partie de la belle mosaïques des nations orthodoxes présentes en France et porteuse chacune de leur propre histoire passé et actuelle.  Ils sont Russes, Ukrainiens, Serbes , Macédoniens, Roumains, Libanais  Français, mais je devrais sans doute  ajouter, car le sentiment régionaliste  existe : Celtique.   J’écrivais dans ma lettre pastorale de Carême « Aujourd’hui plus que jamais je suis roumains avec les roumains, ukrainien avec les ukrainiens, russe avec les russes, grec avec les grecs, macédoniens avec les macédoniens, serbe avec les serbes, libanais avec les libanais, français avec les français et avant tout évêque de Jésus Christ avec tous et pour tous. »

     

    Nous surmontons dans notre modeste Métropole de France  ces antagonismes, par un attachement plus grand qu’à celui, légitime de nos origines nationales diverses :  l’Eglise Orthodoxe unie au Christ Son Epoux présent dans chaque Divine Liturgie.  Notre participation à la Divine Liturgie nous introduit au Ciel sur la terre, dans le temps transfiguré,  là où nous recevons la force de « déposer tout les souci de ce monde » ( Chant du Chérubikon ).

    La conscience d‘appartenir à une métropole orthodoxe  locale de la France  sous l’omophore d’une Eglise Locale autocéphale :  le patriarcat de Kiev qui lutte pour la reconnaissance de son identité  d’Eglise Orthodoxe locale de la nation Ukrainienne et qui comprend que nos somme non une  simple métropole Ukrainienne mais une métropole locale de la  France sous la bénédiction du patriarcat d’Ukraine.   Cette réalité ecclésiale locale même très modestement vécue, avec parfois dans la Divine Liturgie des prières en roumain ou  slavon permet de surmonter tous les antagonismes en formant avec nos origines diverses, un seul Peule Royale Orthodoxe en France. C’est cela aussi le baptême des nations qui permettait  au II ème siècle  à un évêque Smyrniote de devenir l’un des emblèmes de l’épiscopat de la jeunes  Eglise des Gaules : Saint Irénée de Lyon et au IV ème siècle un évêque Athéniens de devenir le symbole de l’épiscopat de Lutèce (Paris) :  Saint Denis de Paris.  Et plus tard à un officier romains né en Hongrie  de devenir l’évêque emblématique de la France : Saint Martin de Tour qui  bénira le jour de sa Fête l’armistice le 11 novembre 1918 la fin de la première guerre mondiale.  Un fait rarement souligné.  

    Cette richesse que constituent nos origines différentes plante ces nombreuses racines dans le sol  de la France pour donner naissance à une belle Eglise Locale. Dans notre Métropole de France  Ukrainien et Russes prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques. Dans notre Métropole de France  Macédoniens  et Serbes  prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques. Dans notre Métropole de France  Roumains et Russes   prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques.

    Je ne vais pas répondre ici à des contres vérité lues ici et là sur le Net concernant la position de l’épiscopat avec Sa Sainteté notre patriarche Filaret de Kiev  dans ce conflit. Juste une précision : Le bureau de Presse de notre patriarcat à publier une longue lettre à laquelle je suis heureux de joindre ma signature,  publié le 10 octobre 2014  dans laquelle on peut notamment lire ce paragraphe: « Nous demandons à tous nos fidèles croyants en aucun cas participer à la préparation et l'exécution des actes de violence contre le clergé et les églises du Patriarcat de Moscou. »

    N’attisons pas la haine mais répandons à partir de la Résurrection du Christ  l’incendie spirituel de  l’amour divin qui contient l’amour des ennemis et la prière pour eux  avec le pardon illimité. 

     

     

    Avec une profonde tristesse sur la situation actuelle de guerre, mais une encore plus profonde espérance dans la Résurrection du Christ qui par sa mort a vaincu la mort. 

     

    +Métropolite Michel de Paris – Patriarcat de Kiev

     

  • Kiev, la Mère de toutes les Eglises Rous’ : l’expression d’un principe ecclésiologique ancien.

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    Kiev,  la Mère de toutes les Eglises Rous’ :   l’expression d’un principe ecclésiologique ancien.

     

     

     

     

    Par  Son Éminence le Métropolite Michel Laroche,  membre de l’épiscopat du patriarcat de Kiev[1],

     

    L’autocéphalie d’une Eglise Orthodoxe  locale s’organise  toujours autour du Canon 34 Apostolique.

     

    Ce que ne comprennent pas toujours les chrétiens d’Occidents qui regardent l’Église Orthodoxe, c’est que  son organisation n’est pas pyramidale comme celle de l’Eglise Catholique Romaine, qui a son centre de décision à Rome. Il serait cependant hérétique de dire que l’Eglise Orthodoxe serait décentralisée, c’est-à-dire acéphale. Si pour les Catholiques interrogés sur la question de savoir qui est le chef de l’Église, ils répondront toujours : «  C’est le pape de Rome ».  Les Orthodoxes répondront  à la même question : « Le Chef de l’Église est Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. » L’Église Orthodoxe, n’a qu’un seul centre charismatique, son Chef : le Christ ;  et qu’une seule direction :  C’est l’Esprit Saint, inséparable du Fils qui  agissant toujours conjointement et distinctement avec Lui, se manifeste dans les conciles œcuméniques, les synode locaux et  provinciaux  et à travers l’Esprit prophétique de ses saints qui ponctuent sa vie depuis le commencement de l’ecclésia. « Car la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père par le Fils dans l’Esprit Saint » [2]  « Il ne peut y avoir communication du don en nous si ce n’est dans  l’Esprit Saint. »[3] « Il n’est rien qui  n’arrive et ne s’opère point par le Verbe et par l’Esprit. »[4] « L’esprit est en effet inséparable du Fils »[5] Nous enseigne le Grand Athanase d’Alexandrie.

    Un concept très important qui se manifeste dans la vie de l’Église Orthodoxe : c’est celui de placer côte à côte, sans les séparer comme étant consubstantiels, l’Évangile et la Tradition. Les Pères de l’Eglises sont les témoins à la fois de l’Évangile et de la fidélité à la Tradition.

    « Parmi les doctrines et les proclamations  gardées dans l’Église, on tient les unes de l’enseignement écrit et les autres on les a recueillies secrètement de la Tradition apostolique. Toutes ont  la même force au regard de la piété, nul n’en disconviendra, car si l’on  essayait d’écarter les traditions non écrites comme n’ayant pas grandes forces, on porterai atteinte à son insu à l’Évangile, sur les points essentiels eux-mêmes (de la foi orthodoxe). »[6] Nous rappelle Saint Basile le Grand, le métropolite de Césarée en Cappadoce.

    Du point de vue de son organisation extérieure,  l’Église Orthodoxe est  décentralisée,  chaque Église  Locale  est l’Église Une Sainte Catholique (Sobornost)  et Apostolique dans sa plénitude. L’Église locale commence par l’éparchie (diocèse) ayant à sa tête  son évêque :   « Là ou est l’évêque, là est l’ecclésia  (Eglise) »[7] Cette  phrase que nous citons, souvent attribuée à saint Cyprien de Carthage, est  tirée de l’épitre de Saint Ignace le Théophore aux Smyrniotes.  Le Grand Théophore ajoute « Soyez unis à votre évêque »[8] et «  Regardez votre évêque comme le Christ »[9]. Ce sont là des avertissements et non de simples conseils. C’est là toute la réalité charismatique de la première cellule de l’Église : l’éparchie,  rassemblée par et autour de son évêque, qu’elle doit regarder comme le Christ. Mais très tôt l’Église a définit qu’à la suite du conciles des apôtres certaines questions devaient être résolues,  non par un seul évêque, fut-il placé sur le trône d’une grande cité, mais par l’ensemble des évêques d’une région.  Cette organisation des premiers conciles régionaux   s’est faite  aussi, pour que se renouvelle la parole des apôtres au premier  concile de Jérusalem « L’Esprit Saint et nous avons décidé de… »[10].  Mais tout autant pour se rappeler et faire vivre à des moments privilégiés de la vie de l’Église le charisme de l’unité épiscopale.  Le fait qu’il n’y ait qu’un seul épiscopat institué  à l’image du collège apostolique. Le Christ n’a pas eu un unique apôtres, mais douze, et même d’avantage, avec l’apôtre Mathias et l’apôtre Paul et les soixante-dix.   Saint Cyprien ne dit pas autre chose en parlant de l’universalité du corps épiscopal : « Il n’y a qu’un seul épiscopat dont chacun des membres  qui le compose possède solidairement une partie ; comme il n’y a qu’une Église qui, par son inépuisable fécondité embrasse la multitude des fidèles. »[11]  C’est avec cette conscience que Cyprien convoqua  et présida en Afrique des conciles provinciaux rassemblés selon le canon  34 des Apôtres : « Pour régler certaines affaires, en les soumettant à l’examen d’une assemblée, nous avons été obligé, Frère très chers, de nous réunir à plusieurs évêques et de tenir un concile ».  Tout est dit dans ce préambule d’une lettre adressé au pape Etienne de Rome au sujet du baptême des hérétiques.[12] (Concile de Carthage de Printemps 256).     Le canon 34  Apostolique est  le plus ancien et le plus légitime, qui est à la racine de tous les autres canons œcuméniques  concernant l’organisation de l’Église. Il est le fondement et la pierre angulaire de tout l’édifice charismatique de l’Ecclésia. Chaque Église locale  (nationale ou provinciale) a son propre primat.  Sans rentrer dans les détails de l’ecclésiologie Orthodoxe concernant l’organisation et le pouvoir souverain dans l’Église, le primat n’est que le premier parmi les autres évêques selon ce Canon apostolique 34 que nous venons d’évoquer. Le canon 34 oblige les évêques de chaque nation (ou province) à élire leur « protos » ( premier),  et « qu’ils ne décident rien sans le Premier, ni le Premier  ne décide rien sans l’assentiment de  tous ».  Bien entendu comme ce Protos est élu par l’ensemble de l’épiscopat d’une Église Locale, sa parole comme sa personne, sont revêtues   d’un très grand poids.  C’est l’expression ecclésiale  de la synergie de l’unité  dans et avec  la diversité des hypostases. L’unité d’un seul corps ecclésial dans un lieu donné, d’une seul tête son chef,  et la synergie de la tête qui ne peut agir qu’avec  l’accord de l’ensemble du corps. Le Protos  est à la fois écouté par les autres évêques, et Lui-même non seulement écoute les autres évêques, mais porte  la responsabilité charismatique d’être l’expression vivante de l’unité de cette Église locale, tant dans ses actes que dans les paroles.  C’est pourquoi il est toujours entouré d’honneur.

     Chacun sait que la primauté d’honneur entre tous les patriarches et primats est dévolue depuis le schisme de 1054 à la Seconde Rome, le patriarcat de Constantinople. Mais il ne nous semble pas inutile de rappeler que cette primauté est une primauté de diaconie au service de tous, et non la suprématie de ce siège sur tous les autres,  comme la réplique « orthodoxe » de l’ecclésiologie Catholique romaine. Dans l’Eglise Orthodoxe il n’existe pas d’évêque au-dessus des autres,  qui serait le juge suprême des conflits dans l’Église, et des autres évêques. Certes le droit d’appel, définit par les canons 3 et 5 du  Concile de Sadiques   s’applique au Premier Siège comme cela  a été rappelé dans le Concile Photien de Constantinople V( 879-880), mais ces canons sans entrer dans les détails, ne constituent pas un droit d’ingérence du patriarche de Constantinople dans les affaires d’une autre Église Locale autocéphale ni même autonome[13].   Ces dernières responsabilités appartiennent aux Conciles ( locaux, régionaux ou œcuméniques) qui régissent la vie de l’Église,  selon le canon 34 apostolique et qui prennent comme jurisprudence tous les canons des précédents conciles œcuméniques, conciles généraux contenus dans le « Pidalion »,  et canons des Saint Pères de l’Église. Bien des canons s’articuleront avec ceux de Sadiques, pour définir clairement les prérogatives des deux sièges Rome et Constantinople, en particulier les canons 34, 37, 74, 75 des Apôtres, le canon 6 de Constantinople I, les canons 14, 15 et 20 d’Antioche, le canon 40 de Laocidée, le canon 15 de Carthage. Mais ce sont, certainement, les canons 9 et 17 de Chalcédoine qui équilibrent et complètent le mieux les canons de Sadiques. Écoutons, à ce propos, le grand commentateur Zonaras: « Tel est le sens de ce canon (de Sadiques): il répartit les juridictions. Quand un évêque accuse un autre évêque, ou quand un clerc accuse un évêque, le juge est alors le métropolite que le canon appelle exarque du diocèse. Mais quand un exarque est en procès avec son métropolite, alors il doit s’en remettre à la juridiction de l’évêque de Constantinople.

    Mais à aucun moment l’évêque de Constantinople n’est le juge de tous les métropolites. Il l’est seulement de ceux qui lui sont soumis. Car il n’a pas à juger en attirant contre leur gré les métropolites de Syrie, ou ceux de Palestine et de Phénicie, ou ceux d’Égypte. Mais les métropolites de Syrie sont sous l’obédience de l’Évêque d’Antioche; ceux de Palestine de l’Évêque de Jérusalem; ceux d’Égypte seront jugés par l’Évêque d’Alexandrie. C’est par eux qu’ils sont ordonnés, et à eux qu’ils sont soumis »[14]. Ce commentaire rejoint parfaitement la doctrine orthodoxe de l’exercice de la primauté telle qu’elle devrait exister dans l’Église Orthodoxe.

    Une  collaboration (le terme de loyauté est souvent prononcé) tant spirituelle que patriotique est toujours  exigée de la part de l’Église nationale  envers l’État. L’unité de l’Église Orthodoxe se réalisant alors dans l’unité de la Foi et la reconnaissance par chaque Église Orthodoxe, des autres Eglises sœurs,  de la pureté de leurs Traditions apostoliques, et des sacrements qu’elles distribuent. Mais de nombreuses aspérités sont apparues au cours des siècles, et ont modifié en profondeur, les critères de la reconnaissance d’une Église Orthodoxe par une  ou plusieurs autres Églises autocéphales. La proclamation d’une Église autocéphale, si elle se réalisait au final par la reconnaissance de celle ci par le patriarche de Constantinople en étroite synergie avec le basileus (l’empereur), elle nécessitait toujours et le model impérial byzantin auquel elle se référait pour cela l’explique et le justifie, qu’au commencement  du processus,  s’exprime  la volonté du chef de l’État dans  lequel naissait la nouvelle Église Locale, à l’époque l’empereur,  le roi ou le prince.  Cette volonté du « prince »   était toujours conjointe à celle de l’épiscopat, et du primat désigné de la nouvelle Église nationale,  qui avaient tous  la parfaite conscience qu’ils réalisaient le commandement absolu et incontournable du Seigneur :  « De toutes les nations faites des disciples en les baptisant au Nom du Père du Fils et du Saint Esprit. » (Mt XXVIII, 19-20).  C’est cette conscience élevée qu’il faut obéir jusqu’à la mort à tous les commandements du Seigneur  et particulièrement à celui-ci, qui a toujours, tout au long de son histoire, inspiré  l’épiscopat de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine dans sa lutte pour l’existence d’une Église Orthodoxe  autocéphale  dans les frontières d’un  Etat Ukrainien.

     

    Histoires de la naissance des premières autocéphalies  avec la diminution du territoire de l’Empire Byzantin.

     

    Examinons maintenant comment se sont produites les autocéphalies des Églises locales que nous connaissons aujourd’hui, dans la longue histoire de l’Église depuis  le VIIIème siècle. Des autocéphalies existaient déjà,  indépendantes du Siège de Constantinople, comme l’Église de Chypre fondée par l’Apôtre Paul et pourtant, bien qu’elle aurait eu tous les titres à le devenir,  elle n’est  jamais devenue un patriarcat, et qui obtient son autocéphalie en 437. En marge de l’Empire Romain d’Orient, il existait également l’Église Georgienne qui devrait un instant retenir notre attention, car elle constitue l’exemple parfait de l’impérialisme séculaire du patriarcat de Moscou et de celui de Constantinople : Cette Église fondée par saint Grégoire l’Illuminateur devient autocéphale en 484, bien avant la Bulgarie et la Serbie dont nous allons parler.  L’épiscopat, marié à cette époque,  de cette Église se transmettait de père en fils, dans de longues et très saintes lignées épiscopales, ce qui constitue un exemple unique dans l’histoire de l’Église, car cette Tradition s’apparente au népotisme, bien que dans l’esprit il en ait été autrement. Vers le VI ème siècle  cette tradition disparue. Lorsque la Géorgie fut rattachée à l’Empire Russe, le saint Synode Russe supprima arbitrairement l’autocéphalie séculaire de  l’Église Géorgienne. C’est dans la tourmente de la révolution bolchévique que cette Église proclama à nouveau son ancienne autocéphalie, et comme d’habitude le patriarcat de Constantinople fut le dernier à la reconnaître en …1989 ! [15]

    La première autocéphalie d’une nation récemment converti au christianisme,  fut celle de la nation Bulgare alors fréquemment en guerre avec l’Empire Byzantin.  Elle s’ajoutait aux Églises existantes : les cinq patriarcats : Rome Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Chypre, et  la puissante Église  Franco-Germano Carolingienne.

    L’autocéphalie du patriarcat de Bulgarie remonte à la conversion de son prince Boris Michel :    dès son baptême,  il n’était pas pour le souverain  envisageable que la nouvelle Église nationale Bulgare, longtemps en guerre avec l’empire Byzantin,  puisse dépendre d’une Église Mère (Constantinople) qui donnait sa fidélité patriotique à l’Empire Romain Byzantin. Pour ce souverain il était tout simplement impossible et impensable d’être obligé  d’entendre dans sa cathédrale   commémorer le patriarche  de l’Eglise  d’une  nation avec laquelle il pouvait se retrouver  en conflit (Bulgare et Grecs étaient en guerre depuis 150 ans), et que les évêques de son pays puissent recevoir du  patriarche de Constantinople  des instructions antipatriotiques, aurait alors constitué une ingérence insupportable pour le souverain de cette Église locale. Le Patriarche Photios et l’empereur Michel ainsi  que son successeur Basile finiront par le comprendre et l’accepter. Toute autre solution n’était pas viable. Sur ce point Boris Michel avait intégré  le principe impérial Byzantin de l’aigle bicéphale symbolisant les deux gouvernances de la nation par l’empereur et le patriarche.  Son Église se devait d’être une Église Nationale. C’est  son fils, le Tsar Syméon,   qui obtiendra, après de nombreuses difficultés, de la part de l’empereur de Constantinople  Romain Ier  Lécapène[16] et du patriarche de Constantinople Nicolas Mysticos, l’autocéphalie et le rang patriarcal à son Église (924-927)  ayant alors comme siège Ohrid,  et pour lui-même le titre de basileus (empereur). Par exemple le second siège  Patriarcal  Bulgare de Tarvono fut fondé par l’Empereur des Bulgares, Kaloyant en 1204 d’abord sous l’autorité canonique du Pape de Rome Innocent III et enfin en 1234, lorsque le nouveau Patriarcat bulgare fut reconnu par Constantinople et son rang patriarcal confirmé pour son occupant le Patriarche Johachim de Tarnovo. C’est cette première autocéphalie qui deviendra l’archétype  de toutes les futures autocéphalies qui suivront en Europe de l’Est,  jusqu’à notre époque.

     

    Examinons les  mécanismes qui ont été à l’origine de toutes ces anciennes autocéphalies :    Il fallait toujours un décret de l’autorité séculière pour confirmer la naissance d’une nouvelle église autocéphale. C’est ici, dans la naissance du nouvel État, qui s’organisait avec son Église autocéphale selon le modèle byzantin, qu’allait naître la puissante racine de toutes les Églises-nations de la fin du  XIXe siècle au début du XXème siècle, avec la naissance ou la restauration, de nouveaux patriarcats, après l’effondrement de l’Empire Turc.

    L’Église Serbe, à travers l’action diplomatique de Saint Sava obtient de l’Empereur de Nicée Théodore Ier Lascaris (1205-1222)  et du Patriarche Manuel Ier Sarenténos (1217-1222) le statut « d’Archevêque Autocéphale » en 1219 concrétisé par la chirotomie épiscopale de Saint Sava. Cet exemple unique dans l’histoire de l’Église d’un « archevêque  autocéphale » qui a lui seul rassemblait dans sa personne toute la « sobornost »  de la nouvelle Eglise Locale : Saint Sava agissait seul tout en portant pourtant dans son épiscopat  le canon 34 apostolique ; il décidait seul  de qui recevrait la chirotomie épiscopale, (puisqu’il n’existait pas d’autres évêques locaux pouvant se réunir selon le canon 34 des Apôtres  pour procéder à une élection), mais il représentait bien canoniquement et ecclésiologiquement, l’ensemble de l’épiscopat universel par ce canon, lui spécifique, d’ « archevêque autocéphale ». Cette exemple unique dans l’histoire,   constitue l’affirmation qu’en accordant  tous ces privilèges à son premier évêque, l’empereur et le patriarche (à Nicée) avaient reconnu l’autocéphalie de la nouvelle Église Locale, non seulement comme réalité (un chrysobulle avait été accordé), mais comme principe pour chaque nation, en devançant  pour cela,  la présence d’un épiscopat qui n’existait pas encore, et en rassemblant sur son premier primat tous les privilèges d’une  autocéphalie plénière, qui normalement suppose au moins trois, voire quatre évêques.

     

    Toujours des schismes et des anathèmes  au commencement des  nouvelles autocéphalie des Eglises Orthodoxes locales du second millénaire :   

     

    La fondation du  premier patriarcat de Serbie elle aussi se conjuguât  avec une volonté monarchique exprimée par son Prince Stefan Uros IV Dusan roi des Serbes de 1331 à 1346 puis ensuite empereur des Serbes et des Grecs de 1346 à 1355. C’est avec l’appui des moines du Mont Athos dont il était le protecteur qu’il peut élever le siège de la Serbie, jusque là un archevêché, au rang patriarcal, qui sera perdu sous l’empire Ottoman et re-proclamé ensuite au commencement du XXème siècle,  comme nous le verrons plus loin, (Le Patriarcat d’Ohrid avait été fondé par un décret de l’Empereur Basile II en 1019). Il  était indispensable pour un  sacre impérial  que la cérémonie soit célébrée par un patriarche. Mais la seule garantie pour pouvoir assurer  la succession dynastique, était de disposer d’un patriarche attaché à l’Église nationale du nouvel empire. Dušan se proclame  à Noël  1345 basileus. Devant l’impossibilité de faire déplacer le patriarche de Constantinople ou  le pape (requis en premier  pour cette cérémonie alors que le schisme est consommé entre Rome et Constantinople depuis 1054 !) Le sacre est organisé à Skopje pour le dimanche de la Résurrection du Christ,   sous la présidence pontificale du  patriarche de Bulgarie Siméon,  et de l'archevêque d'Ohrid Nicolas Ier et d’une très large représentation des higoumènes des principaux monastères du Mont Athos qui étaient les parrains spirituels  du nouvel empereur qui les protégeait. L'archevêque de Serbie Joannikos II est alors élevé au rang de patriarche et intronise Dusan  comme  Empereur des Serbes et des Grecs. Lorsque Jean Cantacuzène  devient lui-même basileus en 1347 il ne peut évidemment pas accepter que le souverain serbe porte le titre de basileus et que la nouvelle Église Serbe soit arrachée à l’influence de l’Église patriarcale de Constantinople  en lui disputant l’autorité à la fois canonique et celle de la souveraineté sur la presqu’île du Mont Athos qu’avait de facto  et depuis peu de jure l’empereur des Serbes : en 1350 la symphonie qui unit le basileus et le patriarche de Constantinople fonctionne, et ce sera l’excommunication et l’anathème jetés tant sur le nouveau patriarche Serbe que sur le souverain de cette nation,  par le patriarche Calliste Ier (1350-1353 et 1355-1363), un disciple de saint Grégoire Palamas. Dans le décret d’une sévérité particulière ce n’est pas seulement les deux principaux protagonistes qui sont ainsi exclu de l’Église Orthodoxe mais toutes les terres Serbes. Ainsi le rattachement d’une presqu’île, (le Mont Athos) au nouvel empire Serbe, avec pourtant le consentement de ses habitants, les moines du Mont Athos, et la fondation même de ce nouvel état, perçu comme  un empire concurrent, déclenche les foudres  de l’Église dominante de la région ( ici le patriarcat de Constantinople comme  aujourd’hui le patriarcat de Moscou envers le patriarcat d’Ukraine)  contre l’Église de la nation qui est dans le mouvement (comme l’Ukraine aujourd’hui) de prendre son indépendance et de marquer légitimement  ses nouvelles frontières tant nationales qu’ecclésiales. Rien de véritablement nouveau sous le soleil de la seconde et la troisième Rome.

    Nous le constatons c’est le facteur  géopolitique qui est toujours, car ces exemples se répètent dans toute l’histoire des églises Orthodoxes locales,  le motif principal dans les décisions arbitraires  de ces anathèmes, alors que seules des question concernant la pureté de la foi orthodoxe devraientinspirer les schismes. Il n’est question derrière ces anathèmes que de pouvoir  et de revendications territoriales dans les quelle l’Eglise impérialiste (hier Constantinople aujourd’hui Moscou)  se fait l’exécutante de la volonté du Prince. Cet anathème  frappant le patriarcat de Serbie et la nation Serbe ne sera annulé que 25 ans plus tard, en 1375 sous le règne du prince Lazare de Serbie et du patriarche de Constantinople Philotéos (1353-1354 et 1364-1376).

     

    Ce principe  perdurera, et se manifestera d’une manière violente avec des schismes à répétition à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle lorsque les anciennes nations orthodoxes européennes  (Bulgarie, Serbie,  Grèce, Roumanie), libérées du joug ottoman, se refondèrent en états souverains. Ceux-ci exigèrent que leurs Églises Orthodoxes  nationales dont l’autocéphalie avaient été pour certaines (Bulgare et Serbe),   arbitrairement supprimées par le patriarcat de Constantinople au mains des turcs, proclament sans le consentement patriarcal,  leurs autocéphalies originelles. Pour le  cas de la Roumanie et de la Grèce, les nouveaux états ne voulaient pas que leurs  Églises nationales soient   soumises à un patriarcat inféodé à la puissance séculière d’un pouvoir haï, celui du vieil Empire Ottoman !

     

    Un exemple intéressant du point de vue ecclésiologique de refondation d’un patriarcat serbe qui ne devait rien à Constantinople : Le patriarcat éphémère de Karlowitz. Le premier titulaire du Siège de Karlowitz fut, en 1690, Arsène Tchernoïevich qui était le Patriarche de Pec, ayant organisé la grande migration Serbe de trente sept mille familles vers l’Empire Austro-Hongrois. Dans son diplôme impérial, daté du 20 août 1691, l’Empereur Léopold reconnaît à l’Église Orthodoxe Serbe sa totale indépendance et fait du Patriarche le chef civil et religieux des Serbes de l’Empire. Ici et dans les années suivantes, c’est  l’empereur catholique autrichien qui se substituait au basileus byzantin Orthodoxe  pour accorder l’autocéphalie à son Église Orthodoxe locale, bien  qu’appartenant à une autre religion chrétienne. Exactement comme l’empereur Jean V  Paléologue (1341-1376 et 1379-1391)  qui était devenu catholique[17],  tout en  continuant de  diriger  un empire et une Église locale Orthodoxe, et en faisant des décrets en faveur de celle-ci. Le successeur d’Arsène sur le Trône patriarcal de Pec, Callinique, accordera, selon les principes ecclésiologiques orthodoxes énoncés dans cet article, un statut d’autonomie au Siège de Karlowitz, qui ne devait donc  rien, absolument rien  à Constantinople. La seconde Église nationale Serbe s’accroitra des nouvelles émigrations de 1738, et 1788. Elle devint un siège Patriarcal par une décision impériale de l’Empire Autrichien en 1848, dans la pure tradition ecclésiologique des empereurs byzantins, patriarcat et autocéphalie qui ne devaient toujours rien à Constantinople. Ce Patriarcat disparaîtra avec l’effondrement de l’Empire Austro-Hongrois avec la première guerre mondiale de 1914-1918. Mais cet exemple constitue une jurisprudence canonique qui s’ajoute à  toutes celles déjà mentionnées dans cet article en faveur de la légitimité de la fondation de notre patriarcat. On peut également mentionner l’existence de la première autocéphalie Roumaine : le Patriarcat de Karlowitz, eut sous sa juridiction canonique, à un moment de son histoire, une partie de la Transylvanie roumaine et une partie de la Bukovine roumaine, alors dans l’Empire Austro-Hongrois. Il y accorda l’autocéphalie le 24 décembre 1864 du calendrier julien, (5 janvier 1864), à la Métropole Orthodoxe Roumaine qui avait son siège   dans la ville de Hermannstadt, l’actuelle Sibiu. La Bucovine et la Transylvanie roumaine  sont devenues autocéphales avant la réunion de toutes les principautés roumaines. Et cette autocéphalie qui ne devait rien à Constantinople s’est ensuite étendue au reste de la Roumanie.

     

    Nous retrouvons encore une fois,  l’exacte réplique de  toutes ces situations avec le patriarcat de Kiev.

     

     Un principe ecclésiologique ancien :  Une Église Mère ne peut jamais devenir l’Eglise fille de son Eglise Fille.

     

    Il nous faut maintenant regarder un autre aspect de la revendication affirmée par sa sainteté le patriarche Filaret de Kiev  ainsi bien évidemment de l’ensemble de l’épiscopat du patriarcat d’Ukraine, comme d’ailleurs de la vénérable Église Greco Catholique Ukrainienne, du fait que l’Église Mère de l’Église d’Ukraine ne peut être son Église fille : le patriarcat de Moscou !

     

    Un ancien principe ecclésiologique  s’est imposé  dès le commencement de l’organisation de la primauté des sièges dans l’Église. Ce principe a été appliqué des le second concile œcuménique ( Constantinople I) en 381,   sous l’autorité de l’empereur  Théodosios le Grand, qui voulait consacrer comme siège principal la capitale impériale selon le principe que l’autorité et la vénérabilité d’un siège ne viendraient pas de son origine apostolique ( thèse soutenue par l’Église de Rome), mais de son importance politique dans l’Empire, car c’est l’empereur lui-même qui par son caractère sacré conférait au siège et à l’évêque qui l’occupe, son importance. C’est tout le sens du canon  3 de Constantinople « Que l’évêque de Constantinople ait cependant  la primauté d’honneur après l’évêque de Rome, car cette ville est la nouvelle Rome » C’est donc bien la personne sacrée de l’empereur, et non celle d’un apôtre qui donnait à la  ville sa préséance. Ce principe divise toujours les Orthodoxes des Catholiques, ces derniers ne voyant la primauté d’un siège que dans sa fondation apostolique, sans discerner que les apôtres se sont tout simplement dirigés vers les capitales pour y propager au plus grand nombre l’Évangile. Et d’ailleurs, si ce principe était le véritable, alors c’est Jérusalem qui a entendu du Verbe Lui-même l’annonce de la Parole qui devrait être le premier siège, ville qui a entendu après la Pentecôte l’annonce de l’Evangile par tous les apôtres ensemble avec au milieu d’eux, Pierre ! Et que dire si l’on écarte Jérusalem, en disant par ruse ou par malice : « que cette ville ne compte pas, et que seuls ont une valeur les pas des apôtres en dehors de Jérusalem. » Ce ne serait toujours pas Rome a qui serait dévolu la primauté de Pierre, car Antioche a été fondée en 38, par l’Apôtre Paul et  par  le Coryphée des apôtres (tout comme ensuite Rome),  bien avant leur venue à  Rome ! Si le principe de la fondation apostolique et pétrinienne définissait la primauté d’un siège, ce serait le patriarcat d’Antioche dont le patriarche est avant celui de Rome le successeur  de Pierre  qui devrait alors être le Premier Siège.

    Sans faire ici toute  l’exégèse de ce canon, nous y discernons un point capital : une ancienne capitale résidence d’empereur ou de monarque, fondatrice d’une mission apostolique, même si elle devient abandonnée comme capitale  y conserve son caractère sacré de siège primatial  dans l’éternité de l’Église.

    Rome délaissée par les empereurs, restait le premier siège parce qu’elle était la première résidence impériale et la première capitale. Nous le constatons, ce principe s’applique à Kiev qui est à l’origine de toutes les villes russe et surtout le berceau et la genèse de la propagation du Christianisme  sur les vastes terre Rous’. Le siège de Kiev pour la Russie  est comme celui de Rome pour l’Occident, la source de toutes les métropoles  locales. Wladimir, et Moscou sont nées de la première des missions venues de Kiev ; et non pas   Kiev qui serait née d’une capitale qu’elle a elle-même fondée : Moscou ! Et comme dans le canon 3 du concile de Constantinople, c’est l’importance politique de la ville qui est placée en premier, le souverain fondateur de toutes les Russie  Wlodimir   a placé la cité Sainte de Kiev comme la Mère de toutes les Églises Rous’, dont il était et demeure dans le Ciel le monarque, lui-même   comme l’Egale aux  Apôtres de toute les Russies, comme nous nommons ce grand saint dans l’Église Orthodoxe.

     

    Un second principe ecclésiologique  vient conforter la place prééminente de Kiev sur l’ensemble des Russies  et donc du titulaire de son siège épiscopal.  L’un des arguments avancé par les opposants, parmi lesquels se trouve le patriarche actuel de Moscou est le suivant : L’autocéphalie a été accordé au siège de Moscou, et non pas au siège de Kiev ce qui selon ce patriarche comme pour ses prédécesseurs, entrainerait ipso facto la subordination automatique du siège de Kiev à  celui de Moscou. C’est peu connaît l’histoire, et d’une manière générale l’ecclésiologie et le droit canon que de soutenir un tel argument.

     

    Dans les premiers siècle de l’Eglise nous observons la réplique exacte de  la  situation  tentative de subornation  du siège d’une ville devenue moins importante par une autre. C’est la ville d’Ælia Capitolina[18]  connue avant et après sous le nom de Jérusalem, la Mère de toutes les Eglises. Le puissant métropolite de Césarée avait cette minuscule cité sous sa juridiction et comme Moscou pour Kiev,  il s’appuyait sur l’importance politique de sa cité pour prétendre exercer un pouvoir  sur le titulaire du siège de la ville a vu  crucifier, ensevelir et ressusciter Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Son argument était simple : le centre de la vie régionale n’était plus à Ælia, mais il  avait été transféré dans sa ville épiscopale Césarée.   C’est exactement l’argument qui prévaudra plus tard pour soumettre Kiev à Moscou.  Kiev, d’où venait pourtant la conversion de toutes les Russies,  sera soumise à Moscou, devenue une cité plus puissante où résidait le prince.

    La découverte par Sainte Hélène de la Croix du Sauveur en 326, et l’édification d’une  première basilique avaient redonné un éclat perdu à la cité. Mais c’est bien Saint Cyrille de Jérusalem (350-386) qui s’éloigne de l’autorité revendiquée du titulaire de Césarée, alors devenue la capitale de la Palestine et dont le titulaire Acacius, arien, déposa trois fois de son siège Saint Cyrille pour des motifs ecclésiologiques : le refus  de Cyrille de dépendre du siège de Césarée. Comment ne pas rapprocher les deux situations qui sont exactement les mêmes que celle d’aujourd’hui entre Moscou et Kiev?

    La consécration de la Ville Sainte comme siège patriarcal reviendra à saint Juvénal (419-458) qui fera attribuer lors du Concile œcuménique de Chalcédoine (451) le rang patriarcal à son siège, qui jusque là ne l’avait donc  pas, et ce malgré les protestations de l’Eglise de Rome. Dans sa convocation du cinquième  concile œcuménique Constantinople II  (553), l’empereur Justinien consacre ce fait en mentionnant les cinq siège patriarcaux dans l’ordre qui est demeuré dans la Tradition : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et enfin Jérusalem. Il fait clairement allusion à la Sainte  Pentarchie qui aura le succès que l’on connaît.  Ces précédents contiennent  aussi bien dans la forme que dans le fond, les principes qui serviront  de modèle et  d’archétype ecclésiologiques   pour  l’érection  de la cité de Kiev au XXème siècle, comme  siège patriarcal en tant  que  la Mère de toutes les cités et Eglises Russe, comme Jérusalem est la Mère et  de toutes les Eglises du monde entier, Kiev est la Jérusalem Rous’ !

     

    L’argument que nous entendons souvent de la part de ceux qui maintiennent dans le schisme les presque 20 millions de croyants Ukrainiens qui sont membres de notre sainte Église est le suivant : Il n’y a jamais eu de patriarcat à Kiev ! Nous leur répondons, comme nous venons de l’étudier, qu’avant 451, la Mère de toutes les Églises n’avait été pas établie en siège patriarcal, alors que les autres patriarcats existaient depuis longtemps. Nous leur répondons qu’avant le début du XXème siècle il n’existait  pas de patriarcat de Roumanie, et que c’est la chambre  des député et le sénat de cette nation qui ont proposé l’érection de Bucarest comme siège patriarcal, et que le nouveau patriarcat de Roumanie  à lui aussi connu un long schisme de la part de Constantinople  pour avoir proclamé, à la fois son  autocéphalie qui les séparait de la juridiction de Constantinople, et sa capital en siège patriarcal. D’ailleurs rappelons que toutes les récentes autocéphalies modernes du début du XXème siècle Bulgarie, Serbie, Roumanie, Église de l’Hellade, ont subit de longs  schisme de la part d’une Église impérialiste : Constantinople, comme aujourd’hui Moscou ! Mais ces Églises avec l’hypocrisie des pieux pharisiens,  oubliant leur passé, s’alignent encore aujourd’hui sur les positions de Moscou envers notre vénérable et millénaire Église Locale de l’Ukraine. Rappelons la durée de ces schismes qui parsemèrent de nombreux siècles et qui   ont tous eu le même motif : l’application de l’ecclésiologie d’une Église Locale Orthodoxe par nation, comme pour l’Ukraine aujourd’hui et comme pour la Macédoine qui est dans la même situation vis-à-vis du patriarcat de Serbie que notre Église vis à vis du patriarcat de Moscou :

    La proclamation de l’autocéphalie de l’Église Bulgare en 1185 sera suivie d’un schisme avec Constantinople qui durera jusqu’en 1234, date à laquelle l’Église Bulgare obtiendra une première fois la reconnaissance de son autocéphalie par Constantinople. Durée du premier schisme Bulgare : 50 ans. La proclamation de l’autocéphalie plénière de l’Église Serbe en 1446 par le Tzar Étienne Douchan et qui ne sera reconnue qu’en 1475. Durée de ce premier schisme Serbe : 29 ans. Le Patriarcat de Constantinople, nous l’avons vu, excommunia l’Église Serbe durant toute cette période. Pourtant les ordinations faites et les sacrements distribués dans ces deux Églises au cours de ces périodes de schisme, sont aujourd’hui considérés comme pleinement donnés dans l’Église Orthodoxe. La seconde restauration du Patriarcat de Pec 1528-1534 avec excommunication et déposition durera six ans. La troisième restauration se fera sans excommunication de 1557 jusqu’à la nouvelle suppression en 1766. La proclamation de l’autocéphalie de l’Église de l’Hellade en 1833 par le Roi Othon et qui ne sera reconnue qu’en 1850. Durée du schisme : 17 ans. La re-proclamation de l’autocéphalie de l’Église de Bulgarie en 1872 et qui ne sera reconnue qu’en 1938. Durée de ce dernier schisme Bulgare : 66 ans, soit un total de 116 ans pour l’ensemble des années ou l’Église Bulgare restera en schisme avec Constantinople. Constantinople excommunia l’Église de Bulgarie durant toutes ces périodes. Pourtant les ordinations faites, et les sacrements distribués dans cette Église lors de ces périodes sont aujourd’hui considérés comme pleinement valides dans l’Église Orthodoxe. Alors comment dire que ces Églises Locales qui ont eu des saints durant toutes ces périodes de schisme, avant comme après,   auraient à un moment donné de leur histoire  perdu la grâce, et quitté l’Unité charismatique de l’Église Orthodoxe ?  Elles ont certes perdu à un moment donné de leur histoire,  l’unité Juridique avec les Églises sœurs, mais elles n’ont jamais   perdu l’union   charismatique. Car l’unité charismatique de l’Église échappe à toute forme juridique, elle est donnée dans l’Esprit Saint  à l’ensemble du Corps du Christ : l’Église. L’Esprit Saint  comme le Sang du Corps, alimente tous ses membres par la Tête qui en est aussi le Cœur :  le Christ ! Et la main ne peut pas dire à l’autre main : «   Tu n’appartient pas à ce corps » ;  ni le pied ne peut dire à  à un bras : «  Tu n’appartiens pas à ce Corps.. »  Ces  schismes  qui ont été injustement imposés à une grande majorité des l’Églises autocéphales qui aujourd’hui sont revêtues  de la splendide cuirasse dorée de la canonicité,  ont oublié qu’elles ont traversé ce chemin, et qu’elles y ont trouvé une forme de martyr qui a élevé, à l’époque de cette traversée du désert, leur conscience ecclésiologique  de l’affirmation de l’Église Locale comme rempart à l’hérésie de toute forme de domination d’une Église Locale Autocéphale  par une autre. Ces schismes ne sont pas le fait d’une décision divine, mais le résultat de politiques impérialistes,  de pouvoirs  humains, de  décisions prises sans l’Esprit Saint, qui devrait pourtant  inspirer le gouvernement de l’Église. Ces faits sont importants à rappeler lorsque sera venu le moment du dialogue avec les autres Églises sœurs Orthodoxes.

     

    La fabrication  Saint Myron comme signe de l’autocéphalie plénière selon l’ecclésiologie traditionnelle de l’Eglise Orthodoxe.

     

    Nous retraçons brièvement, car elle est bien connue de nos lecteurs ukrainiens et russes, la protohistoire de l’Eglise d’Ukraine en  nous efforçant d’en dégager tous les faits les plus emblématiques qui se rapportent  à l’affirmation de la métropole de Kiev et de toute la Rouss’  comme l’Eglise nationale du peuple ukrainien.   Nous jetterons des coups de projecteurs sur tel ou tel événements, qui  dans la longue histoire  de la construction de la nation ukrainienne ont abouti à la naissance d’une métropole autocéphale ukrainienne.

    Celle-ci  a sa genèse dans la volonté du Prince Wlodimir, qui agit exactement  de la même manière que les princes bulgares et serbes de convertir sa nation au Christianisme et de lui donner une Eglise Locale indépendante. Pour cela il s’adresse au  deux co-empereurs   Basile II et Constantin VIII et au patriarche de Constantinople saint Nicolas Chrysobergès, qui lui  enverront le premier  métropolite  de Kiev saint Michel (entouré de six évêques). Il baptisera Wlodimir à Kersonèse (989)   et procédera à son mariage avec la princesse Anne sœur des deux co-empereurs. Viendra ensuite à Kiev le baptême collectif des habitants de la cité dans les eaux du Dniepr. Nous le constatons, les principes des premières autocéphalies sont posés dès l’origine de cette Eglise : Volonté de son Prince, qui s’adresse à Constantinople, et l’envoi d’un premier évêque. Par la suite, même si le mot autocéphalie n’est pas prononcé,  c’est l’érection d’une nouvelle Eglise locale Rous’ à la fois, selon son modèle impérial byzantin, soumise à l’autorité du Prince, qui choisit son  primat, le métropolite de Kiev, en validant par exemple une élection locale où en demandant parfois  au patriarcat de Constantinople d’en élire un.   Nous  voyons par exemple un métropolite grec, Theopempt prendre la route vers Kiev, envoyé,  à la demande  du Prince Iaroslav le Sage,  par le patriarche Alexandre Studite (1025-1043) et de l’empereur Michel IV. A partir de cette date nous savons qu’étant donné les distances, il n’était pas possible que les élections épiscopales se fassent à Constantinople : celles-ci deviendront  locales et l’Eglise  Rous’ est organisée selon  le canon apostolique 34 qui définit les Eglise autocéphales. De plus le territoire canonique du patriarcat de Constantinople s’arrêtait aux anciennes frontières de l’Empire, et celles-ci n’avaient jamais englobé les vastes territoires de la Rous’. Soulignons que  la liste établie régulièrement par l’administration  impériale de l’ordre hiérarchique des métropoles, archevêchés, et patriarcats de  l’empire ne comprenait pas la Rous’.

    Arrêtons nous un instant sur ce privilège charismatique de la fabrication du saint Myron par le primat d’une Eglise Locale. Au fil du temps l’usage par Kiev de faire le saint Myron, qui constitue, selon le professeur Troïtzky  l’un des signes charismatique d’une autocéphalie plénière, a été établi très tôt dans son histoire  comme un privilège  primatial du siège de Kiev.

    C’est sans doute le signe le plus incontestable de l’autocéphalie plénière d’une Eglise Locale. Donnons quelques exemples : aujourd’hui l’Église Autocéphale de Grèce n’a, selon le Patriarcat de Constantinople, qu’une autocéphalie limitée, et elle ne peut produire elle-même son propre Saint Chrême, le recevant obligatoirement du Patriarcat de Constantinople. Elle ne peut pas non plus fonder une autre Église autocéphale, et si elle le faisait, elle serait immédiatement excommuniée par la Grande Église ! Ni  l’Église de Grèce, ni l’Eglise de Chypre, ni le patriarcat de Bulgarie, ni le patriarcat de Géorgie, ni l’ancienne Eglise autocéphale de Tchécoslovaquie (aujourd’hui divisée en deux entités séparées), ne sont donc pas  les Égales ecclésiologiquement du Patriarcat de Constantinople. Le fait qu’elles reçoivent de Constantinople le Saint Chrême les rapproche plus chacune,   du statut  d’Église autonome qui ne possède pas statutairement la plénitude ecclésiale, que d’une Église autocéphale. L’Église de Grèce a donc des aspects fondamentaux de sa vie ecclésiale subordonnés aux décisions du Patriarche de Constantinople. Durant la période ottomane les patriarcats d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem reçurent le Saint Myron du patriarcat de Constantinople, ce qui constituait une réduction du pouvoir de leur autocéphalie. Il est vrai également que l’élection de leurs patriarches se faisait alors par le synode permanant du patriarcat de Constantinople, et tant qu’il y eut un empereur, avec le consentement de celui-ci. Selon la doctrine Orthodoxe dans «l’Église une», chaque Église locale majeure est à la fois «l’Église une» et à cause de cette réalité, elle possède tout ce qu’à « l’Église une ». Elle n’est pas subordonnée dans sa vie à une quelconque Église, qui lui serait supérieure et qui accaparerait certains actes ; comme justement celui de faire son Saint Chrême ou de fonder une nouvelle Église locale. Il est curieux de voir l’Eglise Orthodoxe  de Chypre, plus ancienne que le patriarcat de Constantinople, recevoir encore aujourd’hui  de celui-ci le Saint Myron,  probablement là aussi un héritage de la domination ottomane. Cette doctrine n’a pourtant pas été élaborée durant la période turque du Patriarcat de Constantinople, mais cent ans avant la chute de Constantinople, comme le souligne le Professeur Troïtzky à propos de la définition des autocéphalies de différentes catégories : « Les documents de droit ecclésiastique font état, qu’outre l’autocéphalie ecclésiastique habituelle, il existe l’autocéphalie limitée restreinte. Le Patriarche de Constantinople Calliste parle de cette autocéphalie restreinte, « ouk olokleron », l’accordant dans son épître de 1345 au Patriarcat Bulgare de Tarvono. Au même siècle (1346-1375), les Patriarches de Constantinople frappaient d’excommunication l’Église Serbe pour avoir transformé l’autocéphalie limitée, qui lui avait été accordée sous Saint Sava, en autocéphalie plénière. L’Église de Constantinople donna une autocéphalie restreinte à l’Église Serbe en 1879, et à l’Église de Pologne en 1924. Le caractère limité de ce type d’autocéphalie s’exprime sur le plan liturgique, administratif, financier et inter-ecclésiastique. Les limitations liturgiques consistent, par exemple, dans l’obligation pour l’Église fille de faire mention du nom du chef de l’Église mère et d’en prendre le Saint Chrême (Myron). » Il faut noter cependant, que pour le grand ecclésiologue « la notion de l’autocéphalie restreinte ne trouve aucun fondement canonique mais au contraire, elle est totalement exclue par la structure canonique qui traite de l’égalité de droit des Églises autocéphales. Cette notion est l’invention des politiciens ecclésiastiques de Constantinople, qui s’efforcent de maintenir, ne serait-ce qu’une certaine autorité, sur les parties qui se séparent (par l’autocéphalie) de l’Église de Constantinople, afin d’assurer une aide matérielle de leur part. Ayant reçu le pouvoir des apôtres par la succession apostolique, chaque Église Autocéphale est égale aux autres en droits, et toute limitation contrainte de ces droits est une violation des canons, interdisant l’intervention d’une Église dans les affaires d’une autre sans invitation de cette dernière. » [19] La conclusion qui devrait s’imposer pour toutes les autres Eglises Orthodoxes Autocéphales, c’est que le privilège de fabriquer son  Saint Myron que ne possèdent même pas, comme nous venons de le souligner, l’Eglise Autocéphale  de l’Hellade et la vénérable et apostolique Eglise de Chypre, mais qu’en revanche possède séculairement le siège de Kiev, constitue  la preuve irréfutable de  sa pleine autocéphalie.

    Un autre fait rarement souligné  démontre bien la suprématie ecclésiale de Kiev sur Moscou : C’est paradoxalement l’origine du droit qui fut reconnu par Constantinople au nouveau patriarcat de Moscou de produire son Saint Myron. On se souvient que l’autocéphalie de Moscou, avec son érection comme signe patriarcal  fut obtenue par la force. Le Tsar Fedor Ivanovitch et l’homme fort de la principauté le régent  Boris Godounov, convient à Moscou en 1588  le patriarche Jérémie II de Constantinople, affaibli politiquement  par la domination ottomane. On  commença  par restreindre sa liberté en l’empêchant de retourner à Constantinople.  Une « tradition » existait alors à Moscou, (que de nombreux chroniqueurs ont consigné dans leurs récits), d’emprisonner les visiteurs  étrangers, bien accueillis, mais qui n’avaient plus jamais le droit, sous peine de mort de même simplement réclamer leur retour dans leur patrie, ni de communiquer avec les non russe de la capitale. On proposa au patriarche de transférer son siège à Wladimir, en argumentant  qu’en restant à Constantinople il était sous le joug des Turcs. Devant le refus courageux, étant donné les circonstances, on lui proposa plus directement de devenir le patriarche des Rous’ avec comme siège Moscou. Et enfin, (nous passons toutes circonvolutions des détails de cette histoire),  on fit accepter au patriarche qui se voyait terminer ses jours sans doute de manière violente à Moscou, s’il refusait d’ériger le siège de Moscou en siège patriarcal concomitant avec la déclaration d’autocéphalie et de procéder à l’intronisation, après une élection de circonstance, du candidat désigné par le tsar et Boris ; candidat  que le patriarche de Constantinople n’avait jamais pu rencontrer avant ce jour ! On procéda donc le 26 janvier du calendrier julien 1589, non pas à une intronisation,  mais à une sorte de re-consécration épiscopale qui s’écartait du Typikon orthodoxe traditionnel,  en disant en lui imposant l’Evangile avec  la prière de la chirotomie épiscopale :  «  La grâce divine  désigne le très pieux archevêque  Job pour devenir patriarche de Moscou et de toute la Rous’ » Mais Jérémie ne pouvait rien dire, car il était entre les mains du puissant régent et consacrait patriarche le favori de celui-ci, Job. Cela d’ailleurs ne le choquait pas particulièrement, cet usage du Prince désignant à l’élection du siège primatial son candidat, était général dans toutes les monarchie et avait été celui de l’Empire Byzantin du temps de sa splendeur. Et c’est ici que se place la confirmation pour la nouvelle Eglise de faire elle-même son saint Myron. Le patriarche retint l’argumentation suivante : puisque que ce droit avait été accordé depuis au moins le XIV ème siècle, (une date précise n’est pas connue)  au Siège de Kiev, il était transmis de ce siège, qui cependant le conservait pour lui-même,  au nouveau Siège de Moscou ! Ainsi en droit canonique comme en charisme, le droit de faire son saint Myron ne provenait pas d’un droit accordé ce jour là par le patriarche de Constantinople au patriarcat de Moscou, mais de la reconnaissance que ce droit ancien provenait du siège de Kiev.   Même dans le saint Myron la position de la Métropole de  Kiev comme Eglise Mère de Moscou était confirmée .Comment aujourd’hui  des Eglises autocéphales Orthodoxes peuvent se ranger derrière le patriarcat de Moscou pour prétendre que l’Eglise d’Ukraine est l’Eglise Fille de Moscou, et qu’elle aurait dû, de ce fait, continuer à dépendre de son omophore,  alors que la vérité est exactement l’inverse : c’est Moscou qui est l’Eglise fille du siège de Kiev, la Mère de toutes les Eglises Rous’.

     

    Un autre signe de la Primauté du siège de Kiev sur celui de Moscou, son titre : Métropolite de Kiev et de toute la Rous’Ukraine.

     

    Dès le XI ème siècle, après que le Prince Jaroslav eut institué le premier métropolite Ruthène à Kiev (1051), saint Ilarion, la désignation du primat ne se fait plus à Constantinople, sauf à de rares  exceptions. Celui-ci  est élu (et le plus souvent désigné par la volonté du Prince  comme à Constantinople)  et l’un de ses  successeurs, Rotislav édictera la loi selon laquelle : «  dorénavant les métropolites seraient élus et consacré en Rous’ même avec le consentement du Grand Duc ». Mais avant ce décret qui consacrait un usage établi depuis longtemps nous voyons l’élection de saint Klymenti en 1145 et au cour de sa chirotomie épiscopale qui se produisit à Constantinople,  on lui imposa même sur sa tête les reliques de saint Clément. En réalité, à une époque ou les patriarches d’Eglises autocéphales comme Alexandrie, Antioche et Jérusalem étaient élus depuis longtemps par le synode permanant de la Grande Eglise (Constantinople) la réalité de l’autonomie  dans le sens sémantique du mot, de l’autocéphalie « de facto » du siège de Kiev, était plus grande que celle des Eglises autocéphales précitées  et de nombreuses autres Eglises autocéphales présentes dans les frontières  l’Empire Byzantin. Nous ne pouvons retracer dans cet article toutes les étapes suivantes  qui renforcèrent dans son histoire l’autocéphalie de facto du siège de Kiev. Nous ne ferons que de mettre en lumière les faits qui selon nous, sont   les plus emblématiques de l’autocéphalie de la Métropole d’Ukraine. En particulier, le titre même que portera son titulaire « Métropolite de Kiev et de toute la Rous’ Ukraine » est porteur de l’expression de cette primauté. La première apparition d’une partie de cette appellation serait survenue dès la fin du XIème siècle  lorsque la Rous’ est partagée en trois parties et que les cités et les régions qui les entourent, Kiev, Tchernihiv et Péréyaslav se trouve sous la juridiction canonique du seul métropolite de Kiev.  Nous avons la certitude que l’usage existait depuis longtemps au commencement du XIIIème siècle  lorsque nous lisons dans la célèbre chronique anonyme  de Souzdal en 1230, le titre de « Métropolite de Kiev et de toute la Rous’ ». Nous retrouvons enfin le titre que porte désormais tous les patriarches d’Ukraine  juste avant  l’invasion tatare ou la cité est toujours  un siège métropolitain : «  Métropolite de Kiev et de toute la Rous’Ukraine »  c’est le titre que porte le métropolite Petro Akerovytch qui se rendra au Concile de Lyon en 1245, preuve qu’il représentait « ad personna » son Eglise comme l’Eglise Locale des Ruthènes, et que celle-ci n’était donc pas représentée par la délégation du patriarcat de Constantinople. Un incident démontre que les décisions canoniques à fond dogmatique  qui ne peuvent être normalement prises qu’avec l’accord de l’Eglise Mère pour une  Métropole seulement autonome, sont prises souverainement par le puissant métropolite de Kiev : lorsque le pape Grégoire IX (1370-1378)  décide une action de conversion des « hérétiques Ruthènes », il ordonne  aux couples mixtes (Catholiques - Orthodoxes)  de cesser la vie conjugale avec le conjoint orthodoxe, et cela jusqu'à à la conversion au catholicisme du conjoint orthodoxe ! Les dominicains sont chargés d’une action prosélyte de grande  envergure. En réponse à cette agression, Sa Béatitude le Métropolite Kyril de Kiev  exige que les catholiques soient rebaptisés avant leur  mariage avec un conjoint orthodoxe, et cela  sans consulter Constantinople. Et il fait chasser les Dominicains par le Prince  Volodimir  (Wlodimir) de Kiev,   le fils du souverain Lituanien Olgierd (1345-1377). A l’époque le Grand Duché Lituanien comportait 90 % du territoire recouvrant la Lituanie, la Biélorussie et l’Ukraine. C’est dans cette période que toute la réalité de l’indépendance de la puissante Métropole de Kiev se renforça.

     

    Les schismes annonciateurs de l’autocéphalie « De Facto »  de la Métropole d’Ukraine.

     

    C’est durant cette période  que nous allons  voir se dessiner les premiers grands schismes entre Kiev et Moscou qui annoncent tous les schisme à venir dans la région. Souvenons nous que le principe d’une Eglise locale autocéphale par nation, fut-il  comme le Grand Duché lituanien, dûà des conquêtes récentes,  s’était imposé dans l’organisation des Eglises Locales dans l’Empire Byzantin et dans son voisinage. Les canons des conciles précisaient que les limites d’une Eglise locale s’inscrivaient dans celle de l’état ou elle se situait, mais des exceptions existaient. L’empereur théologien Jean Cantacuzène écrivit  une lettre au prince ukrainien (lituanien) Vohyneie-Loubart-Dmytro pour lui exprimer  sa vive opposition à l’existence  de deux métropoles, l’une Kiev  située sur le territoire lituanien et l’autre sur le territoire dépendant des princes de Moscou, partageant en deux le territoire cette fois-ci canonique de l’ancienne métropole de Kiev. Mais c’était ne pas tenir compte des fluctuations du territoire canonique de la métropole de Kiev qui au grès des conquêtes de ses princes  ou des territoire perdus, n’avait jamais été stable. On comprend que le prince lituanien, comme aujourd’hui les dirigeants de l’état ukrainien, ne voulait pas que son métropolite dépende d’une Eglise d’une autre nation (les princes de Moscou)  avec laquelle il était fréquemment en conflit.  Deux candidats se présentèrent à Constantinople, qui avait été choisie par les souverains comme arbitre de leurs revendications, mais également parce que  le lien ancien avec l’Eglise Mère la plaçait pour les deux hiérarques concurrents, comme  un nouveau Salomon. Ils arrivèrent en 1353  dans la Ville. Le candidat du prince de Moscou était saint Alexis et le candidat du prince de Lituanie était  Roman. Le patriarche  Philotéos de Constantinople, (que nous avons déjà rencontré)  tout en soutenant que « la Rous’ devait être administrée par une seule métropole indivisible » donnera un jugement de Salomon pour   trancher l’affaire : Il transféra le siège effectif  de la métropole à Wladimir tout en  consacrant deux métropolites : Alexis comme métropolite de Kiev et de toute la Rous’, et Roman  comme Métropolite de toute la Rous’ mais titulaire du siège de Novgorod. 

    Ce qui devait arriver arriva : le germe du schisme avait été semé par la Grande Eglise peu inspirée. Roman comme le souhaitait très légitiment son prince transféra son siège à Kiev, et  Alexis avec l’appuis du prince de Moscou et des tatares, et celui symbolique  puisqu’il n’était  pas sur place, du patriarche Constantinople,  se rend à Kiev pour prendre possession de son siège, et échappe de peu à une arrestation et sans doute à un assassinat. Le schisme se poursuivra avec le successeur du métropolite Roman, saint Cyprien. En 1354 lors du second pontificat de saint Philotéos sur le siège de Constantinople, voulant faire cesser le schisme entre Moscou et Kiev, il  écrit aux différents protagonistes qu’il faut un seul siège  et un seul métropolite. Mais nous sommes toujours en face de deux territoires nationaux séparés et  dont chacun les princes revendique légitimement d’avoir une Eglise nationale indépendante de la nation voisine  et antagoniste, avec son propre primat. Cette situation est exactement  la même que celle que traverse aujourd’hui l’Ukraine par rapport à la Russie. Le prince de Lituanie Olgerd qui dépend du roi de Pologne Casimir (1333-1370) accusant le métropolite Alexis de parti pris patriotique avec le Prince de Moscou, fait élire à sa place, saint Cyprien comme métropolite de Kiev : les principautés du nord  reconnaissant Alexis comme primat et celles du Sud saint Cyprien. Dans sa sagesse, l’Eglise a canonisé les deux protagonistes d’une situation qui déjà avait entrainé les anathèmes que l’on connaît aujourd’hui. D’ailleurs il eut été impossible à l’époque que la situation d’une seule métropole Rous’ perdure,   car les deux états   dans la logique ecclésiologique admise à l’époque, requéraient  deux Eglises locales distinctes, encore une fois dans la même logique qu’aujourd’hui, entre l’Ukraine et la Russie, Kiev et Moscou. Mais  une autre impossibilité allait s’ajouter :  le prince de Moscou Siméon le Fier, était  emporté par la peste (1353) et la régence de la principauté, sous le règne du très faible prince Ivan,  était échue à saint Alexis, qui avait la double responsabilité de l’Etat et de l’Eglise,  apportant  à contrario la preuve qu’il lui aurait été  impossible dans cette situation,  d’exercer un ministère pontifical  indépendant de la politique russe, sur le territoire nationalPolonais - Lituanien - Ukrainien ! Il faut cependant nuancer  la pensée qu’ avaient les protagonistes eux-mêmes de cette histoire : Si la volonté des Princes de Moscou était de dominer du point de vue ecclésiastique l’Ukraine et celles du prince de Kiev d’avoir une Eglise nationale indépendante de Moscou, il n’en a jamais été clairement de même pour  le métropolite d’origine bulgare Cyprien de Kiev. Celui-ci avait la conception de l’unité de l’ancienne Eglise Rous’   et dès le trépas de saint Alexis, il se précipita, pour prendre la succession à Moscou du grand pontife et de  rassembler les deux sièges sous sa seule autorité. Le projet de saint Cyprien était en réalité beaucoup plus  plus ambitieux : il voulait  également rassembler sous sa seule autorité les Eglises Locales de Galicie, de Moldavie, et de Bulgarie. Il aurait ainsi  créé une Eglise pan-slave, rivale du patriarcat de Constantinople. Il envoya une ambassade à Constantinople en 1397, mais bien  évidemment le patriarcat de Constantinople et l’empereur  s’opposèrent  à cette idée. Pas plus à Moscou qu’à Kiev les princes ne voulaient d’une telle situation : il fut chassé de Moscou. Mais redisons-le saint Cyprien  voulait sincèrement unir les deux sièges en une seule Eglise Rous’,  en surmontant la séparation de celle-ci dans deux états concurrents ; mais déjà la naissance  des  récentes et prochaines Eglises nationales autocéphales  lui donnait tort. Le baptême des nations commence par la naissance d’une nation et en ce sens, Kiev sous l’occupation Polonaise et lituanienne devenait une nation indépendante.

    Un autre schisme allait naitre : après le trépas de saint Cyprien, Constantinople envoya à Moscou en 1410   un métropolite grec, Photios. Mais bien évidemment ce métropolite nommé pour le siège de Moscou n’avait pas l’agrément pour venir siéger à Kiev du nouveau prince lituanien Witold, et lorsque Photios  se présenta en Lituanie-Ukraine,   il en fut chassé. C’est un parent de Cyprien qui sous l’autorité du prince lituanien fut élu par un concile local  en automne 1414, il y a exactement mille ans,  comme métropolite de Kiev. C’était  encore une fois un bulgare, un parent du précédent métropolite de Kiev saint Cyprien, nommé Grygory. Mais  l’histoire se répète : le métropolite de Moscou, Photios, et  le patriarche de Constantinople Euthimios II (1410-1416) refusèrent de le reconnaitre et selon les méthodes coercitives bien rodées -les mêmes  méthodes que celles du patriarcat de Moscou aujourd’hui-, l’excommunièrent et l’anathèmisèrent.  Ces faits rapprochèrent le siège de Kiev de celui de Rome. Avec l’appui du prince et de tout l’épiscopat ukrainien, sans se troubler de la situation, le vénérable métropolite Grygory de Kiev exerçait sa charge pastorale avec dévouement. Il se rendit au Concile de Constance en 1418 et il fut reçu  avec beaucoup d’égard par le pape Martin V. Il s’efforça  de joindre à son Eglise les villes  de Novgorod et de Psok qui se trouvaient pourtant en dehors de l’état lituanien.  Grygory  trépassa en en 1420 laissant le souvenir d’un prélat qui avait su être à la fois le défenseur de l’ecclésiologie d’une Eglise nationale Ukrainienne indépendante, et d’un pasteur attentif aux besoins spirituels de son peuple. Il avait été l’âme d’une Eglise autocéphale « de facto »  Ukrainienne.

     

    Saint Pétros Moghila Métropolite de Kiev et le renforcement de la conscience nationale du peuple Ukrainien.

     

    En réalité, l’histoire de l’Ukraine devenant vassale  des Princes lituaniens et des Rois de Pologne va accroitre la quasi autocéphalie de la Métropole d’Ukraine. C’estau sein de l’Eglise, que non seulement se transmet la foi orthodoxe face aux polonais Catholiques, mais également la propagation de la  culture identitaire ukrainienne, et le renforcement de son sentiment nationaldétaché des Principautés Russes éloignées. Nous observerons  tous ces points avec la venue sur le trône de Kiev de saint Petros Moghila. C’est bien dans les frontière de la métropole orthodoxe locale  indépendante d’Ukraine qu’au sein  d’un Royaume Lituano-polonais qui n’était pas le leur, que s’est amplifié  le sentiment national dupeuple ukrainien. Les liens  avec la Russie étaient devenus   distants, sauf peut-être sur les frontières. En période d’occupation, comme cela se produira pour les byzantins sous  l’occupation ottomane, l’Eglise Orthodoxe locale  devient l’unique vecteur du sentiment nationale, et de la transmission non seulement de la langue, de ses traditions particulières de sa culture originale,  mais également  de son histoire nationale. Ce sont tous ces faits qui ont produit,  au cours des siècles,  l’indépendance de «  facto » autocéphale   du siège de Kiev.

    Mais bientôt la Pologne Catholique  à travers des traités d’union avantageux pour elle avec la Lituanie, va prendre l’avantage. Ce sera le traité signé en 1413 qui va restreindre la participation des Orthodoxes dans les rouages de l’Etat. Nous survolons l’union de la Pologne et du Grand Duché Lituanien en un seul état, l’union de Lublin signé en 1569. Le nouvel état est nommé la Rzecz Posploita et comprend 850000 Km2  avec un seul souverain Roi de Pologne et Grand Duc de Lituanie. Nous pouvons en déduire qu’à partir de cette période, la métropole de Kiev  vit désormais en dehors de ce qui va devenir l’Eglise Russe et  qu’elle donne sa loyauté à ses nouveaux souverains. Mais bientôt l’offensive de conversion au catholicisme de sa population orthodoxe,  tout en conservant les rites orthodoxes,  entreprise de concert par les rois de Pologne avec l’Eglise de Rome aboutira à la célèbre « Union de Brest » en 1596. Mais la majorité des orthodoxes la rejetèrent.

    Il nous est impossible de retracer toute l’histoire de la totale indépendance  de la métropole de Kiev jusqu’à l’intégration de l’Ukraine dans l’empire Russe (1793). L’Ukraine de la rive gauche du Dniepr avait été intégrée à l’Empire Russe  par le traité de Pereïaslav en 1654, comme un État (Etmanat) Cosaque. Désormais du côté Ouest, le sentiment nationale Ukrainien se reconnaitra tant avec la Métropole de Kiev qu’avec  ces Etmanats cosaques  qui ont fait dire  aux historiens qu’au XVIIIème siècle, que sous l‘autorité éclairée des Hetmans Bohdan Khmelnytskyï, Petro Sahaïdatchnyï et Ivan Mazeppa, l’Ukraine était la nation la mieux alphabétisée de toute l’Europe !  Nous ne pourrons malheureusement  pas, ce qui nous éloignerait trop  de notre sujet  qui est ecclésiologique, approfondir le rôle prépondérant des Cosaques dans le sentiment national Ukrainien.  

     

     Nous nous arrêterons à l’un de ses plus grand hiérarques à l’esprit universel, saint Petros Moghila (1633-1647), que notre saint patriarcat fut dans son esprit prophétique le premier à canoniser en 1998, avant que ne le fasse  a sa suite l’Eglise Ukrainienne du patriarcat de Moscou. Petros Moghila, on le sait, était le neveu de l’hospodar de Moldavie. Son Oncle Georges était le puissant métropolie de Suceava  en Moldavie et la famille résidait à Jassy. Il est né en 1536, année qui voit se couper en deux l’Eglise d’Ukraine avec le traité d’Union de Brest. Ce sera l’une des priorités de Pétros Moghila devenu métropolite  de Kiev de recouvrer l’unité des deux parties de son Eglise. Il entre au monastère des Grottes de Kiev en 1625 et rapidement il se fait connaître par sa culture encyclopédique. Le roi Sigismond III Vasa (1587-1632) de Pologne  sur recommandation du Chancelier Thomas Zamooysky, le nommera archimandrite de la Laure des Grottes de Kiev. Il fondera une école, ou université pour la formation principalement du clergé mais aussi pour les fils de la noblesse et de la bourgeoisie,  sur le modèle occidentale où les cours se donnaient en latin, le grec y était enseigné avec les philosophes antiques, une solide formation patristique, sans oublier l’histoire générale et   les mathématiques. Il avait conscience que si les orthodoxes connaissaient les Pères de l’Eglise, les universités qu’il avait fréquenté en Europe de l’Ouest (il est peut être venu à Paris)  l’emportaient largement pour la préparation intellectuelle des étudiants,et spécifiquement celle du clergé. Il n’est pas dans notre propos ici de parler du rôle actif de l’hetman des Cosaques Pierre Konaszewicz Sahajdaczny (1614-1622), hostile à l’union de Brest et à une éventuelle réconciliation entre la partie Orthodoxe des Ruthènes et la partie unioniste. Cependant  cette tentative de réconciliation est la toile de fond de notre récit, car elle démontrera qu’à cette époque le métropolite  de Kiev agira comme le primat d’une Eglise autocéphale, à la fois indépendante de Moscou devenue l’ennemie héréditaire, (comme autrefois la France et l’Angleterre)  de l’Ukraine polonaise, mais soulignons le,   Ruthène Orthodoxe. Pour Pétros Moghila rétablir l’union signifiait ne dépendre ni de Rome, ni de Constantinople ;  Moscou à ses yeux n’existant même pas car les ponts étaient coupés depuis longtemps et les guerres incessantes aux frontières de l’Ukraine menées par les cosaques, rendaient ce choix inenvisageable. L’intention de Pétros Moghila était au vu des avancés (pour lui) réalisé dans le Concile de Ferrare Florence, de proposer à Constantinople et à Rome,  une union non pas avec Rome dont il ne voulait pas, mais de l’union des deux Eglises ruthènes séparée depuis Brest, Nous ne ferons que survoler  cette histoire, sans en approfondir tous les détails. Dans un premier temps en 1624, il consulta deux évêques orthodoxes : Job Boresci et Mélèce Smotrycky. La  première proposition qui sortira de ce petit synode de deux évêques  sera l’érection d’un patriarcat d’Ukraine rassemblant les deux parties de l’Eglises d’ Ukraine, avec une soumission indirecte du siège de Kiev à Rome, tout en conservant leur lien direct avec Constantinople. Dans les faits on rétablissait la communion avec le siège de Rome mais  sans lui conférer la moindre autorité sur l’Eglise qui devenait par elle-même, ce qu’elle était déjà de facto : autocéphale.  Ce projet, bien évidemment n’aboutira pas. Il est cependant symptomatique  de l’esprit d’indépendance de l’épiscopat ruthène L’élection par les 49 votants à l’unanimité, suivie de la  désignation par le nouveau roi de Pologne Ladislas IV (1632-1448)  du  délégué du clergé orthodoxe de Kiev  à la diète polonaise, voyait légaliser la présence d’une Eglise Orthodoxe nationale dans le royaume de Pologne. Le grand historien ukrainien Arkady Joukovsky écrit : « A la diète électorale de 1632 (à Varsovie), l’Eglise Orthodoxe fut reconnue, les « articles de pacification du peuple ruthène de religion grecque » furent adoptés et les orthodoxes purent avoir leur propre hiérarchie. Pétro Mohyla (Moghila)  fut élu métropolite de Kiev et reconnu par l’Etat Polonais. » Pétros[20] Moghila  était désigné  dans  le  décret comme  étant « un prince de Moldavie ».  Ce fait historique montre l’ouverture royale polonaise  à l’indépendance de la métropole Orthodoxe de Kiev.  Sur décision  royale,  des églises qui avaient été prises aux orthodoxes par les Greco-Catholiques, notamment la cathédrale Sainte Sophie, sont rendues à la métropole Orthodoxe. L’élection du nouveau métropolite fut confirmée, comme c’était l’usage, par le patriarche Cyrillios Lukar de Constantinople  (proche des calvinistes). Moghila sera sacré sous la présidence du Métropolite de Valachie et non comme cela a été écrit plus tard,  par le patriarche Nectarios  de Jérusalem. Ce sera ensuite la publication  en latin, langue qu’il maitrisait à la perfection, de la confession de foi[21] célèbre aujourd’hui dans toute l’Eglise Orthodoxe, qui répond à des points litigieux de la doctrine Catholique Romaine comme celui du « Filoque procedit » et du Purgatoire. La confession de Foi de Iassy du 15 septembre 1642 avait  été  faite préalablement devant  le synode de Kiev du 8 septembre jusqu’au 18 septembre 1640. Celui-ci examinait l’encyclique du Métropolite de Kiev, datée du  24 juin 1640.  Mais, même favorable à faire revenir au sein de l’Eglise Orthodoxe les unionistes,  il les combattra notamment en faisant expulser par la force  des églises qu’il avait réussit à regagner par la volonté du roi, anciennement attribuées ou conquises par les Greco-Catholiques. La rédaction, tardive dans sa vie d’un second document  en vue de rétablir l’unité des deux Eglise Ruthènes, parvient  à Rome en 1645. Ce qui nous intéresse n’est pas  de savoir si ce projet était  réalisable. Notre propos ecclésiologique est ailleurs : c’est qu’il reflète la pensée ecclésiologique sur l’indépendance qu’en toute circonstance devait conserver tant vis à vis de Rome que de Constantinople ou de n’importe quel autre siège, le Siège de Kiev. L’idée force de ce document est la suivante : désormais le métropolite de Kiev ne serait confirmé, ni par Constantinople, ni par Rome. La primauté du siège romain était interprétée  dans le sens orthodoxe, et non comme une primauté juridique et canonique. Une profession de foi « ad minima » commune, fondée sur le catéchisme de Iassy,  serait adoptée servant de lien entre les deux Eglises.  Celle-ci serait rédigée dans les trois langues, grecque, latine et slavonne. Le respect du rite Orthodoxe  propre à l’Eglise Ruthène est souligné en rappelant les clauses adoptées sur ce sujet par le concile de Ferrare florence. Il ne parle pas dans ce projet de patriarcat, mais le principe de l’autocéphalie de l’Eglise de Kiev et de toute la Rous’ukraine y  est clairement souligné. Saint Pétros Moghila décédera le Ier Janvier 1647 et son projet  ne pouvait se réaliser sans un personnage  tel quelui, de haute envergure, capable de l’imposer à la conscience de l’Eglise.

    Aujourd’hui  il devient plus claire  que des contradictions insurmontables patriotiquement apparaissent,  sans l’application absolue de ce  très ancien principe ecclésiologique orthodoxe : chaque nation Orthodoxe a l’absolu nécessité d’avoir son Église locale avec la fidélité patriotique. Cette fidélité patriotique de chaque Eglise Locale permet par exemple en Ukraine aux évêques et aux prêtres du patriarcat d’Ukraine de bénir l’armée qui part défendre les frontières sacrées du pays, alors que les évêques dépendant du patriarcat de Moscou, (notamment le nouveau primat pour l’Ukraine du patriarcat de Moscou Monseigneur Onoufre),  commémore dans chaque liturgie qu’il célèbre   le patriarche Kyrill, qui lui même bénit les armées russe, et approuve l’annexion de la Crimée,  ce qui est légitime pour lui en tant que primat de l’Eglise russe, mais illégitime patriotiquement  pour un évêque Ukrainien du patriarcat de Moscou! Lorsque cette loyauté s’exerce  comme le patriarcat de Moscou en Ukraine, envers le président d’un autre état (Wladimir Poutine) des contradictions insurmontables apparaissent forcément.

    La démonstration s’est faite aujourd’hui   qu’il était impossible à une   Eglise Orthodoxe  nationale  d’Ukraine de dépendre de d’Eglise nationale (Patriarcat de Moscou). En réalité on l’aura compris, le patriarcat de Moscou, comme la Russie,  n’a jamais reconnu  ni les frontière de l’Etat ukrainien ni  les frontières canoniques  de l’Ukraine. Pour le Patriarcat de Moscou, son  territoire canonique englobe toujours  toute l’Ukraine. Pour l’’Eglise Russe,  l’Ukraine n’existe pas en tant que nation, mais comme une ancienne province provisoirement détachée de l’Empire  Russe.

    Le patriarcat de Moscou ne reconnaît donc pas le droit aux Orthodoxes Ukrainiens d’avoir, comme dans toutes les autres nations orthodoxes sans exception, sa propre Eglise Nationale autocéphale. Il le fait en niant, non seulement l’ecclésiologie orthodoxe, mais en niant  le fait que cette nation ait vécu une longue partie de son histoire sous la domination Lutuano-Polonaise,  deux nations qui aujourd’hui font partie de l’Union Européenne. Cela explique que cette  longue cohabitation entre ces peuples  créa des liens durables, qui ne disparurent point avec la reconquête de ce vaste territoire par l’Empire Russe, et qu’aujourd’hui une grande partie des  Ukrainiens ont leurs espérances de liberté et d’indépendance vers l’Ouest, tant pour l’avenir de leur nation que pour l’indépendance de leurs deux  Eglises Nationales (Orthodoxe et Greco Catholique). Mais ajoutons que tout aussi légitime est le sentiment patriotique  russe des Ukrainiens de l’Est du pays,   qui ont vécu dans la sphère d’influence de l’Empire  Russe. Ce sentiment  appartient  également à leurs racines.

    Nous prions pour que les deux partis du peuple ukrainiens sur les deux rives du Dniepr recouvrent la paix, dans le respect réciproque de leurs traditions historiques et ecclésiales différentes. Mais ajoutons qu’une différence de taille existe : c’est que l’Eglise nationale Russe existe, surtout  présente en Ukraine de l’Est, et elle est reconnue par l’ensemble des Eglise autocéphales Orthodoxes, alors que bien que l’Eglise Autocéphale d’Ukraine-Patriarcat de Kiev existe, surtout présente en Ukraine de l’Ouest, elle continue d’être ignorée par les autres Eglises sœurs, ce qui contribue à accentuer  la division actuelle du peuple ukrainien. Chacune des consciences nationales  qui se sont forgés légitimement au cours des siècles précédents, doit disposer de son Eglise Locale  reconnue par les autres Eglises sœurs, et non une seule d’entre elle.

     

    Le futur Concile Pan Orthodoxe de 2016

     

    Le fait avéré qu’il n’est donc pas besoin de rapporter en détail dans cet article, de l’origine de la mission du patriarcat de Constantinople  vers Kiev, qui fait donc de celle-ci l’Eglise Mère de l’Eglise d’Ukraine ne crée cependant pas un précédent qui aboutirait selon la conception néopapiste de la Grande Eglise, à une subordination éternelle de l’Eglise d’Ukraine à son Église Mère. Une fois encore les faits démentent cette interprétation.  Les Eglises autocéphales  fondées par Constantinople à la demande des souverains locaux,  seront le plus souvent autoproclamées au début du XXème siècle, et ensuite (toujours après les anathèmes et excommunications d’usages) toutes reconnues par le patriarcat de Constantinople.   Ces faits constituent la preuve que toute les Eglises filles de Constantinople, étant fondées à la fois par une décision monarchique de leurs souverains respectifs et par la venue, de la part du patriarcat de Constantinople, d’une bénédiction accordant l’autocéphalie à  ces Eglise. TOUTES  SANS EXCEPTION, sont passées par le même chemin parsemé de schismes et d’anathèmes qui ont abouti au même résultat : La proclamation de l’autocéphalie par une synergie  des représentant de la nation (monarque ou parlement) et les évêques de ces Eglise Locales.

    Nous craignons que le prochain concile annoncé par Sa Sainteté  le patriarche de Constantinople comme devant se rassembler en 2016  ne se trouve  devant plusieurs impasses : D’abord jusque là il n’a jamais été question d’y inviter les évêques appartenant aux Églises dites non canoniques, et ce alors que le premier sujet de ce Concile est précisément l’ecclésiologie et comment on doit  proclamer l’autocéphalie d’une Eglise. Lors de la Synaxe à Istanbul du 11mars 2014,  annonçant la convocation d’un « Grand Concile Pan-Orthodoxe » à vocation œcuménique à Istanbul,  les représentants des principales Églises autocéphales ont  voté pour un règlement de « vote à l’unanimité » qui verrouille tout. Les évêques n'auront pas de liberté de vote puisque les votes se feront par Eglise, et chaque Eglise aura un droit de véto. Un concile à vocation œcuménique qui rassemble enfin la majorité des évêques orthodoxes  qui ne s’était pas produit depuis le dernier concile Photien (879-880) (le dernier concile œcuménique reconnu par l’Eglise Orthodoxe  étant le VII ème, de Nicée II en  787) se ferait sans que les évêques, en principe tous égaux, ne puissent s’exprimer !  Les principales Eglises Orthodoxes  Locales ont  décidé d’élever un mur de règlements  pour empêcher l’Esprit Saint de venir déranger une réunion où tout serait déjà décidé d’avance !  Mais c’est oublié que dans l’histoire de l’Eglise  de nombreux  conciles qui s’étaient  proclamés œcuméniques, ne l’ont ensuite non seulement pas été, mais souvent dénoncé par l’histoire et l’Eglise elle-même comme hétérodoxes. Le brigandage d’Ephèse, le concile d’Héria, les conciles ariens des premiers siècles, tous  réunis avec l’onction impériale rentrent dans cette catégorie. 

     Des conciles dogmatiquement orthodoxes entrent eux aussi comme des concile ratés, qui n’atteignirent pas leur vocation œcuménique : Que penser de la réunion Concile d’Ephèse ?  Nous y voyons l’empereur Théodosios II  convoquer  avec son patriarche canonique  Nestorios un  concile à vocation œcuménique en 431 à Constantinople. Nestorios, qui n’est donc pas encore condamné et qui a donc le droit de faire entendre sa défense, même soupçonné d’hérésie doit présider le concile. Mais un véritable prophète, le patriarche d’Alexandrie saint   Cyrillios analyse  que politiquement, le résultat  attendu de ce Concile qui  doit se rassembler à Constantinople sera que Nestorios ne sera pas condamné et que l’on minimisera par des artifices théologiques l’hérésie qu’il propage.  La présence massive de l’épiscopat antiochien, avec à sa tête le patriarche Théophilios  favorable à Nestorios, ne laissait guère de doute. L’Empereur soutenait son patriarche pour ne pas menacer le prestige du premier siège de l’empire.   Comme dans le projet du patriarche Bartholoméos, on avait construit un mur pour empêcher l’Esprit Saint de venir tout désorganiser. Que fait saint Cyrillios : il rassemble à Ephèse un contre-concile œcuménique, parfaitement anti-canonique, puisque non revêtu de l’onction impériale et sans la présence d’une partie des patriarcats. Et c’est pourtant ce concile, au début anti-canonique et considéré comme tel, tant par l’empereur qui fera emprisonner saint Cyrillios, que par le puissant patriarche d’Antioche, qui devient  par la volonté du Chef  de l’Eglise Notre Seigneur Dieu et Sauveur  Jésus Christ, le véritable concile œcuménique parce que bien que non pourvu de l’onction impérial, il était recouvert de l’onction de l’Esprit Saint.

    Que penser de la réunion du Concile de Constantinople (869-870), considéré toujours par l’Église Catholique comme huitième œcuménique, pourtant présidé par un patriarche Orthodoxe canonisé,  saint Ignace, mais qui en déposant injustement un autre patriarche Photios, lui aussi canonisé, fait partie de la liste des pseudo œcuméniques ?  Pourtant tous les sujets  paraissaient  posés d’une manière orthodoxe, sauf en ce qui concerne l’ecclésiologie où les évêques qui avaient participé au concile déclarèrent eux-mêmes à l’empereur Basile, qu’ils  regrettaient avoir livré leur Eglise au pape « comme une servante à sa maitresse ! » L’Eglise impériale était divisée  en deux hiérarchies en  schisme, la principale   constituée par les évêques majoritaires dans l’Empire, qui ne reconnaissaient  que Photios comme leur patriarche, celui-ci continuant de diriger depuis sa prison monastique l’Eglise ; et l’autre constituée des évêque très minoritaires, fidèles au patriarche Ignace. Il est à souligner que tous ces évêques commémoraient l’empereur.

     

    Nous rappelons à notre frère dans l’épiscopat Sa Sainteté Bartholoméos de Constantinople  que si un tel système avait été adopté au premier  concile de Nicée (325), la voix d’un simple diacre qui entraina pourtant la décision des 318 Pères n’aurait pu se faire entendre !   Saint Athanasios  d’Alexandrie alors seulement diacre,  prit cependant la parole à côté de l’archevêque Alexandre d’Alexandrie,    pour définir la Foi Orthodoxe nicéenne. 

    Et que penser du Concile de Chalcédoine en 451 où les évêques ne s’entendaient pas sur une définition de la Foi Orthodoxe concernant les deux natures, divine et  humaine en Christ.  C’est encore une fois des fonctionnaires impériaux,  qui n’avaient pas pour vocation de s‘exprimer sur ce sujet,  mais dont la mission était de rapporter à l’empereur comment le concile se déroulait et d’intervenir pour pacifier les débats souvent orageux, qui entrainèrent  l’adhésion à la formule Léonienne. Ils posèrent avec ruse la question qui indisposait les évêques, de la manière suivante : « Le quel suivez vous,   l’archevêque Léon (de Rome) ou Dioscorios ? » en choisissant Dioscorios que le concile venait de déposer, non pour sa foi, mais ses méthodes brutales  au Brigandage d’Ephèse (431), ils paraissaient  se désavouer. Aussi, bien qu’à contre cœur, ils choisirent la formule  de saint Léon : «  Il y a en Christ deux natures ». 

    Là encore, c’est par une   bouche qui normalement n’avait pas la parole dans ce débat que l’Esprit Saint passa.  Attention il existe d’autres prophètes dans l’Eglise et si ce concile se rassemble avec un bâillon sur la bouche de chaque évêque, nous ne doutons pas que l’Esprit Saint comme le Feu Sacré  lorsqu’il fut empêché un Grand Samedi de se manifester à l’intérieur du saint Sépulcre, se manifesta à travers une colonne de la basilique, où sa trace est toujours visible : personne ne peut empêcher  l’Esprit Saint de parler aux Eglises (Apoc II, 11). Un nouveau Cyrillios sous l’inspiration du Saint Esprit selon l’exemple de saint Cyrillios d’Alexandrie, pourrait prendre l’initiative de rassembler dans un autre concile l’épiscopat des Eglises Locales Orthodoxes non invitées au concile officiel (Eglise d’Ukraine, Eglise de Macédoine, Eglise du Monténégro, Eglise de Moldavie, Eglise de Transnistrie, Eglises Russes issues des schismes de l’Eglise Russe Hors Frontières, certaine Eglise Vieilles Calendaristes,   etc..)  des représentants des monastères du mont Athos. En y ajoutant certainement de nombreux   évêques qui après avoir commencé à siéger au concile légal,  découragés et révoltés de ne pouvoir faire entende leurs voix,  comprendront que le véritable concile n’est pas là où ils se trouvent, et viendrons siéger et    s’exprimer dans le concile charismatique sur l’ecclésiologie,  qui rappelons-le est un sujet dogmatique, puisqu’il concerne l’Eglise Corps du Christ et Son Chef le Christ.

    Nous ne disons pas que cela se fera,  ni pas d’avantage que notre patriarcat à l’intention de le faire, mais nous indiquons que cela s’est déjà produit, et qu’il  existe une jurisprudence ecclésiologique avec le Concile illégal à son commencement, et ensuite reconnu comme l’unique et véritable  concile œcuménique (d’Ephèse) ,  présidé par saint Cyrillios. Mais en revanche nous affirmons  que si l’épiscopat de toutes  ces Eglises n’est pas invité à ce Concile - alors que l’on a toujours entendu dans les conciles précédents les évêques  professant avant le concile des credos différents jusqu’à ce que l’unité se produisent autour d’un même credo -,  ou que conviés, ils sont bâillonnés, alors  nous ne doutons pas que  l’Esprit Saint suscitera une autre voie et une autre voix  pour se faire entende par les Églises[22].

     

     

     

    Conclusion

     

    Cette histoire des premiers grands schismes entre la métropole de Moscou et la Métropole de Kiev  inscrit durablement dans la chair de l’histoire de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine son opposition séculaire à toute tentative de dépendre  désormais d’un métropolite fidèle patriotiquement au souverain du puissant voisin russe ! L’exemple aujourd’hui de cette situation séculaire  d’antagonisme patriotique, est fourni par   les protestations   véhémentes répétées du patriarche Kyrill de Moscou et du chef des Relations Extérieures de l’Eglise Russe, le Métropolite Hilarion de Volokolamsk contre la position patriotique conjointe de Sa Sainteté notre patriarche Filaret de Kiev et de toute la Rous’ Ukraine et celle du primat de la vénérable et toute autant patriotique Eglise Greco-Catholique d’Ukraine,  Sa Béatitude Sviatoslave Schevchuk. Il leur est principalement reproché de tous deux s’être rendu aux USA pour demander l’aide américaine face aux menaces  l’annexion de la Crimée par son puissant voisin Russe. (l’annexion de la Crimée n’était pas encore réalisée au moment de ce voyage en automne 2013).  Il leur est reproché d’avoir été reçu par le Vice Président des Etats Unis  John Biden, et par le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères John Kerry. Il leur est reproché d’avoir reçu après la révolution de la place Madian, aux côtés des responsables politiques de l’Ukraine, le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères John Kerry et les différents chefs d’Etats de Gouvernements  ou Ministres Européens qui se rendaient à Kiev. Il leur est reproché de vouloir défendre les frontières tant civiles  de leur nation l’Ukraine, que canoniques de deux Eglises Locales qui ne veulent pas dépendre de Moscou.  Il leur est reproché de se souvenir de la famine organisée par Staline (1931-1933) connue sous le nom de d’Holodomor, lorsque l’Ukraine appartenait à l’Empire Russe Soviétique. Il leur est reproché d’être les authentiques primats de deux véritables Eglises Locales Ukrainiennes, l’une Orthodoxe et l’autre Gréco-Catholique.   Il leur est surtout reprocher de n’avoir pas soutenu la position de l’Eglise  Russe parce que précisément, ils sont tous les deux les authentiques représentant des deux Eglises véritablement locales Ukrainiennes.

    Notre propos n’est pas politique, bien qu’il s’inscrive dans une réalité qui elle est géopolitique. Notre propos est ecclésiologique avec toutes les conséquence qui doivent être tirées du côté Orthodoxe  de la situation d’un primat entouré de l’épiscopat de son Eglise Locale, qui parce qu’ils s’organisent selon le Canon Apostolique 34,  comme ils ont le devoir de le faire selon la Tradition de l’Eglise Orthodoxe, en Eglise Locale indépendante de tout autre pouvoir venant d’une autre nation et de l’Eglise nationale de celle-ci,  ils sont  traité de « schismatiques ». Il est temps que les Eglise Orthodoxes autocéphales Locales se souviennent de leur propre histoire,  car toutes, absolument toutes sont passées par l’excommunication et le schisme, comme notre saint patriarcat aujourd’hui,  de la part de patriarcats impérialistes qui ne voulaient pas abandonner leur pouvoir humain, loin, très loin  d’une diaconie au service de l’Eglise du  Christ qui prône à Ses Apôtres de se faire les serviteurs de tous en leur lavant les pieds. (Jn, XII, 1-15)

    Nous leur posons cette question : En vertu de quels principes ecclésiologiques Orthodoxes, de quel jurisprudence contraire dans l’histoire, une Eglise Locale nationale de prés de 20 millions de Croyants, reconnue comme l’Eglise Locale de la nation par  l’Etat souverain dans les frontières du quel elle a sa vie liturgique, pastorale et canonique, ne pourrait se déclarer autocéphale, comme l’on fait avant elle toutes les autres Eglises nationales ?  Comment, même devant la conscience de l’Eglise Orthodoxe, peut-on justifier de maintenir dans le schisme les 20 millions de croyants… Il  ne serait que dix que cela serait le même raisonnement (Gen. XVIII, 13-33 ) ? Nous pensons également à l’Eglise Orthodoxe de Macédoine forte de 4 millions de croyants[23], maintenue elle aussi dans le schisme pour des motifs équivalents ; nous pensons à l’Eglise du Monténégro qui n’a que quelques dizaines de millier de croyants ;  nous pensons à l’Eglise Orthodoxe de Moldavie forte de quelques dizaine de  de milliers de croyants en communion avec Bucarest, mais en schisme avec Moscou ; nous pensons à la seconde Eglise Orthodoxe de Moldavie forte de quelques dizaines  de milliers de croyants en communion avec Moscou, mais en schisme avec Bucarest;   nous pensons à l’Eglise autocéphale d’Amérique forte de 5 millions de croyants en schisme avec Constantinople et les autres Eglise autocéphales et en communion avec Moscou…. Nous pensons à l’Eglise de Transnistrie forte de quelques dizaines de milliers de croyants. Le scandale ne vient pas  de ces Eglises Locale qui vivent selon le canon 34 apostolique, mais des Eglises Impérialistes qui leur imposent le schisme et l’anathème, et de la complicité muette des autres Eglise Sœurs autocéphales qui bien qu’étant toutes, absolument toutes, passées par le même chemin,  se scandalisent  du haut  leur nouvelle vertu canonique recouvrée, lorsqu’une  autre Eglise Locale  s’y engage.  Ces Eglises  sont  semblables aux Pharisiens qui se scandalisaient lorsque le  Christ rentrait dans la maison de Zachée le Publicain parce que celui-ci était un pécheur. (Lc, XIX, 1-10).

     

    « Allez de toutes les Nations faites des disciple les baptisant au Nom du Père du Fils et de Saint Esprit. » (Mt XXVIII, 19-20)  est le commandement incontournable de l’ecclésiologie des Eglises Orthodoxes  locales et  il est  la racine christologique  de l’érection en Eglise autocéphale, d’une Eglise nationale. Le baptême d’une nation qui est sa consécration comme Eglise autocéphale  se parachève (en étant   semblable à  l’onction de l’Esprit Saint qui suit le baptême), par la reconnaissance à cette nouvelle Eglise autocéphale de   son  pouvoir charismatique de faire elle-même son Saint Myron. Mais lorsque ce pouvoir  de fabriquer  son Saint Myron est déjà donné à une Eglise Locale  avant  la reconnaissance de son autocéphalie, il s’applique alors la jurisprudence  apostolique faisant suite à  la vision de Pierre à Joppé  (Act. X, 1- 47) : « Qui peut refuser l’eau du baptême (l’autocéphalie)  à ceux qui comme nous ont reçu l’Esprit Saint  (le charisme de faire le saint Myron » ! (Act. X, 47) 

     

     

    « Que le Seigneur se souvienne dans Son Royaume de Sa Sainteté Notre patriarche Filaret de Kiev la Mère de toutes les Eglises Rous’,  et de toute  la Rous’Ukraine, maintenant et

    +toujours et dans les siècles des siècles. Amin »

     

     

     

    +Métropolite Michel de Paris - patriarcat de Kiev

     

    Achevé pour les Vêpres  du Samedi des défunts Troisième Invention du Chef du Saint Prophète et Baptiste  Précurseur Jean, le vendredi 24 mai-6 juin, Fête Nationale du premier débarquement en Normandie des Forces Alliées le 6 juin 1944,   commencement de la Libération de la France.

     

    Bibliographie :

     

    Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2, in « L’Empire et la Croix : Lettres d’Ignace d’Antioche ». Lettre aux Ephésiens IV P.78. Ed. Grasset Paris1957.

     

    Saint Basile de Césarée « Sur le saint Esprit » Chap.XXVII, 66.  P. 481. Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1968.

     

    Saint Athanase d’Alexandrie «Première lettre à Sérapion ». P. 138-139   Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1947

     

    Saint Cyprien de Carthage, In «  Œuvres »   ; Lettre III, de l’unité de l’Eglise Catholique. P 67  Versailles 1857.

     

    Saint Cyprien de Carthage, In « Correspondances  » T.II,    Lettres LXXII, « A Etienne, évêque de Rome ». P. 259 Ed. Belles Lettres Paris1961

     

    « Le Patriarcat Œcuménique dans l’Église Orthodoxe ». Par le métropolite Maxime

    de Sarde Éd. Beauchesne Paris 1975; p. 172 et 177

     

    « La Confession Orthodoxe de Pierre Moghila Métropolite de Kiev ( 1633-1646) Textez Latin innédit. Par Antoine Malvy et Marcel Viller. » In  « Orientalia Christiana. N° 39, Octobre-Décembre 1927. » Ed. Beauchesne. Paris 1927

     

    « Histoire de l’Ukraine » par le Professeur  Arkady Joukovsky. P 39  Ed. du Dauphim Paris 1994.

    « De l’autocéphalie dans l’Eglise » in « Le Messager de l’exarchat du patriarcat de Moscou  en Europe Occidentale » N° 12, Octobre 1952. P. 34-35

     

    ISTINA Revue trimestrielle. XXXVII.1992 N° 4 Octobre Décembre. L’Ukraine et la Russie par Wolodimir Kosik P.366 à 396.

     

    ISTINA Revue trimestrielle. XXXVII.1990 N° 1 Janvier Mars. Le dialogue Rutsky-Moghila en vue de l’union des Ruthènes ( 1624-1647) par Bernard Dupuy. Page 50 à 75.

    Et « L’ »Orthodoxie de la Rus’ de Kiev. » par Bernard Dupuy. Page 80 à 88.

    Et « La constitution de la hiérarchie dans la Rus’ de Kiev. » par Vasyl Maksimyv Page 89 à 93

    « La concession du saint myron à la métropole de Kiev ( XIVe siècle) et ses aspects actuels » par Bernard Dupuy. Page 94 à 104.

     

    ISTINA Revue trimestrielle. XXXVII.1999 N° 1 Janvier Mars. « La création du patriarcat de Moscou en 1589 d’après les chroniques grecques et russes » Par Borys A. Gudziak ,  Vice recteur de l’Académie de Lviv et directeur de l’Institut d’histoire de Lviv . Page 13 à 29.

     

    FONTI Fasci. IX  T. I, « Les canons œcuméniques » par Péricles-Pierre Joannou. Ed. Typographai Italo-Orientale. 1962

     

    FONTI Fasci. IX  T. I, 2  « Les canons des synodes particuliers  » par Péricles-Pierre Joannou. Ed. Typographai Italo-Orientale. 1962

     

    FONTI Fasci. IX  T. II, « Les canons des Pères Grecs» par Péricles-Pierre Joannou. Ed. Typographai Italo-Orientale. 1963

     

    Histoires des Conciles œcuméniques,  Tomes, 1, 2, 3, 4, 5, 6 Publié sous la direction de Gervais Dumiège S.J. Ed ; de l’Orante Paris 1962

     

    « Les racines chrétiennes de l’Europe- les antinomies et les synergies de l’Etat et de l’Eglise de 313(édit de Milan) à 1054. » Editions Erick Bonnier. Paris 2014.

     



    [1]Auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la théologie mystique, la spiritualité des Pères du désert et la géopolitique du christianisme. Il écrit régulièrement dans le magazine de géopolitique « Diplomatie ». Ses ouvrages les plus connus sont « La voie du silence dans la tradition des Pères du désert » ( Albin Michel 2010) et « Une seule chair ». (Nouvelle-cité 1984 et Le Cerf 1998) et Il a écrit  un ouvrage sur la géopolitique de l’Église Orthodoxe à l’époque de l’Empire Ottoman: « La papauté Orthodoxe » ( Ed. Présence 2004) et « Les racines chrétiennes de l’Europe. Les antinomies et les synergies de l’Etat et de l’Eglise de 313 ( édit de Milan) à 1054. » Edition Erick Bonnier . Paris 2014.
     
    [2] Saint Athanase d’Alexandrie «Première lettre à Sérapion ». P. 138.  Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1947
    [3] Saint Athanase d’Alexandrie «Première lettre à Sérapion ». P. 139.  Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1947
    [4] Saint Athanase d’Alexandrie «Première lettre à Sérapion ». P. 139.  Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1947
    [5] Saint Athanase d’Alexandrie «Première lettre à Sérapion ». P. 138.  Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1947
    [6] Saint Basile de Césarée « Sur le saint Esprit » Chap.XXVII, 66.  P. 481. Collection :  Sources Chrétiennes. Edition du Cerf. Paris 1968.
    [7] Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2, in « L’Empire et la Croix : lettres d’Ignace d’Antioche ». Ed. Grasset Paris1957.
    [8] Lettre aux Ephésiens IV P.78 Ibidem.
    [9] Ibidem VI
    [10] Acte XV, 23-29
    [11] Saint Cyprien de Carthage, In «  Œuvres »   ; Lettre III, de l’unité de l’Eglise Catholique. P 67  Versailles 1857.     
    [12] Saint Cyprien de Carthage, In « Correspondances  » T.II,    Lettres LXXII, « A Etienne, évêque de Rome ». P. 259 Ed. Belles Lettres Paris1961
    [13] Lire sur ce sujet notre dernier ouvrage « Les racines chrétiennes de l’Europe- les antinomies et les synergies de l’Etat et de l’Eglise de 313(édit de Milan) à 1054. Editions Erick Bonnier. Paris 2014.
    [14] In « Le Patriarcat Œcuménique dans l’Église Orthodoxe ». Par le métropolite Maximede Sarde Éd. Beauchesne Paris 1975; p. 172 et 177
    [15] Nous n’évoquons pas dans cet article les autocéphalies des Eglises préchalcédonienne qui ne sont pas Orthodoxes. 
    [16] Empereur de 959 à 963
    [17] Il fait sa soumission au Pape Urbain V à Rome en1367, mais en précisant que c’était là une démarche personnelle qui n’entrainait pas à sa suite l’Eglise Byzantine dans le même chemin. Le patriarche de Constantinople Philotéos et son beau Père l’ex-empereur (et nouveau  moine) Jean Cantacuzène respectèrent ce choix personnel. Il était commémoré comme empereur dans la divine liturgie  à Aghia Sophia, mais ne communiait plus.
    [18] Ælia Capitolina, après la destruction de l’ancienne Jérusalem, la ville est reconstruite (132-135)   en camp militaire  et elle est   nommée ainsi en l’honneur de l’empereur Hadrien qui avait ordonné sa reconstruction.
    [19] « De l’autocéphalie dans l’Eglise » in « Le Messager de l’exarchat du patriarcat de Moscou  en Europe Occidentale » N° 12, Octobre 1952. P.34-35
    [20]  In « Histoire de l’Ukraine » par le Professeur  Arkady Joukovsky. P 39  Ed. du Dauphim Paris 1994.
    [21] « La Confession Orthodoxe de Pierre Moghila Métropolite de Kiev ( 1633-1646) Textez Latin innédit. Par Antoine Malvy et Marcel Viller. » In  « Orientalia Christiana. N° 39, Octobre-Décembre 1927. » Ed. Beauchesne. Paris 1927
    [22] Souvenons nous que par exemple saint Juvenal  de Jérusalem  était au commencement  du Concile de Chalcédoine dans le camp des défenseurs  du monophysisme  et qu’ensuite il changea de place avec fracas pour s’asseoir au milieu de ceux qui professaient les deux natures en Christ. 
    [23] La Macédoine qui a sur son territoire 2 millions, 80.000 habitants dont une minorité d’albanais musulmans, compte une très importante diaspora de près de 2 millions de croyants orthodoxes avec une forte présence aux USA, en Australie et en Afrique du Sud. Toutes ces communautés ont de grandes églises pourvues  d’évêques et de clergé.
  • Epreuves ou tentations dans le « Notre Père » : « Ne nous soumets pas à l’épreuves ».


    Epreuves ou tentations dans le « Notre Père » : « Ne nous soumets pas à l’épreuves ».



    Cette homélie prononcée pour le dimanche 13 juillet (30 juin calendrier julien) pour le Cinquième Dimanche après la Pentecôte - Synaxe des 12 Apôtres, dans la chapelle de la Skyte Notre Dame de la Mer - Saint Malo à Saint Lunaire dont le supérieur est le Révérend Père Malo.

    Le Métropolite Michel nous explique toute l’humilité qu’il y a à demander au Seigneur de ne pas nous soumettre à l’épreuve, tout en soulignant qu’il n’existe pas de vie sans épreuve. L’épreuve qui est une participation involontaire puis volontaire à la Croix du Christ. L’épreuve nous sépare du monde, elle nous plonge dans « le moine » qui se cache en nous,( monos : seul). L’épreuve n’est pas une finalité en sois elle nous conduit par le même chemin tracé par le Christ, des crachats, de la flagellation et du couronnement d’épines à la la Croix, de la croix au tombeau et du Tombeau à la Résurrection.

     

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    Chers Amis visiteurs de notre blog si vous voulez accedez à d'autres informations sur le vie de la Métropole Orthodoxe de France-Patriarcat de Kiev, ou regarder et entendre immédiatement la dernière homélie de Son Eminence le métropolite Michel de Paris ( Laroche)  cliquez sur l'image : 

    LIENMETROPOLE.jpg

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  • Canon de la Mère de Dieu au pied de la Croix pour la Paix dans le Monde

     

    Canon  de la Mère de Dieu au pied  de la Croix pour la Paix dans le Monde

     

    Le Theotokos et Son Fils Mort sur la Croix .jpg

    Se  célèbre en cas  de troubles, de disputes,  ou de  conflits  personnels,  et dans les périodes d’annonce (ou)  de guerre, de guerre civile, de cataclysme (tempête, tremblement de terre, raz de marée, épidémie).

     

    Composé  en reconnaissance A Sa Sainteté le Patriarche Filaret de Kiev et de toute la Russ’Ukraine,  par le Métropolite Michel de Paris (Laroche) - Patriarcat de Kiev.

     

     

    Ode I

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Très Sainte Mère de Dieu qui au pied de la Croix arrosa la terre infertile de ce monde de Tes saintes larmes en  les mélangeant au Sang  répandu de Ton Fils Notre Seigneur Jésus Christ, Tu nous procures les fruits de la terre promise de la Vie. 

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     

    O Très Sainte Mère de Dieu en pleurant  sur  Ton Enfant  descendu de la Croix, tu devançais les Myrophores  par l’onction de Tes larmes versées  sur le Saint Corps de ton Fils  et transformais en parfum d’agréables odeurs,  toutes les larmes des pécheurs repentants.

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

     O Très Sainte Mère de Dieu Tu n’as pas uniquement versé des larmes sur Ton Fils mais prévoyant le salut universel de Son sacrifice volontaire, Tu as comme aux Noces de Cana  demandé à Jésus de transformer l’eau  de Tes larmes en ivresse du vin nouveau de Sa Résurrection.

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

    Théotokion

     

    Souveraine Toute Sainte, Toi qui a mélangé sur la terre Tes larmes brulantes  au Sang versé par Ton Fils au pied   de Sa Croix :   Tes saintes et bienheureuses larmes brulantes   sont  zéon[1] de la Divine Oblation de Celui qui « s’offre et qui est offert »,   Toi qui est la « Ferveur de la foi remplie du Saint Esprit » !  Par Ses Saintes Souffrances unies aux Tiennes,  sauves Ton peuple qui  t’implore.

     

    Ode II

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Souveraine des Cieux  tu effaces nos soucis, nos préoccupations de ce monde, par Tes saintes larmes versées sur Ton Fils au pied de la Croix, et  Tu ne cesses de l’implorer   comme une avocate inlassable pour le salut de nos âmes.

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Très Saintes Mère de Dieu en nous empressant vers Tes sainte larmes  comme à La Nouvelle Source de Vie, notre baptême est renouvelé  et nous sommes purifiés et par leurs  flots bienfaisant versés sur ton Fils et sur nous pour notre salut. 

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

    Viens Peuple Royal Orthodoxe accours  te désaltérer vers la Fontaines Miraculeuse des larmes de la Toute Sainte,  qui jaillissent  comme une nouvelle Siloé et  auprès de qui se trouve la guérison des causes désespérées pour tous ceux qui audacieusement y puisent.

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

    Théotokion

     

    Très Sainte Mère de Dieu,  Tu deviens non seulement l’avocate insurpassable de ceux qui t’implorent,  mais Tu es la Mère de tous ceux qui espèrent en Toi. En voyant ton Monde sombrer dans le vice, la luxure, la volupté,  l’apostasie, l’athéisme, l’oublie de Dieu et les guerres entre frères, Tu pleures. Mais nous pécheurs un instant aveuglés   par les fausses lumières de ce monde, nous sommes   rebaptiser par  Tes saintes larmes et rendus par Ton intercession  à la Vrais Lumière qui est venu éclairer Monde. 

     

     

     

     

     

    Ode III

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Très Sainte Mère de Dieu, par Tes Saintes Souffrances aux pied de la Croix en pleurant le trépas de ton Fils unique,  tu étends ta maternité  à nous  tous  qui avons été acquis  à Ton Fils par Son sacrifice volontaire sur Sa Croix. O Notre Mère du Ciel sauves ton Monde.  

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    Comme des grappes de raisins  fraichement cueillies qui sont  versées dans la cuve du pressoir pour enrichir de leur saveur éternelle le vin  nouveau des Noces de l’Epoux, l’assemblée magnifique des  Martyrs qui ont brillé dans l’Eglise depuis le commencement de la Proclamation de l’Evangile se tient, O Très sainte Mère de Dieu  à tes côtés en pleurant  et mélangeant leurs larmes et leur sang   aux sueurs et au sang  de Celui qui promet à tous  la Résurrection.

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

    O Très Sainte Mère de Dieu, Mère de la Vie qui donne la vie, par tes larmes bienheureuse tu arrose ton monde pour y faire fleurir dans les âmes  de nous tous qui t’invoquons,  les fruit de la patience dans nos épreuves, de l’espérance  dans notre  désespoir,  et par dessus tout de la pureté dans notre impureté.

     

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

    Théotokion

     

    L’Agnelle gémit au pied de la Croix en voyant l’Agneau innocent immolé s’écria : Toi qui donnes la Vie à ceux qui prennent Ta Vie, bénis  Ton Eglise et sauves  Ton monde.

     

     

    Cathiste

     

    O Mon Doux Jésus,  O mon Christ Eucharistique que je reçois à chaque Divine  Liturgie présent dans  Ton Corps et dans Ton Sang.    Tu me fais communier non seulement au Breuvage et à l’Aliment de mon salut, mais à Ton Sacrifice volontaire pour mes péchés. Donnes moi la grâce,  par les prière de Ta Sainte Mère qui se tient au pieds de ta Croix, le temps venu, de m’offrir à Toi comme Tu t’es offert pour  moi. 

     

     

     

     

    Ode IV

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     O Saints Martyrs vous qui vous tenez à côté de la Croix avec Jean le théologien auprès de l’agnelle en pleure, en échange de votre vie terrestre, vous avez choisi la Vie en Christ ;  en échange de la vie  éphémère vous avez trouvé la Vie éternelle. C’est pourquoi vous êtes l’ornement  de Celle qui verse des larmes sur la Vie qui offre Sa Vie. 

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Très sainte Mère de Dieu tes larmes sont  un nouveau Jourdain mystique dans le quel les âmes  de tous ceux qui ont péché après leur baptême, s’immergent pour se libérer de la mort du péché et  y recevoir la grâce de la Résurrection. 

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

    O Très sainte Mère de Dieu auprès de la Croix tu es devenue pour l’Eglise Orthodoxe   la Source  du baptême des larmes. Le baptême des larmes,  proclament en chœur  Saint Grégoire le Théologien,  Saint Jean Climaque,  Saint Syméon le Nouveau Théologien et Saint Grégoire Palamas, est plus grand que le premier baptême  après  que les fidèles Orthodoxes aient reçus le premier baptême. Accordes-nous Très Sainte Mère de Dieu les larmes ardentes  du second baptême afin qu’il efface tous les péchés commis après le premier baptême.

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

     

    Théotokion

     

    O Toi Mère de Dieu qui a versé au pied  de la Croix ;  en guise d’un  Myron mortuaire de grand prix,  Tes saintes larmes sur le Corps de Ton  Fils;   intercède pour les pécheurs que nous sommes, afin que par Tes divins sanglots, ils trouvent avec Toi, le troisième jour, le Christ Ressuscité et  la Joie de la Résurrection.

     

     

     

     

     

     

    Ode V

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Saints Martyrs  vous qui vous tenez avec l’Agnelle en larmes au pied de la Croix vous vous êtes offerts comme une nouvelle oblation à Celui qui est l’Oblation. Avec le Flagellé vous vous êtes laissé flageller. Avec le Souffleté vous vous êtes laissé souffleter. Avec Le Crucifié vous vous êtes laissé transpercer. Avec Celui qui est  couronné d’épines vous avez reçu au Ciel la couronne des martyrs. Avec celui qui a été déposé au tombeau, vous vous êtes laissé ensevelir. Avec le Ressuscité, vous avez reçu la promesse de la résurrection et  vous annoncez à tous Sa Résurrection.  Par vos prières et celles de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se teint au pied de la croix que le Seigneur sauve Son monde.

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Sainte Mère de Dieu  comment osons nous présenter devant  le Seigneur nos inutiles  bonnes actions, alors que  nous ne pardonnons pas à ceux qui nous ont fait du mal  (Mt VI, 12)  et nous nourrissons dans notre cœur envers eux  rancune et amertume.   Nous ne tendons pas l’autre joue (Mt V, 38-42) comme nous l’a enseigné ton Divin Fils, et nous avons oublié l’enseignement de Celui qui dit : « aimez vos ennemis » (Mt V, 43-48).  Nous désirons être pardonné de nos péchés par le Juste Juge  en oubliant que ce pardon n’est possible que si nous commençons par pardonner à notre persécuteur.  Nous accusons Dieu pour les guerres dans le monde, alors que nous sommes incapable de pardonner autour de nous et d’apporter la paix à notre adversaire. Très Sainte Mère de Dieu, accorde nous la paix de l’âme par le pardon à nos ennemis et la paix pour Ton Monde.

     

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

    O Très Sainte Mère de Dieu  chaque clou qui  transperçait la chair de Ton Fils fut comme un coup d’épée dans ta poitrine,  et le sang qui jaillissait des pieds et des mains de Ton Fils  se mélangeait sur la terre au torrent de larmes que Tu versais  en gémissant : Pourquoi O Mon Fils, Toi qui est la Vie immortelle  et l’auteur de la vie es-Tu suspendu sur la Croix ?  Pourquoi Te laisses tu mourir, Toi la Vie immortelle ? Pourquoi Te laisses-Tu déposer au tombeau Toi qui promet la résurrection à tous ceux qui sont dans les Tombeaux ?

     

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Théotokion

     

     

    O Toute Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie qui te tiens auprès de la Croix en larmes prête  à recueillir, avec Jean, le Noble Joseph  et Nicodème,  le Divin Corps de Ton Fils comme l’ultime Oblation de Celui « qui offre et qui est offert qui reçoit et qui distribue »[2]. Accorde nous de devenir comme Toi, des réceptacles chastes de Son Corps et Son Sang très précieux, afin qu’Il repose en nous comme un nouveau Tombeau et que nous reposions en Lui comme dans Son Royaume avec le Bon Larron.

     

     

     

    Ode VI

     

     

     

    O Sainte Mère de Dieu toi qui es la Mère de Celui qui a dit : « Qui veut être mon disciple doit tout quitter, prendre chaque jour sa  croix et me suivre » (Mt X, 38-39 ; Mt XVI, 24 ; Lc XIV, 25-33 )  Tu  n’a pas une Croix différente de celle de Ton Fils. Lorsque qu’Il se laisse couronner d’épines, Ton front sublime est meurtri  de chagrin. Lorsque que Ton Fils  est souffleté, Toi la plus belle des femmes entre toutes les femmes, a le visage flétri par la tristesse.   Lorsque Ton Fils est transpercé, Ton âme et Ton cœur sont  transpercés par un glaive. Lorsqu’Il est déposé au tombeau, Tu étais comme ensevelie avec Lui. Saint Jean Damascène  parlait de Toi lorsqu’il s’écrie dans son divin Canon Pascal : «  Hier j’étais enseveli avec le Christ; aujourd’hui   je ressuscite avec   Lui ! » (Ode III, 3ème strophe)

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     

    O Très Sainte Mère de Dieu, les douleurs de l’enfantement te sont reculées lorsque Tu vois Ton Fils Crucifiés sur la Croix. Tu offres au monde une première fois sans douleur Ton Fils Jésus Christ dans une humble crèche.  Tu offres une seconde fois au monde Ton Fils l’Agneau Innocent, sur Sa Croix  dans les douleurs et Tes saintes larmes. Comment osons nous présenter devant  le Seigneur nos inutiles  bonnes actions,   nous qui n’avons  pas  versé des torrents de larmes pour effacer nos innombrables péchés. 

     

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

      Saint Grégoire le Théologien pensait à Toi Douce et tendre Mère de Dieu, en écrivant qu’il existe un baptême plus grand encore que le baptême du sang, qui pourtant ne peut être terni par aucun  péché. Ce sont Tes larmes saintes qui, telles un nouveau Myron embaumaient le Corps de ton Fils, annonçant le second baptême des larmes qui selon saint Syméon le Nouveau Théologien restaurent la grâce du premier baptême lorsque  celle-ci a été enseveli par le péché. Que par tes larmes versées sur Ton Fils et  sur nous au pied de la Croix, nous puissions nous aussi verser un torrent de larmes sur notre âme morte à cause du péché et la Ressusciter.

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

     

     

     

     

     

    Théotokion

     

     

    O Très sainte Mère de Dieu, en contemplant mystiquement le Mystère des Saintes Souffrances de ton Fils notre Seigneur Jésus Christ  Fils et de Tes Saintes  souffrances,   la Nouvelle Lyre du Saint Esprit  Grégoire le Théologien  écrivait que si cela avait été possible tu aurais voulu mourir à la place de ton Fils. Saint Syméon le Nouveau Théologien écrit lui aussi que suivre le Christ ce n’est pas de vivre pour Lui, mais  c’est de mourir pour Lui. Donnes nous la grâce  de vivre véritablement l’exphonèse  que nous chantons chaque liturgie : « Offrons-nous nous-mêmes offrons nous les un les autres, offrons toute notre vie au christ notre Dieu. Amin »

     

     

    Kondakion

     

    O Jésus Tu te laisses suspendre sur la Croix  alors que le cosmos entier  est suspendu à Ton doigt divin. Permets nous, indignes, de communier à Ton Corps livré et à Ton sang versé, Toi l’Agneau innocent, afin que par cette Eucharistie nous recevions Ta grâce qui donne l’immortalité.

     

     

     

     

    Ode VII

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O mon Doux Jésus, dans tes desseins insondables et mystérieux Tu t’es préparé avant tous les siècles à recevoir  l’oblation  des souffrances de Ta Mère au pied de Ta croix  comme une oblation supplémentaire à Tes saintes souffrance. Comme Mère, Marie au pied de la croix partageait tes Saintes Souffrances et ton agonie ;  comme Fils de la Vierge,  tu reçus les douleurs de ta Mère comme une offrande supplémentaire que tu apportais, unies aux tiennes, à Ton Père dans les Cieux. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se tient  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton Monde.

     

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O mon Doux Jésus Tu expires sur la Croix en poussant un grand cri. (Mt XXVII, 50 ; Mc XV, 37 ; Lc XXIII, 46).  Tu reçois comme la prière au dessus de la prière les cris silencieux de tes Martyrs qui offrent leur vie pour Toi,  comme tu as offert Ta Vie pour eux et pour nous. Donnes-nous  O mon doux  Jésus de pouvoir dire avec foi la petite exphonèse : «  Offrons nous nous mêmes,   offrons nous les un les autres,  offrons toute notre Vie au Christ notre Dieu. » Car nous   le confessons,   nous  pas encore commencé à t’offrir notre vie, O Vie Immortelle. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se tient  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton  Monde.

     

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

    O  Jésus Christ Très Doux et Miséricordieux,  en inspirant à Ton Apôtre de prédilection Paul cette parole énigmatique : « Je souffre pour tout ce qui manque à la Passion du Christ  pour Son Corps qui est l’Eglise» (Col. I, 24). Toi dont la Passion est parfaite, accomplie, et achevée, Tu as indiqué par cette parole que tu avais laissé, dans ton incommensurable économie, une place  dans Ta Chair blessée,  transpercée, souffletée, et couronnée d’épines, pour le sang versé de tous tes martyrs depuis Abel le juste jusqu’à la fin du monde, et pour   toutes  nos vies, nos épreuves  et nos  souffrances. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se tient  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton  Monde.

     

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.  Amin.

     

     

     

     

    Théotokion

     

    Très Sainte Mère de Dieu,  Toi qui efface les douleurs de ceux qui crient vers Toi,   Toi qui renforces la foi des faibles et exalte celle des martyrs, donnes nous de prier comme Toi avec des flots de larmes, au pied de la Croix,  Ton Fils Notre Seigneur Dieu et Sauveur  Jésus Christ,  afin qu’Il sauve nos âme.

     

     

     

    Ode VIII

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     

    O notre douce Mère du Ciel,  la Mère de Dieu et toujours vierge Marie,  Toi qui mélange tes larmes aux nôtres au pied de Sa Croix pour intercéder auprès de ton Fils et Seigneur Jésus Christ dans les périodes de trouble et de guerre entre les Nations,  accorde à Ton Peuple Royal Orthodoxe qui t’implore, et que là où il y avaient  la discorde et la guerre, soit la cessation des conflits et que règnent  la  concorde et la  paix.  Nous t’implorons, fais cesser la guerre entre les Frères, que ne se renouvelle pas le péché de Caïn contre Abel, que le sacrifice volontaire du Nouvel Abel sur Sa croix éteignent la passions de Caïn, et que s’accomplisse Sa parole : « Je vous donne Ma Paix, non comme le monde la donne mais comme moi je vous la donne » (Jn XIV, 27).

     

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     Les mères et les orphelins, les veuves et  les veufs se tiennent auprès  de Toi  Très Sainte Mère de Dieu lorsque tu versas des torrents de larmes après la descente de Sa Croix sur le Corps sans vie, de la Vie Ton Fils Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Ils t‘implorent : « Fais cesser la guerre entre les Frères, que ne se renouvelle pas le péché de Caïn contre Abel, que le sacrifice volontaire du Nouvel Abel sur Sa croix éteignent la passions de Caïn, et que s’accomplisse Sa parole : « Je vous donne Ma Paix, non comme le monde la donne mais comme moi je vous la donne » (Jn XIV, 27).

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    Très sainte Mère de Dieu la Terre tremble partout comme au moment où Ton Fils expira (Mt  XXVII, 51).  Il y a « des bruits de guerre et il y aura en divers lieux des tremblements de terre et des famines, se sont là le commencement des douleurs »» (Mt XXIV, 6- 7 et Mc XIII, 8))   «  Les nations sont contrent les nations, les Royaumes contre les royaumes  ». Notre Terre souffre les douleurs annonçant  La prochaine venue de Ton Fils. Nous Te supplions d’apaiser ces tribulations et que nous recouvrions la paix. Nous t’implorons,   fais cesser la guerre entre les Frères, que ne se renouvelle pas le péché de Caïn contre Abel, que le sacrifice volontaire du Nouvel Abel sur Sa Croix éteignent la passions de Caïn, et que s’accomplisse Sa parole : « Je vous donne Ma Paix, non comme le monde la donne mais comme moi je vous la donne » (Jn XIV, 27).

     

     

     

    ODE IX

     

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

    O Très sainte Mère de Dieu Toi qui te  tient avec l’Apôtre Jean le Théologien auprès de la Croix, celui-ci fut trouvé digne  de recevoir avec  Toi ces paroles : « Femme voici ton fils »  « Voici ta Mère » (Jn  XIX, 25-27). Attestant que désormais tu deviens la Mère insurpassable de tous ceux qui ne prennent pas la fuite dans les épreuves  et acceptent  d’être à Tes côtés présent au pied de Ta Croix. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se teint  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton  Monde.

     

    - Très Sainte Mère de Dieu  toi qui te tient au pied de la Croix, par Tes prières sauves nous.  

     

     

     Très sainte Mère de Dieu comme aux Noces de Cana (Jn II, 1-11)  où à Ta demande Ton Fils  Notre Seigneur Jésus Christ, alors que son heure n’était pas  venue (Jn. II, 4),   transforma l’eau en vin ;   dans cette Nouvelle Cana, voici que l’heure étant venue Jésus répand sur la terre et  tous les hommes  le Vin Nouveau de Son  Sang  très précieux.   Ce ne sont plus des vases de terre qui reçoivent  le Vin Nouveau du Royaume, mais la terre elle même qui s’abreuve du Sang de l’Agneau afin  qu’après la malédiction (Gen. I, 17)   elle recouvre enfin la bénédiction. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se tient  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton  Monde.

     

     

     

    Gloire au Père,  au Fils et au Saint Esprit

     

     

     « Ne passe pas en silence ! »  gémit l’Agnelle en voyant impassible Son Fils porter Sa Croix jusqu'au lieu du crâne. Le silence gagna  toute  la création qui retint son souffle devant le mystère incompréhensible de l’Auteur de la Vie se livrant à la mort  aux mains de ceux qu’Il avait créé. Le silence enveloppa comme d’un linceul les âmes de tous ceux qui accompagnaient le Christ au pied de Sa Croix. Le silence devenait un chant funèbre pour entourer Son âme dans  le silence de Sa descente dans l’Adhès. Les anges eux mêmes, eux qui n’avaient jamais connu de larmes, arrêtèrent un instant leurs hymnes incessants auprès de la Trinité, et dans une forme inouïe inconnue pour eux, ils gémissaient en silence, en admirant le Mystère incompréhensible de le Vie immortelle qui se laisse mourir  sur la Croix,  et  les larmes brûlantes et silencieuses de la Toute Sainte qui perdait la Vie qu’elle avait donnée. Par les prières de la Très sainte Mère de Dieu plonge notre âme dans le baptême du Silence. Par les Prière de la Très Sainte Mère de Dieu  qui se tient  au pied de  Ta Croix,  Sauves Ton  Monde.

     

     

     

     

    Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amin

     

     

    Théotokion

     

    O Toi qui es plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphims, qui sans tache enfanta Dieu le Verbe  permets que nous aussi nous t’exaltions par nos prières, nos odes et nos chants  et qu’audacieusement ils se mêlent à Tes saintes larmes   au Pied de la Croix. Amin.

     

     

     

     

    Théotokion

     

    O Très Sainte Mère de Dieu qui te tient en larmes auprès de la croix et qui à l’Aube du troisième jour reçois la Joie de la résurrection,  accordes-nous  de mêler  nos voix à celles des anges et de la cohorte de tous les martyrs, des pontifes  et les ascètes qui sur la terre ont porté leur croix en suivant le Christ.  Introduits nous  à l’heure de notre mort, avec eux, dans la Liturgie éternelle.

     

    Triadikon

     

    O Trinité Toute Sainte, invisible,  indivisible, immortelle, seule  digne d’adoration avec le  Père sans commencement, le  Fils coéternel, consubstantielle au Père, unique engendré du Père et  l’Esprit Saint qui procède éternellement du Père seul,   l’Esprit Consolateur, l’Esprit de Vérité.  O Dieu Unique en trois Hypostases, Tu reçois dans Ton sanctuaire inaccessible les prières  de notre Très douce avocate inlassable la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, celles des hiérarchies angéliques et de tous les saints depuis le commencement du monde. Par leurs prières Trinité Sainte sauves Ton monde.

     

     

     

    Le célébrant donne ensuite à embrasser la Croix et l’Icône de la Mère de Dieu sur un pupitre.

     

     

     

     



    [1] Le Zéon et l’eau chaude que le diacre (ou le prêtre)  après avoir fractionner le saint Corps du Christ, verse dans le calice dans lequel est  le Saint  Sang Eucharistique du Christ, après y avoir immergé un parcelle du Saint Corps ( sous la forme du Saint Pain de Vie consacré) en prononçant la parole : « Ferveur de la foi remplie de l’Esprit Saint » qui signifie que l’Esprit Saint repose dans le Fils présent dans Son Corps et dans son Sang très précieux.

    [2] Prière secrète que dit le prêtre pendant l’hymne du Chérubikon.

  • Interview Métropolite Michel Laroche Racines chrétiennes de l'Europe

    Dans cet interview Monseigneur Michel Laroche répond à trois questions à propos de son dernier ouvrage : « Les racines Chrétiennes de l'Europe. 1700 ème anniversaire de l'Edit de Milan Les antinomies et les synergie de l'Etat et de l'Eglise de 313(édit de Milan) à 1054. » (580 pages) Cet ouvrage met en lumière de nombreux faits historiques oubliés qui ont abouti au schisme actuel. Nous espérons que par leur connaissance cet ouvrage contribuera à rendre possible une plus grande communion entre l'Eglise d'Occident et l'Eglise d'Orient. 
    Le livre est disponible à la fnac.fr et chez l'éditeur : www.erickbonnier-editions.com . Vous pouvez le commander à votre libraire habituelle en lui donnant ce code ( le libraire comprendra): Le code Sodis est 7520752. Il est également présent à la FNAC à la PROCURE et dans toutes les grandes librairies de France. Il est également présent sur amazon.fr.

  • La Croix ou la signification des épreuves dans la vie spirituelles.

    Le Métropolite Michel Laroche nous explique dans sa dernière homélie pour le temps du Carême,  la signification de la parole du Christ : «  Qui veut être mon disciple devra porter  chaque jour sa Croix et me suivre. » Porter la Croix que le Christ nous demande de porter consiste en l'acceptation des épreuves et de pouvoir demander : « Donnes-moi la grâce de porter pour Toi cette épreuve » c'est --dire de l'accepter. Et surtout ne jamais dire cette phrase catastrophique sur le plan spirituel et que de trop nombreux chrétiens disent, et qui en cela ne sont plus chrétiens : « Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour que cela m'arrive ! » Au contraire en offrant au Seigneur volontairement cette épreuve que nous n'avons pas choisie, mais qui est venue, nous nous inscrivons dans le mystère de la Croix accepté volontairement pour nous par le Christ, et nous transformons cette épreuve en un véritable  sacrement :  en oblation volontaire, en un sacrifice  qui nous unit à la chair blessée, souffletée, couronnée d'épines, transpercée du Christ. C'est tout cela porter sa Croix.

  • Homélie de Carême du Métropolite Michel Laroche sur le Jeûne du Pardon

    Homélie de Carême ( 2014)  du Métropolite Michel Laroche sur le Jeûne du Pardon, précédé d’une méditation sur la sainteté du sacrement mariage.

     

    Le Métropolite Michel LAROCHE  nous parle  au début de son homélie  de Carême à de la sainteté et de la lumière du sacrement du mariage dont l’Apôtre Paul nous dit que la couche nuptiale est chaste. Le mariage n’est pas un sous-sacrement nous explique le Métropolite Michel Laroche.   

    Ensuite Wladika Michel  évoque longuement l’importance du Jeûne du pardon, supérieur pour lui, au jeûne  alimentaire. «  Si vous pardonnez pendant ce Carême,  je vous annonce que vous aurez un carême joyeux ! Car le pardon procure la joie à celui qui pardonne.  Le pardon efface nos péchés car le Christ nous dit dans le Notre Père « Remets nous de nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs ». 
     Le Métropolite Michel nous commente deux paraboles sur la pardon, celle du débiteur impitoyable, et celle de l’Econome infidèle.  Le Métropolite Michel Laroche conclut : « Le pardon  est l’unique voix qui nous assure le salut, car nous sommes tous des pécheurs, mais si nous pardonnons, pardonnons et encore pardonnons, alors nous devenons des icônes du Christ qui pardonne à tous,  et nous serons sauvés. »

     
  • Письмо о положении на Украине, в Крыму и России. Об обретении мира.

    Письмо о положении на Украине, в Крыму и России. Об обретении мира. 

     

    Слово Митрополита Парижского и Французского Михаила (Ляроша). 

     

    В эти смутные времена ни один епископ не имеет права хранить молчание. Наша православная Французская Митрополия, находящаяся под омофором Святейшего Патриарха Киевского Филарета, не прекращает свои призывы к миру и молитвы о нём с самого начала нынешнего противостояния между Украиной и Россией.

    Я обращаюсь к пастве нашей епархии, которая, как и многие другие православные епархии на французской земле, состоит из православных греческого (как я, например), русского, украинского, румынского, сербского, македонского, болгарского, ливанского или французского происхождения или же являются выходцами из других франкоязычных стран, т. е. все те, кто здесь обратился во святую православную веру. Тесная связь каждой Поместной православной Церкви со своим народом во всем его многообразии, является одним из чудес вероучения и бытия святой Вселенской Православной Церкви. Но как в этом единении между православными народами достичь согласия?..

    Мы призываем духовенство нашей французской Метрополии, которое и само богато своим этническим разнообразием, осознать существование различий, иногда противоречий, которые неизбежно появляются в среде наших христиан, в том числе, и среди наших пастырей. Поэтому да не будет у нас никакой предвзятости или лести в отношении народов, ибо во "Христе несть ни еллина ни иудея" (Гал.III, 8).

    Тем не менее, крещение народа действительно существует: "Итак идите, научите все народы, крестя их во имя Отца и Сына и Святаго Духа" (Мф. XXVIII 19-20). Но это конечно не означает, что эти крещеные страны могут отстаивать своё право на существование с помощью военного противостояния, даже несмотря на то, что они, к несчастью обладают множеством сильных воинов…

    На этой первой неделе Великого поста будем упражняться в прощении, неосуждении и любви к ближнему, любви к своим врагам и молитве за них. Без этих добродетелей, без нашего личного изменения, как я писал уже на эту тему в своем первом письме в начале Постной Триоди, мир не возможен. Как просить и желать мира для других, умоляя Господа и Его Пресвятую Матерь за сегодняшний мир на Украине, в России и особенно в Крыму, если мы не в мире с самими собой? Если мы не носим мира Христова в нас, если чувствуем обиду (иногда вполне оправданную в наших глазах) на других людей, другое государство, другой народ?.. Я напоминаю, что если идёт речь о противостоянии разных православных народов и различных поместных православных церквей, тут может дойти и до братоубийства. И когда речь идет о Единой Церкви Христовой, то выглядит это очень печально, поскольку это трагедия детей, это повторение преступления Каина против Авеля.

    Наша позиция как Епископа Иисуса Христа, состоит в том, чтобы просить все наше духовенство и верующих, которые только начинают приходить молиться в наших скромных, но благочестивых епархиальных храмах, - не затрагивать в церкви национальные вопросы, потому что мы всегда можем друг друга ранить, с какою искренностью бы мы не обсуждали такие чувствительные темы. Ни одна из наших привязанностей к Родине или к национальной Поместной церкви, не может и ни в коем случае не должна дать основания к обиде, но наоборот, должна вызывать с нашей стороны понимание и сострадание к чувствам, которые могут быть этим вызваны. Национальные чувства наших дорогих прихожан пусть лучше остаются их частным делом, чтобы ими не случайно ранить брата или сестру, которые не разделяют ту же патриотическую преданность.

     

    Итак сегодня я, более, чем когда-либо, румын с румынами, украинец с украинцами, русский с русскими, грек с греками, македонец с македонцами, серб с сербами, ливанец с ливанцами и француз с французами, но прежде всего - Епископ Христа Иисуса со всеми и для всех.

     

    Благого и святого вам Великого поста.

     

    С любовью во Христе, 

     

    + Митрополит Парижский и Французский Михаил (Лярош).