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  • A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine.

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    A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine.

     

      Publié le Dimanche 12 octobre - (29 septembre AC)

    18 ème Dimanche après la Pentecôte. Ton 1

     

    « Aimez vous ennemis et priez pour ceux  qui vous poursuivent, alors vois serez fils de votre Père qui est aux cieux. »  (Mt V 44-45 ) .

     

    Lorsque je lis  notamment sur le Net des discours de haine que ce soit de la part de chrétiens orthodoxes Russes (ou d’autres partisans de leur point de vue) envers leurs frères slaves ukrainiens ou de la part de chrétiens orthodoxe Ukrainiens (ou d’autres partisans de leur point de vue)  envers  leurs frères slaves Russes, mon cœur saigne.

    Et je m’interroge : Comment notre Eglise Orthodoxe a pu échouer  à ce point dans ce qui est le plus important dans le message du Christ le pardon  illimité : « Remets nous de nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs » ( Mt VI, 12) et l’amour des ennemis (Mt V 44-45 ) ?

    Sans ces deux commandements personne n’est sauvé ! Ce sont les commandements universels de notre salut. Ils sont  incontournables, irremplaçables. Il devrait être comme les battements de notre cœur ou l’air que m’on, respire car sans eux personne ne serait sauvé.

    Le pire est atteint  est lorsque ces messages de haines sont repris par des membres de la hiérarchie orthodoxe qui devraient parler de paix, de pardon d’amour des ennemis  et non de vengeance.

    Devrais-je dire que de tels discours existent lamentablement entre d’autres nations orthodoxes embourbées depuis des siècles dans des querelles identitaire,  certes légitimes lorsqu’il  est question, pour une nation de la reconnaissance de son identité nationale selon la parole du Christ « De toutes les nations faites des disciples le baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ;  et de ses frontières historiques. Mais souvent la vérité humaine qui est a des années lumière de la Vérité du Christ donne de chaque côté » d’une frontière des arguments qui ne peuvent pas être résolut par une guerre, mais par des compromis que chacun  ne veut pas envisagé et là se situe  le commencement du fanatisme et de la haine. Nous parlons de l’Ukraine et de la Russie, mais nous pourrions parler des la Roumanie avec sa frontière avec le Moldavie russe, de la Serbie avec la Macédoine, de la Macédoine avec la Grèce, où  derrière chacune de ces revendications territoriales existe une ou plusieurs Eglises Orthodoxes Locales  en situation de schisme avec une ou plusieurs  autres Eglise Orthodoxes nationales , comme par exemple aujourd’hui le patriarcat d’Ukraine Eglise Locale incontestable du peuple Ukrainien avec le patriarcat de Moscou qui bénit, comme c’est son devoir pastoral de le faire,  les troupe qui se trouvent à combattre en Ukraine l’armée Ukrainienne qui elle est bénie  avec la même légitimité pastorale par le clergé du Patriarcat Orthodoxe  d’Ukraine.

    Nous l’avions écrit pour notre lettre de Carême 2014 ( que l‘on peut lire des les archives de ma page Face Book ou sur le blog de notre Métropole Orthodoxe de France ) que « chaque sentiment patriotique est légitime », mais  j’ajoute aujourd’hui  qu’il est antichrétien qu’au nom de ce sentiment patriotique,  d’haïr son ennemis  et de ne pas lui pardonner. Les larmes que versent les Mères ukrainiennes , les veuves russes, les orphelins russes sont les mêmes que celles que versent les Mères russes, les  veuves ukrainiennes, les orphelins ukrainiens. Le sang des soldats ukrainiens est de la même couleur que celui des soldats russe. Et j’ajouterai : le baptême orthodoxe qui prend sa source  à Kiev la Mère de toutes les Eglise Russ’ est le même pour ces deux grandes nations Russ’.

    J’ai le privilège de rassembler dans ma modeste métropole une partie de la belle mosaïques des nations orthodoxes présentes en France et porteuse chacune de leur propre histoire passé et actuelle.  Ils sont Russes, Ukrainiens, Serbes , Macédoniens, Roumains, Libanais  Français, mais je devrais sans doute  ajouter, car le sentiment régionaliste  existe : Celtique.   J’écrivais dans ma lettre pastorale de Carême « Aujourd’hui plus que jamais je suis roumains avec les roumains, ukrainien avec les ukrainiens, russe avec les russes, grec avec les grecs, macédoniens avec les macédoniens, serbe avec les serbes, libanais avec les libanais, français avec les français et avant tout évêque de Jésus Christ avec tous et pour tous. »

     

    Nous surmontons dans notre modeste Métropole de France  ces antagonismes, par un attachement plus grand qu’à celui, légitime de nos origines nationales diverses :  l’Eglise Orthodoxe unie au Christ Son Epoux présent dans chaque Divine Liturgie.  Notre participation à la Divine Liturgie nous introduit au Ciel sur la terre, dans le temps transfiguré,  là où nous recevons la force de « déposer tout les souci de ce monde » ( Chant du Chérubikon ).

    La conscience d‘appartenir à une métropole orthodoxe  locale de la France  sous l’omophore d’une Eglise Locale autocéphale :  le patriarcat de Kiev qui lutte pour la reconnaissance de son identité  d’Eglise Orthodoxe locale de la nation Ukrainienne et qui comprend que nos somme non une  simple métropole Ukrainienne mais une métropole locale de la  France sous la bénédiction du patriarcat d’Ukraine.   Cette réalité ecclésiale locale même très modestement vécue, avec parfois dans la Divine Liturgie des prières en roumain ou  slavon permet de surmonter tous les antagonismes en formant avec nos origines diverses, un seul Peule Royale Orthodoxe en France. C’est cela aussi le baptême des nations qui permettait  au II ème siècle  à un évêque Smyrniote de devenir l’un des emblèmes de l’épiscopat de la jeunes  Eglise des Gaules : Saint Irénée de Lyon et au IV ème siècle un évêque Athéniens de devenir le symbole de l’épiscopat de Lutèce (Paris) :  Saint Denis de Paris.  Et plus tard à un officier romains né en Hongrie  de devenir l’évêque emblématique de la France : Saint Martin de Tour qui  bénira le jour de sa Fête l’armistice le 11 novembre 1918 la fin de la première guerre mondiale.  Un fait rarement souligné.  

    Cette richesse que constituent nos origines différentes plante ces nombreuses racines dans le sol  de la France pour donner naissance à une belle Eglise Locale. Dans notre Métropole de France  Ukrainien et Russes prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques. Dans notre Métropole de France  Macédoniens  et Serbes  prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques. Dans notre Métropole de France  Roumains et Russes   prient ensembles tout en conservant leur conviction patriotiques antinomiques.

    Je ne vais pas répondre ici à des contres vérité lues ici et là sur le Net concernant la position de l’épiscopat avec Sa Sainteté notre patriarche Filaret de Kiev  dans ce conflit. Juste une précision : Le bureau de Presse de notre patriarcat à publier une longue lettre à laquelle je suis heureux de joindre ma signature,  publié le 10 octobre 2014  dans laquelle on peut notamment lire ce paragraphe: « Nous demandons à tous nos fidèles croyants en aucun cas participer à la préparation et l'exécution des actes de violence contre le clergé et les églises du Patriarcat de Moscou. »

    N’attisons pas la haine mais répandons à partir de la Résurrection du Christ  l’incendie spirituel de  l’amour divin qui contient l’amour des ennemis et la prière pour eux  avec le pardon illimité. 

     

     

    Avec une profonde tristesse sur la situation actuelle de guerre, mais une encore plus profonde espérance dans la Résurrection du Christ qui par sa mort a vaincu la mort. 

     

    +Métropolite Michel de Paris – Patriarcat de Kiev