Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Pour le Carême avançons dans le pardon.


    Le Métropolite Michel Laroche (patriarcat de Kiev) complète sa lettre pastorale sur le pardon dans une homélie dans la quelle il donne des conseils pratiques précis. Le pardon c'est l'espérance du salut dans celui qui a un moment nous persécute, mais qui comme Saul qui lapide Stéphanos et devient ensuite Paul l'Apôtre des nation: hier un assassin aujourd'hui un saint. Le pardon c'est changer notre regard sur l'autre dans la certitude que le Christ l'appel lui aussi à la conversion, et le porte comme il nous porte dans sa chair blessée, transpercée et couronnée d'épines. Le jeûne du pardon est le plus important à pratiquer dans le Carême.

  • Grand Carême 2012: en chemin vers la Résurrection.

    Le Bon Samaritain.jpgGrand Carême 2012

     

     

     

    En chemin vers la Résurrection

     

    par Son Éminence le Métropolite Michel de Paris ( Patriarcat de Kiev)

     

    « Pardonnons tout à cause de la Résurrection et crions ainsi : Christ est ressuscité des morts, par Sa mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. »

    Le Dimanche du Pharisien et du Publicain commence le temps mystique du Triode de Carême, et nous nous préparons tous intérieurement au sacrifice volontaire du jeûne en nous efforçant de trouver les chemins du repentir (métanoïa), du regret de nos faiblesses, dans l’espérance du pardon illimité du Christ sur Sa Croix. Le temps du Triode de Carême avec le Grand Carême lui-même ont en perspective la résurrection intérieur de l’âme du  Croyant dans une nouvelle humanité inscrite dans la Résurrection du Christ. L’âme meure volontairement dans cette période du Triode à la vie obscure qu’elle menait en ce monde, pour ressusciter dans une vie nouvelle portée dans la chair lumineuse du Christ Ressuscité.

    Les différents Jeûnes, privations aux quels l’homme  se soumet  volontairement  ne sont là que pour lui rappeler les limites de la chair par rapport à la vie de l’Esprit, et par sa faim et soif de nourritures terrestres qui procure la vie au corps,  la prise de conscience de son manque de faims et soifs de nourritures spirituelles qui donne la vie à l’âme. Mais tous ses jeûnes, toutes ces privations, tous ces offices avec la lecture quotidienne du Triode sont bien inutiles si le pardon imploré pour nos péchés n’est pas exalté dans nos actes par le pardon répandu comme de la bonne huile sur les blessures du  moribond étendu sur le bord de la route, comme le fais, avec générosité, le Bon Samaritain (Lc X, 25-37). L’acte éternel exalté par le Christ dans cette parabole, c’est le pardon universel qui fait passer l’âme à demi morte à cause du péché, à la Résurrection en la conduisant à la Bonne Auberge qui symbolise l’Église. Mais c’est l’acte lui-même que nous voudrions vous invitez à contempler : cet étranger, cet hérétique, le Samaritain, l’ennemi héréditaire des Juifs,  est choisi par le Christ dans sa parabole pour représenter le pardon qui est  l’expression sur terre la plus parfaite pour les homme de l’amour. Le pardon  des ennemis et  la prière pour eux s’apparentent au pardon universel du Christ assumé sur Sa Croix,  pour les bons comme pour les méchants, leur promettant à tous comme, s’ils croient en Lui, comme au Bon Larron, le salut. Oui nous voyons dans cet acte d’une délicatesse infini, dans ce geste de douceur, lorsque le Bon Samaritain répand sur ce Juif qui ne l’a jamais aimé, l’huile du pardon, l’huile qui restaure, l’huile qui donne les arrhes de la guérison intérieure, l’huile qui contribue avec l’aubergiste à la Résurrection de l’âme et du corps.

    Notre carême n’aurait aucun sens, serait une perte de temps, si nous contentions d’être des ritualistes, observateur zélé des règles extérieure comme ce prêtre et ce lévite de la Parabole qui passent en faignant de ne pas voir ce frère étendu, à demi mort, sur leur chemin. Arrêtons nous  devant ce frère ou  cette sœur, qui nous dérangent, et prenons le dans nos bras, faisons le monter à notre place sur notre monture,  qui symbolise  l’effort qu’il est demandé dans le pardon « de prendre sur sois », de faire reculer le moi au profit de l’autre, et répandons avec le Bon Samaritain, qui est le Christ, l’huile du pardon sur les blessures de celui qui nous a blessé.

    Car alors la promesse que nous donne l’Église dans le Tropaire de la Résurrection dans  de la Neuvième Ode du Canon de saint Jean Damascène déversera sur nous l’huile de l’allégresse : « Pardonnons tout à cause de la Résurrection »

     

    L’Église Orthodoxe insiste sur le fait que la Résurrection du Christ est inscrite dans le Mystère de la Crucifixion du Christ qu’il subit volontairement pour nous pardonner  nos péchés. « Remets-nous  nos dettes comme nous remettons nous aussi à nos débiteurs ». Ce pardon absolu que le Christ nous enseigne d’observer, et qu’il a inscrit dans la prière essentielle du « Notre Père » a sa source dans la Croix. Saint Jean Damascène aurait put écrire « Pardonnons tout à cause de la Crucifixion ». Il ne l’a pas fait car il a discerné que la Croix et la Résurrection sont deux mystères inséparables, l’un ne survenant qu’à la suite de l’autre, le premier la Croix étant nécessaire à la venue de l’autre, la Résurrection. Le second la Résurrection prenant sa source dans le premier la Croix avec le Tombeau. Si nous sommes pardonnés par la Croix, nous sommes sollicités à exercer la grâce du pardon du Christ dans l’énergie lumineuse de la Résurrection. Il existe même une synonymie mystique entre « résurrection » et « pardon ». Le pardon est sur terre l’exercice de la grâce de la Résurrection. Celui qui pardonne ressuscite son âme du péché. Celui qui pardonne efface pour lui-même la multitude de ses péchés. La grâce du pardon n’est efficace que si elle s’exerce envers autrui. De très nombreux chrétiens supplient avec ferveur le Seigneur d’effacer leur dette, alors qu’eux-mêmes oublient de pardonner à leur prochain en négligeant la prière qui est également un commandement absolu du Seigneur : « Remets-nous nos dettes comme nous remettons nous aussi à nos débiteurs ». Ces chrétiens, en s’obstinant à ne pas pardonner, se ferment les portes du Ciel et n’obtiendront jamais le moindre pardon pour eux. Si l’aumône, le jeûne, l’observation des règles de l’Église contribuent à purifier l’homme de ses péchés, il n’existe cependant rien au-dessus de l’exercice du pardon. Le pardon nous greffe à l’arbre de la Croix dont la sève mystique est la lumineuse Résurrection.

    « Pardonnons tout à cause de la Résurrection » est plus qu’un commandement, c’est le signe que nous sommes agissant dans la grâce de la Résurrection. La Croix et le Tombeau du Christ sont pour nous, car en pardonnant, nous nous affirmons comme coparticipant de la Chair blessée, souffletée, outragée, flagellée et crucifiée du Christ. Le Christ a assumé non seulement nos péchés envers Lui, mais les péchés de nos frères envers nous qui seront toujours des péchés contre Lui : « Au plus petit à qui vous l’avez fait c’est à moi que vous l’avez fait. » Celui qui nous a blessé a d’abord et avant nous blessé le Christ. Si le Christ lui a pardonné, comment pourrions-nous, dès lors, lui refuser ce pardon. N’oublions jamais que le pardon, comme tous les dons du Saint Esprit, s’exerce en synergie avec notre libre arbitre et notre bonne volonté. Le Christ répand sur l’ensemble de l’humanité et sur chaque être humain en particulier Sa grâce du pardon. C’est donc de Son pardon généreux et illimité que nous pouvons à notre tour exercer le pardon. Sans le pardon initial du Christ, il n’existe pas de véritable pardon personnel. Priver de sa source le pardon ne sera qu’une caricature de pardon dans laquelle nous écrasons l’autre en lui disant d’une situation élevée : « Je te pardonne ! » Évitons le Je dans le verbe pardonner pour laisser passer le Christ. Le véritable pardon se pratique avec délicatesse et humilité en nous plaçant toujours en dessous de celui envers qui nous avons une dette à effacer. Nous lui dirons alors : « Le Christ Ressuscité te pardonne. » Le pardon est la synergie de la Résurrection du Christ et en exerçant le pardon nous répandons dans le monde les rayons bienfaisants et lumineux de la joie pascale.

    Que la Trinité Toute Sainte vous bénisse tous.

     

     

    +Métropolite Michel de Paris

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le Christ a été un embryon



    Un article parru sur internet dans FREE  que m'a envoyé un moine.

    Le très sérieux Journal of Médical Ethics est une revue internationale de premier plan qui reflète l’ensemble du champ de l’éthique médicale. Dans son dernier numéro, le JME plaide pour le droit de supprimer des nouveau-nés, de la même manière que l'on peut avorter.
    Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l'Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l'université de Milan affirment en effet que « le droit de tuer un nouveau-né devrait être éthiquement permis dans toutes les mêmes circonstances que l'est l'avortement. Ces circonstances incluent les cas où les nouveau-nés [...] peuvent être un risque pour le bien-être de sa famille ». Tout en distinguant l'euthanasie (acte qui consiste à faire mourir quelqu'un dans son propre intérêt) et l'avortement post-natal (tuer dans l'intérêt des personnes impliquées), les auteurs mettent en avant les « bonnes raisons d'avorter même si le fœtus est en bonne santé » : critères de coût social, psychologique ou économique pour les parents.

    En dehors de toute considération morale ou religieuse, l'avortement posait, dès le départ, la question de sa limite. Car s'il fut dépénalisé pour des raisons tenant tout aussi bien à la santé du fœtus qu'à celle de la mère, à sa situation économique, sociale, ou même à sa seule volonté, il s'opposait de manière fondamentale au droit de la personne humaine à vivre, sauf à postuler que l'humanité ne s'acquiert qu'à la naissance. Cette question n'a jamais été tranchée pour la simple raison qu'il n'appartient pas à la loi de rendre des arbitrages scientifiques. Qui aurait pu prendre la responsabilité de décider du commencement de la vie humaine ? Dans le doute, et pour que le temps ou l'aléa économique ne soit pas générateur d'un acte criminel, la rationalité exigeait de s'en tenir à la fécondation, l'acte qui signe l'apparition d'un être humain nouveau.

    Sans s'étendre davantage sur une question qui conditionne pourtant tout le reste, le législateur avait décidé d'ériger en principe le respect de tout être humain dès le commencement de sa vie et d'autoriser l'avortement à titre dérogatoire. Mais sans jamais définir ce qu'implique le commencement de la vie et en encadrant l'interruption de grossesse dans certains délais- 12 semaines pour l'IVG et jusqu'à la fin de la grossesse pour l'IMG.

    Dès lors, la proposition de Francesca Minerva et d'Alberto Giubilini, n'a rien de surprenant. Elle s'inscrit dans la logique utilitariste du législateur qui, au mépris de l'inviolabilité de toute vie humaine et du principe de précaution, a inscrit l'avortement dans une logique économique, médicale voire de « bien-être ». Ce faisant, le législateur et la société ont ouvert grand les portes aux extensions les plus réifiantes. Car si la suppression d'un enfant dans le sein de sa mère se passe de l'examen de son humanité, alors la suppression d'un enfant en dehors du sein de sa mère pourrait s'en passer aussi. Et les critères de coût social, psychologique ou économique d'un enfant in utero peuvent aisément muter ex utero.

    Si le droit à vivre est subordonné à la logique de marché, alors qui interdira, dans le futur, que les personnes handicapées, les pauvres et même ceux qui ne pourraient se payer une Rolex à cinquante ans, soient considérés comme éliminables ?

    Une seule société, dans l'histoire, refusa de se poser la question de l'humanité. Les Spartiates furent les seuls à éliminer à la naissance les enfants qu'ils estimaient incapables de porter les armes ou d'engendrer de futurs soldats. Or de Sparte, il ne reste rien, ni poète, ni musicien, pas même une ruine. Songeons-y.

     

    Nativité_02.jpg

     Un Moine

     

    Mon Père


    Je vous remercie de cette triste information d’une société qui s’autodétruit, car elle aboutit non seulement à la réduction de l’homme  au rang des animaux ( négation de l’âme immortelle et de l’hypostase) mais à une atteinte au mystère même de l'Incarnation, de la naissance dans la chair du Verbe . Ne tuons nous pas à leur naissance une portée de chatons pour n’en conservé qu’un seul, sans état d’âme?  
    Le nazisme prônait  cette doctrine qui consistait à supprimer tous les handicapés de naissances que ce soit  dès leur naissance ou plus tard, comme cela a été organisé dans des cliniques “spécialisées”.
    L’homme en est réduit à la prophétie de l’épitre de Jude 19 “ ce sont ces êtres psychique qui n’ont plus d’esprit” , mais bien entendu à cette part du divin déposé dans l’homme comme “icône de Dieu” qui est niée et détruite dans cet action abominable. Mais reconnaissons que l’avortement rend “invisible” le même assassinat :  la mère ne voit pas son enfant qui est pourtant en elle,   et parce que l’enfant  n’a pas de statut légal, dans notre législation, avant de naître; alors qu’il est dès l’instant de sa conception doté de son Hypostase et de son âme. Pour les chrétiens que nous sommes, le Mystère de l’Incarnation commence dès l’Annonciation et le Verbe qui prend chair dans le sein de la Théotokos assume tous les âges de son humanité  en passant par le stade humain d’embryon,  à celui dans sa naissance  dans la Grotte de Bethléem de petit enfant puis toutes les étapes de sa croissance comme enfant adolescent et adulte. Nous ne pouvons pas dire que le Christ n’est pas pleinement homme dans le sein de Sa Mère, dès les premiers instants de sa conception par l’Esprit Saint. Nous ne pouvons pas dire d’avantage qu’un embryon n’est pas pleinement humain  dans l’âge qui est le sien dans le premier instant de vie qui est le sien et dans toutes les étapes suivantes. Nous portons atteinte non seulement à l’homme mais également à l’humanité dont s’est revêtu le Christ. On ne peut être chrétien et accepter cette abomination, car elle nie à la fois la caractère unique de chaque homme créé par Dieu, et porte atteinte au contenu de l’Incarnation dans laquelle le Verbe  qui comme je le disais il y a quelques ligne assume tous les âges de l’homme.

     

    Sans oublier le principal pour une mère qui tout en avortant, ne peut s’empêcher d’aimer l’enfant qu’elle porte en elle :   lutter contre la chair  de sa chair, s’abstraire artificiellement de cet amour qu’elle ressent de toute sa chair et de toute son âme, s’amputer d’elle même de cette partie, à cet instant la plus importante d’elle.

     

    Quand à la Mère de Dieu dès les premiers instants de la Vie au de là de sa vie en elle murmurait le doux nom de Jésus  qu’elle adressait pourtant à l’embryon qui était en elle, le Verbe Chair…

     


    +Métropolite Michel Laroche