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  • Dialogue sur l’enseignement de la Prière Eucharistique du Nom de Jésus avec le Starets Cléopas Ilie de Sihastria.

     

    Ce texte consititue le chapitre 10 de mon ouvrage à paraitre, nous l'espérons,  en 2013 "La prière du Nom de Jésus dans la Tradition du Notre Père " . Il nous a semblé qu'il ne fallait pas attendre l'édition de mon livre pour faire connaitre cet enseignement de feu sur la "Prière Eucharistique du Nom de Jésus" déjà esquisé dans mon ouvrage "La vie en son nom" éditions Présence(1992)  et édité en langue Roumaine" Viata intru Numele" éditions Sophia Bucarest ( 2004). Une traduction en roumain de ce "dialogue sur l’enseignement de la Prière Eucharistique du Nom de Jésus avec le  Starets Cléopas Ilie de Sihastria" sera, elle aussi,  placée sur ce blog dans une semaine. Je remercie la traductrice a qui nous devons déjà  la remarquable traduction de notre médiation sur le Carême, Madame Mihaela Mihăilă. Nous saluons ici tous nos nombreux lecteurs et amis roumains en nous confiant tous aux prières du saint Starets Cléopas.

    + Métropolite Michel Laroche

     

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    De gauche à droite : deux grands Starets,  le Père Cléopas et le Père Justin Popovitch

    Je dois rapporter ici l’enseignement, ou plutôt, la transmission de la Tradition que j’ai reçue il y a bientôt quarante ans  en 1973, dans le monastère de Sihastria par le Père Cléopas (c’était le Père Pétronios qui traduisait, mais il aurait pu exactement donner lui-même les mêmes préceptes).  Je voudrais situer le cadre de ce dialogue dont je conserve encore les impressions à la fois spirituelles et physiques dans mon être entier.  Le starets était grave dans ses enseignements donnés à la trapeza 1  ou dans l’église.  En revanche lorsqu’il nous instruisait  dehors sur la montagne, au-dessus du monastère, il nous faisait nous assoir sur des couvertures, distribuait des pommes et du pain, et entrecoupait ses conseils spirituels précis d’exemples d’erreurs à ne pas commettre qu’il présentait avec humour  en riant et se frappant sur les cuisses, dans une pédagogie unique, pour se mettre à notre portée et que nous nous sentions pas culpabilisés lorsqu’il abordait des erreurs spirituelles dans lesquelles les uns et les autres étions forcément déjà tombés.2  Je n’ai jamais rencontré une telle pédagogie auprès d’aucun autre Starets dans les presque quarante années suivantes, depuis ce séjour inoubliable au Monastère de Sihastria en Moldavie roumaine.

    Le Père Cléopas sans doute parce que j’étais l’invité du monastère, que je n’y séjournais que pour une dizaine de jours, et que les quelques autres jeunes  moines razophores  avaient la vocation de demeurer un temps beaucoup plus  long à Sihastria s’adressa principalement à moi durant son enseignement, sauf lorsqu’il parlait d’erreur et de généralité :« Père Michel lorsque vous avez communié et que les nécessités pastorales ne vous en empêchent pas, comme dans votre paroisse. Ici au monastère vous êtes libre. Retirez-vous dès que vous le pouvez sans parler à personne, allez seul dans la forêt, asseyez-vous sur un tronc d’arbre, et priez le Christ qui est présent dans votre cœur dans l’Eucharistie que vous avez reçue. Et murmurez silencieusement  son Nom : « Jésus, Jésus, Jésus ». Vous ferez ainsi demain matin. 3 De cette manière si vous gardez l’attention du cœur, vous conserverez allumée en vous la lampe de votre âme avec l’huile bienheureuse de l’Esprit inséparable du Christ Eucharistique qui repose en vous. Tant que vous murmurez le doux Nom de Jésus, le Christ Eucharistique demeure présent en vous, et vous en Lui,  une heure,  un jour, une semaine, un mois, une année… Et comme le dit l’Apôtre : «N’éteignez pas l’Esprit. »4  Combien de personnes après avoir communié ont perdu presqu’aussitôt  Sa présence dans des conversations futiles,  pour avoir oublié qu’elles étaient porteuses du Christ. »  Lorsque des années plus tard je découvrais l’œuvre d’un immense mystique syriaque Jean de Dalyatha, je tombais en arrêt devant ce texte qui recoupait l’expérience intérieure du Père Cléopas sur l’Eucharistie : « Pourquoi reçois-tu le Pain très saint comme quelqu’un qui n’y voit pas l’éclat qui vient du Père ? Pourquoi bois-tu la coupe du Sang de Notre Sauveur comme quelqu’un qui ne comprend pas  qu’en étant son breuvage il se mêle à lui dans le mystère de l’union ?  Pourquoi te représentes-tu les sacrements en dehors de toi, alors qu’il convient de les voir à l’intérieur de toi ? »5  Jean de Dalyatha poursuit un véritable hymne à l’adoration du Christ intérieur : « Mon Mystère  est à moi ! Mon Mystère est à moi ! Mon Mystère est à moi ainsi qu’à mes amis! Car notre délectation est en nous, puisque notre Roi est à l’intérieur de nous. »6  Le même conseil de silence que m’avait donné le Père Cléopas après avoir reçu le Christ Eucharistique est exprimé par le mystique syriaque : « Ferme les portes, Jérusalem, pour que ton Époux reste au-dedans de toi ! Tiens  les fenêtres closes pour que persiste l’odeur de ses parfums.»7
    Pour le Père Cléopas, comme pour Jean de Dalyatha, il est indispensable après avoir communié de s’efforcer d’observer le silence parfait des pensées et pour cela de se retirer dans un lieux isolé,    afin sans distraction, de  pouvoir vivre une adoration du Christ intérieur. Il convient de prier le Christ Eucharistique, après avoir communié à Son Saint Corps et Son Saint Sang, à l’intérieur de soi.8
    L’idée centrale qu’exprimait le Père Cléopas c’est qu’après avoir reçu le Christ en soi, il convenait d’entretenir sa présence par la prière du Nom de Jésus comme un feu que l’on a allumé dans l’âtre que l’on entretient en y remettant du bois. Ici le bois qui prolonge le feu c’est la prière du Nom de Jésus. L’âtre c’est notre cœur. Tant que nous prions en invoquant le Nom de Jésus, le Christ Eucharistique maintient son brasier spirituel dans notre cœur. Jean de Dalyatha  parle de la même expérience lorsqu’il s’écrie :« Donne des aliments au feu de Jésus pour que s’enflamme à son contact la pureté de ton âme. »9  Celui qui parvient à cette réalité charismatique devient un second autel sur lequel repose le Christ Eucharistique : « Heureux celui dont l’autel est en lui et dont le Saint des Saints est à l’intérieur de lui-même »10  Jean de Dalyatha insiste également sur la nécessité de ne pas risquer « d’éteindre ce feu en laissant pénétrer dans l’âme de l’eau étrangère »11  L’eau étrangère des pensées de ce monde.
    Le Père Cléopas connaissait « par cœur » l’ensemble des Pères de l’Église, et il était lui-même l’un de ces Pères. Il puisait, en me transmettant cet enseignement oublié sur la prière de Jésus, dans la pure pensée des Pères Hésychastes ainsi que dans son expérience spirituelle. Ce n’est que presque quarante ans plus tard que je reviens en profondeur sur son enseignement. Quarante ans qui m’ont permis de traverser le désert de ce monde, et d’y rencontrer le Mont Oreb sur lequel la Loi des dix commandements des Pères m’a été transmise, sans lesquels je n’aurais pu intégrer en moi les enseignements du Père Cléopas.  Non pas qu’il fallait pour mettre en pratique l’enseignement de Père Cléopas connaître l’ensemble des Pères de l’Église. Dès le lendemain matin, aussitôt après la Divine Liturgie  je suis allé dans la montagne au-dessus du monastère, et pour la première fois de ma vie j’ai murmuré spontanément au Christ Eucharistique dans mon cœur : « Jésus, Jésus, mon doux Jésus  ».
    Mais pour me placer dans la Tradition presque deux fois millénaire des Pères, il me fallait recevoir des saints Pères le même  enseignement qu’avait reçu le Père Cléopas qui avait lu dans la montagne tous les Pères du désert et de l’Église. Pour transmettre un jour cet enseignement de feu il fallait que mon âme soit imbibée de la pensée des Pères.  Pour que l’enseignement du Starets prenne racine en moi il était nécessaire de répandre sur ma pauvre terre inculte, le riche terreau de la Tradition des Pères hésychastes.
    Le Starets  ajouta au citadin que j’étais alors par mon éducation, un autre enseignement qui, à l’époque, me surprit. Il est vrai que je n’étais retourné à la foi de mes ancêtres byzantins que neuf ans auparavant, et ma culture patristique était balbutiante : « Père Michel dans la forêt, unissez votre prière avec la louange de la nature. Ne pensez pas que la nature est inconsciente devant Dieu : les arbres, les plantes, les fleurs, l’herbe des champs, tous louent le Seigneur, comme les psaumes que nous psalmodions chaque nuit durant l’office de l’Orthros 12  : « Montagne et vous toutes les collines, arbres fruitiers et vous tous, les cèdres»13 . Les astres et les étoiles sont appelés, eux aussi, à louer le Seigneur : « Louez-le, Soleil et lune, louez-le, vous toutes les étoiles de lumière, louez-le, Cieux des cieux, eaux qui êtes au-dessus des cieux ! »14  David conclue même ses psaumes par : «  Que Tout souffle loue le Seigneur »15  . « Tout souffle » signifie tout ce qui tient sa vie de Dieu. La création déchue aspire, elle aussi dans son ensemble, à la Parousie16 . » Il ajouta : « Lorsque vous contemplez la beauté de la création, pensez qu’elle est un reflet de l’incomparable beauté divine et rendez grâce au Seigneur pour toute sa création, bien que celle-ci soit déchue et moins belle que dans le Paradis où elle était parfaite. La contemplation de la nature fait sourdre du cœur une prière qui est douce comme le miel. ». Le Père Pétronios qui traduisait en s’effaçant devant la parole inspirée du Père Cléopas attestait par sa remarquable humilité que telle était sa pratique spirituelle tant sur la prière Eucharistique du Nom de Jésus que sur la prière avec la nature. J’avais avec ces deux êtres transfigurés par l’Esprit la totalité de la Tradition hésychaste : la Parole et le silence. La parole du Père Cléopas et le silence du Père Pétronios qui dans son effacement même, me donnait à entendre que c’était le seul Père Cléopas qui s’exprimait, comme Moïse et Aaron.
    Dans aucun ouvrage contemporain écrit sur la prière du hésychaste, je n’avais trouvé à l’époque, ni aujourd’hui depuis toutes ces années, ces enseignements de feu du Père Cléopas  sur la prière Eucharistique  du Nom de Jésus et la prière avec la nature. C’est uniquement à partir de cette transmission directe de la Tradition Hésychaste que j’ai ensuite retrouvé, chez certains Pères de l’Église, et de nombreux Starets cet enseignement. Merci Père Cléopas de  nous avoir révélé que la source véritable et unique de la prière du Nom de Jésus est la Communion Eucharistique au Saint Corps et au Saint Sang du Christ.   Que votre intercession auprès de la Trinité  conduise de nombreux croyants à la pratique de la prière Eucharistique du Nom de Jésus.17  
    J’ai hésité avant d’écrire ce qui suit, car ces deux témoignages me mettent personnellement en cause et ne sont pas revêtus du caractère universel de l’enseignement du bienheureux. Pourtant en relisant les autres récits recueillis sur la vie et les enseignements du saint je n’ai rien lu de comparable, et cet aspect de sa sainteté éclaire d’un jour nouveau une forme importante de ses charismes.
    Lors de la même conversation durant laquelle nous étions étendus sur  la couverture posée sur  ce promontoire au-dessus du monastère, il arrêta soudain son enseignement en me regardant de son regard profond emprunt d’une joie résurrectionnelle : « Père Michel, lorsque dans l’exercice de la prière  du Nom de Jésus, vous ressentez une douleur au cœur, celle-ci est  due à une trop intense attention du « nous »18  sur le cœur, vous ne devez plus vous concentrer sur le cœur », mais indique-t-il avec son doigt qu’il pose à la base de son cou : « … à cet endroit précis sur la base du cou. Sinon vous risqueriez d’endommager votre cœur. Tous les moines qui pratiquent la prière du Nom de Jésus savent cela. Puis ensuite, la douleur passée, ils reviennent à l’attention du cœur. » J’éprouvais précisément cette douleur au moment même où il s’adressait à moi et je n’avais pas osé devant les autres moines lui poser la question.  Le starets avait pénétré mon âme et avait discerné ma préoccupation spirituelle. Mais la conversation n’était pas encore achevée, et j’allais recevoir une prophétie angoissante, aujourd’hui en grande partie réalisée, qui allait déterminer le cours de toute ma vie.
    J’ai parfaitement conscience que ce qui suit peut paraitre hors sujet, et ne pas concerner ce chapitre sur la prière Eucharistique du Nom de Jésus. Et pourtant c’est bien en recevant cet enseignement de feu sur la prière de Jésus qu’il m’a été transmis et pas à un autre moment. Le contexte même de cette prophétie était l’invocation du Nom de Jésus.
    Aujourd’hui avec le recul du temps je comprends mieux que ce chemin d’épreuves que m’annonçait le Starets, était inséparable de son enseignement sur la Prière du Nom de Jésus. Les  prophéties véritables sont rarement agréables. De plus, au moment où nous les entendons, nous n’avons pas les éléments dans notre vie qui nous donneraient à pressentir  les situations décrites prophétiquement.  Tout paraît irréel, impossible à réaliser, et pourtant dans une destinée consacrée, comme ma vie, au service du Christ, les prévisions les plus pessimistes sont les plus vraisemblables. Sainte Thérèse d’Avila dans l’Église Catholique Romaine disait en s’adressant au Christ, dans une phrase audacieuse non dénuée d’humour : «  Seigneur lorsque l’on voit comment tu traites tes amis, on peut comprendre pourquoi tu en as aussi peu. » Pour qui a lu le Ménologe (la vie des saints), ce ne sont que des chemins d’épreuves. Pour le Père Cléopas prédire à un très jeune prêtre un chemin crucifère après lui avoir révélé des points essentiels de la prière hésychaste, ne paraissait, non seulement pas déconnecter de son enseignement, mais en faisait consubstantiellement parti. « Celui qui invoque constamment  le Nom du Crucifié, ne doit pas s’étonner de ce que son existence et sa chair, soient marquées par l’empreinte de Sa Croix. » aurait-il pu me dire.
    Mais à cette époque je n’en avais pas conscience. Le Starets me dit : « Père Michel vous allez devoir témoigner de votre Foi Orthodoxe. Vous allez beaucoup souffrir, connaître beaucoup d’épreuves à cause de ce combat.  Votre chemin vous conduira à la solitude, mais c’est par ces souffrances que le Christ vous purifiera de vos péchés. Et vos souffrances sont également nécessaires pour la purification de l’Église Orthodoxe de France qui n’est pas encore née et qui naîtra un jour. »
    Je ne connaissais aucune des notions auxquelles faisait allusion le Starets,et  j’étais terrifié à l’idée même de ce combat.   Je répondis, en sachant que la réputation de sainteté du Starets ne laissait probablement pas de place à l’erreur : « Je vous obéirai mon Père, et je confesserait la foi orthodoxe dans ma paroisse" Il me répondit : «  C’est le démon  qui vous inspire cette peur et cette réponse : Vous devez témoigner non seulement dans votre paroisse, mais devant la conscience de toute l’Église Orthodoxe. » Et il ajouta cette parole qui restera à jamais gravée dans mon esprit : « Il vaut mieux scandaliser les hommes par sa parole que de scandaliser Dieu par son silence. » 
    Le Starets ajouta : «  Dans cette confession de la Vérité que le Seigneur vous demande, c’est un pécheur, vous, qui témoignez de la Vérité parfaite qui est le Christ. En invoquant le Nom du Seigneur, tout en témoignant de la Vérité qui est le Christ, c’est la Vérité elle-même qui vous purifiera à travers les épreuves occasionnées par votre confession de la Foi Orthodoxe. » Cette conversation, cette prophétie partiellement réalisée   a fait prendre à ma vie dans l’Église Orthodoxe des chemins de traverses que je n’aurais pas souhaité suivre.21  Ce témoignage serait incomplet si je ne mentionnais pas l’humilité absolue de Père Pétronios, l’unique traducteur de toutes ces conversations qui le plaçait dans la situation d’Aaron par rapport à  Moïse. Moïse étant bègue, c’était Aaron qui déclamait au Peuple Hébreu les paroles inspirées que Moïse lui disait à l’oreille. Ici, c’était ma méconnaissance de la langue roumaine qui obligeait Père Cléopas de passer par Père Pétronios pour communiquer avec moi.  Il est impossible aujourd’hui de n’attribuer qu’au seul Père Cléopas les paroles que j’ai reçues, parce que, souvent, ce que je ne relate pas dans la narration de mon récit, le Père Pétronios m’expliquait la pensée du Starets sur la prière Eucharistique du Nom de Jésus, et surtout lorsqu’il s’est agi de la prophétie qui me troubla beaucoup. Mais je crois fermement, que même sans cette nécessité d’un moment, les deux hommes étaient comparables à saint Barsanuphe et Jean de Gaza qui avaient un seul Esprit.
    Quatre années plus tard en été 1977 de retour à Sihistria j’ai revu le starets Cléopas, et il a ajouté une autre dimension à son enseignement. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler les circonstances de cette entrevue. Lors de mon premier séjour au monastère j’étais véritablement venu pour y  faite une retraite et rencontrer le Starets dont j’avais entendu parler comme d’un homme charismatique au don de prophétie.
    La seconde et dernière entrevue était différente. J’étais accompagné de paroissiens à qui je faisais visiter les monastères de Moldavie et nous ne faisions que passer à Sihistria. Le Père Pétronios était déjà à Bucarest sur le point de partir au Mont Athos. Les paroissiens qui m’accompagnaient, eux aussi désireux de rencontrer le Starets, rendaient par leur présence impossible l’intimité que j’avais eu le privilège de connaître avec le Père Cléopas. J’étais muni d’une lettre de recommandation pour l’ensemble des monastères de Roumanie de la part de Monseigneur Antoine de Ploesti22 , alors évêque vicaire patriarcal de Roumanie, qui me donnait la position d’un visiteur officiel. Lorsque je demandais  au Starets23  du monastère si je pouvais rencontrer le Père Cléopas, en ajoutant que surtout je ne souhaitais pas qu’on le dérange, il est malheureusement évident pour moi aujourd’hui, qu’il était presque impossible au supérieur du monastère de refuser ma requête. On  chercha donc le Père. Celui-ci arriva et ne parut pas me reconnaître bien que je me sois présenté à lui en lui rappelant ma dernière et première rencontre avec lui. Un jeune moine présent traduisait. Les deux paroissiens qui m’accompagnaient prennent sa bénédiction, il nous fait nous asseoir, et d’emblée sans aucune transition il s’adresse directement à moi : « Père Michel, nous ne pouvons pas toujours communier lors de la Divine Liturgie, soit parce que nous ne nous sommes pas préparés, ou pour d’autres motifs. Il existe la communion de désir : Le Christ présent sur l’Autel dans Son Corps et dans son Sang, remplit tout et tous de Sa présence, et communique dans chaque âme sa vie vivifiante dans l’Esprit Saint,  du commencement à la fin de la divine liturgie. Tous les  participants à la divine Liturgie, même s’ils ne communient pas physiquement au Christ présent sur l’autel, communient invisiblement au  Christ dans l’Esprit Saint au fond de leur cœur.  Il n’existe pas une parcelle de la liturgie qui ne soit pas habitée par le Christ.» Le Starets ne m’a pas reparlé ce jour là de la prière du Nom de Jésus, mais c’était implicite.
    Dans l’Église Orthodoxe la communion fréquente n’existe pas. Les croyants doivent observer un jeûne complet de trois jours avant de communier, et s’être confessés préalablement. Ces dispositions rendent la communion difficile. Dans la diaspora, si la confession est toujours exigée, de plus en plus de prêtres de paroisses admettent la communion fréquente et n’exigent qu’un jeûne à partir de la veille au soir. Mais en Roumanie, comme en Grèce ou en Russie, la communion est rare, réservée aux fêtes majeures comme Pâques. C’est dans ce contexte que le Père Cléopas me transmettait son enseignement. Un autre grand starets roumain qui finit sa vie au monastère de Cernica près de Bucarest, où je séjournais auprès de lui plusieurs semaines 24  , qui fut mon véritable Père spirituel, le Père Bénédict Ius, se désolait de cette pratique qui selon lui: « privait les croyants de le la force du Christ qui seul peut s’opposer au péché et les purifier de leur faute comme nous le disons après avoir communié : « Ceci a touché mes lèvres, mes fautes sont pardonnées et de mes péchés je suis purifié ».  On n’exige pas un jeûne de trois jours pour les prêtres qui sans cela ne pourraient pas célébrer. Je pense qu’il faudrait aujourd’hui appliquer le même jeûne pour les fidèles que pour les prêtres. » Il est à noter que de nombreux Pères hésychastes se sont prononcés dans l’Église Orthodoxe pour la communion fréquente. Saint Jérôme d’Égine par exemple recommandait de communier deux fois par mois ce qui en Grèce est considérable. Cet enseignement est en cohérence avec la prière Eucharistique du Nom de Jésus : c’est à partir du Christ qui est présent en nous dans son Corps et dans son Sang que nous nous adressons à lui en lui murmurant « Jésus, Jésus , Jésus. »
    À l’époque j’interprétai dans la seule signification que je viens d’indiquer les paroles du Starets. Mais les paroles semées dans l’Esprit Saint se font un chemin dans notre âme, et comme une graine plantée, elle croissent dans notre esprit pour devenir parfois un grand arbre. En réalité je n’étais pas à l’époque capable de comprendre la pensée si élevée du Starets, son expérience passée dans le « désert » des montagnes et des forêts  de Moldavie, là où semblable aux ascètes du désert, il vivait de longs mois loin des célébrations de la liturgie, et si près d’elles par son esprit, dans la communion de désir, inséparable chez lui du doux murmure de la prière du Nom de Jésus.
    J’ai par la suite compris que le Starets « m’attendait ».  Et qu’il n’avait pas voulu devant les deux autres visiteurs marquer par une attitude, même simplement amicale, un lien spirituel avec moi. Mais les enseignements qu’il m’a transmis lors de ces journées mémorables sont inscrits pour toujours  au plus profond de mon cœur.
    En recevant ces transmissions du Starets, celui-ci  a ouvert mon âme à la contemplation de mystères qui se sont révélés, non pas instantanément, mais progressivement au fur et à mesure que je m’efforçais de mettre en pratique ses paroles inspirées.
    Plus tard en lisant la vie de sainte Marie l’Égyptienne je trouvais rassembler en une seule personne les deux enseignements du Starets sur la prière Eucharistique du Nom de Jésus, et sur la communion de désir.
    Cette communion de désir, sainte Marie l’Égyptienne l’avait connue durant quarante années de solitude dans le désert, où par la providence divine rencontrant enfin un moine Abba Zosime,  faisant une retraite pendant le Carême pour se préparer à la Pâques, elle lui demanda si  l’année suivante il pourrait revenir dans le même lieu lui apporter le Corps et le Sang du Christ pour qu’elle puisse communier. Comment sainte Marie l’Égyptienne dans son désir de recevoir en elle le Christ tout au long de ces quarante années n’aurait-elle pas murmuré -mais sans doute criait-elle aussi dans le désert- son désir du Christ Eucharistique : « Jésus, Jésus, Jésus. » Elle puisait cette force dans la communion eucharistique qu’elle avait reçue après sa conversion au Christ et avant de partir pour toujours au désert. Durant quarante années elle avait maintenu la divine présence du Christ Eucharistique au plus profond de son cœur par son désir même de Le recevoir à nouveau. Elle criait : « Jésus, Jésus, Jésus », versant des torrents de larmes non seulement sur ses péchés, mais à cause de ce nouveau désir qui incendiait perpétuellement son cœur. L’Église Orthodoxe, bien que silencieuse sur la doctrine qui rattache la Prière du Nom de Jésus à l’Eucharistie, a infusé cet enseignement pour l’ensemble de ses croyants dans les canons des prières préparatoires que le fidèle, moine, diacre, prêtre, évêque doit lire la veille et le matin même du jour où, après s’être confessé, il se prépare à communier. Certains hésychastes disent chaque jour ces prières les semaines qui précédent leur communion au Corps et au Sang du Christ.   Ainsi leur invocation perpétuelle du Nom de Jésus de fonde-t-elle autant sur le Christ Eucharistique présent en eux depuis le jour de la communion que par le désir ardent qu’ils éprouvent de renouveler Sa présence par une nouvelle communion Eucharistique.
    Nous voulons mentionner ici quelques unes de ces prières qui sont très éloquentes  sur le lien charismatique, voire ontologique qui relie l’invocation du Nom de Jésus à l’Eucharistie.
    Par exemple dans  le « Canon au Christ Très doux » du moine Theoktiste, qui commence ainsi :
    «  Jésus Christ plus que doux,
    Jésus longanime, guéris les plaies de mon âme ;
    Jésus plein de bonté, remplie mon cœur de douceur.
    Jésus je t’implore,
    Sauve moi je t’exalterai. »
    Ce canon est composé de huit odes, qui toutes ont en vue la Communion Eucharistique, et dans ce but, font invoquer par l’orant dans une forme de prière perpétuelle le « doux Nom de Jésus ». Ce qui est important de souligner, c’est que l’invocation du « doux nom de Jésus » a comme unique objet l’union par la communion Eucharistique de celui qui prie ainsi avec le Christ Jésus Eucharistique.
    La notion de désir propre aux hésychastes auteurs de nombreuses prières comparables à celle-ci, se retrouve dans la prière finale de l’un de ces canons, qui est en réalité l’œuvre de saint Isaac le Syrien :  
    « Maître Christ notre Dieu,
    Toi dont la Passion a guéri mes passions,
    Et qui par tes plaies à refermer mes plaies,
    Accorde à moi qui ai beaucoup péché devant Toi,
    Les larmes d’humilité
    Unis-toi à mon corps par le contact de  Ton Corps vivifiant,
    Et adoucis mon âme par Ton sang précieux de l’amertume dont l’ennemi l’a abreuvé (…)
    Compte-moi parmi les brebis de Ton troupeau choisi ; nourris-moi avec elles de la verdure de Tes divins Mystères 25  par les prières de ta Mère toute pure et de tous tes saints. Amen
    De tels textes sont innombrables dans les milieux monastiques orthodoxes. Bien qu’aucune doctrine écrite sur le sujet de l’union du Nom de Jésus et de l’Eucharistie, tel que l’enseignement que j’ai reçu oralement de la part du Starets Cléopas, n’accompagne ces canons, ceux-ci constituent les battements du cœur de l’Église Orthodoxe avec le murmure du « doux Nom de Jésus » et son écriture invisible.
    Je ne sais pas si cette tradition s’est conservée aujourd’hui, mais du vivant du disciple du Starets Silouane du Mont Athos le Père Sophrony auprès du quel j’ai séjourné dans son monastère « Holy John the Baptist » à Maldon en Angleterre, il y a plus de trente ans. À l’époque toutes les prières préparatoires à la communion eucharistique, y compris l’Orthros, étaient remplacées par l’unique invocation : « Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu aie pitié de moi pécheur » comme c’est encore la tradition dans certaines skites du Mont Athos, usage qui venait directement de la pratique spirituelle athonite du Starets Silouane.
    Saint Hésychius de Batos 26  nous parle clairement de cette notion de désir de feu dans  la prière Eucharistique du Nom de Jésus : « Attachons-nous réellement à l’œuvre de l’invocation de Jésus Christ Notre Seigneur, cette œuvre toujours recommencée, en appelant avec un cœur de feu, afin de communier au saint Nom de Jésus. » Et cette dernière année  de sa vie, lors de cette attente de la venue d’Abba Zosime porteur des Saints Dons qu’elle allait  enfin recevoir,  sainte Marie l’Égyptienne murmurait dans un double désir de Le recevoir dans Son Corps et dans Son Sang, et celui de quitter cette chair morte dont elle était revêtue, pour élancer son âme enfin libérée vers l’Époux, le cœur brûlant de l’amour fou en lui murmurant : « Jésus, Jésus, Jésus »
    Ce que nous voulons souligner ici,  dans cet ouvrage, c’est que la Tradition non écrite continue, de nos jours, de répandre les flots d’eau vive de son  Jourdain spirituel dans les monastères Orthodoxes auprès, principalement, des moines qui y vivent, et  parfois, miraculeusement, auprès d’un visiteur de passage en quête de conseils spirituels ou de sens à sa vie. La publication des textes de la Philocalie, aussi importante puisse-t- elle être, ne remplacera jamais l’enseignement direct  de ces expérimentateurs de la grâce qui ont eux-mêmes reçu d’un autre Père cette tradition, et cela  d’une façon ininterrompue depuis les apôtres eux-mêmes.
    Pour ceux que troubleraient l’idée même que des enseignements élevés, mentionnés dans ce chapitre, aient pu être transmis à un très jeune prêtre séculier de passage, sans aucune expérience ou capacité spirituelle  particulière, et  non à des disciples directs de ces grands starets, qui avaient certainement plus que lui des dispositions spirituelles à recevoir un tel enseignement,  nous les renvoyons à l’exemple de Motovilov. Celui-ci reçu, alors qu’il n’était ni moine, ni prêtre, ni à l’époque un disciple proche du Starets Séraphim de Sarov (1759-1833) 27  , la révélation la plus élevée de son enseignement sur l’acquisition de l’Esprit Saint, dans la vision de la lumière incréée qu’il partagea avec le saint qui était transfiguré. C’est le Seigneur qui dispose dans Sa Providence de tels évènements incompréhensibles à l’intelligence humaine. 28  
    Nous l’évoquions plus haut, Nicétas Stetatos (1000-1090) lui-même un disciple tardif de saint Syméon le Nouveau Théologien (949-1024) - il ne le rencontra qu’en 1020, soit seulement quatre ans avant le trépas du saint- reçoit de la part du bienheureux ses écrits  jamais diffusés de son vivant avec la charge pour lui de les publier. Cette publication ne se fera que bien après la naissance au Ciel de saint Syméon. Pour la diffusion du message de saint Séraphim de Sarov, le Starets prédit à Motolivov qu’elle se ferait par son intermédiaire et que le message serait diffusé dans le monde entier. Évènement d’autant plus improbable, lorsque l’on sait que Motolivov  ne transcrivit que quelques années plus tard son entretien avec Séraphim, dans une écriture quasi illisible, et que c’est après sa propre mort que son épouse retrouvant dans son grenier le manuscrit, fit appel à l’écrivain éditeur Serge Nilus 29  pour déchiffrer le texte et l’aider à le publier.
    Ne pensons pas que dès le commencement de la vie monastique et anachorétique dans le désert  cette prière était réservée aux seuls moines. Déjà nous lisons dans une lettre adressée à un laïc avec lequel saint  Barsanuphe de Gaza entretenait une correspondance,  depuis sa cellule par où il vivait en anachorète non loin de l’autre vieillard (en grec, guérontos) 30   saint Jean de Gaza : «  Invoque aussi le Saint  Nom de Jésus en disant le : Seigneur Jésus Christ aie pitié de moi. » 31  La formulation « en disant le Seigneur Jésus … » indique qu’il s’agit là d’une prière connue et usuelle dont l’usage est bien établi.
    Nous voudrions conclure ce chapitre par un autre enseignement de cet autre grand Starets roumain le Père Pétronios dont la voix douce se confond dans ma mémoire  avec celle de celui qui avait un seul esprit avec lui, le Starets Cléopas : « Père Michel regardez autour de vous dans le monastère, - c’était un dimanche et nous étions devant la porte de l’église principale du monastère, où de nombreux fidèles se pressaient - tous ces croyants  qui viennent y prier. Peu de choses nous différencient, nous les moines, d’eux. Nous avons nos ascèses, ils ont les leurs. Ce sont des paysans et ils ont une vie rude comme la nôtre. Ils observent les mêmes jeûnes que nous, ils participent aux mêmes offices que nous. Je vais vous surprendre : tous pratiquent la prière de Jésus et ils viennent se vérifier auprès des moines les plus expérimentés dans la prière. Il n’y a qu’une différence : ils connaissent le mariage et nous sommes des moines. C’est là la seule différence. Et beaucoup sont des saints. » 32  Notons que dans les nations orthodoxes la majorité des pratiquants sont tous attachés à un monastère en particulier dans lequel ils ont leur pneumatikos 33  ou spirituel qui les confessent et les vérifient dans leur vie spirituelle, ce qui ne va  pas sans poser quelques problèmes avec les prêtres séculiers des villes et des villages qui vivent, souvent mal, cette « concurrence » 34 . Mais c’est une tradition qui remonte au début de l’Église et les ascètes du désert ont toujours attiré, sans le rechercher, les croyants des cités. Saint Syméon le nouveau Théologien  l’écrit dans ses œuvres, avait des disciples  laïcs dans Constantinople, dont il considérait que la vie spirituelle était parfois plus élevée que celle des moines.  Nous observons le même phénomène dans les écrits de Jean et Barsanuphe de Gaza, puis plus tard dans les œuvres de leur disciple saint Dorothée de Gaza. Oui ! « Que Ton Nom soit sanctifié » signifie pour eux tous  la sanctification du Nom de Jésus par la prière dans notre temple intérieur selon la parole de l’Apôtre : « Quiconque invoquera le nom de Jésus sera sauvé. » 35   Et cette autre parole : « Le nom de Notre Seigneur Jésus sera glorifié en vous et vous en lui ». 36    Ces paroles de l’Apôtre attestent clairement qu’il invoquait constamment le Nom de Jésus et qu’il demandait à ses disciples de pratiquer ainsi. C’est exactement cela le mystère de la sanctification du Nom car l’apôtre aurait aussi bien pu écrire cette  synonymie : « Le Nom de Notre Seigneur Jésus sera sanctifié en vous et vous en Lui. »
    Souvenons nous de la parole du Seigneur rapportée par l’Apôtre qui suppliait  le Christ :« Il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter, pour que je ne m’exalte pas.  À ce sujet  trois fois j’ai prié le Seigneur. Mais il m’a déclaré : «  Ma Grâce te suffit.  Ma puissance a son plein effet dans la faiblesse » 37   Que des hommes faibles et pécheurs, sous le joug d’une écharde plantée dans la chair,  soient les témoins et les réceptacles de la puissance du Seigneur, n’est donc  pas inhabituel dans la Tradition.

     

     

     

    1) Trapeza : le réfectoire des moines qui en général est recouvert de fresques représentant des scènes de la vie du Christ, ou des Pères de l’Église. Les moines y mangent en silence en écoutant la lecture de la vie d’un ou plusieurs  saints  du jour tirée du ménologe (ou sanctoral).
    2) Les moines ne rient jamais. Le rire est considéré dans la vie monastique comme un signe de relâchement spirituel. Le starets riait par compassion. Mais l’humour fait également partie de l’enseignement des grands starets : Dans la vie de saint Ambroise d’Optimo, nous voyons le Starets inviter un moine en hiver qui par vanité se disait malade pour ne pas venir, avec les autres moines, écouter l’enseignement du saint, à se faire porter par des moines plus jeunes dans la neige « pour lui éviter de se refroidir les pieds ».  Et les moines au milieu du chemin, sur la consigne du Starets, le laissent tomber dans la neige. Il y eut ce soir là plus d’un sourire…
    3) La Divine Liturgie est célébrée chaque matin dans les monastères. A Sihastria lorsque j’y étais en été 1973 l’Orthros (Matines) était célébré le soir.
    4) I Thim. V, 19
    5) Jean de Dalayatha « Homélie» XII bis H. 20 Col. 1  In « L’enseignement spirituel de Jean de Dalayatha » par Robert Beulay. P.177 Éd. Beauchesne. Paris.1990
    6)  in «  La collection des lettres de Jean de Dalyatha » par Robert Beuley. Patrologia Orientalis T. XXXIX Fasc. 3 N° 180  Lettre 36 P.401-403 Vers. 2  Éd BREPOLS Belgique 1978
    7) Ibidem
    8) Il ya ici un véritable décalage entre  la Tradition hésychaste  de l’adoration du Christ intérieur  telle que relatée ici, et celle de  la Tradition de l’Église Catholique d’adorer le Saint Sacrement présent dans l’hostie consacrée  placée dans un ostensoir.
    9) Jean de Dalyatha Ibidem Lettre 15 Vers 8 P. 351
    10)Ibidem  Lettre 36 P. 401-403 Vers. 5
    11) Ibidem
    12) Orthros  (ορθρος) : Matines, office qui se célèbre généralement tôt le matin, mais qui dans certains monastères est célébré de soir avant le coucher.
    13) Ps CXLVIII(48) , 9
    14)  Ps CXLVIII(48) , 3 et 4
    15) Ps CL (50) 5
    16)Parousie en grec παρουσια, mot de la théologie orthodoxe qui signifie à la fois la seconde venue du Christ et la re-génération de la nature déchue en nature (ουσια) incorruptible et transfigurée, paradisiaque.
    17) Je recommande la lecture d’un ouvrage sur ce grand starets : « Le Père Cléopas » par le Père Ioannicié Balan Éd. L’âge d’homme. Paris 2003. 
    18)Voir note précédente sur le « nous », en grec νους .
    19)  Hérésie anthropologique condamnée dans l’Église Orthodoxe lors du Concile d’Athènes du 18 décembre 1878 qui en excommunia l’auteur (Apostolos Makrakis) qui reprenait une thèse ancienne. Le trichotomisme remplace dans la Triade de l’Épitre de Paul aux Thessaloniciens V, 23  « Esprit, âme et Corps »  l’Esprit Saint par un esprit créé superposé à l’âme et au corps, sorte d’esprit intermédiaire entre Dieu et l’homme.   Saint Irénée,  Saint Jérôme et St Grégoire Palamas nous disent avec une multitude d’autres Pères qu’il est question dans  cette triade de « l’hypostase de l’homme spirituel qui est composée de l’Esprit Saint, de l’âme et du Corps ». Des le baptême, l’homme est celui dont parle Paul revêtu de la grâce de l’Esprit Saint, de son  âme et de son corps.
    20)  Archonte : dignité assortie d’un  office  dans l’Empire Byzantin attribuée dans le patriarcat de Constantinople dans la cathédrale Aghia Sophia à des clercs, souvent diacres, mais dont l’autorité étaient très au-dessus de celles des prêtres. Ce sont eux qui gèrent les finances du patriarcat, d’autres sont les agents de liaison entre l’empereur et le patriarche.  
    21) Le Saint Synode de Roumanie condamna la doctrine de l’évêque en question à la suite d’un appel écrit de l’Auteur fondé sur l’étude des Pères de l’Église inspirée par le Père Cléopas, en 1976.
    22)  Monseigneur Antoine Plamadéala (1926- 2005), qui fut ensuite métropolite de Transylvanie était un ancien moine de Sihastria et un disciple du Strarets Cléopas. Lui-même m’a raconté des événements dont il avait été le témoin au monastère, de la vie du Starest, et  qui n’ont été publié que des dizaines d’années plus tard après son trépas. Il avait une admiration égale pour le Père Pétronios qui devint le Supérieur de la skite roumaine « Prodromul » du mont Athos.
    23) Dans l’Église Roumaine l’appellation de « Starets » que nous employons ici à la russe pour désigner un Père Spirituel est utilisée dans l’Église Orthodoxe Roumaine pour l’higoumène (abbé) du Monastère.
    24) 1975,  1976, 1977 et ma dernière entrevue avec lui en 1978 pour une journée seulement.
    25)  C’est-à-dire  l’Eucharistie.
    26) Batos , βατος en grec : buisson, nom se référent au Buisson Ardent du Mont Sinaï.  Hésychius (VII ème siècle)  a été higoumène du monastère de Sainte Catherine du Mont Sinaï construit selon  la Tradition à proximité du lieu de l’apparition du Buisson Ardent à Moïse auquel il doit son nom de « monastère du Buisson »  (Batos).   
    27) Il devint le disciple le plus fervent de saint Séraphim de Sarov et le protecteur des moniales du Moulin chères au cœur du Starets,  après cette révélation qui suivait sa guérison miraculeuse d’une paralysie.
    28) Nous pensons que le Starets avait discerné que je publierai un jour son enseignement si unique sur la prière Eucharistique du Nom de Jésus.
    29) Nous devons à l’histoire de l’Église une triste réalité : c’est le même Serge Nilus qui publia le faux historique antisémite « Le protocole des sages de Sions » !
    30) Grec :  Gérontos : Γεροντος.
    31) In « Barsnauphe et Jean de Gaza. Correspondance »  N° 446 P. 302. Éd. Solesmes 1972
    32) Paroles reçues en  juillet- août  1973.
    33) Grec :  Pneumatikos : πνευματικος de πνευμα esprit
    34) De très nombreux prêtres roumains se plaignaient de cette tradition en me disant, que les pénitences infligées par les hiéromoines étaient inapplicables dans une vie séculière, et que bien souvent les croyants venaient ensuite voir leur prêtre de paroisse pour faire diminuer la pénitence. Le fait également qu’il n’est ni bon ni juste d’avoir deux pères spirituels, qui donnent forcément des conseils différents et parfois opposés. Ces prêtres me disaient : «  Deux médecins risquent de donner à la même personne des médicaments qui pris séparément sont bons, mais mélangés ensemble peuvent devenir mortels ».  Mais le fond de la question n’était pas abordé correctement par ces prêtres, par ailleurs remarquables, et dont les enseignements sur la vie spirituelle quotidienne étaient justes,  car aucun de ceux qui m’ont parlé ainsi ne pratiquait la prière du Nom de Jésus. Les prêtres séculiers, avec lesquels j’ai communiqué,  pratiquant la prière du Nom de Jésus, favorisaient pour leurs ouailles, au contraire, les séjours conséquents dans un monastère avec une vérification sur la prière de Jésus par un père spirituel.
    35) Rm X, 13
    36)   II Th. I, 12
    37)II Co. XII, 7-9

  • Prenons conscience de notre impureté pour approcher le Christ


    Le Métropolite Michel Laroche nous adresse un message pour notre vie spirituelle, dans ce que devrait être notre état intérieur pour nous préparer à la Communion Euchairistique: Prenons conscience de notre impureté, de notre état intérieur remplis de passions de faiblesses, pour, semblable à la femme Hémorroïsse de l'Évangile nous approcher du Christ présent dans Son Corps et dans son Sang et comme elle avoir le front dans la poussière. Le Christ a dit qu'il était venu non pas pour les justes mais pour les pécheurs. Reconnaissons nous comme pécheurs pour que le Christ se laisse toucher en venant dans l'Eucharistie se reposer en nous pour que nous nous reposions en Lui, comme il est venu se reposer dans la maison de Zachée le Publicain un pécheur publique.