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  • II Dialogue sur le combats contre les mauvaises pensées: le doute.

     

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    Merci beaucoup de votre réponse.

    Mais alors concrètement que me conseillerez-vous de faire ?

     

    Il y a d'ailleurs des pensées qui nous attaquent en ayant la grande perfidie d'essayer de nous éloigner de Dieu en nous faisant douter de lui et de sa puissance.

     

    Que faire dans ces cas ?

     

    Merci encore.

    Cher Théophile,

    Le combat contre les pensés est le plus difficile, le plus long, et il ne finit jamais.  Un Père du désert disait que lorsqu’une personne commence à prier, l’adversaire lui livre une guerre sans merci, par les pensées de toute sortes viennent nous visiter. Pensées de taches urgentes que l’on aurait oublié de faire. La pensée nous suggère : « fais ceci, fais cela et ensuite tu seras plus tranquille pour prier ».  Et bien entendu lorsque nous cédons à cette pensée l’esprit de prière est détruit en nous et nous ne pouvons pas prier après avoir cédé à la pensée.  « Lorsque je commence à prier » disait un Père « alors le démon me présente la liste de tout ce que j’aurais du faire, des promesses faites à des frères, des taches  indispensables au monastère oubliées, alors que d’ordinaire j’ai une mauvaise mémoire, là je me souviens de tout avec exactitude.  Bien entendu, même lorsque la pensée me dit : «  Écrits la liste sur un petit bout de papier », je sais que si je le faisais l’esprit de prière qui est venu me chercher disparaitrait immédiatement. Lorsque l’esprit de prière te cherche oublie le monde, et le monde t’oubliera. »  Nous nous méfions des pensées impures, mais pour un moine il n’existe pas des pensées pures. Toute pensée,  même apparemment neutre, est une distraction qui éloigne de la prière et du silence qui accompagne cette prière, et elle est  donc impure.

    Vous me questionnez sur « les pensées perfides qui essaye en nous éloigner de Dieu en nous faisant douter de Lui ».

     

    La foi n’est pas la croyance ? Croire est souvent le résultat d’un processus intellectuel et rationnel qui aboutit à une conviction que Dieu existe où qu’il n’existe pas. Je vais sans doute vous choquer en vous affirmant que pour moi « Je ne crois pas en Dieu » a dans ce cas la même valeur que « Je crois en Dieu ». « Toute pensée » nous enseigne saint Grégoire Palamas « peut être », dans ce sens,  « réfutée par une autre pensée ». La foi, à la différence de la croyance qui n’est qu’une conviction purement humaine,  est un charisme du Saint Esprit qui se cultive et s’augmente comme tous les talents de la Parabole,  par la prière qui est une rencontre dans l’Esprit saint qui est l’auteur de toute prière comme nous l’enseigne les saint Pères. « Si tu prie Dieu, si tu loues Dieu, c’est n’est pas de toi que tu loues Dieu, mais c’est de Dieu que tu loues Dieu » enseignera génialement Evagre le Pontique.  Plus près de nous saint Séraphim de Sarov nous parle de la nécessaire acquisition du saint Esprit. Sans l’assistance du Saint Esprit nous ne pouvons prier et nous ne sommes donc pas unis au Christ. Dans la Septième Prière de l’Orthros (Matines) qui se dit malheureusement pour le peuple qui n’en a donc pas connaissance,  à voix basse par le célébrant, nous affirmons : « Car nous ne savons pas te prier, si Toi-même,  Seigneur, tu ne nous conduis par ton Esprit Saint. » Sans l’aide du Saint Esprit  en  synergie avec notre bonne volonté, notre désire de prier, Il n’y aura pas de prière. La prière est une union avec Dieu pour être uni davantage à Lui.

    J’en arrive au cœur du sujet. Le démon, dont vous parlez, n’a pas accès à l’intimité de notre âme lorsqu’elle est unie au Christ dans l’Esprit Saints, surtout lorsque votre âme rencontre le Seigneur dans la vison charismatique de de ses fautes en versant des larmes comme la Pécheresse et en gémissant comme le Publicain .  « Celui qui voit ses péchés est plus grand que celui dont la prière ressuscite un mort »  enseigne saint Isaac le Syrien. Rien ne rapproche davantage le Seigneur d’une âme que la conscience de sa maladie ;  Lui qui a dit : « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades. » C’est dans ses instants de prière métanoïaques  que notre âme rencontre le Christ, dans la vison de ses impuretés, lorsqu’elle se voit comme cendre et poussière, ce qu’elle est en vérité.  Mais de cette poussière, dans un acte de miséricorde divine, le Christ nous remodèle à Son image et à sa ressemblance dans une nouvelle naissance de l’Esprit comme j’en parle ans mon ouvrage « La voie du silence ».  Ces rencontres répétées par la prière, dans la prière avec le Christ dans l’Esprit Saint, dans lesquelles « notre être tout entier, Esprit âme corps est sanctifié » (Th V, 23 -L’hyspostase de l’homme spirituel est composé  de l’Esprit de Dieu, de  l’âme et du Corps »  enseigne avec tous les Pères, saint Grégoire Palamas.- laissent dans notre être entier, je le répète « Esprit , âme corps », une empreinte indélébile, l’empreinte du Christ Ressuscité qui ressuscite notre âme de la mort du monde. C’est à partir de la présence du Christ en nous, présence renforcée par la communion Eucharistique consciente, dans laquelle, comme me l’ont enseigné il y a quarante ans au monastère de Sihastria, le Père Cléopas et le Père Pétronios, que nous invoquons notre cœur brûlant de Sa présence, le Christ Eucharistique en nous, en lui murmurant : «  Jésus, Jésus, mon doux  Jésus ».   C'est de sa présence Eucharistique  consciente en nous que viendra  notre conviction qu’Il est Vivant.  Ce n’est plus la croyance ;  c’est la foi fondée sur l’expérience dans notre cœur du Christ Ressuscité, de notre foi  édifiée sur le Roc du Christ Eucharistique.

     

     

    +Métropolite Michel Laroche

    Lisez l’enseignement  sur le « Christ Eucharistique » que je rapporte de mes conversations au Monastère du Sihastria avec les deux Starets sur ce même Blog.  Le 12.03.2010 « Dialogue sur l’enseignement de la Prière Eucharistique du Nom de Jésus avec le Starets Cléopas Ilie de Sihastria. »

     

     

     

  • Réponse à Un jeune Orthodoxe sur les "Mauvaises pensées"

     

     

    Monseigneur,

     

     

     

    Comment être bien ferme dans sa foi et bien "percevoir" Dieu lors de la prière ?

     

     

     

    Parce que j'ai été victimes de mauvaises pensées dont le but était de tenter de me détourner de Dieu. Depuis, j'ai l'impression que j'ai un peu perdu la perception de Dieu lors de la prière.

     

     

     

    Merci beaucoup de votre réponse.

     

     

     

     

    Cher Théophile, pardonnez moi d'avoir tardé à vous répondre mais vous devez peut-être savoir en regardant ma page FaceBook que ma mère agée de 104 ans c'est endormie dans le Seigneur ce mois de janvier et que cela m' a beaucoup occupé.

     

    Chacun de nous, chaque hypostase est appelée par le Seigneur à le servir dans son Église: ecclésia, l'assemblée des baptisés qui constitue le Corps du Christ. Satan s'efforce de contrecarrer chaque âme qui cherche de tout son cœur à suivre le Christ dans la vocation que le Seigneur lui a assigné depuis avant  la fondation du monde. Se détourner du Seigneur ne consiste  pas uniquement à ne plus penser à Dieu; c'est à ne pas placer Dieu comme "premier servi" selon la parole si juste  de jeanne d'Arc; c'est aussi de ne pas lui demander dans nos prières qu'elle est Sa volonté pour le suivre dans cette vie? Toutes les vies ne sont pas nécessairement un engagement dans la vie monastique ou sacerdotale. Cela constituent des vocations particulières; mais l'Église n'est pas constituée uniquement de prêtres et de moines. Un musicien au grand talent qui place son art devant le Seigneur accomplie sa vocation devant le Christ. Un ingénieur qui édifie un ouvrage et qui le fait devant  le Christ accomplit sa vocation devant Lui. La séparation avec ce Monde est intérieur et non pas extérieur. Le publicain qui avait une activité dans le monde par son humilité et sa prière avait en secret  son esprit hors du monde. Sainte Syclétique disait "qu'il y avait des personnes qui vivant au désert mais qui par leur pensées étaient dans le monde, se sont perdu; et qu'il y avait des personnes qui étant dans le monde se sont sauvées parce que par leur pensées elles étaient au désert." On pense souvent que les pensées impures sont uniquement celle d'ordre sexuelle. Pour des croyants fervents ces pensées sont  immédiatement identifiées et peuvent être source d'humilité:" Seigneur vois comme je suis un être de chair, si peu spirituel. comment puis-je me présenter devant Toi avec de telles pensées. Accordes-moi les larmes qui purifient l'âme de ses impuretés." Alors que la rancune, la jalousie, le non pardon d'une méchanceté qui nous a été faite sont des pensées bien plus redoutables et qui elles séparent véritablement du Seigneur qui nous a commandé d'aimer nos ennemis et de prier pour eux. La paix que nous promet le Seigneur dans son dernier discours de Sa Passion, "je vous donne ma paix non comme le monde la donne mais comme moi je vous la donne", Cette paix de l'âme et des pensées, ne commence à habiter une âme qu'après le pardon illimité  des blessures que nous ont infligé nos ennemis, et l'amour illimité pour eux avec une prière fervente; sans la remise complète de la dette de notre frère" Remet nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs" que nous disons chaque jours dans  la prière du "Notre Père" il n'y a pas de paix de l'âme.Le combat des pensées commence et fint par le pardon à notre prochain. Tout le reste n'est qu'illusion. Souvenons-nous que lorsque nous regardons en le priant sur la Croix le Christ, il a dans sa chair blessée transpercées couronnée d'épines nous-même pour qui le Christ est mort, et tous nos prochains y compris notre persécuteur qui est peut être un nouveau saint Paul, hier assassin qui lapide Stéphane et aujourd'hui apôtre.

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    Avec amour en Christ +Métropolite Michel Laroche