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  • OURRA, un moment de grâce…

     

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    Hier soir (2) , invité à la première de Ourra un spectacle musical -je me refuse d’employer le vocable de comédie musicale tant l’esprit en est manifestement différent – j’ai  été dès les premiers instants hors des pesanteurs  de ce monde, transporté avec tous les protagonistes sur la scène, et les spectateurs dans la salle,  dans ce chemin des actes des Apôtres, un chemin de grâce et d’énergie que tous les présents ressentaient.
    La conviction des comédiens-chanteurs, presque tous des non professionnels, mais éloignés de tout amateurisme tant la grâce présente dans l’interprétation, que dans la création musicale, était portée par un texte qui suit de très près celui des actes des apôtres avec des parenthèses où l’humour nuance avantageusement l’aspect spirituel  et dramatique du sujet. Des interprétations avec des voix superbes, une musique dont après s’en être remplie on ne peut se défaire, notamment le dernier chant que la salle entière reprend debout : « Lève-toi »  ce qui en grec se prononce « Anesti » c’est-à-dire : Ressuscite.
    Un religieux et théologien orthodoxe avec les préjugés inhérents à une Tradition différente pouvait, de prime abord, s’interroger sur le concept même de porter sur scène une dramaturgie déjà présente sacramentellement  dans les différents offices et dans la Liturgie Byzantine. Mais se serait oublier que déjà saint Grégoire de Naziance ancien archevêque de Constantinople,  au IVème siècle écrivit, sur le mode du théâtre antique une représentation de la Passion du Christ pouvant être interprétée par des acteurs avec un dialogue émouvant entre la Mère de Dieu et les Apôtres, autour du Christ sur la Croix. Et le récitant, très important dans le théâtre antique, qui explique les différentes scènes interprétées par un chœur de vierges. Ce que peu d’orthodoxes savent c’est que le célèbre Romanos le Mélode qui a écrit des hymnes pour la Semaine Sainte, a en réalité retranscrit sous forme de poésies les textes dramatiques de Grégoire. La Tradition Catholique au Moyen-âge faisait également jouer par les laïcs des représentations de ce qui se nommait « les mystères » devant les cathédrales dans les quelles la Passion du Seigneur était représentée théâtralement.
    De la même manière, comme orthodoxe nous n’avons pas manqué d’être surpris par une représentation physique de l’Esprit Saint dont nous laissons la découverte à ceux qui je l’espère viendront se remplir de ce moment de pur bonheur. Mais les conventions du théâtre qui avaient une justification, elles aussi, empruntées au mode antique, ont fait de cette « personne » le narrateur indispensable au déroulement de la dramaturgie de l’ensemble. La mise en scène  est sobre, sans artifice, respecte la simplicité des apôtres et  entremêle les mouvements de foule (cinquante comédiens) en  nous permettant de discerner la personnalité des principaux personnages de l’histoire, car c’est bien une histoire qui nous est contée.
    L’impression que nous avons eu en sortant, c’est que tous ceux qui ont participé à cette œuvre, son créateur qui est chef d’entreprise, les costumières, les techniciens comme ses interprètes qui ont différentes professions dans la vie normale, ne sont pas éloignés dans leur foi et leur simplicité de l’esprit des apôtres eux aussi  au départ des gens normaux, mais choisis par le Seigneur, tous  habités par une conviction et un désir de transmettre  leur amour  et leur foi dans le Christ Ressuscité. C’est un véritable incendie spirituel, qui a réchauffé nos cœurs et  qui a brillé cette nuit de décembre, comme un avant gout de Noël.


    +Métropolite Michel Laroche
     Écrivain et théologien orthodoxe.

    (1) Présentations :Garches le 9 décembre ; Levallois le 19 décembre ; Saint Cloud le 15 janvier 2011 ; Rueil-Malamaison le 22 janvier,  Neuilly S/Seine le 11 mars ; Paris XV le 26-27 mars ; Bourg la Reine le 21 mai. Pour les horaires et les réservations,  tel : 06 77 81 52 64  et www.ourra.net
    (2) Vendredi 3 décembre 2010 à Vaucresson