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  • Chapitre 5 : Réflexions sur l’angoisse dans la vie professionnelles

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    Première partie : Vous ne pouvez servir deux maîtres à la fois

    Il y a une forme d’angoisse qui s’exprime particulièrement dans ce que j’appellerais « le rapport au monde », c’est-à-dire la confrontation permanente et incontournable c du chrétien avec les valeurs de ce monde.
    Le monde, c’est dans l’Évangile, Satan se présentant devant le Seigneur et lui disant en lui montrant tous les royaumes du monde : « De tout cela je te ferai don, si tu te prosterne devant moi… » (Mt,IV,9 ;  Lc IV, 6-7). Le Christ nomme Satan « prince de ce monde » car il est le grand truquer, le serpent antique, le falsificateur, celui qui inspire la sagesse de ce monde et des solutions athées, c’est-à-dire d sans Dieu, pour résoudre les problèmes de notre société.
    La sagesse de ce monde a été polluée dès la chute adamique, et Satan y a accès. Si ce langage paraît désuet à tous ceux qui ne considèrent l’Écriture sainte que comme une légende, le véritable chrétien ne nie pas l’existence du démon. Pour cette raison les moines du désert allient dans des lieux désolés  pour y combattre l’adversaire.
    Mais plus prosaïquement, le monde, c’est toute notre société humaine qui n’est pas réunie autour du Christ, mais autour d’une idéologie quelle qu’elle soit, ou d’un centre d’intérêt quel qu’il soit et qui n’a pas le Christ comme but, ni comme moyen d’atteindre ce but.
    C’est ici que l’on trouve l’un des paradoxes le plus difficile à comprendre et à assumer du christianisme : le Seigneur n’a, en effet,  jamais commende à un chrétien de fuir physiquement le monde, ni de se soustraire totalement à ses lois. Bien plus l’apôtre Paul rapporte qu’il faut être soumis aux princes et aux chefs de la société telle qu’elle est. Lorsqu’il  dit : « Esclaves, soyez soumis à vos maîtres » il n’exprime pas autre chose. Il n’approuve pas l’esclavage mais ce n’est pas son problème de le supprimer. Le Seigneur Lui-même, lorsqu’on essaye, pour l’embarrasser, de lui demander s’il faut payer le tribut à César, confond ceux qui l’interrogent ainsi en leur disant : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais il ajoute ailleurs Nul ne peut servir deux maîtres à la fois, Dieu ou Mamon » c’est-à-dire le monde et les richesse. ( Mt VI, 24)
    Ainsi le chrétien est-il convié par le Christ, non pas à fuir le monde, mais à crucifier le monde en l’assumant ; Le chrétien est crucifié au monde comme le Seigneur est crucifié sur sa Croix. Il assume le monde comme  le Seigneur porta sa croix au sommet du Golgotha. Cette crucifixion est en même temps le ferment de sa mort au monde dans laquelle il connaît alors la résurrection de son âme. La croix manifeste, bien symboliquement, d’une part la verticalité de la transcendance, de cette permanence de l’Esprit dans l’homme, et d’autre part, dans son horizontalité, le plan de ce monde que l’homme doit également assumer.
    L’angoisse est justement le signe de cette contradiction fondamentale et pourtant nécessaire entre la distance que doit prendre le chrétien par rapport au monde (il n’est pas de ce monde) , et l’assumation de celui-ci comme le Christ assume sa Croix. Ce n’est pas donc en s’éloignant du monde que le chrétien peut mourir au monde. Là se situe l’angoisse de l’homme spirituel par rapport à son entrée volontaire dans la société des hommes, quelque soit la forme de cette société ; quelles que soient ses bonnes ou mauvaises intentions.
    Ce que le Seigneur propose à l’homme c’est de faire entrer Dieu dans cette société impure ; Lorsque Dieu deveint homme pour que l’homme devienne Dieu dans le mystère de l’Incarnation, l’apôtre Paul commente ainsi : «  Il s’est fait péché pour nous. » Non point parce qu’il y a eu en lui une trace du péché ; tout au contraire, il n’y a pas dans le Christ la moindre trace de péché. Mais parce qu’Il assume la nature déchue qui elle même est une conséquence du péché ; Il assume une nature corruptible et passible alors que Lui est impassible et incorruptible de par sa nature. Et étant sans tache, il assume le péché du monde qu’Il ne porte pas en lui-même. Et c’est précisément parce qu’il ne le porte pas qu’il peut l’assumer.
    C’est parce qu’il n’y a nulle trace en Lui du péché qu’il est le seul homme à pouvoir, étant Dieu, porter le péché des hommes. Cette réalité possède en elle-même sa propre énergie, devenant alors l’archétype selon l’image et la ressemblance  d’un comportement spirituel qui doit guider et inspirer tous eux qui si suivent le Christ. C’est ce cette manière que le chrétien assume le monde. Dans sa participation à l’Église qui est toujours intègre et vierge, rendu pur par la purification ultime du sacrifice de la Croix, ayant acquis sa résurrection dans la Résurrection du Christ, le Chrétien , même si’l est personnellement un pécheur, est intègre comme membre du Christ, cellule vivante du corps mystique du Seigneur.
    Cet exposé théologique est indispensable pour appréhender l’angoisse qui, si elle est  d’un ordre expérimental, résulte de l’entré inévitable dans toute société humaine du chrétien, conscient  qu’il obéit  à ce commandement du Seigneur : « Qui voudra être mon disciple devra renoncer à soi-même, prendre sa croix chaque jour et me suivre. » Prendre chaque jour sa croix , c’est être crucifié au Monde volontairement.
    En effet, le Christ Lui-même s’est laissé crucifié sur la croix de César, l’instrument de torture romain qui manifeste particulièrement la puissance de ce monde.
    Le chrétien c’est-à-dire celui qui est conscient qu’il suit le Christ va très rapidement découvrir le mystère de cette affirmation du Seigneur lors de sa passion : « Si le monde m’a haï, il vous haïra aussi, sil n’a pas écouté ma parole, il n’écoutera pas la vôtre. » ( Jn, XXV, 20)
    Le monde rejette toujours ce qui ne lui ressemble pas. Le monde a sur ce point bien précis un instinct sûr : il discerne toujours ceux qui lui sont étranger, et qui ne joue pas selon les règles de son jeu démoniaque. Le monde frappe durement ceux qui ne s’engagent pas pleinement dans la loi du pouvoir  de la possession, de l’ambition.
    Mais chaque société humaine est-elle entachée jusque dans ses structures les plus profondes de tous ces maux ? Il faut être nuancé. Dans une société qui est du monde, parce qu’elle n’a pas comme but ni comme moyen le Christ, il y a certes des hommes de bonnes volontés, doués d’altruisme et qui introduisent  dans cette société des valeurs spirituelles et ce consciemment ou inconsciemment. Mais il subsistera  toujours au sein  de cette même société, et jusque dans ses fondements le principe pervers dont il est question.
    Dans sa vie chacun a pu faire cette expérience de rejet dont le racisme est malheureusement l’illustration la plus fréquente.
    Lorsqu’un groupe est formé, chaque élément étranger qui y est introduit est presque toujours rejeté, simplement par sa différence et non forcément par une contradiction interne. Eh bien, ce rejet est encore plus fort et plus grand lorsqu’il s’agit de personnes qui manifestent, même silencieusement, une indépendance par rapport à la société dans la quelle elles sont, et qui sont »sur la terre comme au ciel ».

  • Tournons notre regard vers le Christ intérieur

    Dans son Homélie pour la Fête de l'Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ le métropolite Michel Laroche du patriarcat de Kiev nous invite à ne pas regarder vers le Ciel mais à tourner notre regard vers le Christ intérieur, le Christ Eucharitique  présent dans notre cœur par notre communion à Son saint Corps et à Son Saint Sang.

  • Homélie sur l'Aveuglé Né

    Le métropolite Michel Laroche nous décrit le chemin que réalise cet Aveugle qui après avoir reçu du Christ, sur ses yeux de la boue faite de la salive divino-humaine du Seigneur et de terre, cette glaise primordiale par la quelle le Verbe à créé l'homme, s'en va se laver les yeux à la fontaine de Siloé que tous les Pères reconnaissent comme le symbole du second baptême des larmes. Ce chemin de catharsie qui conduit l'âme à sa purification dès lors qu'elle a reçue le premier baptême sacrementel.