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  • La voie du Silence dans la tradition des Pères du désert

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    « La voie du silence dans la tradition des Pères du désert »

    Par Michel Laroche

    Éditions Albin Michel, en librairie à partir du 5 mai 2010 et dès aujourd’hui sur Amazon.com

     

    Le sujet :

    Aujourd’hui de nombreuses personnes sont à la recherche d’un cheminement spirituel qui pourrait les conduire au silence intérieur. D’une manière générale le bruit du monde, le regard des autres qui conditionnent des modes de comportement, sorte de pensée unique à laquelle tous doivent se plier, contribuent à cette recherche. Sans oublier que le rejet général du Christianisme dans notre société et sa méconnaissance, qui font rechercher dans d’autres doctrines ce silence que pourtant les Pères du désert de l’Église d’Orient, éloignés de toute hiérarchie ecclésiastique et souvent en opposition avec elle, ont vécu dans un christianisme spirituel inconnu de nos contemporains. C’est cette doctrine du silence sur soi, à l’image et à la ressemblance du silence et de l’inconnaissance dont Dieu, non seulement, s’entoure, mais dont il enveloppe l’âme qui se tourne vers Lui, qui constitue le sujet de notre ouvrage.

    Tout le monde admet que Dieu est inconnaissable. Plus rares sont ceux qui appliquent à l’homme cette inconnaissance. En effet selon la doctrine chrétienne l’homme est créé à l’image de Dieu et possède en lui l’aptitude à la ressemblance divine. L’image est inscrite dans l’homme, alors que la ressemblance est l’action qu’opère l’énergie de la grâce déposée dans l’homme en synergie avec sa volonté humaine lorsqu’il se tourne vers Dieu. L’homme qui « renaît » de l’Esprit recouvre cette ressemblance avec Dieu, en particulier la ressemblance d’un des attributs divins le plus apophatique : l’inconnaissance.

    Au «Connais-toi-toi-même. » des philosophes, les Pères du désert répondent : «Oublies-toi-toi-même, et rentre ainsi dans l’inconnaissance suprême du silence divin.»

  • Seconde Naissance ( suite)

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    "Quoi de plus beau qu'une âme dans l'angoisse" Saint Syméon le Nouveau Théologien

     

    Chapitre 4 : Sagesse du monde et folie de Dieu

     

    Je ne sais pas, en écrivant ces lignes, si elles seront comprises par un lecteur occidental qui n’est pas imprégné par la pensée patristique. Il est peut-être nécessaire que nous regardions ensemble les passages de l’Écriture Sainte qui opposent la sagesse du monde à la sagesse de Dieu. « En effet, la sagesse de ce monde est stupide devant Dieu »(I Co. III,19)

    L’Apôtre Paul écrit encore : « Que personne ne se séduise lui-même : si quelqu’un vous semble être un sage en ce siècle, qu’il devienne stupide pour devenir sage selon Dieu. » (I Co. III, 18)

    Ainsi, devenir stupide ou fou pour le monde est indispensable pour recevoir la sagesse de Dieu. Je ne sais pas encore si ceux qui lisent ces pages en comprennent toutes les conséquences.

    Il y a un absolu dans ces paroles. L’on ne peut à la fois paciser de quelques manière que ce soit avec les idéologies les pensées, les règles de ce monde et être un disciple du Christ.

    Cela paraît fou. Et ça l’est ! Le véritable christianisme est une folie aux yeux de monde, comme est folie aux yeux de Dieu la sagesse de ce monde. Il y a un parfait antagonisme entre la sagesse du monde et la sagesse de Dieu : elles sont inconciliables. «  Nous, les chrétiens nous n’avons pas reçu l’esprit de monde, mais l’Esprit de Dieu pour savoir les dons que Dieu nous a accordés ; et ce n’est pas dans un langage appris dans la sagesse humaine que nous ne parlons, mais appris de l’esprit pour exprimer le spirituel par le spirituel. » (I Co. II, 12-13)

    Et la question devient celle-ci : comment le spirituel pourrait-il être exprimé autrement que par le spirituel ? Et comment le spirituel pourrait-il être exprimé par le matériel, le rationnel ?

    La sagesse humaine, redisons-le, est exprimée par l’éducation de la société, les grands courants philosophiques, les idéaux, les sciences humaines ; dans son ensemble elle représente ce que les Pères de l’église ont défini comme étant « l’esprit du monde » qui, selon la tradition,  s’oppose à l’Esprit de Dieu.

    Mais alors, comment éviter d’être atteint par cet esprit du monde avec lequel nous naissons et nous grandissons, qui nous enveloppe, dont nous nous nourrissons, et qui exerce en nous sa puissante tyrannique ? Le Christ n’a jamais dit que la voie pour le suivre était spacieuse, vaste, facile, aisée, et qu’une grande foule y allait sans hésitation. Tout au contraire, il en parle comme de la porte resserrée et angoissée, un chemin étroit, alors que le chemin large conduit infailliblement au précipice. Le Seigneur dit également que beaucoup sont appelés et peu sont élus, manifestant l’incontestable difficulté de suivre Ses préceptes, et de pratiquer Son enseignement.

    « Prendre sa croix chaque jour et me suivre » c’est justement, étant dans le monde, être crucifié au monde pour suivre le Seigneur ; c’est là le point géométrique de la philosophie chrétienne.

    Le Christ par l’interrogation négative, permet à celui qui entend son message de prendre conscience de tous les phénomènes d’identification de son individu à la société, aux fantasmes qu’elle développe dans l’esprit de l’homme, de tout ce qui, en somme, le sépare de sa véritable identité. Identité qui selon la métaphysique orthodoxe, appartient au domaine du transcendant.

    L’identité de l’homme est l’aboutissement d’un long chemin spirituel fondé sur une série de morts à sa propre âme, de renoncements à soi-même, afin de briser la gangue de ce monde qui enveloppait l’âme, et de trouver, dans le mystère même de la Résurrection, ce que les Pères appellent alors la « résurrection de l’âme », sa véritable identité.

    Ce phénomène d’identification à la société commence par les valeurs acquises dès la naissance ; l’appartenance à un peuple, une nation, une société, une caste, une famille, un courant politique, un courant idéologique, philosophique, voila les prismes puissants à travers lesquels l’homme se regarde et se définit. L’une des plus grandes ascèses de la vie spirituelle, nous le verrons plus loin, c’est précisément de renoncer à se définir soi-même. Déjà ici nous voyons pourquoi le christianisme réellement pratiqué - poussé si l’on peut dire à son extrême qui n’est en somme que l’unique façon de pratiquer l’Évangile – est une folie pour la société car il en est, en quelque sorte, la condamnation. 

    Mais ne nous trompons pas de combat ; Le monde ne se combat pas extérieurement, en transformant ou en voulant changer la société, mais à l’intérieur de soi. Le chrétien n’est pas quelqu’un qui rejette extérieurement la société, c’est quelqu’un qui rejette le poids qu’elle a dans son âme, et seulement cela.

    Toue interprétation social du message du Christ, et donc politique, est une aberration.  Lorsque les Juifs veulent faire roi le Christ, il se dérobe ; Il montre au contraire comment, par le mystère de la Croix, il convient de mettre à mort le monde : « Christ est ressuscité des morts. Par sa mort il a vaincu la mort. A ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie », voilà le chant triomphant que l’Église Orthodoxe proclame, lors de la Fête des Fêtes, la nuit qui célèbre la Résurrection du Christ, dans la liturgie pascale.

    C’est par une mort à soi-même, dans ce que l’âme a de lié justement à toutes les valeurs du monde que s’opèrent le mystère ainsi que l’accomplissement de la parole que nous avons cité : »Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie soi-même et qu’il se charge de sa croix chaque jour et qu’il me suive. Qui veut en effet conserver son âme la perdra ; mais qui perd son âme à cause de moi la recouvrera en vie éternelle. »

    Renoncer à son âme est un commandement difficile qui aboutit inévitablement à prendre sa croix chaque jour, c’est-à-dire à être confronté aux épreuves qui accompagnent nécessairement cette démarche. Quelqu’un qui place le Christ avant tout dans son existence, et qui soumet à Son Évangile à Son regard toute chose, sera considéré comme un fou par le monde : «  Celui qui regarde la sagesse du monde comme folle est stupide, est regardé à son tour par le monde comme foui et stupide. » ( I Col, I,18)

    Nous ne pouvons en quelques lignes définir le comportement spirituel de quelqu’un qui désire renoncer à son âme, c’est-à-dire renoncer au monde pour le Christ.

    Nous parlions précédemment du dépouillement. Une première réflexion peut nous guider dans l’appréhension de cette démarche. Je la donne à titre d’exemple parce qu’elle est fondée sur l’un des aboutissement de la vie spirituelle : l’amour fou qui saisit le mystique, amour fou pour la Trinité, une, sainte, indivisible, divine et consubstantielle, amour fou pour le Dieu fait homme, le Christ Jésus. Je pense profondément que la folie la plus extrême du Christianisme réside dans cet amour. Et c’est dans celui-ci que se fonde alors le principe de tout dépouillement constituant le chemin ascétique du véritable christianisme.

    Il sera préférable de parler sur un mode personnel : «  Ce n’est pas vous qui m’avez aimé en premier, c’est Moi qui vous ai aimé en premier » Ainsi le Christ s’exprime-t-il à travers l’épitre de l’apôtre Jean, manifestant la source irrationnelle, divine et incréée de cet amour qui vient saisir le cœur de l’homme. Alors, tout ce qui dans mon âme n’est pas du Christ doit être rejetée ; non pas pour suivre un ordre moral, cela serait encore d’ordre discursif, philosophique. Non simplement parce que j’aime Dieu, que je suis amoureux fou de Dieu, et que tout ce qui n’est pas de Lui et en Lui, est inutile et néfaste. Je disais : non par ordre moral, mais par nécessité vitale : «  Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » atteste à ce sujet l’apôtre Paul.

    Cette vie amoureuse exigeante, démente pour le monde, redisons-le avec force est d’une certaine manière, jalouse, exclusive ! Tout ce qui n’est pas de Lui me sépare de Lui. Ainsi le combat contre l’esprit du monde, dans son, ultime étape, montré ici, manisfeste clairement le rejet du monde dans ce qu’il constitue comme séparation entre l’amour de Dieu et l’homme spirituel.

    Ce que l’on a appelé la morale, où les régles sont posées comme des oukases qu’il ne faut pas franchir, sous peine de punitions divines, installant alors l’homme dans une démarche, non de libération mais de culpabilité, s’oppose donc absolument aux notions patristiques de dépouillement de soi, de la mort à son âme. Celles-ci n’ont comme fondement ni la culpabilité, ni la peur de Dieu, ni la peur du châtiment. Mais c’est l’amour lumineux qui vient éclairer l’homme jusqu’au confins les plus retirés de lui-même et lui manifester en les discernant, les ténèbres intérieures.

    Le monde est dès lors, par son caractère périssable, rejeté au profit de l’éternité du Royaume des cieux. Ainsi la phrase du Christ : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » prend-elle toute sa signification. Le Christ ne fonde pas son enseignement sur des promesses, mais sur l’état présent de l’homme qui cherche à suivre le Christ. Le « Royaume de Dieu n’est pas à l’extérieur, mais à il est l’intérieur de vous » affirme le Seigneur. De cette manière, ce qui appartient au monde et entrave la manifestation en nous de la présence du Royaume doit être rejeté.

    Constatons-le encore, il ne s’agit pas d’un ordre moral mais d’une expérience vitale. Les éléments du monde qui obscurcissent encore l’âme, qui freinent ses possibilités d’aimer d’avantage Dieu, doivent être rejetés. Nous verrons plus loin de quelle nature dès lors, est la force qui permet ce dépouillement : « Le Royaume souffre violence, mais ce sont les violent qui s’en emparent. » Voilà le caractère de ceux qui, saisis par cette force, sur cette terre, et non après la mort terrestre, atteigne le Royaume des cieux !

    C’est dans cette démarche déjà commencée que l’âme prend conscience de la réalité de cette parole : « La sagesse de Dieu est que le monde ne connaisse pas Dieu par la sagesse du monde ; et c’est par une prédication folle que Dieu a trouvé bon de sauver ceux qui ont la foi. » ( I Co 1, 21)

    Cette folie par opposition à la sagesse du monde, est en tout premier lieu le renoncement au monde. Cette contradiction entre le monde et la vie du Royaume est incontournable.

    En cela concevoir une civilisation chrétienne est impossible. Le Christianisme ne s’adapte pas au monde, ni le monde au Christianisme ; si l’on croit à cela, on ne peut plus adhérer à la nécessité de la crucifixion du Christ, qui ne devient alors qu’un accident dans la vie du Sauveur et non l’aboutissent ultime et volontaire qui conduit à la Résurrection.

    Le monde n’est jamais combattu à l’extérieur de soi mais à l’intérieur de sa propre âme. C’est le monde dans mon âme qui doit mourir. Et s’il meurt, mon âme ressuscite immédiatement dans le siècle à venir, dans le Royaume des cieux, comme si la parousie était déjà arrivée.

  • Homélie prononcée la nuit de la Résurrection

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    Homélie prononcée la nuit de la Résurrection lors de la divine liturgie de Pâques 2010 par Son Éminence le Métropolite Michel de Paris.
    (Vous pouvez également  trouvez la traduction roumaine de cette homélie à la fin de ce texte.)

    (Un dialogue le matin de la Résurrection.)

    Le Christ est Ressuscité !
    Pères, Frères et Sœurs en Christ, cette nuit je vous parlerai de la Résurrection sous la forme d’un récit monastique.
    Sur le chemin qui relit les cellules à la petite chapelle de la Skite Saint Syméon le Nouveau Théologien, baigné des premiers rayons du  soleil levant,  un vieil abba sort du sanctuaire vers le quel se dirige l’un de ses  disciples. Il s’adresse à lui en lui disant : « Le Christ est Ressuscité ! » Aussitôt le disciple lui répond : « En vérité Il est Ressuscité ! » et lui embrasse la main.
    Après s’être échangé le saint baisé sur les épaules trois fois au Nom de la Sainte Trinité l’abba reprend : « Le Christ est Ressuscité ! » le disciple est surpris par cette seconde et inattendue salutation qui d’ordinaire ne se prononce qu’une seule fois par rencontre, répond une seconde fois : «  En vérité il est Ressuscité ! »
    L’abba : «  J’ai bien entendu de tes lèvres la salutation pascale, mais  mon enfant je ne l’entend pas encore dans ton cœur. »
    Le disciple interloqué répond: « Abba, j’ai la foi, je suis orthodoxe, je suis moine dans cette Skite, et je confesse de toute mon âme, de tout mon cœur  et de toute mon intelligence (Lc X, 27), que le Christ est Ressuscité ! »
    L’abba : « Je ne doute pas de ta foi dans la Résurrection du Christ ; mais peux sur cette terre sont ceux qui vivent dans leur cœur le Christ Ressuscité. »
    Le disciple : «  Abba « nos cœurs n’étaient-il pas tout brûlant en dedans de nous » (Lc XXIV 32) lorsque nous chantions cette nuit la Résurrection. Et cette joie pascale qui nous a tous habité cette nuit divine  et qui nous habite encore, est surnaturelle. Cette joie pascale n’est pas une joie humaine, c’est la joie de l’Esprit Saint  qui atteste en nous que le Christ est Ressuscité. »
    L’abba : « Tu viens toi-même de faire la différence, entre cette joie bien réelle, et qui provient du Saint Esprit dont l’Apôtre Paul nous dit que les fruits sont l’amour, la paix, la joie, la bonté, la longanimité, la douceur, exactement  tout ce que dans cette sainte nuit nous avons tous reçu et la Résurrection elle-même. Mais même dans l’Évangile de Luc que tu mentionnes pour parler de la joie que tu éprouves, les disciples tout en éprouvant cette brulure dans leur cœur ne reconnurent pas d’emblé le Christ Ressuscité, parce qu’ils ne communiaient pas pleinement  avec Lui ; et c’est bien à la fraction du pain, comme un rappel divin de l’Eucharistie, qu’ils le reconnurent.  La joie, si l’on peut s’exprimer ainsi, se réjouit de la Résurrection, elle accompagne la Résurrection, elle témoigne de la réalité de la Résurrection,  elle peut même réchauffer le cœur du feu de la Résurrection, mais elle n’est pas le Christ Ressuscité Lui-même. Il en est de même pour chacun des autre fruits du Saint Esprit ; les larmes pure de joie que versent les saintes femmes en contemplant les symboles de Sa Résurrection avec le Tombeau vide,  après, l’annonce de l’ange, sont un témoignage qui jaillit de leur cœur de la Résurrection, elles sont un charisme du Saint Esprit comme nous l’enseigne notre Père Syméon le Nouveau Théologien,  mais non le Ressuscité Lui-même. Cette joie procéde d’une grande sainteté, mais il existe une sainteté plus grande. C’est la même différence qui existe entre l’hypostase de l’Esprit Saint qui descend sous la forme d’une colombe, au moment du baptême du Christ par saint Jean-Baptiste,  entre Jean-Baptiste immergeant Jésus, et avec  le Christ lui-même, qui baptisé confère au baptême son être même, sa réalité charismatique qu’il n’avait pas dans le seul baptême de Jean. C est ce qui fait dire à l’Apôtre Paul : « Vous tous qui avez été baptisé en Christ vous avez revêtu le Christ » (Gal III, 27). L’homme qui est baptisé sacramentellement reçoit par l’Esprit  d’adoption, la nature, l’ousia, du Christ. Il est revêtu du Christ ; il devient Christisé. Autres sont les signes qui accompagnent le baptême, autre est le baptême lui-même, autre encore est le baptisé, ici le Christ. Ce mystère est le même pour la Résurrection.
    Le disciple interrogeât à nouveau son Abba : « Peux-tu  approfondir, Abba, car cela m’échappe ? »
    L’Abba  continuât : «  Il m’a, il est vrai, été donné une grâce sans pareille, une grâce imméritée, lorsque, sans y être préparé, sans même en être digne,-mais qui peut l’être ?- j’ai au début de ma vie chrétienne orthodoxe (j’étais baptisé mais mes parents incroyants ne m’avaient pas jusque là conduit à l’église), reçu pour la première fois la nuit pascale, le Christ Eucharistique en moi, le Christ eucharistique qui en cette sainte nuit de Sa Résurrection m’a fait vivre Sa présence comme Ressuscité, et comme « ressuscitant » en un instant dans Sa vie résurrectionnelle, mon âme jusque-là morte à cause du péché. Certes, j’ai ensuite du faire un long  très long chemin pour revivre, des dizaines d’années plus tard,  de cette manière unique et sublime cette parfaite unité entre le Christ Eucharistique et le mystère de Sa Résurrection, plus précisément de Le vivre et de Le connaître comme Ressuscité en Le recevant dans mon âme et mon corps impurs, comme Christ Eucharistique. Cette première Nuit, cette sainte Nuit, cette Nuit de la Résurrection unique, c’est de l’intérieur de mon cœur que j’ai,  enivré de Sa joie, de Sa paix de Son amour, gouté Sa Présence. J’ai vécu au tout commencement de ma vie chrétienne le Christ intérieur, la vie  résurrectionnelle du Christ Eucharistique.
    Comprend mon enfant, ce n’était pas seulement la joie de Le contempler comme nous le chantons : «  Ayant contempler la Résurrection du Christ, adorons le Christ très saint … » (Synaxaire de Pâques Ton 6). Mais c’était en cet instant, hors du temps déchu de ce monde, Sa joie, Sa paix, Son amour comme Ressuscité que je vivais, moi l‘indigne, qui Le recevait comme Christ Eucharistique, pour qu’Il se repose en moi dans ma maison, afin que moi je me repose en Lui, comme pour Zachée le Publicain qui, lui aussi pécheur publique, le reçu dans sa maison intérieure.  Jésus Ressuscité  me communiquait à moi l’indigne Sa joie d’avoir vaincu la mort du péché, Sa joie de sauver le genre humain, Sa joie de Ressusciter pour nous donner à tous de participer à Sa Résurrection sa joie de me sauver.
    Autre est la joie des anges qui se réjouissent dans l’Esprit Saint de la Résurrection du Christ, bien qu’elle puise sa source dans Le Ressuscité ; autre est la joie des joies, celle du Christ Ressuscité Lui-même qui nous la communique dans Son Corps et dans Son Sang. C’est cela mon enfant vivre dans son cœur la Résurrection du Christ.
    Le disciple interrogeât : « Abba, je reçois bien ta parole, mais il me semble que cette expérience demande une ascèse, une préparation, et que l’on ne puisse la recevoir d'emblée, bien qu’elle paraisse être un charisme, sans  une grâce particulière ? »

    L’Abba répondit : « Bien que la première fois j‘ai reçu cette grâce sans préparation particulière, je ne l’ai ensuite revécu dans sa plénitude qu’après un chemin spirituel lent et laborieux. Tu vois moi j’ai commencé ma découverte de la foi orthodoxe par une participation au Christ Ressuscité. Je ne me rendais pas compte du caractère exceptionnel de cette expérience. Mais je n’ai pas retrouvé lors de la Résurrection, les années suivantes, une telle transformation. C’est cependant sept ans plus tard que je rencontrai dans un pèlerinage dans les montagnes de Moldavie un Starets qui me parla de cette expérience de la présence du Christ Eucharistique Ressuscité dans notre cœur après avoir communier à son Corps et à Son sang très précieux. J ‘avais au paravent vécu ce  mystère sans comprendre ce qui m’arrivais.  Et je considére aujourd’hui comme une très grande grâce d’avoir connu dans ma vie, dans ma chair, cette unité eucharistique dont parle l’Apôtre Paul à propos des souffrances du Christ. Le Seigneur m’a permis de suivre ensuite  le chemin « ordinaire » pour enfin recevoir lors de certaines Nuits de Pâques, car c’est toujours un don gratuit, Sa Joie et Sa paix supracéleste dans Sa Présence Eucharistique comme  Christ Ressuscité.
    Je reconnais que comme pour saint Païssis Velitchkovsky qui confiait à d’autre que lui l’enseignement de la pratique  de la prière du Nom de Jésus  - il se réservait l’enseignement de l’utilité et celui de la doctrine de la prière du Nom de Jésus-, car lui l’avait reçu, non par de longs efforts et des étapes, mais directement par une grâce spéciale. Aussi préférait-il confier à ses disciples les plus expérimentés dans le chemin ordinaire, c’est à dire traditionnel  de la pratique de la prière du Nom de jésus,  le soin d’initier à cette sainte prière, les débutants. 
    Vivre la Résurrection implique dans l’expérience spirituelle traditionnelle que nous ayons, au préalable, vécu avec Lui en similitude, Sa passion, aves Ses Saintes Souffrances, les soufflets les crachats, les faux témoignages, la couronne d’épines, les moqueries, la flagellation, la Crucifixion,  l’ensevelissement au Tombeau et ses trois jours de silence. La phrase de l’Apôtre Paul « Enseveli avec le Christ nous ressuscitons avec Lui. » (Rom VI, 3-5)  paraphrasée dans les strophes pascales de saint Jean Damascène  dit vrai : « Hier avec toi, ô Christ j’étais enseveli, avec toi je me réveille aujourd’hui prenant part à ta résurrection » (3ème Ode 2ème versé).
    Ils auraient aussi bien pu écrire : « Cruxifiés avec le Christ nous ressuscitons avec Lui. » car la communion dominicale au Corps et au Sang du Christ nous fait participer non seulement à Sa Résurrection mais à tout les mystères qui précédent et qui s’accomplissent dans la Résurrection. D’ailleurs c’est ce que Jean damascène nous fait chanter dans la seconde partie de la strophe : « Après les souffrances de ta crucifixion, accorde moi de partager, Sauveur, la gloire du Royaume des Cieux.» Nous trouvons ces similitudes dans la vie de tous les saints de l’Église de tous les justes. Nous observons que la joie résurrectionnelle succède pour tous ceux qui vivent en eux le Christ Ressuscité à l’angoisse de la passion, l’agonie de la Croix, et le silence des trois jours au Tombeau. Pour les saints, cette participation oblative aux souffrances du Christ est consciente. « Je souffre pour tout ce qui manque à la passion du Christ » (Col. I, 24) écrit l’Apôtre Paul. Cette phrase presque scandaleuse, car la Passion du Christ est parfaite, en réalité concerne la place que le Christ nous a laissé volontairement dans son sacrifice unique et dans l’intimité eucharistique  de Sa Chair. C’est cette communion dans Sa Chair, dans Son Corps et dans Son Sang, qui est non pas réduite à un seul aspect du mystère (par exemple à la seule résurrection) mais dans la totalité de ce qu’accomplit pour nous le Christ : Sa passion, aves Ses Saintes Souffrances, les soufflets les crachats, les faux témoignages, la couronne d’épines, les moqueries, la flagéllation, la Crucifixion,  l’ensevelissement au Tombeau,  ses trois jours de silence et sa Résurrection.
    « Je souffre pour tout ce qui manque à la passion du Christ » est cette espace que le Seigneur nous a laissé dans Sa Chair pour que, communiant à Ses Saintes Souffrances dans une intimité inégalable, nous  communions à Sa Résurrection dans Sa joie et Sa paix  inégalée.
    C’est de Lui de Sa force, de Sa joie, de Sa paix et de Son amour que nous vous disons : « Le Christ est Ressuscité ! »

    Vous pouvez également  trouvez la traduction roumaine de cette homélie ( à la date du 6 avril) et de très nombreux textes théologiques et spirituelles de la Tradition Orthodoxe  Roumaine ( en roumain) sur le Blog "Theologie Pentru azi" publié par le théologien auteur de nombreux  ouvrages théologiques et mystiques le Pr. Dr. Dorin Ocatavian Piciorus ,  son épouse le Prof. Lic. Dr. Gianina Maria-Cristina Piciorus et le célèbre Pr.  Prof.  Acad. Dr. Dumitru Popescu.

    "O platformă creştin-ortodoxă pentru o altfel de postmodernitate"

    Predica din noaptea Învierii Domnului a ÎPS Michel Laroche | Teologie pentru azi
    www.teologiepentruazi.ro
    Predica din noaptea Învierii Domnului a ÎPS Michel Laroche - . Predici Traduceri

    Hristos a înviat!
    Părinți, frați și surori întru Hristos, în această noapte vă voi vorbi despre învierea Domnului sub forma unei predici mănăstirești.
    Pe drumul care leagă chiliile de mica bisericuță a Schitului Sfântului Simeon Noul Teolog, scăldat de primele raze ale răsăritului de soare, un stareț bătrân ieșea din Biserică, spre care se îndrepta unul dintre ucenicii lui. El îl salută zicându-i: Hristos a înviat! Imediat ucenicul îi răspunde: Adevărat a înviat! și îi sărută mâna.
    După ce și-au dat îmbrățișarea sărutându-se pe umeri, de 3 ori, în numele Sfintei Treimi, starețul a zis din nou: Hristos a înviat! Ucenicul, în urma acestei a doua și neașteptate salutări (pentru că, de obicei, ea se spune numai o singură dată) i-a răspuns, pentru a doua oară: Adevărat a înviat!
    Starețul i-a zis apoi: „Am auzit bine și prima dată, din buzele tale, salutarea pe care ne-o facem la Paști dar, copilul meu, încă nu o aud spusă în inima ta!”.
    Ucenicul interpelat astfel i-a răspuns: „Părinte, eu cred, sunt ortodox, sunt monah în acest schit și mărturisesc cu tot sufletul, cu toată inima și cu tot cugetul meu (Lc. 10, 27) că Hristos a înviat”.
    Starețul i-a răspuns: „Nu mă îndoiesc de credința ta în învierea lui Hristos, dar puțini sunt cei care, pe acest pământ, Îl simt pe Hristos, Cel înviat, în inima lor”.
    Ucenicul: „Părinte, nu ardea în noi inima noastră, când cântam învierea Lui în această noapte?! Și această bucurie a învierii Sale, care ne-a umplut în această noapte dumnezeiască și care ne umple încă, este mai presus de fire. Această bucurie a învierii Domnului nu este o bucurie omenească ci este bucuria Duhului Sfânt, care mărturisește în noi faptul că Hristos a înviat”.
    Starețul: „Tu însuți ai făcut deosebirea și  recunoști această adevărată bucurie, care vine de la Duhul Sfânt, despre care Apostolul Pavel ne spune, că roadele sale sunt iubirea, pacea, bucuria, bunătatea, îndelunga răbdare, blândețea, adică toate cele pe care în această sfântă noapte noi toți le-am primit, împreună cu Învierea însăși. Dar chiar în Evanghelia de la Luca, pe care ai pomenit-o, ca să vorbești despre bucuria pe care ai trăit-o, Ucenicii, care simțeau această ardere în inima lor, nu L-au recunoscut imediat pe Hristos, Cel înviat, pentru că încă nu se împărtășiseră deplin de El.
    Pentru că tocmai la frângerea Pâinii, când au făcut pomenirea Lui euharistică, atunci L-au recunoscut. Bucuria, dacă se poate spune astfel, se bucură de Învierea Sa, ea însoțește Învierea, ea dă mărturie despre realitatea Învierii Sale, ea poate chiar să reaprindă inima cu focul învierii Lui, dar ea nu este Însuși Hristos, Cel înviat.
    Însă ea este una dintre roadele Sfântului Duh. Lacrimile curate de bucurie, pe care le varsă Sfintele femei, privind la mărturiile învierii Sale și la mormântul Său, care acum e gol, și apoi vestirea Îngerului, sunt dovezi ale învierii Sale, care acum izbucnesc din inima lor, pentru că sunt o harismă a Duhului Sfânt, așa cum ne învață Părintele nostru, Sfântul Simeon Noul Teolog. Dar ele nu sunt Învierea însăși.
    Această bucurie purcede dintr-o mare sfințenie, dar există o sfințenie încă și mai mare. E vorba de aceeași deosebire, care există între ipostaza Sfântului Duh, Care Se pogoară sub formă de porumbel, în clipa botezării lui Hristos de către Sfântul Ioan Botezătorul, între Ioan Botezătorul, Care Îl cufundă în apă pe Iisus și Hristos Însuși, Care dăruiește Botezului adevărata lui semnificație, care e o realitate harismatică, pe care nu o avea în botezul simplu al lui Ioan.
    Acest lucru îl face pe Apostolul Pavel să spună: „Câți în Hristos v-ați botezat, în Hristos v-ați și-mbrăcat” (Gal. 3, 27).
    Omul care e botezat primește, în mod sacramental, prin Duhul, înfierea, firea/ființa lui Hristos. El se îmbracă în Hristos și prin asta se încreștinează.
    Una sunt semnele care însoțesc Botezul și alta este Botezul însuși și iarăși altul este cel botezat, adică aici fiind Hristos.
    Aceeași taină avem și în cazul Învierii Lui”.
    Ucenicul îl întrebă din nou pe Starețul său: „Poți să tâlcuiești mai mult, Părinte, pentru că nu înțeleg?”.
    Starețul continuă: „E adevărat că am primit un har fără asemănare, un har nemeritat, din moment ce, fără a fi pregătit, fără a fi vrednic – dar cine poate fi? – am primit pe Hristos euharistic în mine, la începutul vieții mele ortodoxe (eu am fost botezat, dar părinții mei, fiind necredincioși, nu m-au dus la Biserică), pentru prima dată în noaptea Paștilor, pe Hristos euharistic, Care în această sfântă noapte, a Învierii Sale, m-a făcut să trăiesc prezența Sa ca înviat și astfel înviind într-o clipă, în viața Sa transfigurată, sufletul meu, care până atunci era mort din cauza păcatului.
    Bineînțeles, după aceea am avut de parcurs un drum foarte lung pentru a retrăi, mulți ani mai târziu, în același fel unic și sublim, această realitate desăvârșită, între Hristos euharistic și taina învierii Sale, mai exact, pentru a-L trăi și a-L cunoaște ca înviat, primindu-L în sufletul meu și în trupul meu necurate ca Hristos euharistic.
    În această primă noapte, în această sfântă noapte, în această noapte unică a învierii Sale, am gustat prezența Sa în lăuntrul inimii mele, îmbătat de bucuria Sa, de pacea și de iubirea Sa. Am trăit chiar de la începutul vieții mele ortodoxe experiența interiorizării lui Hristos, viața înviată a lui Hristos euharistic.
    Trebuie să înțelegi, copilul meu, că nu era numai bucuria de a-L privi, așa cum cântăm la strană: „Învierea lui Hristos văzând, să ne închinăm Sfântului, Domnului Iisus” (Prima cântare după Sinaxarul Învierii Domnului, glas al 2-lea, în ***Penticostar, ed. 1999 RO, p. 20), ci simțeam în acea clipă, în afara timpului căzut al acestei lumi, bucuria Sa, pacea Sa, iubirea Sa ca a Unui înviat, pe care o trăiam eu, nevrednicul,  primindu-L ca Hristos euharistic, ca El să Se odihnească în mine, în casa sufletului meu și pentru ca și eu să mă odihnesc întru El ca Zaheu, vameșul, care fiind și el un păcătos învederat, l-a primit în casa sa lăuntrică.
    Iisus, Cel înviat, îmi împărtășea mie, nevrednicului, bucuria Sa de a fi învins moartea păcatului, bucuria Sa de a mântui neamul omenesc, bucuria Sa de a învia pentru a ne dărui nouă, tuturor, să ne împărtășim de învierea Lui, bucuria Sa de a mă mântui.
    Una este bucuria Îngerilor, care se veselesc, întru Duhul Sfânt, de învierea lui Hristos, deși ea își are izvorul în învierea Lui și alta este bucuria bucuriilor, aceea a lui Hristos Însuși, Cel înviat, pe care El ne-o împărtășește prin Trupul și Sângele Său.
    Aceasta înseamnă, copilul meu, a trăi, în inima ta, învierea lui Hristos”.
    Ucenicul îl întrebă: „Părinte, am înțeles cuvântul tău, dar mi se pare că această experiență duhovnicească cere o asceză, o pregătire și că nu o putem avea de la început, deși ea pare să fie o harismă, fără a avea un har aparte”.
    Starețul îi zise atunci: „Deși, prima dată, am primit acest har fără o pregătire specială, apoi nu l-am mai trăit în mod desăvârșit, decât după un drum duhovnicesc îndelungat și plin de trudă. Vezi, eu mi-am început cunoașterea credinței ortodoxe prin împărtășirea cu Hristos, Cel înviat. Atunci nu mi-am dat seama de caracterul cu totul excepțional al acestei experiențe.
    Dar n-am mai trăit, în afara acelei Învieri, în anii următori, o asemenea schimbare lăuntrică.  De abia după 7 ani am întâlnit, în timpul unui pelerinaj, în munții Moldovei, un stareț care mi-a vorbit despre această experiență a prezenței lui Hristos, Cel euharistic, Cel înviat, în inima noastră, după ce ne împărtășim cu Prea Curatul Său Trup și Prea Sfântul Său Sânge.
    Mai înainte am trăit această taină fără a înțelege ce mi s-a întâmplat. Și astăzi cred că a fost un mare har, acela de a cunoaște în viața mea, în trupul meu, această unitate euharistică de care vorbește Apostolul Pavel, referindu-se la suferințele lui Hristos. Domnul mi-a îngăduit să urmez apoi drumul „obișnuit”, pentru a primi, din nou, în  anumite nopți pascale acest dar, căci întotdeauna acesta e un dar al lui Dumnezeu, adică bucuria Sa și pacea Sa mai presus de minte, în prezența Sa euharistică, ca Hristos înviat.
    Eu am înțeles de aici, că la fel ca în cazul Sfântului Paisie Velicikovski, care a mărturisit cuiva, pe care îl învăța rugăciunea lui Iisus – căruia îi preda învățătura despre importanța și folosul rugăciunii lui Iisus  – că și el a primit acest har, nu printr-un efort îndelungat și pe parcurs, ci în mod direct, printr-o harismă deosebită. Așa mărturisea el ucenicilor săi, care erau mai sporiți pe acest drum obișnuit al ascezei, adică tradițional, al rugăciunii lui Iisus, grija de a-i învăța această sfântă rugăciune pe cei aflați la început.
    Trăirea învierii Sale implică, în experiența duhovnicească tradițională, faptul de a fi trăit, în prealabil, asemenea Lui, Patimile Sale, Sfintele Sale pătimiri, adică scuipările, lovirile, hulele, coroana de spini, batjocurile, biciuirea, răstignirea, îngroparea în mormânt și cele trei zile de tăcere. Cuvintele Apostolului Pavel: „îngropându-ne cu Hristos…vom învia împreună cu El” (Rom. 6, 3-5), reluate în imnele pascale ale Sfântului Ioan Damaschin, spun adevărul: „Ieri m-am îngropat împreună cu Tine, Hristoase, astăzi mă ridic împreună cu Tine, Cel ce ai înviat” (***Penticostar, ed. cit., p. 16).
    Ar fi putut scrie, la fel de bine: „Răstigniți împreună cu Hristos, înviem împreună cu El”, căci împărtășirea duminicală cu Trupul și Sângele lui Hristos ne face părtași nu numai învierii Sale, ci și tuturor Tainelor care au avut loc înainte și care se desăvârșesc în înviere. De altfel, este tocmai ceea ce Ioan Damaschin ne învață să cântăm în a doua parte a cântării de mai sus: „Răstignitu-m-am ieri împreună cu Tine: Însuți împreună mă preamărește, Mântuitorule, în Împărăția Ta” (Cf. Ibidem).
    Aflăm aceste asemănări în viața tuturor Sfinților Bisericii și a tuturor Drepților săi. Observăm că bucuria învierii Lui urmează în toți aceia care trăiesc în ei înșiși pe Hristos, Cel înviat, adică urmează tulburării și pătimirii, agoniei Crucii și tăcerii, celei de trei zile, din mormânt.
    Pentru Sfinți această participare, de bună voie, la suferințele lui Hristos este conștientă. Apostolul Pavel scria: „împlinesc, în trupul meu, lipsurile necazurilor lui Hristos” (Col. 1, 24). Acest cuvânt pare scandalos, căci Patima lui Hristos este desăvârșită însă, în realitate, cuvântul se referă la locul pe care Hristos ni l-a lăsat, de bunăvoie, în Jertfa  Sa unică și în intimitatea euharistică a Trupului Său.
    Această comuniune prin Trupul Său, prin Trupul și Sângele Său, care nu se reduce la un singur aspect al Tainei (ca de exemplu: numai la Învierea Sa), ci se referă la totalitatea lucrurilor pe care le-a făcut Hristos pentru noi: Patima Sa, Sfintele Sale suferințe, adică scuipările, lovirile, hulele, coroana de spini, batjocurile,  biciuirea, răstignirea, îngroparea în mormânt, cele trei zile de tăcere și învierea Sa.
    „Împlinesc, în trupul meu, lipsurile necazurilor lui Hristos” înseamnă acest loc, pe care Domnul ni l-a lăsat în Trupul Său, pentru ca împărtășindu-ne cu Sfintele Sale suferințe, într-o nespusă intimitate, să ne împărtășim, de asemenea și de învierea Sa, în bucuria Sa și în pacea Sa cea mai presus de minte.
    Luând din puterea Lui, din bucuria Lui, din pacea Lui și din iubirea Lui, putem spune: Hristos a înviat!
    Cf. sursa.