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  • Apocalypse Now! Dernière partie.

    Le métropolite Orthodoxe Mgr Michel Laroche nous parle en conclusion de la notion de peur présente dans l'Apocalypse qui ne doit pas dissimuler que le message principal de l'Apocalypse est la seconde venue du Christ sur terre, la transfiguration de la création qui aujourd'hui est une création déchue, appelée à disparaître pour être transformée, spiritualisée.

  • Aocalypse Now 3ème partie

    Le Métropolite Orthodoxe Michel Laroche dans cette 3ème partie de son interview conduite et réalisée par Dimitri Grimblat ( Fr3) aborde le sujet d'actualité de la date de la fin du Monde et ce que que Le Christ, qui en parle clairement dans l'Evangile, annonce à son sujet. Il met en garde sur les fausses prophéties et sur la prudence qu'il faut observer d'une manière générale sur l'interprétation des prophéties. Il continue de nous donner cependant, avec des réserves, son interprétation de l'Apocalypse.

  • Apocalypse Now : Seconde partie


    Seconde partie de l'Interview du Métropolite orthodoxe Michel Laroche conduite et réalisée par Dimitri Grimblat (Fr3) dans la quelle Mgr Michel explique que le Moine du Mont Athos vit aujourd'hui comme si l'Apocalypse était pour ...aujourd'hui. Il explique également certains signes décrits dans le texte sacré qui se rapportent à notre temps, bien que le récit de l'Apocalypse comme tous les écrits prophétiques ne soit pas linéaire mais sphérique...

  • Apocalypse Now!

    Apocalypse Now !

    Une Interview du métropolite orthodoxe Mgr Michel Laroche conduite et réalisée par Dimitri Grimblat faisant suite à son émission
    «  2012 la conspiration de l’Apocalypse  sur FR3 »


    « L’Apocalypse  c’est maintenant ! » affirme le métropolite Michel Laroche, écrivain et théologien dans une interview de trente minutes conduite et réalisée par Dimitri Grimbat. Mgr Michel Laroche nous donne des explications du texte mystérieux de l’Apocalypse   fondées sur la tradition secrète des Pères du désert et de l’Église,  méconnue aujourd’hui, qui se transmet de maîtres à disciple  depuis les premiers apôtres dans les monastères orthodoxes. Comment par exemple les moines du mont Athos interprètent les signes d’aujourd’hui avec le texte de l’Apocalypse ?


  • Agonie, Dormition ou Naissance au Ciel ? Deuxième partie.

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    Agonie, Dormition ou Naissance au Ciel ?  Deuxième partie.

    Il nous faut maintenant parcourir le long chemin - quelques heures mais qui lui semblèrent une éternité – que vécut au côté du Christ sur la Croix  le Bon Larron : cette agonie de souffrance, de mémoire du passé où l’on sait que rien ne peut plus être réparé, de souvenir de ses nombreuses fautes plus nombreuses que les grains  sable de la mer, de visages blessés de nos propres blessures, mais  de ces verres d’eau fraiche que certains jours cependant on a donné et qui étaient effacés de notre mémoire. Le Bon Larron en se responsabilisant de ses mauvaises actions qui lui sont montrées dans sa longue agonie -et si courte en rapport avec les années de sa vie-, trouve le chemin de la conversion. Il dit à son compagnon d’infortune qui partageait avec lui la même épreuve et qui révolté insultait Jésus, en désignant le Christ : « Pour nous,  c’est juste car nous recevons le salaire de nos crimes ; mais lui il n’a rien fait de mal ; il dit à Jésus : Souviens-toi de moi Seigneur quand tu entreras dans ton Royaume. Jésus lui répondit : «  Amen, je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi au Paradis. » (Lc XXIII, 39-43) Saint Ephrem le Syrien, avec de nombreux Père de l’Église, dans son commentaire du Diatessaron (Évangile Syriaque concordant) affirme  qu’avant les prophètes les patriarches les justes et même saint Jean-Baptiste, c’est le Bon larron qui est introduit en premier par le Christ  dans le Paradis.  Nous avons dans le récit de l’agonie du Bon Larron et l’affirmation de Saint Ephrem, la justification de l’agonie. 
    J’ai dans ma vie, comme beaucoup d’entre nous, rencontré des personnes près de leur mort, qui bien que n’étant pas formellement entrées en agonie, dans une longue et dernière maladie qui les immobilise et  les rend ascétiques. Ces personnes  souvent incapables de s’alimenter,  détachées du monde par la maladie et percevant  leur fin proche, réalisent des prises de consciences salutaires sur leur vie passée, et deviennent pieuses, non pas par crainte d’un châtiment dans l’au-delà, mais, en découvrant, enfin,  la vanité de tout ce qui était à leurs yeux essentiel durant leur existence. Je me souviens en particulier  d’un vieil oncle  avec ce nouveau regard enfin illuminé d’une autre lumière, le corps décharné, ayant perdu sa beauté terrestre, mais ayant acquis à son  insu une beauté céleste, qui me parlait,  comme il ne l’avait jamais fait de sa relation avec le Christ et  avec sérénité de sa mort prochaine.  Pourtant sa vie apparemment exclusivement mondaine, ne l’avait pas préparé à une telle conversion. Cet ultime détachement des valeurs de ce monde est une purification de l’âme qui a en vue de la beauté éternelle du Royaume,  dans cette grâce de la fin accordée comme au Bon Larron par le Seigneur. De telles personnes arrivent à faire en quelques mois où quelques semaines un véritable chemin spirituel.
    Le moine vit volontairement toute son existence cette ascèse, se préparant jour après jour,  nuit après nuit,  à l’imminence de son trépas, le corps presque décharné, privé de nourriture, ne quittant pas sa cellule. Le Christ, sans son économie indéchiffrable pour l’homme, comme pour le Bon Larron, dont il a discerné à l’avance que la crucifixion serait salutaire,  prévoit pour de nombreuses personnes une fin de vie qui s’apparente avec le mode de vie des Pères du désert. Privés souvent de la présence régulière de leur famille dans un lieu de soins, incarcérés dans une chambre qu’ils ne quittent plus, la prière leur vient presque spontanément dans  le souvenir permanant de Dieu, de ce Christ qu’il savent devoir rencontrer dans ce face à face du premier Jugement.  Comme pour le bon et le mauvais larron, nous avons rencontré de telles âmes s’élevant à leur insu vers des sommets spirituels dans un laps de temps très court ; mais également des hommes et des femmes qui s’accrochaient désespérément à une vie qui s’écoulait d’eux  cherchant plus à la retenir, qu’à envisager une naissance au Ciel. L’agonie, dans laquelle je comprends les mois et les semaines qui précédent le trépas lorsque la mort est annoncée,  est un temps donné par Dieu pour enfin Le rejoindre dans cette promesse qui pour nous concerne, nous  tous les nouveaux Bon Larron :  «  Amen, je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi au Paradis. » (Lc XXIII, 39-43)
    Aussi, lorsque j’entends ça et là des personnes me dire : «  Comme il a eu de la chance, il-elle  est parti(e) soudainement ; il-elle  n’a pas vu la mort venir ; Il-elle  n’a pas souffert. Comme je désirerais partir de cette manière dans mon sommeil…» Ces personnes oublient, mais il est vrai qu’elles n’ont pas cette préoccupation, que toutes les purifications qui n’ont pas été faites durant notre vie, ces catharsis sans lesquelles notre âme ne pourra pas rentrer dans le Royaume, nous sont proposées par une économie de la divine Providence  dans notre agonie.  Cet ultime baptême de la fin qui complète celui du commencement de notre vie, accompagné des sacrements que donnent l’Église dans ces derniers instants, permet à l’âme une ultime « métanoïa » (mot à mon avis intraduisible que nous traduisons cependant par repentir ou conversion). 
    L’agonie n’est pas à fuir mais à espérer. Ceux qui ont échappé à la mort disent tous qu’ils ont vu leur vie entière défiler devant leur conscience. Ce n’est pas comme certains matérialistes le prétendent une expérience due à la chimie du cerveau humain. Notre vie, même en un clin d’œil dans notre temps déchu, nous sera présentée avant notre trépas afin de nous donner une dernière fois, l’opportunité de regretter ce qu’il y a à regretter et de pardonner à qui nous devons d’urgence pardonner. Si Dieu a accordé au Bon larron cette ultime possibilité de revenir vers Lui, et n’a prévu pour celui-ci ni purgatoire, ni punition   de quelque nature que ce soit à payer après la mort dès lors que son repentir est présent, ne doutons pas que cette faculté nous est offerte à tous.
    C’est ici  que nous pouvons revenir à cette ascèse particulière, de l’auto-accusation pratiquée par certains hésychastes, notamment dans le désert. Ceux qui durant toute leur vie ont cultivé cette anticipation de leur agonie, se représentant cet instant ultime, s’accusant de ne pas avoir été suffisamment purifiés, énumérant nuit après nuit le fardeau de leurs faiblesses, criant intérieurement le Seigneur de ne pas les laisser à leur place normal qui serait l’Enfer, par la médiation de l’avocate des causes désespérée la douce et Sainte Mère de Dieu ; ceux-là qui vivent une agonie volontaire  nuit après  nuit, il se peut que certains d’entre ces saints connaissent une bienheureuse dormition.
    Personnellement nous utilisons le terme « Naissance au Ciel » pour les trépas tous les défunts qui se sont endormis dans l’espérance de la Résurrection et de la vie éternelle, bien avant qu’une éventuelle canonisation, qui peut survenir cent années après, ne consacre qu’à une minorité d’entre eux  ce terme. Toute personne chrétienne qui s’endort avec ou sans agonie, dont la vie connue est juste selon moi bénéficie de ce terme. Mais aussi ceux qui demandent avant la fin la présence de l’Église et se confessent dans un dernier repentir de leurs fautes, même si toute leur vie ils ont été publiquement des pécheurs
    « Naissance au Ciel » est une terminologie qui exprime que notre vie terrestre n’est qu’une étape, bien courte en comparaison avec l’éternité qui nous attend. Elle  signifie que notre espérance est que le défunt s’élève par les prières de l’Église vers le Ciel et non ne descende en l’enfer. Naissance au Ciel  implique que nous devrions prier constamment pour les âmes des défunts afin que si elles sont en Enfer comme nous l’affirmons  dans la Prière à genoux de la Pentecôte  le  Seigneur les en sorte : « Toi qui mesures aux créatures leur temps de vie et fixes le moment de la  mort, qui fais descendre aux Enfers et en fais remonter… ». Le Starets Russe  Zacharie, héritier spirituel de saint Ambroise d’Optimo, eut cette conversation avec le diable qui lui répondit, après que le starets l’ait interrogé sur la présence possible en Enfer de son père : «  A cause de tes fichues prières, il m’a été repris. » Les prières des vivants, particulièrement les panychides,  ont  beaucoup d’efficacité pour sortir les âmes des Enfers.
    Dans cette Prière à genoux de la Pentecôte  est affirmé également que c’est le Seigneur  et non le hasard, qui fixe le terme de la vie humaine.  Que cette mort soit accidentelle, liée à des questions génétiques, à des maladies, à des cataclysmes,  des guerres, ou à d’autres causes, c’est le Seigneur qui décide en ultime ressort de notre départ vers Lui. Saint Isaac le Syrien écrit que la mort des justes n’est pas laissée aux soins de la nature ou des hommes, et que si par exemple un juste s’abrite le long d’un mur qui doit s’écrouler, un ange empêchera le mur de d’effondrer jusqu’à ce que le saint s’en soit éloigné.
    La formule «  Naissance au Ciel » est l’affirmation que pour tout chrétien la vie après la mort est supérieure, lorsqu’elle est unie au Christ et aux deux autres Hypostase de la Sainte Trinité, à la Mère de Dieu et dans la communion de tous les saints et des justes, à cette vie terrestre si imparfaite et surtout si passagère. Je crains que si on ne réserve le terme « Naissance au Ciel » qu’à ceux  dont la vie nous apparaît sainte comme certains le préconisent aujourd’hui, et qu’à d’autres nous le refusions,  nous ne passions à côté d’un second Bon Larron qui « naîtra au Ciel » avant notre supposé saint. C’est surtout prononcer un jugement avant le Jugement sur une personne dont le mystère est total, que ce soit celui de l’Église (canonisation) où de Dieu.  Dieu seul pénètre les secrets de l’âme.
    En revanche  nous utilisons « dormition » dans sa première définition : l’endormissement sans douleur, sans agonie, d’un saint. Mais nous l’octroyons également à la « Naissance au Ciel » de tous les saints canonisés, même si ceux-ci ont connu dans leurs  ultimes instants une participation aux souffrances du Christ sur la Croix et à sa mystérieuse et sacrée agonie. L’agonie acceptée et offerte au Christ devient sacrement. De nombreuses paroisses  Orthodoxes nomment ainsi  le trépas d’un saint : «  Dormition de notre Père l’ancien Joseph de Vaopaidi » (paroisse Saint Ignace le Théophore Patriarcat d’Antioche).
    Oui pour certains saints parfois le Seigneur leur donne de participer dans leur agonie à Son agonie et de lui offrir leur mort dans  cette participation à ses saintes souffrances.  Saint Syméon le Nouveau Théologien prononce ces mots certainement scandaleux pour de nombreux chrétiens : « On ne vit pas pour le Christ, mais  on meurt pour lui. »

    +Métropolite Michel Laroche

  • Agonie, Dormition ou Naissance au Ciel ? Première partie.

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    Agonie, Dormition ou Naissance au Ciel ?  Première partie.


    Une question vient de m’être posée à la suite de mon écrit « le vieux manteau ».   La personne qui me l’a adressée souhaitant conservée l’anonymat, je reprend sa phrase : « Monseigneur pourquoi la Mère de Dieu  ne semble pas connaître de véritable agonie ?"
    Comme de nombreux prêtres et médecins j’ai eu l’occasion d’accompagner  vers leur séjours céleste ( ce que nous espérons pour eux) des personnes aux portes de la mort. Certaines sont parties comme dans un souffle, apaisée, d’autres (les plus nombreuses) ont vécu une longue agonie. Les unes ont parfois fait durant ce qu’il est convenu aujourd’hui de nommer une longue maladie un chemin de conversion qui dans les dernières semaines, consciente peut s’apparenter à une agonie ; les autres ont maintenu jusqu’au bout leurs pensées terrestres s’engluant dans une peur de la mort par un « amour de la vie » ; mais ici, non pas de la vie éternelle, mais d’une vie presque exclusivement matérielle laissant peu ou pas de place à la vie du Royaume. Je ne dis pas que ces personnes étaient égoïstes, beaucoup d’entres elles aimaient leur famille et étaient généreuses envers leur proches, mais dans une pensée matérialiste dans laquelle Dieu auquel elle disait croire n’avait pas la fonction principale et même un rang secondaire. Un Abba a dit nous mourrons tous comme nous aurons vécu. Que signifie cette parole ?
    Si tu vis loin de Dieu ton trépas sera éloigné de Dieu.
    Si tu vis prés de Dieu ta mort sera unie au Seigneur.
    Je reviendrai dans la seconde partie de cette médiation  sur l’ensemble de ces questions.
    Pourquoi la Mère de Dieu  ne semble pas connaître de véritable agonie ?
    La Tradition Hésychaste donne plusieurs explications qui sont revêtues  d’un caractère universel pour les Chrétiens. Car derrière cette réponse se profilent toutes les formes de mort auquel l’ensemble des hommes est confronté.
    La Mère de Dieu et saint Jean le Théologien sont tous les deux avec les saintes femmes au pied de la Croix. Les autres Apôtres qui presque tous connaitront plus tard une fin violente, décapitation crucifixion, avaient pris la fuite et étaient absent lors de l’agonie du Christ ; cette agonie volontaire du Christ qui porte intentionnellement sur lui les péchés des hommes et leurs conséquences. La Mère de Dieu dans l’unicité de la chair commune que le Christ partage avec elle, de cet amour maternel parfait sans limite qu’elle connaît comme Mère de Dieu, qui comme l’écrit saint Grégoire de Naziance aurait voulue, si cela avait été possible, mourir à la place de son Fils, partage pleinement avec Jésus son agonie. Chaque sueur de sang, chaque goutte de sang qui s’écoule  de ce corps meurtri et vénéré, c’est comme si s’était sa vie qui sortait de sa propre chair ; car en vérité c’est sa propre vie c’est sa propre   chair. Cette vie vivante source de vie pour elle et pour ce monde aveuglé un instant qui est dans l’obscurité, cette vie qui donne la vie, semble disparaître. L’immortel devenu mortel, mais plus encore cette Vie qu’elle a étreinte dans ses bras et sur son cœur, Marie qui plus que l’apôtre Paul pouvait à chaque seconde s’écrier : « Ce n’est plus moi qui vis c’est Christ qui vit en moi » expérimente cet abandon incompréhensible. Si Adam pleure l’intimité perdue avec Dieu à la Porte du Paradis, la Mère de Dieu Nouveau Paradis perd en cet instant de la mort de son Fil son nouvel Adam, Arbre de Vie nouveau d’un monde promis à la Résurrection. Cette déchirure  de la séparation de ce qui était vécu dans une communion inégalée, indépassable, de la Mère de Dieu et de Son Fils Jésus Christ, celle qui offre sa propre chair au Verbe éternel et qui devenant Chair, l’unit à Lui d’une manière inconcevable, a l’âme frappée comme par un glaive. Si une simple mère connaît dans le trépas de son enfant une douleur inexprimable, parce qu’elle a porté et qu’elle portera jusqu’au tombeau cet enfant dans sa chair durant neuf mois, combien l’unicité eucharistique du Christ et de sa mère qui le connaissait comme Fils de Dieu, et vivait avec lui comme une communion eucharistique permanente, est une tragédie. Saint Jean dont l’amour élevé « avait bannît la crainte » qu’avaient connu les autres Apôtres partage  lui aussi l’agonie de son Maitre. Certes il ne vit pas à la même  hauteur  de la Mère de Dieu la cruelle séparation. Mais il reçoit lui aussi comme Marie  chaque clou enfoncé dans cette chair tant aimée, la douleur de ses blessures ; il ressent sur son  crâne l’étau lancinant des pointes de chaque épine qui enserre la tête de Jésus. Il partage la douleur de Marie ne sachant plus qui doit consoler l’autre.
    J’ai pris conscience de ce grand Mystère lors de la naissance au Ciel de mon Fils Germain : celui de la Mère de Dieu qui elle aussi nous offre par son renoncement, son abnégation, son acceptation déchirante, la vie de son Fils.  Dire oui sans révolte à la volonté du Seigneur en ces moments est un martyre de la conscience. C’est pourquoi selon moi, selon la Tradition Hésychastes dont je n’ai reçu que « les miettes du festin » la Mère de Dieu et l’Apôtre Jean ayant vécu l’agonie plus intensément que celle qu’ils auraient pu vivre pour eux-mêmes de Celui qu’ils aiment pardessus tout, plus que leur propre vie,  dans son économie le Seigneur leur a accordé la grâce d’une « dormition »,  c’est-à-dire d’un départ vers le Ciel sans agonie, en endormissement dans le Seigneur.
    Certains saints, non d‘une manière visible pour les hommes ont vécu dans leur vie terrestres avant leur mort, une forme d’agonie, tel saint Séraphim de Sarov qui s’endormit  dans le seigneur a à genoux en prière, devant l’icône de la Vierge de tendresse ; pour ces saints le Seigneur leur accorde une Dormition, une fin sans douleur. Mais leur vie a été parsemée de douleur ; il faut ajouter, que ce n’est pas uniquement les épreuves qui constituent l’agonie avant  celle de notre départ au Ciel,  car tous les saints et de nombreux chrétiens connaissent eux aussi les épreuves et ont pourtant eu une fin douloureuse comme saint Jean de Cronstadt,  saint Amboise d’Optimo et même saint Nectaire d’Égine. Ce mystère appartient à Dieu seul, mais nous pouvons en esquissé des symboles : les Pères du désert,  particulièrement les moines qui ont privilégié l’ascèse de l’auto-jugement, se représentant chaque soir comme s’ils allaient mourir dans la nuit et évoquant l’Enfer qu’ils pensent mériter à cause de leur péché, peuvent comme le Bon Larron qui confessa dans ces derniers instant ses péchés -mais il n’y a aucun automatisme- connaître une dormition. N’oublions pas que le cordonnier d’Alexandrie dont nous ignorons le nom a été considéré comme ayant une ascèse et sainteté plus grande que celle du Grand Antoine parce que dans sa prière perpétuelle il disait en croisant un  personne : « Lui sera sauvé moi j’irai en enfer ».
    Ceux qui dès qu’une épreuve leur survient désirent immédiatement la rapporter à la Croix de Jésus : « Je souffre pour tout ce qui manque à la passion du Christ » peuvent également recevoir la grâce d’une dormition.
    Mais je pense également  que pour bien des personnes humbles, pas nécessairement des moines ou des moniales  dans certaines spiritualités personnelles se développe  une sensibilité particulière aux Saintes  Souffrances du Christ et à celles incroyable de Sa Mère, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, comme nous sommes tous invités à les vivre dans la Grande et Sainte semaine et le Grand Vendredi dans l’office de l’Epitaphion -mise au Tombeau du Christ-  et les lamentation au Tombeau,  qui deviennent des nouveaux Jean et pourrons recevoir à leur fin le charisme  d’une bienheureuse Dormition.
    +Métropolite Michel Laroche


  • Courriers des internautes

    Pardonnez-moi, Père, de vous importuner. Je lis attentivement et régulièrement vos billets. La douleur que j’ai trouvée dans le dernier m’a considérablement émue et je voulais  simplement vous  dire que même si le Seigneur m’a épargnée cette terrible douleur-là, il m’en a envoyé d’autres et je compatis sincèrement à tout ce que vous exprimez dans votre dernière note. Je compatis parce que tous, nous sommes frères et soeurs en Christ pour avoir reçu le même baptême. Je compatis parce que, ainsi, nous avons été  appelés à “ revêtir les entrailles compatissantes” de Dieu le Père et de son Fils. Et que nul ne peut rester insensible à ce que vous avez écrit avec tant de pudeur.
    C’est ce que je voulais dire et que je suis sûre bien d’autres vous diront. 
    Lydia Feodorovna PLACES. Nice.

    Très Chère Soeur en Christ. Je suis extrêmement touché de votre petit mot et je voudrai saisir l’occasion de cette réponse, pour vous souhaiter du fond du cœur que cette nouvelle année soit pour vous le retour de votre âme dans la paix du Seigneur qui n’est pas de ce monde. Puisez dans le pardon du Christ cette paix qui est cette eau inépuisable de son amour compatissant; Le puis de Jacob ne donnait que de l’eau qui désaltérait sur le moment, mais n’aboutissait pas à désaltérer l’âme dans sa soif inconsciente ou consciente du Divin. Mais l’eau que donne le Christ, que l’on puise dans le rocher de son tombeau est celle du pardon qui désaltère éternellement et nous procure Sa paix supra-céleste. Car le pardon est la source de la résurrection de l’âme.

    +Métropolite Michel


    Ce que vous venez d'écrire est très, très touchant Vladika. Je pense bien à vous ainsi qu'à Christine, à Claire et à Germain que je n'ai pas connu, mais qui a fraternisé nos amitiés et rassemblé en coeur autour du Christ. J'ai toujours en mémoire ces photos ou il tient dans ses mains une caméra, et des photos de Claire sûrement prise au même moment. Je vous embrasse bien fort.

    Oui, toute notre vie, nous traversons moultes paradoxes, dans l'espérance de la Plénitude de l'Amour... merci Père, pour votre témoignage qui nous aide précieusement dans cette traversée...


    Je vous remercie tous de vos témoignages à propos de mon écrit" Le Vieux manteau" Il est là simplement pour dire que la foi absolue qui est la mienne n'exclut pas la totalité de la douleur; une douleur semblable à celle de la Mère de Dieu au pied de la Croix qui ne doutait pourtant pas de la résurrection de Son Fils N.S. Jésus Christ: nous inscrivons notre espérance de la résurrection dans le mystère du Tombeau. Vous avez été  très nombreux à m'écrire sur facebook. je ne publie ici que certaines lettres; d'autres m'ont parru plus privées. Elles  sont toutes  marquées comme vos vies, nos vie,  des sigmates de la Croix.  Vous pouvez également m'écrire sur l'adresse dédiée de ce blog:<metropolite.michel@mgrmichel.fr>

    Avec amour en Christ +Métropolite Michel

  • Le Vieux manteau

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    Le vieux manteau


    La mort est venue vers moi ; je devrais plutôt dire vers nous, il y a un peu plus de vingt ans lorsque Christine, ma fille Claire et moi avons perdu notre fils et son frère Germain âgé de 18ans. 
    Je ne peux, vingt deux ans après, évoquer ce voyage dans « l’ombre de la vallée de la mort » ( Ps. XXIII, 4) sans larmes, sans douleur, même si je crois profondément à la vie éternelle dans la quelle mon fils est, hors de notre temps déchu, introduit  pour ne pas dire immergé et dont je ressent au plus profond de moi-même toute la réalité.
    La pensée de la mort, qui est une voie mystique et ascétique balisée chez les Pères du désert, est devenue à mon su et à mon insu, une seconde nature, au point que je ne m’endors  jamais sans me dire : « Et si c’était cette nuit ? » Et commencer une prière adressée au Christ, en lui disant : «  Je ne suis pas prêt ; je ne suis pas purifié ; j’ai tant de chemin à parcourir encore pour aller vers Toi, quitter l’esprit de ce Monde dont je suis imbibé, et devenir, enfin,  transparent à Toi ».
    Je n’ai pas peur de la mort ; mais je crains les conséquences de la mort, d’une mort pas encore espérée comme la désire  certains Pères du désert. Cependant, sans connaître cet ultime degré, j’espère me diriger chaque jour, chaque heure, chaque minute, lorsque le Seigneur le décidera, vers  une mort tournée vers la Résurrection du Christ et en Lui et Sa Sainte Mère, les saints et les justes parmi lesquels je crois voir, brillant de lumière et de joie résurrectionnelle mon fils Germain.
    Quelle antinomie de vivre à la fois dans le deuil de la mort et dans l’espérance de la Résurrection! Mais la Croix sans laquelle nous n’atteignons pas la Résurrection est antinomique, entre cette douleur tenace qui ne me quitte pas, non pas que je pense à chaque instant à mon fils, mais qu’il surgit, de lui-même ou de mon âme dans laquelle il est enseveli à ras de terre,  plusieurs fois pas jour, et jamais sans larmes. Je m’empare alors de cette pensée en m’efforçant de la tourner vers le Crucifié, pour à travers sa Croix et son ensevelissement dans le tombeau, y recueillir la douce lumière de l’aurore de la Résurrection, qui telle une rosée au soleil scintille après la pluie sur les feuilles des arbres, la crête de l’herbe verte et les pétale de fleurs.
    Je me pose pourtant cette question de fond, souvent esquivé parce que dérangeante : « Pourquoi le Seigneur a-t-il permis que nous traversions cette épreuve ? »  Cette interrogation est revenue ce dimanche après avoir trouvé jeter près de la poubelle derrière notre maison  un vieux manteau usé que j’ai immédiatement reconnu, celui que portait hier encore Germain, car le temps de l’amour et de la séparation ne se compte pas comme le temps ordinaire.  Enfouis dans un carton depuis vingt-deux ans  ce manteau noir, n’était pas conservé comme un trésor, mais comme tant de chose que nous n’arrivons pas à jeter car elles font parti d’un oubli jamais oublié, et soigneusement ranger dans un endroit perdu. Mais en ressurgissant de nul part, au grès d’un rangement, il devient une relique que je ramasse dans des sanglots que je n’avais pas versé, à ce point,  depuis des années. C’est dans la soirée que mon inconscient où le mystère de la grâce, ou encore une synergie des deux m’a inspiré le sujet de mon ouvrage, que je désire, comme chacun de ceux que j’ai écrit - quelle présomption - utile à d’autres.
    Soudain en pressant dans mes mains ce manteau, ce nouveau linceul de mon fils, je me suis rendu compte que je vivais depuis vingt-deux ans dans la pensée quotidienne de la mort, et que si celle-ci ne m’avait pourtant pas épargner des erreurs, incontestablement elle avait guidé tous mes choix, c’est-à-dire, la hiérarchisation des valeurs qui avait  éclairé ces choix,  et lorsque cela c’est produit, de prendre conscience  de mes erreurs, d’être capable de recommencer le chemin ; ou de m’entêter dans une voie condamnée par les autres. Parce que justement ce qui compte c’est le Christ, devant Lequel je suis plongé dans cette pensée de la mort et de ma rencontre personnelle avec Lui après la séparation de l’âme et du corps,  et non l’avis autorisée de tel ou tel tribunal humain. Combien de saints n’ont-ils pas été condamnés de leur vivant, tels saint Jean Chrysostome, saint Photios le Grand, et plus près de nous saint Nectaire d’Égine par de tels tribunaux légaux que sont les synodes et les conciles, et jusqu’à l’opinion publique majoritaire du siècle, y compris d’autres saints, auxquels ils appartenaient. Saint Jean Chrysostome a été condamné même après son trépat par saint cyrille d’Alexandrie, juqu’à ce que le grand saint Isidore lui en fasse le reproche. Saint Photios était notamment jugé et en rupture de communion avec saint Nicolas le Studite qui ne s’en repentit jamais même à l’heure de sa mort. Saint Nectaire d’Égine en Égypte puis en Grèce, comme en Russie saint Ignace Briantchoninov ont  été trainés dans la boue des calomnies sur leur vie morale par des membres du monachisme et du clerger. C’est le lot des saints de vivre de telles persécutions.
    Personne ne peut prétende pour soi à la sagesse parfaite, sauf les fous. Mais certainement qu’il existe des voies qui y conduisent, parmi lesquelles,  pour les Pères de désert, la voie de la pensée de la mort. Saint Isaac le Syrien, écrit au début de son traité  ascétique :«  Vis aujourd’hui comme si tu allais mourir demain ».
    Et surtout de comprendre, de discerner, que chaque action humaine en dehors de sa réussite sur un plan  mondain,- cette action peut même être un échec complet sur ce plan - si elle est faite en face de la Mort c’est-à-dire en face de la Vie en Christ  qui se cache derrière cette apparence de mort, celle-ci nous conduira toujours  vers l’époux de notre âme, à  l’union sans nom avec Lui.
    Devrai-je me dépouiller aujourd’hui en l’enterrant de ce vieux manteau surgit à la fois de la Providence et de mon inconscient dans une mystéreisue syncronicité qui me faisait chercher le sujet d’un ouvrage à écrire depuis quelque semaines ?  J’ai choisi de m’en revêtire comme d’un vêtement nouveau, et en saisissant ma plume d’assumer tous les non-dits de cette mort qui n’en finit pas, de ce désespoir jamais comblé, de ce deuil en attente de la Résurrection. Car comment mourir après son enfant tant cela semble aller contre les lois mêmes de la nature ?  Je faisais remarqué dans mon précédent ouvrage  « Mon Fils est né au Ciel- Ed. Fayard » que s’il y avait un mot pour définir des enfants dont les parents sont morts : orphelins ; et encore un mot pour nommer le conjoint survivant au trépas de sa moitié : veuf ou veuve ; il n’en n’existait  aucun pour définir l’innommable : des parents survivant à leur enfant.
    Et pourtant de puiser dans cette épreuve  le désir de le rejoindre lorsque mon temps sera venu, et de vivre sur terre  autrement en cherchant une lumière derrière cette ombre de la mort, La Lumière Elle-même, Le Christ Ressuscité.
    La « pensée de la mort » nous situe à notre insu directement dans ce souffle du sable du désert que constitue  la l’enseignement des Pères du désert, mais en transposant leur expérience dans la vie courante d’aujourd’hui,  en confrontant leurs enseignements à travers des situations concrètes que nous rencontrons tous, pour aboutir à cette catharsis ce dépouillement-purification qu’elle oppère, cette guérison qu’elle octroie parfois.
    Cette démarche pour les Pères appartient à la philosophie pratique du Christianisme. Rappelons au lecteur la sémntique du mot philosophie « Philo » : amour « Sophia » : sagesse ; L’amour de la sagesse. Pour les Pères la pensée de la mort conduit infailliblement à l’amour de la sagesse. Elle est selon eux la sagesse parfaite puisqu’elle puise sa source dans le non-désir des biens de ce monde (un mort n’a plus de désir) et qu’elle se concentre uniquement sur la Vérité parfaite.
    Il y a trois soirs j’avais un cousin âgé de quatre-vingts ans  à dîner à la maison : il m’avouait sa peur de la mort : « Lorsque que j’étais enfants, nous parlions de veillard de quatre vingts ans qui nous paraissaient aux portes de la mort ; ça m’a fait un coup de les avoir ! Pourtant je me sens jeune mais je suis obligé d’envisager que je vais mourir demain et j’ai une profonde envie de vivre… j’ai peur de mourir !  Toi qui est un homme de Dieu que peux-tu me répondre ? »
    Je lui dis : «  Depuis la naissance au Ciel de Germain, je suis partagé entre le désir de vivre,  pour les choses qu’il me semble que Dieu me demande de réaliser sur terre, mais aussi pour accompagner ceux que j’aime sur cette terre, et le désir de rejoindre mon Fils Germain ; mais également le Chrits et la Mère de Dieu que je prie tous les jours, et les différents saints avec lesquels par la lecture de leur vie et de leurs écrits je connais  une intimité. Je n’oublie pas tous ceux qui m’auront précédé dans le Royaume. Je n’ai pas la crainte de la mort, sauf en ce qui concerne les erreurs que j’ai faites dans ma vie, mais c’est un autre débat. J’ai tant d’amis qui m’attendent au Ciel. »
    Je ne sais pas si ces paroles ont appaisé mon cousin ; mais qui songe que tous les saints que nous prions sont des défunts ? Nous, les Chrétiens,   nous vivons avec des trépassés qui sont vivants dans le Christ Ressuscités. Pour les plus âgés d’entre-nous, nous continuons à vivre par le souvenir que nous en conservons avec des morts. J’ai une pratique spirituelle depuis des années : à chaque fois que je songe dans la journée  à une personne disparue, je prononce intérieureument pour elle la prière orthodoxe des défunts : «  Dieu des esprits et de toute chair qui à triomphé de la mort et terrassé le diable pour donner la vie au monde,  accorde à ton serviteur défunt ( ou à ta servante…) le repos dans le séjour de la lumière… ». Souvent dans la nuit je suis réveillé par le souvenir de plusieurs trépassés que j’ai connus, et je prie de cette manière pour le salut de leurs  âmes que j’achève en chantant toujours dans mon cœur : « mémoire et éternelle…. » En espérant qu’un jour d’autres le feront de la mêm manière pour moi. Celui qui a la mort à chaque instant en face de lui réalise la Parole de l’Écriture Sainte : « J’ai constament l’Eternel sous mes yeux ; quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. » (Ps.XVI,8) Il connaît  une des formes de la la prière perpétuelle.
    C’était  cette expérience que je désirai aujourd’hui partager avec vous…

    +Métropolite Michel Laroche

  • L'Echelle Mystique des Béatitudes II

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    L’Abba continua : «   Dans le second barreau des Béatitudes  nous découvrons comment se réalise l’action du Consolateur, c’est-à-dire l’Esprit Saint, dans l’âme et le corps de ceux  qui l’ont mendié comme des  « pauvres en Esprit. ». Écoute la Béatitude :   «  Bienheureux les endeuillés car il serons consolés. »
    Mais il me faut te dire quelque chose, avant d’avancer davantage dans notre commentaire sur ce qui nous distingue de nos frères les moines Latins qui sont venus nous visiter au monastère cette année pour un pèlerinage dans notre désert. J’ai observé dans nos conversations qu’ils placent toujours la seconde Béatitude, comme étant celle qui est pour nous  la troisième Béatitude : « Bienheureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu ». Comme nos saints Pères occidentaux, saint Léon le Grand, saint Hilaire d’Arles, et biens d’autres ils n’ont pas, comme nous, une lecture spirituelle et expérimentale du  texte, mais une lecture morale. D’autres part nous avons reçu ici dans notre beau désert de Syrie, la Tradition ininterrompue depuis les premiers Apôtres, par nos saints Pères : Abba Antoine, Abba Siloes, Abba Agathon, Abba Evrague, Abba Poemen, Dorothée de Gaza,  Abba Petros Damascène, Abba Isaï du désert de Scété, Abba Isaac le Syrien et une multitude d’autres Pères du désert ;  sans oublier nos saints Pères parmi les Pontifes : Basile de Césarée,  Grégoire de Naziance, Jean Chrysostome et une multitude d’autres Pères de l’Eglise d’Orient qui situent : « Bienheureux les endeuillés (En grec Penthos signifie deuil) car ils seront consolés. » comme venant immédiatement après la Béatitude de la pauvreté en Esprit Saint. » Cette seconde place pour nous de la Consolation divine a une signification aussi précise que le mouvement des planètes.

    Le disciple interrogeât : «  Abba Peux-tu m’expliquer ce que tu entends par là ? »

    « Chez nous  toute chose doit être accomplie selon la parole du Christ « En Esprit et en Vérité » (Jn IV, 24 et Jn XV, 26). C’est l’Esprit de vérité qui vous conduira vers le Vérité toute entière. » (Jn XVI, 13) enseigne encore le Christ.  Cette dernière parole signifie que sans l’assistance du Saint Esprit  Lui-même nous ne saurions, seul, par nous mêmes, comprendre les Écritures Saintes qui conduisent au salut. Penser que  nous pouvons accomplir, seul,  sans l’aide de l’Esprit la Parole du Christ « en Vérité » ne suffit donc pas.  Non pas que la fidélité à la parole du Christ ne conduirait pas au salut. La parole du Christ bien entendue suffit dans son respect fidele à nous sauver.  Mais que cette fidélité est impossible à trouver et à réaliser sans l’assistance de l’Esprit Saint. Remarques ceci : même les hétérodoxes pensent observer les Écritures Saintes « En Vérité »  et comme nous certains les connaissent par cœur. Ils en possèdent une  vérité extérieure ; mais ils leurs manque pour la vivre, la plénitude de  l’Esprit Saint,  de Celui qui nous rappelle toutes les paroles, y compris celle non écrites que nous connaissons par  la Tradition, qu’a prononcé le Maître comme il l’a annoncé Lui-même à ses Apôtres : « Celui qui doit vous venir en aide, le Saint Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera  tout et vous rappellera tout de que je vous ai dit. » (Jn XIV, 25). N’oublies pas que la Proto-Église durant les quatre vingt dix première année de son existence n’avaient pas l’ensemble du codex de l’Écriture Sainte - les uns possédaient l’évangile de Jean, les autres celui de Luc, d’autres celui de Marc, d’autres encore  certaines Épitres de Paul etc.- Cependant toutes ces Églises Locales avaient par la Tradition la totalité de la révélation de la Bonne Nouvelle, et vivaient avec les quatre Évangiles. C’est pourquoi avec saint Basile de Césarée nous disons : « Nous ne nous contentons pas cependant des paroles rapportées par l’Apôtre et l ‘Évangile ; avant et après, nous en prononçons d’autres qui ont une grande importance pour le mystère, et qui viennent de l’enseignement non écrit. » C’est cet enseignement non écrit mon enfant que tu reçois de la part de ton Abba et des autres Pères dans ce monastère qui constitue la sainte Tradition à laquelle nous Orthodoxe nous somme fidèles. C’est ici que viennent à la fois la Tradition et l’Expérience.  Avant que d’être proclamé à Rome et en Occident l’Évangile a été proclamé à Jérusalem, en Terre Sainte et dans les déserts autour de la Ville et ensuite à Antioche où pour la première fois les croyants prirent le nom de chrétien. 
    Mais tu devras attendre la fin de cet enseignement que j’ai reçu de mon propre Abba qui l’avait lui-même reçu de son Abba et cela depuis le commencement de la vie monastique pour apprendre pourquoi et comment c’est le deuil des larmes qui produit la douceur du Saint Esprit qui constitue les arrhes de l’héritage annoncé par le Christ de la terre promise de la résurrection.

    «  Mais très exactement qu'est-ce que le deuil?»  Questionna  le disciple. 

    L’Abba continua : «  Ce second degré de l’échelle mystique des béatitude est le  bienheureux  deuil (penthos) ; c’est déjà  un échelon très élevé et tous n’y parviennent pas, bien que tous pourraient  y être hissés. Mais avant de te faire pénétrer dans l’expérience spirituelle du deuil il nous faut éclairer le vocabulaire que nous utilisons. En Orient nous ne disons pas comme en Occident « Bienheureux les affligés ». L’affliction n’est qu’une partie du deuil et non le deuil en entier. Le deuil contient l’idée qu’il est question de la mort : c’est l’âme morte à cause du péché. Celui qui connaît le bienheureux deuil de la Béatitude, en effet, prie constamment en gémissant sur son âme morte à cause du péché, et par ses larmes la ressuscite de la mort. Celui qui s'endeuille constament sur son âme, comment ne  ne cesserait-il  de prier? «  Priez sans cesse » c'est rentrer en deuil sur sa propre âme et gémir pour que le Christ la ressuscite de la mort…
    Si un père et une mère ont leur enfant qui part au Ciel, ils connaissent une tristesse de tous les instants qui ne les quitte jamais. Le véritable Deuil de la Béatitude est ainsi, et il constitue la prière perpétuelle, car celui qui jour et nuit pleure sur ses péchés devant le Christ, gémit en disant : «  Seigneur Jésus Christ aie pitié de moi pécheur. »  Le deuil étreint son cœur, et à cause de cela, il ne cesse d'implorer. Il est dans l'état de prière car l'Esprit Saint qui est en lui ne cesse de prier. Il contemple l'étendu de ses péchés, et supplie constamment pour son âme, comme une mère sur le cadavre de son enfant. Et le plus curieuse et que cet homme n'a pas conscience qu'il prie sans cesse.
    Pourtant l'origine du deuil saint n'est pas dans l'homme lui-même. Abba Éphrem le Syrien  a en effet expliqué que Dieu plus qu'une mère qui aime son enfant même si celui-ci est un assassin. Dieu  ne cesse  d’aimer une âme qui s'éloigne de Lui. Dieu continue Ephrem le Syrien aime chaque homme plus que toute la création. Tu te rends compte, que toi et moi nous sommes aux yeux de Dieu plus important que tout les reste de la création visible et invisible. Le Christ l’a d’ailleurs exprimé en disant : « Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel vient à s’affadir  avec quoi va-t-on le saler. » ( Mt XV, 13). Cette parole signifie que la terre n’existe qu’en fonction de l’homme, mais que si l’humanité dans son ensemble un jour se détourne totalement de Dieu alors la terre et le reste du monde perdront leurs raisons d’être. C’est alors que Dieu décidera de la fin du Monde.
    Mais revenons à notre propos : Dieu connaît dans une forme inexprimable de Son amour, le deuil pour cette âme qui s’est éloignée de Lui, et  qui, en vérité, en s'éloignant de la Vie est véritablement morte. C'est ce deuil, ce regard « endeuillé » que le Père pose alors sur elle, que l'âme rencontre lorsqu'elle change de direction. C'est cela la « méthanioa » : l’âme change de direction et s’en retournant  vers le Père Céleste rencontre sur son chemin Son regard endeuillé. Elle ne pleure pas de ses propres larmes, de sa propre et exclusive douleur, mais des larmes divines, bienheureuse et douloureuse du Saint Esprit que lui communique ce regard et le endeuillé du Père sur elle. Dieu lui montre ses fautes en les lui pardonnant et en la purifiant.  Par et dans ses larmes du deuil divin elle est rebaptisée, dévêtues du vêtement du péché, et revêtue de la robe nuptiale de la grâce. Saint Jean de l’Echelle à nommé s ces larmes plus grandes que celle du premier baptême à condition que l’on ait reçu le premier baptême, car elles ont la puissance de restaurer la grâce du premier baptême enseveli sous la crasse du péché.  Saint Syméon le Nouveau Théologien affirme que le premier baptême n’est que le symbole alors que le second baptême des larmes est la réalité même (de la grâce).  Celui qui connaît le deuil, expérimente un état que des Pères ont appelé «  tristesse joie ». Tristesse car l'âme comme le Fils Prodigue voit ses péchés avec une clairvoyance jamais atteinte au paravent. Joie, car elle se voit dans le regard du Père sauvée et  revêtues d'une incomparable beauté, et elle éprouve dans ce regard qui la restaure comme fils, un amour sans limite. Saint Isaac le Syrien a décrit cet état en énonçant que Dieu montre les fautes de l‘orant en les lui pardonnant. Deuil de la vision des péchés et douceur ineffable de la grâce du pardon ; sanglots de reconnaissance que verse l’âme dans un désire d’union avec le Christ bien qu’elle se sente souillée et indigne. Bienheureuse antinomie de se voir souillée dans la lumière de la catharsis qui rend sa tunique écarlate de péché blanche comme neige. Tristesse encore  à cause de la conscience douloureuse de la componction du péché qui dans l’âme et le cœur ont séparé l’homme de Dieu ; joie du pardon divin qui survient avec et  par cette prise de conscience, et qui unissent à nouveau l’âme et le cœur avec le Christ sauveur. Joie de la présence du Christ dans la consolation divine de l’Esprit Saint.  Joie du Christ Ressuscité qui ressuscite notre âme de la mort. C’est dans cette expérience que l’âme est introduite dans la Terre des Doux…

    « Abba, trouves-t-on, en dehors de cette transmission que tu me donnes  de Père à disciple, des traces de cet enseignement de feu dans les textes canoniques de notre Église ? Je sais en effet que même de nos jours, il y a des évêques qui demeurent, comme dans les siècles passés,  hostiles à la  pratique de la prière du Nom de Jésus ?

    « Mon Fils, tu entendras ces demandes répétées du charisme des larmes sans les quelles il n’existe aucune purification des souillures de notre âmes, dans les Odes du  Triode de Carême et dans les Prières Préparatoires avant la communion, notamment dans les différends  "Canon au Christ Très Doux", tous écrits par de saints hésychastes,   où elle sont demandées. Vois  par là que non seulement nous les moines sommes appelés par le Seigneur à avoir les soupires et les gémissements  du Publicain et les larmes de la pécheresses comme celles versés sur sa couche par le roi David, mais que l’ensemble du Peuple Royale - nommé ainsi parce que lui aussi est revêtu de la Royauté de l’Esprit divin- est appelé à la sainteté, et pour ce faire, à la purification des saintes larmes du bienheureux deuil.

  • L'Echelle Mystique des Béatitues

     

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    Premier degré : « Bienheureux les pauvres en Esprit car le Royaume des Cieux est à eux. »

    Le disciple demanda à son Abba : « Abba parles-nous des Béatitudes. Quels sont leurs mystères ? Pourquoi sont-elles placées  dans le Sermon sur la Montagne avant  la prière du  « Notre Père » ?
    L’Abba  commença « Les neufs Béatitudes correspondent aux neufs degrés de la prière. De nombreux Pères ont commenté de cette manière les Béatitudes en particulier notre Père parmi les saints Syméon le Nouveau Théologien et notre Père parmi les saints Pierre Damascène. Je ne suis même pas digne d'en commenter un seul, puisque je suis au pied du premier barreau de cette échelle mystique, et que si, peut-être, j'ai posé ma sandale sur cet échelon, je ne m’y suis pas encore élevé, car je ne suis qu’au commencent du chemin, selon la parole de saint Grégoire de Nysse dans son commentaire du Cantique des Cantique: « Arrivée à ce point l’épouse (l’âme) apprend qu’elle est aussi loin d’être parvenue à la perfection que ceux qui n’ont pas encore commencé ».
    Dans le premier degré : « Bienheureux les pauvres en esprit car le Royaume des Cieux est à eux. »   La première « pauvreté en esprit » de la Béatitude, c'est de se reconnaître pauvre en « Esprit Saint ». Pauvre, comme un véritable mendiant, quelqu'un privé de tout, car en vérité celui qui est encore privé de Dieu est privé de « Celui qui est », il est donc privé de celui qui est « Tout pour tous » et qui seul remplit tout. Devenons des mendiants de Dieu, en mendiant l'Esprit saint qui est Royaume et richesse du Royaume. Sans l'Esprit Saint nous ne savons comment prier. Mendions comme un pauvre l'Esprit Saint, afin qu'Il nous apprenne à mendier L'Esprit Saint est l'auteur de la prière. Celui qui se sait pauvre en esprit de prière franchit le premier barreau de l'échelle mystique des Béatitudes. Il te faut savoir mon enfant que pour nos prédécesseurs il existait une parfaite synonymie entre Royaume des Cieux et Esprit Saint. Le Christ Lui-même établit cette synonymie en disant « Et si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons alors le Royaume des Cieux est parmi vous. » (Mt XII, 28) Écoutons ces voix du silence, ces voix du désert là où souffle l’Esprit  nous dire avec Abba Evagre: « Que Ton Règne arrive : le Règne de Dieu c’est l’Esprit Saint ; nous prions qu’Il le fasse descendre sur nous. »
    Saint Grégoire de Nysse le plus mystique des Pères Cappadociens, contemporain d’Abba Evrague puisait à la même source son enseignement du « Notre Père » sur la fameuse phrase : « Que Ton Règne arrive » qu’il lisait comme saint Jérome, Origène, saint Grégoire de Naziance, Abba Evagre, saint Maxime le Confesseur et bien d’autres Pères pneumatophores,  en remplaçant le vocable « Règne » par le mot « Esprit » : « Que Ton Esprit Saint arrive et qu’il nous purifie. ». N’oublies pas que comme en Araméen où le mot « Ruha » est du féminin, langue qu’utilisait le Christ, qui en parlant de l’Esprit Saint, disait : « l’Esprit Sainte consolatrice, » et non pas « l’Esprit Saint Consolateur » au masculin, le « Règne » « Basilea »,  est du féminin en grec.
    Mais revenons à la prière. Trois chose sont essentielles pour la prière des Béatitudes : se reconnaître pauvre en esprit de prière, et se reconnaître pauvre en tant que pécheur, et enfin se reconnaître pauvre en dons du Saint Esprit. Celui qui comme le Publicain de la Parabole s'adresse à Dieu, en reconnaissant qu'il n'y a pas sur terre un plus grand pécheur que lui, et son incapacité à Le prier, ainsi que son manque de force pour changer de vie, sans le savoir, a atteint le premier degrés de la Béatitude. Car il ne se fonde sur rien de bon ni de valable en lui pour s'adresser à Dieu.

    Il demande à Dieu une nouvelle bouche pour lui parler parce que ces lèvres sont impures. (Psaume 113)
    Il demande à Dieu Sa seule force pour vaincre le péché en lui parcequ’il confesse avec saint Nil de la Sora : « Seigneur je suis sans force ».
    Il s’adresse au Christ Jésus, comme Barthimée le mendiant aveugle, de lui rendre la vue en criant : « Seigneur Jésus Christ  Fils de Dieu aie pitié de moi pécheur. » pour voir la Vrai Lumière qui seule chasse les ténèbres de son âme.
    Il se reconnaît plus pécheur que le Publicain et demande d’avoir comme prière ses gémissements qui sont reçus comme une agréable oblation par le Seigneur.
    Il se reconnaît plus pécheur que la Pécheresse, et demande d’avoir comme elle la prière de  ses larmes qui sont devant le Seigneur un parfum odorant et pour l’âme un second baptême.
    Il se reconnaît plus pécheur que le roi David car comme lui il a été meurtrier de sa propre âme en commettant des péchés qui séparent de la Vie qui est Dieu,  et adultère en vénérant l’esprit de ce monde.
    Il accepte enfin la crucifixion des épreuves comme une participation d’abord involontaire et ensuite volontaire au Sacrifice du Christ sur la Croix à cause de ses nombreux péchés.
    Il demande au Christ Sa résurrection parce qu'il se place parmi les morts.

    Il découvre avec Barthimée qu'il est non seulement un mendiant, mais aussi un aveugle car il ne discerne pas ses péchés.
    Le commencement de la guérison consiste en  la conscience de la faute. L’orant prend également conscience qu'en lui les passions ont remplacé la place prévue par Dieu pour la grâce. C'est en cela qu'il se sait pauvre en charisme du Saint Esprit : L'orgueil et la vanité ont pris la place de l'humilité, l'impatience a remplacé la patience ; l'irascibilité s'est substituée au désir de Dieu et à la douceur ;  le manque de fois l'inquiétude du lendemain et  à la foi ; la haine  à la paix ; l'indifférence à l'amour ; et la rancune et le jugement d’autrui, au pardon. C’est dans  chaque  rayon de l’unique lumière du Royaume qui est Esprit, qu'il discerne tout ce qui en lui est ténèbres.
    Il ne sait pas c'est que c'est par la venue positive en lui de chacun de ces charismes qu’il a pu commencer à discerner  le péché opposé à la venue, plus parfaite en lui, de ce don du Saint Esprit.
    C’est par le rayon de  lumière de l'humilité qu’il a commencé à discerner  l’orgueil et la vanité tapis dans son cœur. C’est par le rayon de  lumière de la patience qu’il a commencé à discerner  l'impatience.  C’est par le rayon de  lumière du désir de Dieu et de la douceur qu’il a commencé à discerner  l'irascibilité.  C’est par le rayon de  lumière de la foi  qu’il a commencé à discerner  le manque de foi et l'inquiétude du lendemain.  C’est par le rayon de  lumière de l'amour qu’il a commencé à discerner  la haine  et  l'indifférence. C’est par le rayon de  lumière du pardon  qu’il a commencé à discerner  la rancune et le jugement d’autrui. »
    « Abba quel conseil me donnes-tu pour mettre en pratique ton enseignement »

    « Mon Enfant continua l’Abba ce n’est pas « mon enseignement » mais celui des Pères du désert et des moines qui  ont suivi leur exemple. Tu trouveras cet enseignement explicite  dans les écrits saint Grégoire de Nysse qui était marié mais aspirait à la vie monastique comme il l’écrit lui-même, et comme je te l’ai dit au début de notre entreteint, de saint Pierre Damascène, de saint Syméon le Nouveau Théologien et d’une manière induite chez l’ensemble de Pères de l’Eglise.
    Le conseil que je peux te donner et celui que je mets moi-même en pratique depuis le commencement de ma vie véritablement chrétienne :   chaque soir j’anticipe le jugement qui sera porté contre moi lors du Jugement dernier. Et à la place d’or, de myrrhe et d’encens que les Rois mages offrirent au Christ nouveau né,  j’apporte au pied de la Croix de Notre Seigneur Jésus Christ tous mes péchés qu’il a déjà racheté sur sa Croix. Car en ce jour terrible même les péchés pardonnés seront dévoilés.
    Et je m’adresse au Christ Crucifié en Lui disant : « Seigneur Toi qui volontairement à pris sur Toi tous mes péchés que j’ai commis volontairement et involontairement, consciemment ou inconsciemment, je te les remets pour que tu me mes remettes, comme tu remets toute nos dettes sur ta Croix, à condition que nous remettions-nous même toutes leurs dettes à nos débiteurs. Je t’apporte avec mes péchés ma vie impure pour qu’une fois encore tu les portes  ensembles  dans ta Chair pure et   que tu les assumes par ton Sang versé en me purifiant et en me sauvant dans ta Chair blessée et Crucifiée. Que le sacrifice de Ton Corps Très Saint et de ton Sang versé soit pour moi purification et introduction dans ta vie éternelle, bien que je sais que ma place normale serait d’être en Enfer. Mais comme tu as introduit avant tous les saints de l’Ancien Testament le Bon Larron au Paradis, moi qui suis par mes péchés, mais également par ma foi, un autre Bon  Larron, comme lui je ne désespère pas de mon salut et je te redis avec Lui : « Seigneur souviens Toi de moi lorsque tu seras dans ton Royaume ». Et par les Prière de la Toute Sainte et toute pure Mère de Dieu et toujours Vierge Marie l’avocate des causes désespérée, que tu prononces envers le pécheur que je suis un jugement favorable que je sais ne pas mérité. »
    Le disciple  répondit : « Si toi Notre Abba tu dis cela…alors il n’y a aucun espoir pour nous qui ne menons pas une vie semblable à la tienne…Et que dire des gens qui vivent dans le monde ? Qui peut-être sauvé ? »

    L’Abba répondit : «  Le Christ a déjà répondu à cette question : « Pour les hommes c’est impossible ; mais pour Dieu tout est  possible » ( Mc  X, 27). Mais pour ton estime excessive de moi qui t’aveuge, je te répondrai : tu ne connais de moi que l’extérieur. Seul le Seigneur connaît les tréfonds de mon âme et la pourriture qui est en moi. Cependant pour t'édifier je te dirais la parole d’Abba Dorothée de Gaza : «  Plus les saints (et je n’en suis pas un) s’approchent de Dieu plus ils se voient pécheur ». Cette parole ne s’applique donc pas à notre indignité. Cependant elle comporte pour nous tous, dans la progression que nous espérons chacun vers « la Vrai Lumière » comme nous le chantons lors de la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome après avoir communié au Corps et au Sang du Christ, la possibilité d’un discernement qui sera indispensable à notre vie spirituelle.  Ecoutons à nouveau cette parole: «  Plus les saints  s’approchent de Dieu plus ils se voient pécheur ». Parce que d’avantage les saints  se situent dans la proximité de la « Lumière de Lumière », d’avantage le Seigneur leur donne à discerner leur péché aussi nombreux que  les grains de sables de la mer. En se tenant éloigner de la Vrai Lumière nous sommes devenus  aveugles et nous péchions sans même nous en rendre compte. En  nous approchant de la Lumière, nous découvrons parfois une blessure grave infligée à nous-mêmes, comme à notre prochain, des années d’obscurités au paravant. Je t’ai expliqué au début de notre entretien la place primordiale de la Lumière dans le discernement : c’est  chaque vertu qui éclaire ton âme pour te faire découvrir l’obscurité qui s’oppose à une venue plus parfaite de cette vertu ou charisme.  C’est la même Lumière qui éclaire nos ténèbres intérieures et nous donnes conscience de nos péchés passés et présents.  Et nous gémissons pour cette faute passée parfois  plus que pour les fautes présentes. Telle est la voie ses saints, en se rapprochant de la « Vrai Lumière » ils discernent leurs ténèbres intérieures. Tels sont les véritable « pauvres en Esprit » conscient de leur manque de charismes spirituels, de leur pauvreté en dons du Saint Esprit et des haillons du péché dont ils sont revêtus.  Ils crient et gémissent  comme des mendiants que le Christ leur accorde l’Esprit Saint Consolateur qu’Il a promis à ses apôtres et ses disciples dans Son Dernier Discour de Sa Passion. »