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  • Courrier des internautes

     

    P1010022.jpgExtrait d’une lettre reçue

    Wladika, Le Christ est Ressuscité !

    Simple croyante orthodoxe (…) Je me permets également de vous écrire à propos de votre dernière homélie qui comporte, selon moi, une lacune théologique : Vous semblez affirmer que dans l’Église orthodoxe le baptême minimiserait la signification Trinitaire que vous semblez dire plus  présente dans l’Église Catholique ? Pourriez vous m’éclairer sur votre pensé exacte ?

    Seconde question : vous semblez penser - mais vous ne le dites pas clairement - que le baptême catholique serait invalide ?

    La réponse du métropolite Michel Laroche

    Le Christ est Ressuscité !

    Chère Madame,

    Tout d’abord je vous remercie de l’ensemble de vos remarques et appréciations  (qui ne sont pas publiées) à propos des homélies présentes sur mon Blog. Lorsque le métropolite Antoine Bloom de bienheureuse mémoire, que je connaissais, recevait de tels compliments sur le contenu spirituel de ses conférences ou homélies, il avait pour habitude de dire : «  Le démon me l’a déjà dit ! » Je ne peux que vous donner cette réponse. En revanche vous avez raison : je n’ai pas été suffisamment clair lors de la dernière livraison en vidéo sur mon blog dans l’homélie prononcée ce dernier « Dimanche des Palmes ».

    Vous l’avez relevé vous-même, dans votre lettre, mes homélies ont un contenu spirituel. Je m’efforce d’éviter de faire des conférences « ex cathedra » mais uniquement d’approfondir les chemins de la vie en Christ.

    Pour revenir à ce que je n’ai sans doute pas suffisamment développé  sur les différences entre  baptême dans l’Église  Catholique Romaine et celui administré dans l’Église Orthodoxe, je constate que dans la première on insiste Principalement sur le Mystère Trinitaire sans immerger le catéchumène alors que dans les Églises Orthodoxes et Orientales (Arménienne, Copte, Éthiopienne, Nestorienne,  Syrienne Jacobite, etc…)  on insiste également  sur la signification du mot baptême – ce que j’indique dans mon homélie - qui vient en français du mot  grec « baptisma » qui veut dire « immersion ».  Dans ces dernières Églises les catéchumènes sont réellement immergés, comme cela se faisait antérieurement  au schisme (1054) dans l’ensemble de l’Église en Occident comme en témoignent les superbes baptistères (par exemple en France  qui permettent d’immerger un adulte les Cathédrales de Poitiers et de Fréjus) dans les édifices religieux avant l’an Mil. 

     En disant, dans mon homélie, que l’Église Occidentale insiste dans le baptême principalement sur le mystère Trinitaire, cela ne veux certainement pas exprimer, dans ma pensée, que l’Église Orthodoxe inférioriserait le sens du sceau Trinitaire donné à tout nouveau baptisé.

    Dans mon homélie j’insiste surtout sur le fait que dans l’Église Orthodoxe nous disons avec l’Apôtre Paul (que je paraphrase sans le citer : «  Enseveli avec le Christ nous Ressuscitons avec Lui »),  que dans la Triple immersion du baptême le baptisé reçoit également dans son hypostase avec le sceau Trinitaire : « Je te baptise au Nom du Père, du Fils et du Saint esprit », la participation sacramentelle aux trois jours au Tombeau qu’a vécu pour nous Notre Seigneur Dieu et Sauveur  Christ.  Et je mentionne alors le passage du canon des Neuf Odes des matines pascales de Saint Jean Damascène  qui dit à peu près ceci : « Enseveli avec Toi dans ton tombeau nous Ressuscitons avec Toi le troisième jour ».

    Oui, la triple immersion dans l’Église Orthodoxe n’est pas exclusivement un Mystère Trinitaire ce qu’elle est, mais elle introduit consubstantiellement chaque nouveau baptisé  dans le mystère des trois jours au Tombeau et de la Résurrection du Christ.

    J’aurai pu rappeler dans mon homélie ce chant que nous chantons lors du baptême dans notre Église Orthodoxe, que nous empruntons, encore une fois, à l’apôtre Paul : «  Vous tous qui avez été baptisés en Christ vous avez revêtu le Christ… » qui exprime cette réalité contenue dans la triple immersion du baptême : recevoir en elle toute la vie en Christ, tout ce que le Christ à accompli pour nous et notre salut avec la Crucifixion, les trois jours au Tombeau et Sa lumineuse Résurrection. 

    Dans l’Église Latine où l’on procède au baptême par simple ondoiement,  c’est  toute  cette réalité qui me semble diminuée. Cela ne signifie évidemment pas que l’Église Orthodoxe considèrerait le baptême Catholique, à cause de cette « non immersion »,  comme invalide. Les principales Églises Orthodoxes Locales (patriarcat de Constantinople, patriarcat de  Moscou, patriarcat de Roumanie, patriarcat de Serbie, patriarcat de Bulgarie, archevêché d’Athènes, etc..)  se sont exprimé de nombreuse fois dans les différentes conférences œcuméniques : le baptême Catholique est reconnu totalement par elles.

    En conclusion : j’aurais effectivement dû, vous aviez parfaitement  raison, ajouter  que dans notre Église Orthodoxe qui immerge le catéchumène, la triple immersion ne signifie donc pas uniquement le sceau de la Trinité, mais tout autant, une seconde réalité qui lui est consubstantielle, celle des trois jours au Tombeau, avec en se relevant de la troisième immersion, celle de sa participation à la Lumineuse et joyeuse Résurrection.

    J’espère que ces approfondissements  sur ma pensée vous auront éclairée.

    En vous remerciant une fois encore de votre lettre.

     

    Le Christ est Ressuscité !

    Avec amour en Christ.

     

    +Métropolite Michel Laroche

     

     

  • 77 Aphorismes sur le Pardon (1)

    «  Il faut pardonner soixante dix sept fois sept fois »

     

     

    1 - Celui qui ne connait pas le pardon ne connaîtra pas le silence.

     

    2 -Le pardon est le silence sur les fautes d’autrui, il produit le silence de Dieu sur nos propres péchés. Sans le pardon il n’existe pas de silence dans l’âme lors de la prière.

     

    3-Le pardon produit un  silence dans l’âme qui n’est plus troublé dans la prière par la rancune et le souvenir des épreuves qu’elle a subies et celui de leurs auteurs.

     

    4-Le pardon immerge l’âme dans la paix suressentielle, sans même qu’elle s’en rende compte.

     

    5-Le pardon fait sourdre du cœur des fleuves d’eau vive, qui sont l’amour des ennemis, l’amour du prochain et l’amour de Dieu qui ne peut venir sans les deux précédents.

     

    6-Le pardon efface une multitude de péchés, car le seigneur à dit : « A celui qui a beaucoup pardonné il sera beaucoup pardonné ». En disant « beaucoup » Il signifiait qu’il ne fixait aucune limite au pardon humain comme il ne fixera, alors, aucune limite à son pardon divin pour celui qui l’aura pratiqué.

     

    7-Le pardon du prochain est le véritable  commencement de la prière, car comment se repentir en suppliant le Seigneur de nous pardonner si nous n’avons pas, préalablement, pardonné à notre ennemi.

     

    8- Le pardon divin est illimité car, comme Dieu, c'est la nature du pardon de ne pas avoir de limites, car le pardon procède du Dieu éternel, illimité sans commencement ni fin. C'est pourquoi le pardon avant de revêtir les hommes, est un attribut de Dieu.

    9- Le pardon est sans commencement ni fin, car le pardon a son commencement seulement en Dieu qui est sans commencement, et il n'y a jamais eu en Dieu un instant où Il a existé sans la possibilité du pardon. Sans fin car le Pardon ne cessera jamais en Dieu, sinon aucun homme ne subsistera devant Lui. Seul l'objet du pardon disparaîtra lorsque le jugement dernier sera rendu, car après, pour les sauvés,  il n'y aura ni de péché ni de pécheur.

     

    10- L’exercice du pardon est le commencement de la déification car il unit l’homme à l’énergie divine de l’amour incréé et divin.   Dans le pardon  le cœur de l’homme absorbe le Christ qui offre éternellement  sur sa Croix sa vie pour tous les hommes et le Christ absorbe le cœur, et les deux deviennent un.

     

    11-Le pardon est un rempart contre une multitude de péchés, non par ce qu’il empêche infailliblement   l’homme de  pécher, mais parce qu’il permet à tout instant de se relever.

     

    12 -Saint Isaac le Syrien à dit  très justement que Dieu montre à l’homme ses fautes en les lui pardonnant.

     

    13-L’œuvre de Satan est soit de rendre invisible le péché afin d’empêcher tout pardon et repentir. Soit,   s’il est découvert, de jeter l’âme dans le gouffre de la culpabilité et du désespoir avec l’idée que la faute commise est plus grande que l’amour divin et qu’elle est donc impardonnable. 

     

    14- Celui qui a pardonné neuf fois les fautes de ses frères et ne pardonne pas une dixième fois à son ennemi, n'a pas pardonné aux yeux de Dieu les dix fois.

     

    15- Celui qui n'a pas pardonné neuf fois les fautes de ses frères et qui la dixième fois pardonne à son persécuteur, a pardonné aux yeux de Dieu les dix fois.

     

    16- Celui qui pardonne tout à tous facilement en dehors de sa maison, et qui, une fois rentré chez lui, ne pardonne pas aux membres de sa propre chair, ne connaît ni l'amour des autres, ni l'amour de Dieu, ni le véritable pardon, mais se rend un culte à lui-même.

     

    17- L'Enfer est l'état de ceux qui auront refusé tout pardon : le pardon à leurs ennemis, le pardon de Dieu à leurs péchés. Mais  pire sera la place en Enfer de ceux qui, ayant commencé par accepter le pardon de Dieu, étant muni de ce pardon, l'ont ensuite refusé à un seul de leur débiteur.

     

    18- Plus terrible sera la place de celui qui a commencé à pardonner à son ennemi et qui ensuite a repris son pardon le remplaçant par la rancœur et haine.

     

    19- Le pardon en effet  est un feu qui  brûle soit la dette, soit le créancier. En enfer il n'y a que le feu du pardon, c'est pourquoi il est sans limites et ne cesse de consumer. L’enfer c’est le feu du pardon refusé.

     

    20- Le pardon a la force de la transfiguration du Christ, car il revêt de lumière celui qui est dans les ténèbres : Il revêt de lumière, celui qui implore le pardon du Seigneur pour ses propres péchés. Il revêt de lumière celui qui pardonne à son frère humain qui a péché contre lui. Il revêt de lumière, celui qui pardonne à son ennemi et persécuteur. Il revêt aussi de lumière celui vers qui ce pardon s'exerce, car il lui annonce que le Christ est mort et Ressuscité pour lui.

  • Actualité géopolitique et ecclésiologie de l’Orthodoxie, à propos de notre dernier article « Guerre et paix »

     

    bphilarion_fre.jpgPour ceux qui pensaient que notre analyse était excessivement  pessimiste sur l’avenir des relations du patriarcat de Moscou et du patriarcat de Constantinople, nous les invitons à lire cette véritable déclaration de guerre prononcée devant l’agence de presse  russe  Interfax, le Vendredi 10 avril 2009  par le nouveau Président du département des Relations Extérieures du patriarcat de Moscou à propos du patriarcat Œcuménique.

    « Lors de la conférence de presse à l'agence Interfax le 10 avril 2009, l'évêque Hilarion de Volokolamsk, nouveau président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a affirmé que les difficultés dans le monde orthodoxe venaient des "prétentions" du patriarcat de Constantinople à "un rôle particulier" dans l'Église orthodoxe."Les prétentions du patriarcat de Constantinople à jouer un rôle particulier dans l'Église orthodoxe sont, à mon avis, un des principaux problèmes actuels, à l'origine d'une situation complexe dans les relations inter orthodoxes", a déclaré Mgr Hilarion.

    Selon l'évêque, "on cherche à projeter sur l'Église orthodoxe le modèle qui existe dans l'Église catholique romaine". Mgr Hilarion a rappelé qu'il n'y avait jamais eu de primauté universelle en Orient, dans la tradition orthodoxe, et que "nous n'avons pas le droit de revoir notre vision de l'Église".

    Engagé depuis plus de dix ans dans le dialogue inter orthodoxe, Mgr Hilarion a regretté le fait qu'actuellement, les "principaux hiérarques" du patriarcat de Constantinople appellent à la révision du principe de la primauté au sein de l'Église orientale. D'après leur vision, le patriarche de Constantinople "devrait régir les églises orthodoxes dans ce qui est appelé diaspora", c'est-à-dire les paroisses et monastères orthodoxes se trouvant hors des frontières des Églises orthodoxes locales.

    Mgr Hilarion a ajouté que toutes ces questions complexes devraient être étudiées en juin prochain à la réunion de la commission inter orthodoxe où, selon l'évêque, Constantinople "cherchera à imposer de force sa propre vision" aux autres Églises orthodoxes. »

    Source :

    http://www.egliserusse.eu