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Actuaité et Théologie

  • Pourquoi des martyrs dans notre temps?


    Je crois profondément que ces Nouveaux Martyrs sont un Signe pour notre temps et pour notre monde. Ils sont le signe d'une foi renouvelée dans une société anciennement chrétienne ( il est triste de constater que le monde musulman est plus fervent aujourd'hui que le monde chrétien); d'une foi transfigurée dans un monde occidental qui s'enfonce dans le matérial
    isme, et dans l'oublie de Dieu et la négation du Christ Ressuscité (car ce fait contredit la science). Ces nouveaux martyrs sont les témoins ( en grec le mot est martyrios c'est à dire martyr) d'une foi Ressuscitée par le baptême du sang dont ils renaissent plus vivant que jamais, leur sang versé arrosant la terre devenue globalement païenne ou anti-chrétienne, pour une nouvelle récolte éternelle.
    Les grandes persécutions passées ( la dernière en date est celle produite par le communisme) ont toujours apporté une renaissance de la foi dans le Christ Ressuscité. Les nouveaux martyrs son l'espérance de notre monde et sans doute sa justification , car c'est aux fruits que m'on juge l'arbre.
    "Par les prières de tes Nouveaux Martyr Arabes Pakistanais et Coptes, Seigneur Jésus Christ sauve ton monde"

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    +métropolite Michel Laroche
     
     
  • Un Nouveau Martyr Syrien: Bienheureux prêtre Jamil Fadi Haddad

    Nouveau Martyr Prêtre Fadi Jamil .jpgUn Nouveau Martyr en Syrie


    Le cadavre du Père Fadi Jamil Haddad, prêtre grec orthodoxe, curé de Saint-Elie à Qatana, a été retrouvé aujourd’hui dans le quartier de Jaramana, dans le nord de Damas, non loin du lieu où il avait été enlevé le
     19 octobre par un groupe armé non identifié. La confirmation arrive à Fides par l’intermédiaire d’un confrère grec orthodoxe du Père Haddad, qui désire conserver l’anonymat : « Son corps était horriblement supplicié : il a été scalpé et ses yeux arrachés » raconte-t-il en larmes. « C’est un acte de pur terrorisme. Le Père Haddad est un martyr de notre Église ».
    À propos de la responsabilité de cet acte terrible est en cours un jeu de ping-pong entre les forces de l’opposition – qui accusent les milices proches du régime – et les autorités gouvernementales – qui accusent les bandes armées de la nébuleuse de la rébellion armée. Selon des sources de Fides, les ravisseurs avaient demandé à la famille du prêtre et à son Église une rançon de 50 millions de livres syriennes (plus de 550 000 €). Il a cependant été impossible de trouver la somme et de satisfaire à cette demande exorbitante. Une source de Fides stigmatise « la terrible pratique, en cours depuis des mois dans le cadre de cette sale guerre, d’enlever et de tuer des civils innocents ».

    Nous savons que les chrétiens d’Orient sont tous solidaires et l’on ne peut même pas envisager que des chrétiens arabes opposés au régime Syriens puissent enlever puis torturer un prêtre chrétiens de quelques Églises ( Catholique, Orthodoxe, protestante) soit il. Cet acte horrible et inhumain, ne peut donc qu' être que le fait de fanatiques islamistes, même si les questions d’argent ou politiques ont pu servir l’alibi. L’exécution pour non payement d'une rançon peut-être? Nous n'y croyons pas car ici, la torture sauvage démontre d’avantage le fanatisme islamiste anti chrétien. Quand à nous Chrétiens Orthdoxes tout en dénonçant ces actes, nous répondons par l’amour des ennemis et la prière pour eux. Par les Prières de ton nouveau martyr prêtre Fadi Jamil Seigneur Jésus Christ sauves ton monde.
    +Métropolite Michel Laroche
     
     
  • Une dédicace qui explique notre position dans l'œcuméniqime

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    Voici la dédicace que nous venons de faire à un ami membre du clergé Catholique à propos de notre ouvrage "La voie du silence". Il manifeste bien notre attitude et notre position dans le dialogue œcuménique, éloignés de tout syncrétisme, de toute confusion, de la tentation de dire qu'au fond la foi Orthodoxe et la foi Catholique sont les mêmes, en nous efforçant de conjuguer l'amour de la Vérité qu

    i est le Christ avec l'amour du prochain dans lequel nous discernons le visage du Christ.
    "J'espère que la lecture de "La voie du silence dans la tradition des Pères du désert" vous guidera dans votre vie spirituelle et vous donnera la soif d'une théologie de la Lumière, d'une théologie des larmes, d'une théologie aussi des énergie incréées, de la lumière incréée visible par les apôtres sur le Mont Thabor, de la théologie de la Mère de Dieu purifiée lors de l'Incarnation par la descente du Saint Esprit, du péché d'Eve, de la théologie du Saint Esprit "qui procède du Père seul". Car on ne peut séparer la vie spirituelle des Pères de leur confession de foi Orthodoxe. Chez nous ( les Orthodoxes) la Vérité est le Christ; on ne peut séparer la Vérité du Christ qui est la Vérité. Aimer le Christ c'est aimer la Vérité. 
    Aujourd'hui nous abordons nos théologies antinomiques, non en accusant l'autre d'être "hérétique" mais en recherchant chez nos Pères communs avant le schisme ce qui a toujours été cru et enseigné. C'est ce que nous nommons La Tradition. Ce petit ouvrage est donc un modeste témoin de la Tradition.
    Je vous l'adresse de tout mon cœur; que la Trinité Toute Sainte vous bénisse.
    +Métropolite Michel Laroche"
  • Le rêve brisé d’une Orthodoxie Locale en France et la tentation de certaines dérives sectaires

     

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    Par le Métropolite Michel Laroche


    Une ecclésiologie Orthodoxe non appliquée en France

    Nous avions il y a près de deux ans écrit un long article  à la suite des quelques lignes rédigées dans « la Croix » du samedi 2 et dimanche 3 mai 2009  à propos du Congrès d’Amiens que nous citons à nouveau :« Si les orthodoxes occidentaux ont de plus en plus le désir de former une Église Locale, leurs juridictions d’origine sont elles-mêmes confrontées à la difficile reconstruction de l’après communisme (pour les Églises slaves) autant qu’à une situation politique difficile (encore plus qu’au Proche Orient) . Elles ne font donc pas de l’organisation de la diaspora leur priorité. Ces Églises mères ne sont, non plus, pas prêtes à renoncer aux liens qui les unissent aux communautés fixées à l’étranger qui, souvent, les font vivre. » Nous avions surtout essayé  d’analyser les différentes causes des paralysies qui ont frappé l’Orthodoxie  Russe en France, en particulier l’Archevêché Russe du patriarcat de Constantinople dans la direction d’une Église véritablement locale et dans ce contexte particulier de l’immigration russe qui aurait été de tradition liturgique Russe avec des paroisses ou slavophone ou francophone.
    Nous croyons utile aujourd’hui d’élargir notre réflexion sur les nombreuses dérives sectaires qui ont pris presque toutes naissance dans une  Église Orthodoxe légitime - nous n’utilisons pas le mot canonique qui est ambigu, car il recouvre des réalités ecclésiales qui à certaines époques  se considéraient les unes par rapport aux autres comme schismatiques, ainsi par exemple le Patriarcat de Moscou, l’Église Russe Hors frontières et l’Archevêché Russe du patriarcat œcuménique, pour ne citer que celles-là, en rupture de communion durant des décennies, communion aujourd’hui rétablie.
    Rappelons ici la multitude des saints canons qui interdisent l’actuel superposition de diocèses établis sur le même territoire national : Les 12 ème  et 34 ème  Canons apostoliques ; les 8ème et15 ème canons du Ier  Concile Œcuménique de Nicée (325) ; Les 13 ème  16 ème 21 ème et 22 ème du Concile d’Antioche ( 325) ; le 12 ème  canon des Sadiques ( 343) ; le 2ème canon du IIème Concile Œcuménique de Constantinople I ( 381) ; le 12 ème canon du IV ème Concile Œcuménique de Chalcédoine ( 451) ; le 20 ème canon du Concile In Trullo (691-692). Et enfin les fameux canons du Concile de Constantinople de 1872 qui condamnaient  pour de mauvaises raisons une véritable hérésie ecclésiologique (1). Il ne faut pas oublier que l’ecclésiologie est du domaine de la théologie dogmatique avec des applications canoniques, et qu’elle appartient à la confession de la foi Orthodoxe, au même titre que  la Trinité Sainte et l’Incarnation du Verbe dans la chair dont elle est l’icône terrestre divino-humaine. Cette hérésie ecclésiologique consiste  en la présence sur le même territoire de plusieurs église ethniques à l’époque  la situation des Bulgares dans l’Empire Ottoman, et aujourd’hui en France la présence d’Églises Orthodoxe locales mais locale d’une autre  nation que la France, organisées selon  le principe éthnique sur le territoire de la République Française, en Églises, russe, géorgienne, roumaines, serbes bulgare, arabe (Patriarcat d’Antioche), grecque, macédonienne, ukrainienne. Des français de souches  sont devenus orthodoxes par différents concours de situations, matrimoniales ou par  une recherche personnelle,  dans ses multiples juridictions, (terminologie affreuse qui n’existe pas dans les nations historiquement orthodoxes) passant souvent  de l’une à l’autre en cherchant désespérément une Orthodoxie non seulement francophone mais authentiquement locale.



    Le prophète d’une conscience orthodoxe locale : Monseigneur (Eugraphe) Jean Kovalevsky (1905-1970).

    Il sera impossible de retracer en seulement quelques lignes la vie mouvementée de l’évêque Jean Kovalevsky. Disons brièvement qu’il est   né à  Saint-Pétersbourg, et baptisé sous le prénom d’Eugraph, d’une famille Ukrainienne fidèle au tsar, qui donna à la Russie des députés et des ministres orientés vers la culture. Son Père Eugraph Pétrovitch (1865-1941) fut par exemple député à la Douma et rapporteur de l’instruction publique. Son épouse Inna était membre du Conseil supérieur  de l’Instruction Publique. Les liens  de la famille Kovalevsky avec la direction de l’Église Orthodoxe Russe étaient  étroits et Eugraph Pétrovitch fut un membre laïc important du Concile Nationale Russe de 1917. Les kovalevsky décident comme beaucoup d’autres de fuir le Bolchévisme et de s’exiler en France en 1920. La famille se compose de deux autres fils les frères d’Eugraph, l’ainé Pierre (1901-1978) et  le second  Maxime (1903-1988). La fermentation de l’esprit  du jeune Eugraph Kovalevsky, comme celle de ses frères dont l’un - Pierre -  deviendra docteur de l ‘Université de Paris et l’autre – Maxime-  actuaire dans les assurances mais également un grand musicologue et compositeur de musique sacrée, spécialiste  du chant grégorien comme du chant slave, se produiront dans cet atmosphère universitaire. Très tôt le jeune Eugraph discernait comme  un acte de la Providence Divine cette  venue massive en Occident d’orthodoxes, et nous ne le réalisons pas aujourd’hui,  religion presque totalement inconnue des européens de l’Ouest, et à une époque où l’œcuménisme n’existait pas. Il va créer avec d’autres jeunes intellectuels russes parmi lesquels  ses deux  frères et un certain Wladimir Lowsky, une confrérie sous le patronage de « Saint Photius » saint orthodoxe alors très mal connu et avec une réputation sulfureuse dans l’Église Catholique qui le considérait comme le principal  responsable du schisme  avec l’Église Orthodoxe. Le but de cette confrérie sera  de découvrir les trésors de l’Église d’Occident lorsque celle-ci était en communion avec l’Église d’Orient, l’étude de l’histoire les saints occidentaux d’avant le schisme considérés comme Orthodoxe  alors que jusque là ils étaient globalement ignorés des Synaxaires Slaves et Byzantins; l’iconographie propre à l’Occident,  l’architecture des églises romanes  et de promouvoir la restauration des anciens rites liturgiques gallicans  disparus depuis le schisme de 1054.  Eugraph cependant ne se cantonnait pas uniquement dans ces recherches révolutionnaire pour l’époque au sein de la laquelle la plus par des réfugiés russe cherchaient surtout, tout à fait légitimement, à s’organiser ecclésialement dans une Orthodoxie russe.  Il fréquentait le cercle Mounier et le philosophe Nicolas Berdief (1874-1948.) Inscrit à l’Institut Saint Serge qui venait d’être fondé ; il y passe sa licence de théologie en 1928 sous la direction du célèbre théologien Serges Boulgakof, dont il combattra plus tard - comme le fit de son côté l’archevêque Jean Maximovitch aujourd’hui canonisé -,  la théologie sur la supposé hypostase de la Sophia divine ce qui vaudra au Père Eugraph l’inimitié tenace de plusieurs générations de  professeurs de cet Institut. C’est sans doute en 1929 que prit racine dans l’esprit du Père Eugraph  la décision pour certain prophétique et pour d’autres  utopique, d’engager toute sa vie dans la restauration d’une liturgie gallicane pour des français convertis à l’Orthodoxie. La Confrérie Saint Photius, cette année là, organisait trois jours de réflexions liturgiques durant les quels on célébra le premier jour la liturgie Romaine, le second la liturgie gallicane - sans doute avec la version dont on disposait  alors,   due   à l’archiprêtre Wladimir Guetté qui avait été approuvé par le saint Synode Russe en 1875 ;  et la troisième la liturgie de Saint Jean Chrysostome.  Un vote fut réalisé à la fin de ces « Journées liturgiques » et l’ « Ancien rite des Gaule » fut  désigné comme étant sans aucun doute la liturgie convenant le mieux pour des Français  entrant dans l’Église Orthodoxe.
    Il faut préciser pour le lecteur d’aujourd’hui qu’aucune liturgie de Saint Jean Chrysostome n’existait à cette époque  en  français, et nous l’avons écrit plus haut, les russes étaient encore  pour de nombreuses années plongés dans le traumatisme de la révolution Bolchévique et de leur exil récent, ne cherchant qu’à retrouver en France et dans les nations qui les accueillaient dans le monde, dans leur admirable piété, la ferveur de l’Église Orthodoxe  Russe éternelle. Cette ferveur sera la base de la fondation du Synode Russe Hors Frontière et avec des nuances de l’Archevêché russe dirigé depuis la France par le Métropolite Euloge.
    L’idée  prônée par Wladimir Lossky et les frères Kovalevsky était révolutionnaire à de nombreux titre. Ce que l’on ne perçoit plus aujourd’hui où depuis Vatican II la messe romaine est également en Français, était de proposer à des français s’approchant de l’Orthodoxie une liturgie dans leur propre langue. Les orthodoxes eux-mêmes, - sauf les roumains que l’on ne connaissaient pas -, n’avaient pas de liturgie dans la langue vernaculaire. Les Slaves,  russes, ukrainiens, bulgares, serbes, macédoniens   avaient leur liturgie en slavon, langue comparable au latin pour les catholiques. Les grecs installés depuis longtemps en France dans une immigration au facteur davantage économique que politique,  célébraient - et célèbrent toujours - dans une langue grecque ancienne aussi étrangère qu’étaient le slavon pour les russe  que le latin pour les catholiques. Un aspect pratique existait également, comme nous l’avons dit : on disposait de la liturgie gallicane en français  du Père Guetté alors qu’aucune traduction de la liturgie de Saint Jean Chrysostome n’existait, comme aujourd’hui, en français. Mais déjà le Père Eugraph envisageait très rapidement de s’engager dans un travail monumental qui fut, qu’on l’approuve ou le désapprouve, l’œuvre principale, presque obsessionnelle,  de toute sa vie : la restauration de l’Ancien rite des Gaules.
    Nous ne ferons pas ici dans cet article  l’analyse détaillée de ce rite réinventé à partir d’éléments existant,  plus que restauré. Mais des nouveautés étaient introduites comme celle de l’échange du baisé de paix entre tous les fidèles, qui se fait dans l’Église Orthodoxe qu’entre les seuls membres du clergé ; la version chanté en Français du « Notre Père » composée par  Bortniansky ; une amplification du rite Pascal du point de vue Occidental  où  à l’époque  la Fête de Noël était la fête la plus importante de l’année ; la possibilité pour des diacres de célébrer certains offices sans prêtre présent et de distribuer l’Eucharistie,  ce qui dans l’Église Orthodoxe est interdit canoniquement et liturgiquement,  allaient  pénétrer  dans… l’Église Romaine.
    Mais ces usages litigieux disqualifiaient la liturgie elle-même qui avait pourtant  beaucoup d’emprunts à la liturgie de Saint Jean Chrysostome, certains légitimes, d’autres, selon nous,  plus contestables,  mais rarement utilisés aux mêmes moments liturgiques, et que les croyants français pensaient être des usages  Gallicans. Parmi  les légitimes : l’usage du  Canon de Saint Jean Damascène à lors de la nuit pascale ; la fin de la liturgie qui  est pratiquement celle de saint Jean Chrysostome avec le chant:« Nous avons vu la Vrai Lumière, nous avons  reçu l’Esprit Céleste… »; le chant des Béatitudes, mais cependant à une autre place que lors de la Petite Entrée dans la liturgie de Saint Jean Chrysostome. Parmi les contestables:   le Chérubikon de Saint Basile qui n’est chanté qu’une fois par an dans l’Église Orthodoxe pour célébrer le mystère de du Christ au Tombeau, et qui n’a que cette signification liturgique :  « Que toute chair humaine fasse silence…» et qui deviendra le Chant de la Grande Entré ordinaire de la  Liturgie  des Gaules selon Saint Germain ; la  célébration de la Prothèse par le Diacre et non par le Prêtre au prétexte - ce qui est vrai – que   la procession de la Grande Entré  se faisait dans les liturgie anciennes aussi bien à Constantinople qu’en Gaule par les diacres, mais en oubliant que ceux-ci ne célébraient pas la prothèse qui est un rite presbytéral et le véritable commencement de la Divine Liturgie. Mais il faut à nouveau souligner que tout ceci n’avait rien de secret, et  était publié dans de nombreux livres ou articles signés du Père Eugraph Kovalevsky  ou d’une manière générique par l’ECOF et communiqués tant à l’archevêque Jean Maximovitch, qu’aux spécialistes des Église Russes et Roumaines qui acceptèrent tous cette  liturgie, dont mieux que personne, ils connaissaient les sources byzantines et les aspects novateurs et pour certains contestables. Mais on comprend  mieux, avec tous ces exemples, pourquoi de nombreux orthodoxes ne s’y soient pas retrouver  et qu’ils aient observé une certaine réserve lorsqu’ils assistaient à la liturgie des Gaules.
    L’esprit d’une Orthodoxie occidentale était né.  Il était à présent porté uniquement par quelques intellectuels russes,  tous des laïcs.  Mais il lui manquait, la chair c’est-à-dire  le plan d’une véritable incarnation :   une chair de préférence de souche française pour que cet élan prophétique devienne réalité.


     Monseigneur Irénée Winneart ( 1880-1937)  et l’Église Catholique Évangélique.


    Cette chair française allait  venir en direction de l’Église Orthodoxe Russe sous la forme d’une minuscule communauté en dissidence avec Rome, l’Église Catholique Évangélique,  qui avait réussit à recevoir une forme d’ecclésialité, avec une succession apostolique douteuse, dans une branche ésotérique de l’Église Anglicane, ésotérisme que ne partageait pas, il faut le souligner, son évêque Monseigneur Irénée Wineart. Celui-ci rencontrait dans un premier temps le Père Lev Gillet, mais après des hésitations pour se tourner vers Constantinople, c’est le patriarcat de Moscou qui est choisi par Monseigneur Irénée pour concrétiser son désir de rentrer dans la communion de l’Église Orthodoxe.  Nous sommes en 1936. Sans doute dirigé par le Père Lev Gillet vers les jeunes Vladimir Lossky et Eugraph Kovalevsky, c’est surtout ce dernier qui servira de trait d’union pastoral entre la petite communauté française et le patriarcat de Moscou à l’époque  représenté en France par le métropolite Éleutère et dirigé par un Locum Tenens le métropolite Serges qui deviendra patriarche. Celui-ci donne un Ukase le 16 juin 1936  qui légitimisait  le concept ecclésiale d’une Orthodoxie locale  française et plus généralement occidentale.   Il restait un problème à régler : l’évêque de la communion anglicane était marié  et habitait sans argent personnel au domicile de son épouse. On n’exigerait pas de lui un divorce civile, ni qu’il vive sans son ex-épouse (le monachisme dissout le mariage sacramentel)  : il vivrait en frère et sœur avec madame Winnaert. Monseigneur Irénée devenait moine et était élevé à la dignité d’archimandrite mitrophore avec le bâton pastoral épiscopal. L’appellation de « Monseigneur » lui était conservée au sein de sa communauté. (2) Le jeune Kovalevsky à la demande de Monseigneur Winneart était ordonné prêtre pour la jeune communauté orthodoxe qui était dotée d’un clergé français et hollandais ignorant presque tout de la riche Tradition Orthodoxe. La première liturgie que le nouveau  prêtre Eugraph célébrera fut celle des funérailles de l’archimandrite Irénée qui décédait en 1937. 
    L’encadrement théologique Orthodoxe indispensable  de la nouvelle communauté orthodoxe française était  animé par un groupe fondé sous les hospice du métropolite Éleutère et  nommé « Commission provisoire pour l’organisation de l’Orthodoxie occidentale » présidé par Wladimir Lossky, et composé des Père Michel Belsky, Eugraph Kovalevsky et des membres de la « Confrérie Saint Photius ». Mais si ces fées bienveillantes étaient penchées sur le berceau de la jeune Orthodoxie  Française, des nuages d’orages allaient peser lourdement sur l’avenir de cette  communauté qui venait de naitre et sur son  rêve d’une Orthodoxie Occidentale. Ces sombres augures étaient les divisions de l’immigration russe en de multiples juridictions rivales avec la fracture en  deux monde hostiles et antagonistes : le bloque communiste qui rassemblaient sur son territoire  la majorité des croyants orthodoxes ;  et  celui des nations libres qui accueillaient les orthodoxes s’échappant du bloque communiste. Les français qui venaient de rentrer dans le Patriarcat de Moscou étaient déjà regardés avec méfiance par la majorité des immigré russe ; tout comme l’étaient les rares fidèles orthodoxes russes qui choisirent, comme Maxime et le Père Eugraph Kovalvesky avec Wladimir Lossky - Pierre resterait dans l’Archevêché russe en France du patriarcat de Constantinople - de demeurer dans le patriarcat de Moscou, selon eux une Église martyr sous le joug Soviétique qu’il fallait donc soutenir ;  et selon la majorité des autres russe dans le monde : patriarcat de Moscou  compromis et obéissant servilement  au pouvoir soviétique. 
    Des personnalités rayonnantes et fortes  telles saint Jean Maximovitch, le métropolite Antoine Khrapovitzky, et durant un certains nombres d’années le métropolite Euloge,  avaient choisi la rupture canonique avec le patriarcat de Moscou. Les fidèles Orthodoxe français, pour qui toute soutane orthodoxe représentait le Messie, n’étaient certes pas préparés à ce discernement, ni à  comprendre, ni à assumer de telles divisions qui allaient les maintenir, au-delà des questions idéologiques et liturgiques  qui y contribueront, dans un isolement « de facto » qui s’aggraverait d’année en année.
    Nous rentrerons pas dans le détail des circonvolutions juridictionnelles et canoniques qui entrainairent la communauté Orthodoxe française  sous l’autorité du Père Eugraph   à quitter le patriarcat de Moscou et à entrer brièvement  dans les années 1953-1956 sous l’omophore du  Patriarcat Oecuménique, à travers son  l'Exarchat Russe de Paris, avant de rencontrer l’archevêque Jean Maximovitch, favorable au concept de l’érection d’Églises véritablement locales  en dehors des nations historiquement orthodoxes. Wladika Jean Maximovitch célébrera lui-même de nombreuses fois en France la liturgie selon Saint Germain de Paris  dans sa version restaurée par le Père Eugraph,  et fit recevoir, malgré de très nombreuse oppositions  qui se manifestèrent dès le trépas du saint archevêque, dans le Saint Synode Russe Hors frontière «  l’Église Catholique Orthodoxe de France » (1957-1966),  nom qu’avait pris cette communauté. Le Père Eugraph était consacré évêque de Saint Denis sous le nom monastique de Jean (faisant référence à saint Jean de Cronstadt), dans la cathédrale Russe de San Fransisco le 11 novembre 1964  par l’Archevêque Jean Maximovitch et l’Évêque Téofil Ionescu fils spirituel de saint Jean Maximovitch qui avait présidé à son sacre en France. Monseigneur Jean décédait le 30 janvier 1970 après avoir quitté le Synode Russe Hors frontière.
    En 1972, grâce en partie aux efforts diplomatiques d’un jeune prêtre français, le dernier prêtre ordonné avant sa naissance au Ciel (30 janvier 1970) par l’évêque Jean Kovalevsky - n’oublions pas qu’il y  avait également  dans l’ECOF un certains nombre clercs d‘origines russes comme l’archiprêtre Grégoire Svitchine-,  une  délégation française concélébrait la Divine Liturgie avec le Patriarche Justinien de Roumanie le 30 avril 1972. Dans la même liturgie le patriarche élevait à la dignité d’archimandrite en vue de son prochain épiscopat, le Père Gilles Hardi qui était précédemment le vicaire de Monseigneur Jean, devenu moine la veille, lors des vêpres, sous le nom de Germain et élevait à la dignité d’archiprêtre honoraire avec la Croix patriarcal de Roumanie le jeune prêtre français le Père Michel-Philippe Laroche. Celui-ci était l’un des  fils spirituel jusqu’à son trépas de Monseigneur Jean, puis était devenu le disciple du saint archevêque Théofil Ionescu qui l’avait considérablement aidé dans ses démarches avec l’Église Roumaine de toute son autorité et de ses relations et sans qui rien ne se serait réalisé. Avec l’aval des autorités françaises un Archevêché Orthodoxe Roumain naissait, ayant à sa tête l’évêque Teofil qui était élevé à la dignité d’archevêque, conjointement  à la renaissance canonique de la jeune éparchie française.
    Des documents, daté du 28 avril 1972 tous signés par Père Gilles Hardy , Père Michel-Philippe Laroche et  par Maxime Kolavevsky  engageaient très clairement la communauté placée sous l’autorité canonique supérieur du Patriarcat de Roumanie  à adopter tous les usages conformes à la Tradition de l’Église Orthodoxe et à se débarrasser de certaines usages non conformes à la Tradition Orthodoxe et parfois même à sa théologie sacramentelle et dogmatique,  que nous évoquerons très sommairement un peu plus loin.  Des précisions furent ajoutées dans un « protocole » secret signé par l’Évêque Germain à Bucarest en 1974 qui évoquait entre autre  les « synaxes diaconales », offices durant lesquels un diacre donnait, sans la présence d’un prêtre, la communion Eucharistique.  Ces mauvaises  habitudes avaient été prises en grande partie à cause de l’isolement de cette communauté vis à vis des autres Églises Orthodoxes présentes sur le sol de la France. Le but de l’Église Roumaine était sincère et désintéressé : introduire cette communauté dans l’Orthodoxie universelle et la sortir de sa marginalisation manifeste. Le futur évêque,  le Père Michel Philippe et Maxime Kovalevsky  s’engageaient par écrit pour eux-mêmes et pour le diocèse à  « Confesser tout ce que l’Église Orthodoxe confesse et à rejeter tout ce que l’Église Orthodoxe rejette. »



    L’un des facteurs de la marginalisation des communautés «  Orthodoxes françaises » de rite Occidentaux : la célébration en dehors du Typikon Orthodoxe d’une liturgie occidentale.

    Notre propos ne sera pas de faire  le procès de tel ou tel acteur de cette longue tragédie qui a blessé des milliers de personnes, tout en en conduisant également de très nombreuses vers l’Orthodoxie universelle. L’ECOF fut  incontestablement une  passerelle pour de très nombreux français, qui dans un premier et un second  mouvement, nous nous situons  pour le plus loin il y a 70 ans et au plus près il y a  entre 40 et 30 ans, ne seraient sans doute pas entrés dans une Église Orthodoxe de langue slavonne ou grecque. Olivier Clément par exemple fut baptisé par le Père Eugraph, et de très nombreux métropolites, archevêques,  évêques, prêtres, moines,  aujourd’hui disséminer dans les différentes juridictions présentes sur le sol de la France sont passés par la cathédrale saint Irénée siège historique de l’ECOF.
    Parmi les engagements non tenus signés par les représentant de l’ECOF, figuraient la célébration en alternance dominicale de la liturgie de saint Jean Chrysostome. Cet engagement ne fut jamais réellement respecté.
     Pour de nombreux membres de l’ECOF la question de la liturgie était centrale. Pour eux, l’enracinement dans l’Orthodoxie locale de la France avec l’esprit de ses saints orthodoxes du premier millénaire, ne pouvait se réaliser - et c’était là, la  conviction  la plus profonde du Père Eugraph -, sans le retour à la liturgie qu’avaient célébré ses saints lorsque l’Orient et l’Occident étaient en communion. Pour eux la liturgie de saint Jean Chrysostome et le Typikon Orthodoxe étaient « Oriental », et ils revendiquaient haut et fort une riche Orthodoxie occidentale présente, selon eux, dans la « liturgie selon saint Germain » et dans l’«  l’ancien Rite des Gaules ». Ils ne percevaient  pas le fait que les Pères de l’Église qui ont forgé les textes de  l’ensemble du Typikon Orthodoxe ne sont dans leur foi et dans leur spiritualité ni orientaux ni occidentaux mais  tout simplement des Docteurs de la Foi  Orthodoxes, et que la théologie dogmatique dont ils ont imprégné leurs hymnes et la spiritualité métanoäique présente dans leurs écrits liturgiques, étaient donc revêtu d’un caractère  universel.
    Nous n’avons pas l’intention d’analyser ici le texte de la « Liturgie selon Saint Germain de Paris » qui fut approuvé par le Synode de l’Église Roumaine et par une commission liturgique, composée exclusivement de membre de l’ECOF,  présidée par saint Jean Maximovitch, mais qui ne fut jamais réellement acceptée, comme il a été plus tard écrit inexactement, par le Saint Synode Russe Hors Frontières. Signalons une d’autre version de l’ancien rite des Gaules, tout autant légitime que celles du Père Guetté et du Père Eugrtaph, due à l’archimandrite Alexis van der Mensbrugghe, approuvée par le patriarcat de Moscou et qui fut publiée en 1962 par Jean Balson, et que célébra une ou deux fois le Métropolite Antoine de Souroj lorsqu’il avait une juridiction sur la France.
    Ce n’est donc pas le sérieux ou le non sérieux de ces restaurations qu’il convient d’examiner.  Personnellement j’ai trouvé de multiples erreurs théologiques non pas il est vrai dans la « liturgie de Saint Germain de Paris » la seule véritablement étudiée par le patriarcat de Moscou lorsqu’il accorda au Père Eugraph son grade de docteur Honoris Causa en théologie pour son travail sur le « Canon eucharistique de la liturgie de l’Ancien rite des Gaulles». Plus tard le Synode du patriarcat de Roumanie sous la direction du célèbre prêtre professeur Branist examinera lui aussi la « Liturgie de saint Germain », et ils la trouveront Orthodoxe ce qu’elle est d’ailleurs. Mais ici l’arbre cachait une véritable jungle,  constituée  de la partie variable immense du  « propre » du « Rite des Gaules », liée aux Fêtes Majeurs et aux textes du  sanctoral, du Carême, de l’Avent etc… dont une  partie trop importante ne devaient rien, comme nous allons le découvrir,  à l’Orthodoxie.
    En réalité on ne disposait pas à part la structure de l’ancienne liturgie de saint Germain de textes provenant d’elles, mais de messes attribuées au diacre Alcuin abbé du Monastère de Saint Martin à Tour,  le collaborateur intime de Charlemagnes et sa plume ecclésiale, qui fut en charge d’adapter pour le royaume Carolingien  la messe romaine en lui conservant des spécificités locales tant dans les forme de certains offices que dans leur contenu dogmatique. Ce qu’ignoraient les membres de cette communauté, pour qui, sommairement, tout ce qui en Occident est situé avant la date fatidique du schisme de 1054, était forcément Orthodoxe,  c’est le contenu profondément hétérodoxe de la théologie Franco-Carolingienne. Nous y reviendrons. En réalité la plus part des textes de la partie variable du « Rite des Gaules »  étaient empruntés à « L’année liturgique » du célèbre Don Guéranger comme j’ai pu le vérifié ; c’est-à-dire à une théologie Catholique Romaine médiévale et  post médiévale. Mais d’autres erreurs tout aussi importantes s’étaient incérées, dues à l’entourage peu instruit du Père Eugraph  et à la connaissance imparfaite  de la langue française de ce dernier. Parfois même des textes Orthodoxes étaient détournées de leur signification originale au profit de thèses gnostiques.
    Je donne pour illustrer mon propos un seul exemple, mais il en  fourmille une multitude d’autres. La prière que nous disons  dans la Liturgie de Saint Jean Chrysostome lors de l’encensement qui clôture la Prothèse, et que nous renouvelons lorsque les Saints Dons sont déposés sur l’autel et qui se dis lors de certaines prières des heurs au début de la semaine radieuse de Pâque : «  Avec ton corps au Tombeau, avec ton âme en enfer, avec le Bon Larron au Paradis, tu siégeais sur ton trône de gloire avec le Père et l’Esprit Saint remplissant tout Ô Infini. » Cette prière devient dans le rite des Gaules : «  Avec ton corps au tombeau, avec ton âme en Enfer et avec ton esprit au Paradis ».  Ce sont là les racines du  «trichotomisme» de certains de ses membres qui est hétérodoxe, et qui fut fermement et explicitement  condamné par le Saint Synode de l’Église Roumaine en 1976 après un appel du même Père Michel-Philippe Laroche sur cette question. Le synode condamnait dans un document  signé conjointement par le Patriarche Justinien et l’Évêque vicaire patriarcal Antoine de Ploesti, secrétaire du Saint Synode : « le trichotomisme qui n’est pas Orthodoxe ». Le dérapage de certains textes Orthodoxes à l’origine, comme nous le voyons dans cet exemple, qui deviennent ensuite  réinterprétés et surtout réécrits différemment, sont une source importante pour de nombreux adeptes du « Rite des Gaules » lorsqu’ils demeurent isolés de l’ensemble de la Typikon et de la fréquentation des autres Orthodoxes, d’un éloignement progressif de la Tradition Orthodoxe, plus subtil qu’une hérésie manifeste, comme dans cet exemple.
     Toutes les communautés qui revendiquent aujourd’hui  la personnalité ecclésiale d’Églises Orthodoxes Locales  de rites  Occidentaux, gallicans ou celtiques, en France, sous différentes appellation,  sont issues, pour la plus part d’entres elles, de l’œuvre de Monseigneur Jean Kovalevsky où s’en inspirent ouvertement, et  de schismes avec la communauté initiale.
     L’idée qui prédomine, chez elles,  c’est que l’on peut être Orthodoxe en-dehors d’une pratique liturgique réellement Orthodoxe, à condition toute fois de lire des ouvrages Orthodoxe.  Pour eux il est possible, du moment qu’ils étaient orthodoxes lorsqu’ils ont été abandonnés, de célébrer des liturgies et des rites interrompus durant mille trois cents ans, c’est-à-dire qui n’ont pas été enrichis par les différents éclairages qu’ont apporté dans les textes liturgiques  les Pères de l’Église sur la théologie dogmatique de l’Église Orthodoxe, comme par exemple celle de la Lumière incréée Thaborique et des énergies incréées, questions qui n’était pas encore abordée à l’époque Carolingienne où disparaissent le rite des Gaules et les liturgies gallicanes.   
    Ce qu’ignorent en général ces communautés, c’est que le contenu hautement patristique de l’ensemble des textes liturgiques de notre Sainte Église Orthodoxe, qui font référence à la Philocalie, à la métanoïa, à la Théologie des énergie incréée dont nous parlions il y a un instant, s’est forgé durant deux  milles ans de tradition ininterrompue, et qu’il constitue le Consensus Ecclésia de la Foi Orthodoxe.  Il est certes possible voir souhaitable de célébrer pour des français, une liturgie qui fut la leur il y a plus de mille ans, mais sans séparer l’arbre de la Forêt dans laquelle il est planté : la forêt est constitué des milliers de textes  dans le contexte que sont les offices qui entourent nos liturgies (les grand chênes),   le Triode de Carême, le Pentecostère, la Paraclétique, les milliers de textes des offices du Ménologe, des centaines d’acathistes aux fondements philocaliques entièrement axés sur l’invocation du Nom de Jésus et à la Mère de Dieu, comme les différends « Canons au Christ  Très doux » qui préparent à la communion Eucharistique.  Tous ces textes sont répétons-le, imbibés des écrits dogmatiques des saint Pères de l’Églises, des éclaircissements apportés par les Saint Pères des  Sept Conciles œcuméniques et les trois Conciles de Constantinople de juin et août 1341, et de février 1347 sur la Théologie des énergies incréées .
    Ce qui a contribué à  isoler certaines de ces communautés  puis à les  écarter de l’esprit de l’Orthodoxie et progressivement de sa communion, c’est précisément la non connaissance, ou plutôt la non immersion, dans ses offices qui ne sont ni orientaux ni occidentaux (selon la classification idéologiques faite  par les membres de ces communautés),  mais tout simplement Orthodoxes.
    Saint Grégoire Palamas et ses disciples avec profondeur et lenteur sur une période de plus de cent ans ont écrit les textes du Triode qui sont inscrit dans  le « Canon des 9  Odes » de l’Orthros  du  Deuxième Dimanche de Carême qui consacrent la théologie des énergie incréée. C’est également  sur une très longue période que fut rédigé à l’initiative du patriarche de Constantinople Tarasios à la suite du septième Concile œcuménique de Nicée II  (787) un exposé dans le « Canon des 9 Odes » de la foi iconophile et qui fut complété par le patriarche Méthodios qui rédigea à l’occasion de la Seconde Restauration du Culte des Icône en 844, le Synodikon  qui est lu par l’évêque de chaque éparchie dans sa cathédrale,  le Premier Dimanche de Carême pour la Fête du Triomphe de l’Orthodoxie. Comment remplacer en Carême ces textes contenant des points majeurs de la théologie Orthodoxe par des textes  d’où ils sont absents, au prétexte que ces dernier sont occidentaux ?
    Personne ne peut artificiellement restaurer ce que l’Église,  et non une seule personne ni même un groupe de personnes,  a forgé charismatiquement avec la multitude de ses Saints Pères et Hymnographes sur une période de près de deux miles ans.
     C’est l’humilité qui doit présider à tout  travail dans l’Église.
    L’ambigüité de l’approbation par certaines Église Locales Orthodoxes de la pratique d’une liturgie Occidentale et que celles-ci n’ont jamais formellement approuvé l’abandon par ses communauté d’une pratique régulière de la liturgie de Saint Jean Chrysostome et en Carême de Saint Basile, et surtout la non pratique de l’ensemble du Typikon Orthodoxe principal vecteur, avec la liturgie qui lui est associée intimement, de la foi Orthodoxe.
    Nous confessons que l’ensemble du Typikon Orthodoxe qui contient ses liturgies, parmi lesquels bien entendu les liturgie Occidentales véritablement Orthodoxes d’avant le schisme,  et toute la multitude de ses offices, sont consubstantiels à l’Église et que s’en séparer c’est se séparer de l’Église. Seul l’immersion dans tous les offices de l’Église Orthodoxe comme le feu achève de forger la lame de l’épée, forge l’âme du fidèle  comme celle du moine du prêtre ou de l’évêque. La célébration et la participation à l’ensemble du Typikon de l’Église Orthodoxe constitue un second baptême après le baptême dans lequel  quel l’âme véritablement Orthodoxe continue sa catharsis jusqu’à sa naissance au Ciel.
    Le Père Eugraph à une époque très différente de la notre, dans un contexte qui n’existe plus, a pensé que pour atteindre son but parfaitement orthodoxe: l’Église Locale, il était souhaitable que les français trouvent une liturgie dans leur langue. Il avait sur ce premier point parfaitement raison. Et il faut ajouter que personne d’autre que lui, dans aucune Église Orthodoxe présente en France ne partageait ce but. En cela il a été un véritable prophète. Mais Il a été selon  nous trop loin dans deux directions parallèles. La première en étendant le concept d’une liturgie gallicane à celui de l’ensemble d’un Typikon qui avait en grande partie disparu en Occident, et dont les mémoires historiques étaient entachés de la théologie Franco-Carolingienne et de la théologie médiévale post 1054.  Mais Eugraph Kovalevsky  était lui-même formé par les offices Orthodoxes et la pensées des Pères de l’Église qu’il connaissait depuis l’enfance et c’est sans doute pour cela qu’il  n’a pas mesuré que les français venant à l’Orthodoxie n’avaient pas été, immergé comme lui dans la plénitude de la Tradition .  Il a pensé que la fondation d’un institut de théologie compenserait l’absence  de cette immersion que constituent le Ménologe,  Triode et le Pentecostère. C’était et c’est et ce sera toujours et  tout simplement impossible : l’Orthodoxie ne s’apprend pas seulement dans des livres ; elle se respire liturgiquement. Les livres des Saints Pères sont le prolongent des offices et ils sont rédigés sous l’inspiration du Saint Esprit. Les uns conduisent à l’approfondissement des autres.  Les offices, par exemple, que saint Jean Damascène écrit pour le canon des 9 Odes de Pâques sont le prolongement de  son ouvrage sur la Foi Orthodoxe, et on ne peu séparer les deux œuvres : toutes deux nous ramènent à l’unique Liturgie et à l’ensemble des Offices de la Tradition Orthodoxe.
    La seconde qui est une conséquence directe du choix de la seule liturgie Occidentale, sans jamais  avoir incité lui-même à la célébration du Typikon Byzantin, et de la liturgie de Saint Jean Chrysostome,  c’est de ne pas avoir insister sur le fait que l’Orthodoxie locale ne pourrait pas, ne devait pas se faire avec uniquement spécifiquement un diocèse Français ethniquement pure,  si tenté que cela puisse réellement exister. En se séparant par tant d’exceptions, souvent inadmissibles par les autres Églises Orthodoxe locales présentes en France,  il ne rassemblait que des convertis, et les plus anciens étaient constitués des personnes qui resteraient dans sa communauté, mais avec très peux d’orthodoxe de naissance, bien qu’il y en eu en tout petit nombre. Mais le fond de la question demeurait : une véritable ecclésiologie Locale n’est jamais ethnique et en revendiquant l‘Église Locale de la France à travers un unique rite  occidental qui excluait tous les Orthodoxe de naissances, russes, roumains,  macédoniens, serbes, ukrainien, géorgiens, grecs, qui vivent leur foi dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, Père Eugraph prenait le risque de ne créer en France qu’une Église ethnique de plus,  et non pas véritablement locale. Il eut fallu mettre en avant la présence de communautés des deux liturgies pour rassembler les Orthodoxes francophones désireux d’édifier une Orthodoxie véritablement locale.
    Ajoutons pour tous ceux qui interpréteront - à tort - notre article comme une attaque en règle  contre une liturgie, voir des liturgies Orthodoxe occidentales, bien que nous ne les célébrons pas nous-mêmes depuis près de quarante ans, mais uniquement celles du Typikon Orthodoxe, nous avons dans notre métropole  un certain nombre de paroisses qui célèbrent la version de la Liturgie selon Saint Germain approuvée par le Saint Synode de l’Église Roumaine dans le cadre des engagements  dont nous sommes l’un de signataires et que pour notre part nous avions toujours respecté. De nombreux français n’ont connu l’Orthodoxie qu’à travers cette liturgie et nous devions donc  les recevoir avec « crainte de Dieu, foi et amour ».  Les Prêtres qui célèbrent dans notre Métropole la liturgie de Saint Germain sont invités par nous à célébrer et à aimer la liturgie de Saint Jean Chrysostome,  à célébrer et à aimer les offices du Triode, du Pentecostère et comme je l’ai fait de très nombreuses années comme jeunes prêtre : lors du Triode de Carême de s’emparer de ces textes accès sur la métanoaï, et les lire chaque jour à mi-voix devant les icône dans leur chapelle et ainsi d’en pénétrer leur âme. Les homélies que font ensuite de tels prêtres sont portées par l’Esprit universel de l’Orthodoxie. On peut critiquer Son Excellence Monseigneur Germain sur des choix qu’il a fait ; mais tout l’épiscopat Orthodoxe en France qui ont eu le privilège de recevoir des prêtre qu’il avait ordonné ont constaté, comme nous,  que c’étaient d’excellents pasteurs d’âmes, et des prêtres véritablement orthodoxes et aimant l’Orthodoxie. 
    Il ne faut jamais opposer à un fanatisme un autre fanatisme. Tel n’est pas l’esprit de cette tentative d’analyse d’une situation qui a conduit des communautés à l’origines en communion avec l’Église Orthodoxe de s’en éloigner.

    L’ecclésiologie et la foi  des communautés se considérant comme « Orthodoxes à vocation locale Française » d’aujourd’hui  et leur organisation.

    La grande question que nous sommes en droit de nous poser : ces communautés sont-elles Orthodoxes dans toute la profondeur et la plénitude que la Tradition Orthodoxe donne à cette affirmation ?
    Avant de répondre à cette question il faut recenser qu’elles sont ces communautés et ensuite examiner éventuellement leur déclaration de Foi et la réalité de leur pratique.
    Il n’est pas inutile d’ajouter en préambule que des anathèmes ont été injustement prononcer tout au long de son histoire entre des Église sœurs Orthodoxes qui ont abouti pour de très longues période à l’absurde de la non reconnaissance des sacrement et de l’Orthodoxie de l’une ou de l’autre et ce jusqu’à une époque ressente , comme par exemple entre le Saint synode Russe Hors Frontière et la patriarcat de Moscou et il y a cent ans entre le patriarcat de Constantinople, et l’Église Bulgare, l‘Église Serbe … etc. Il n’y a rien de comparable entre situations des communauté Occidentales dont nous parlons, et les schismes tous  à facteur géopolitiques, qui existent encore aujourd’hui au sein même de l’Église Orthodoxe :  l’Archevêché Autocéphale Orthodoxe de Macédoine en face au Patriarcat de Serbie qui refusent de reconnaitre l’ancienne Église Locale Macédonienne ;  les deux Métropoles Autonomes Roumaines de Moldavie l’une dépendant de l’Église Roumaine et l’autre de l’Église Russe ;  le Patriarcat Orthodoxe de Kiev face à  la Métropole Ukrainienne russe  du patriarcat de Moscou, etc…  Ces schismes, aussi malheureux qu’ils soient, sont cependant internes à une même Église, dans une même Foi  Orthodoxe confessée, avec une même succession apostolique qui provient de la seule Église Orthodoxe,   et dans une même Tradition liturgique.
    L’exclusion en 1993 de l’ECOF du patriarcat de Roumanie est d’une toute autre nature ;  et non pas comme il a été souvent dit avec inexactitude, de la déposition de son évêque. Monseigneur Germain n’a jamais été convoqué par le Saint Synode pour y être jugé canoniquement et éventuellement déposé, et de ce fait selon le droit canon et les règles des conciles œcuméniques, il n’a donc formellement jamais été déposé.  C’est son diocèse et lui-même qui ont été exclu de la communion de leur Église Mère. Ce schisme n’a en effet rien de comparable avec les exemple sus mentionnés :  L’ECOF n’avait pas les mêmes pratiques liturgiques que les autres Église Orthodoxe et cherchaient même idéologiquement à s’en démarquer. De ce seul fait, l’ECOF était considérée avec beaucoup de méfiance vis-à-vis d’une Orthodoxie traditionnelle qui ne se reconnaissait pas, ni dans son calendrier liturgique purement Romain datant de Vatican I, ni dans la date de Pâques célébrée avec les Romain et non avec les Orthodoxes ; usages malheureusement adoptés par le Père Eugraph  Kovalevsky, lorsque toujours pour des motifs, au départ, pastoraux, ce calendrier existait alors partout en France dans l’Église Catholique. Nous sommes avant la guerre de 39-45, et il n’existait pas encore de calendrier liturgique Orthodoxe en Français. 
    La date de célébration de Pâques de l’ECOF est celle de l’Église de Rome et n’est donc  toujours pas celle de l’Église Orthodoxes, pourtant confirmée par le miracle du feu qui jaillit à travers la voute de la Grotte de la Résurrection à Jérusalem et qui embrase, depuis deux mille ans, le cierge pascal du patriarche Orthodoxe et ceux des fidèles présents ; miracle qui ne se produit qu’à la date de la Pâque Orthodoxe selon l’ancien calendrier Julien, et qui avait bien embarrassé les Croisés et le Royaume Francs de Jérusalem lorsqu’ils furent confronté à ce signe venu du Ciel leur montrant qu’elle était la véritable Église. 
    Ce refus qu’ont aujourd’hui encore toutes ces communautés de rites Occidentaux de célébrer Pâques avec l’ensemble de l’Orthodoxie, de communier dans leur foi Orthodoxe commune la même nuit dans la Lumière et la Joie du Christ Ressuscité, au-delà des frontières canoniques de juridictions qui peuvent ne pas être en communion. Nous regrettons qu’ils s’obstinent à ne pas  justement s’emparer de la date de Pâques Orthodoxe désignée par ce feu miraculeux, œuvre du Saint Esprit, pour affirmer qu’ils sont en communion avec toute l’Orthodoxie. (3)
    Ajouter à  tous les autre éléments que nous avons brièvement examiné dans notre article, il était et il sera toujours extrêmement difficile à des Église Orthodoxes Locales de regarder comme réellement Orthodoxe une communauté, des communautés,  qui se différencient  aussi manifestement de l’ensemble de la sobornost,  des Église Orthodoxe Sœurs. La question du calendrier  Catholique Romain d’avant Vatican II adopté par plusieurs de ces communautés se pose encore car les motifs pédagogiques qui avaient inspiré le Père Eugraph ont depuis longtemps disparus. Le principal motif  étant, comme nous l’avons déjà souligné, que ce calendrier était à cette époque celui de l’Église Catholique permettant, dans l’esprit du Père Eugraph, au Français désirant entrer dans la communion de l’Église Orthodoxe d’y retrouver les mêmes lectures bibliques. Est-ce une fidélité post mortem à Monseigneur Jean ? De nombreux français qui sont attachés à ce calendrier pensent sincèrement qu’il est le reflet du calendrier gallican qu’Alcuin aurait cherché a sauvé lorsque Charlemagnes lui avait demandé d’organiser l’unification de la liturgie dans son Royaume en s’inspirant du rite Romain (Charlemagnes n’avait pas été couronné empereur à Rome en 800 au moment de cette réforme liturgique). Pour ceux, qui comme nous avons étudié de très près cette question, la réforme liturgique d’Alcuin n’a pas consisté à prendre tel qu’il était le rite Romain, mais de s’en inspirer, en préservant des usages que n’avaient jamais adopté l’Église de Rome comme par exemple celui de chanter le Credo, avec,  soulignons le ici,  la théologie Carolingienne du « Filoque procedit » pourtant absente de la Théologie Romaine.
    Alcuin qui a inspiré le  Concile de Francfort en 794 comme conseiller de Charlemagne qui le présida, et qui est surtout l’un des  auteurs  des Libri Carolini (Livres Carolins), concile et ouvrages  dans lesquels s’affirment une théologie hétérodoxe différente, tant de celle du pape qui s’en tient au Credo Orthodoxe de Nicée - Constantinople, que de celle de l’Église Byzantine Orthodoxe.  Alcuin avec Charlemagne et l’ensemble de l’épiscopat Carolingien professent clairement dans les Livres Carolins et différends Conciles Carolingiens clairement pour le « Filoque procedi », et cela depuis le Concile Wisigoth Catholique de 589 qui le proclama pour la première fois, en passant par le Concile Carolingien de Gentilly en 767 qui se prononçait en faveur de cette nouvelle doctrine trinitaire hétérodoxe, le capitulaire (Admonitio Généralis) de 789,  du concile de Francfort en 794  dont nous venons de parler, comme dans tous les Conciles qui suivront après de couronnement impériale de Charlemagne (800). Dans les Livres Carolins, comme dans un article de l’ Admonitio Généralis  nommé Capitilare de imaginibus, étaient affirmés avec le rejet du Septième Concile Œcuménique de Nicée II,  la doctrine de l’Iconoclasme Moyen que prônera le futur empereur Byzantin Léon V (814-820), doctrine  qui s’oppose à la vénération des saintes images,  ne leur réservant qu’un rôle strictement pédagogique et en refusant donc ouvertement le Concile œcuménique de Nicée II (787). 
    Si cette condamnation du  Concile Œcuménique de Nicéee II   était venue d’une mauvaise traduction, dans laquelle le mot « vénération » avait été traduit par « adoration, » il n’en demeurait pas moins qu’explicitement la « vénération des images » étaient rejetée par les Livres Carolins comme par les conciles Carolingiens et que seules  leur acceptation dans les églises comme illustration pédagogique était tolérée, ce qui est l’exact définition de l’hérésie du Second Iconoclasme « l’iconoclasme moyen »  promulguée par l’empereur de Constantinople Léon V. Ajoutons que la réforme de la liturgie et son modèle romain avait été commencées sous le roi  Pépin comme le souligne Charlemagne dans  l’article ou canon  80 de son Admonitio Généralis.
    Pour les Orthodoxes prendre comme  référence Alcuin dans le rôle de gardien des textes orthodoxes empruntés aux liturgies gallicanes qu’il connaissait - ce qui est vrai -  et  qu’il aurait pieusement conservé et introduit dans la nouvelle liturgie néo-romaine que lui demandait le monarque Carolingien - ce qui est partiellement exacte -, comme je l’ai entendu enseigné à l’Institut Saint Denys, constitue pourtant sur le fond   une  absurdité théologique de la part d’un personnage totalement hétérodoxe du point de vu de la Tradition Orthodoxe. Si Alcuin a sans doute conservé des textes appartenant à l’ancienne liturgie gallicane, comme en témoigne son lectionnaire que nous avons dans notre Bibliothèque,  Alcuin ne peut être le garant de leur parfaite orthodoxie. De la même manière nous ne ferions pas confiance à Nestorius, pourtant un expert de la liturgie Byzantine qu’il connaissaient parfaitement, dans des travaux sur le Typikon quand à leur contenu Orthodoxe. Les Églises Nestoriennes qui ont continué d’exister avec un véritable esprit missionnaire célèbrent, elles aussi, une liturgie ancienne qui doit beaucoup au grand hérésiarque et qui s’est arrêtée dans le temps, comme le rite des Gaules, avec des textes parsemés des hérésies que professait Nestorius. 
    Pour les membres de ces communautés tous les saint français avant 1054, sont des saints Orthodoxes, alors que de très nombreux « saints » canonisés étaient des évêques Carolingiens qui confessaient le « Filoque » et rejetaient avec Alcuin et d’autres personnages d’envergures  plus tardifs, comme Hincmar  de Reims, le Septième Concile Œcuménique.  Il faut souligner ici le travail qui demeure jusqu’à aujourd’hui,  qu’a accompli pour l’Église Orthodoxe de France Monseigneur jean Kovalevsky en faisant découvrir aux Orthodoxes qui ne les connaissaient pas les saints Orthodoxes français, germaniques, bretons, celtiques, etc. Mais lorsqu’aujourd’hui nous ouvrons le « Calendrier de la Fraternité Orthodoxe » inspiré du travaille  poursuivi par les disciples du Père Eugraph dans l’ECOF, il est parsemé de « saints » qui étaient des iconoclastes moyens et qui confessaient le « Filoque procedit ».  Il suffit pour s’en convaincre de constater  qu’une centaine de saints de l’époque carolingienne est présente  dans  ce  calendrier.
    J’ai comparé il y a de nombreuses années  le lectionnaire de Luxeuil qui lui est réellement un lectionnaire Gallican avec lectionnaire de Vatican I en usage dans l’ECOF : aucune leçon commune des Évangile ou Épitres, ni  pour les dimanches ni concernant les fêtes ni concernant le  sanctoral qui est différent du Byzantin, ne relient ces deux lectionnaires. En revanche le lectionnaire Byzantin en usage depuis des siècles à Constantinople possède de nombreuses leçons communes avec Luxeuil. Si dans  réel soucis de formater leur pratique liturgique sur celle de l’antique Église des Gaules, les dirigeants de ses communautés avaient eu le désir sincère de prendre cette direction sans avoir à réécrire un nouveau Typikon, il suffisait simplement de retourner au très ancien Ménologe Byzantin pour se rapprocher en Esprit et en Vérité de celui de leur rite disparu. Mais redisons-le , le fond du problème c’est que ces communautés, dont on ne peut mettre en doute la sincérité dans leur désir d’appartenir à l’Église Orthodoxe et qui se proclament comme telle, vivent liturgiquement  avec des textes qui ne sont pas toujours Orthodoxe. Elles ne sont pas immergés dans le Typikon Byzantin qui, répétons-le,  baptise, même des croyants  illettrés, dans  le contenu de la Foi Orthodoxe.

    Le risque de s'isoler c'est de se séparer de la Tradition Orthodoxe.

    Cet article n’a pas comme but de critiquer pour  les désigner comme des sectes, mais de leur montrer que la dérive sectaire, l’isolement dans le quel sont tombés certaines de ces  communautés qui les conduisent à par exemple comme je l’ai lu sur l’un de leur Blog «  La Communion des Églises Orthodoxes Occidentales (4) confesse la foi primitive des trois premiers conciles œcuméniques reconnus par l'ensemble des Chrétiens et reçoit les déclarations dogmatiques des quatre grands conciles ultérieurs, sans pour autant en accepter certains anathèmes et canons porteurs d'exclusions, de séparations et de divisions. Elle adhère pleinement aux accords doctrinaux issus du dialogue œcuménique actuel entre les Églises Orthodoxes et les autres confessions chrétiennes. » (5)
    Il est évident qu’aucune Église Orthodoxe n’acceptera une telle « déclaration de foi » dans laquelle sont mis en doute les Saint Canons Œcuméniques qui constituent la base ecclésiologique de notre Église  et qui aux yeux des Saint Pères qui les ont rédigé sous l’inspiration du Saint Esprit étaient revêtu d’une importance presque aussi grande que les définitions dogmatiques qui les accompagnaient. Cette affirmation dogmatique -à laquelle est étrangère l’ECOF- , démontre cependant un lent mais réel processus inconscient  qui depuis le commencement de cette grande aventure spirituelle conduits ses différents adeptes  à considérer que l’on peut prendre et laisser des éléments dans le patrimoine Orthodoxe, prendre par exemple  tel  aspect de sa liturgie et en rejeter les autres, prendre tel aspect ou élément de sa Tradition et en laisser  tous les autres, prendre tels conciles et ou canons et en rejeter tous  les autres comme dans l’exemple malheureux que nous venons de citer.
    Mais chaque partie de la Tradition Orthodoxe est consubstantielle à l’unique Église Orthodoxe qui est le Corps du Christ. Le Christ ne peut-être divisé. Nos Saints Pères ont toujours affirmés que celui qui rejette une seule partie de l‘Unique Tradition de l’Église c’est toute l’Église qu’il rejette. Et Pour une déclaration  de « Foi Orthodoxe » faites par l’ensemble de l’épiscopat de cette fédération d‘Eglise Française, l’absence d’une référence aux Conciles de Constantinople  de 1341 et 1347 sur les énergies incréée est significative d’un enferment dans la période qui recouvre les trois premier concile Œcuméniques les seuls qu’ils reconnaissent complètement avec tous leurs canons. La tentation de la dérive sectaire commence là ou une communauté s’éloigne de  ce que confesse où de ce que rejette l’ensemble de l’Église Orthodoxe.


     Nous sommes tous responsables de l’isolement des ses communautés.

    Mais cela nous renforce dans l’idée que de telles dérives  qui conduisent à  un sectarisme  ne sont pas de la seule responsabilité de ceux qui s’y sont engagés aujourd’hui.  Les Orthodoxes  en près de soixante dix ans de présence sur le sol de la France n’ont pas su s’organiser selon le 34 ème canon apostolique, en donnant leur place juste aux français qui avec d’autres orthodoxes d’origines étrangères, désiraient légitimement vivre une Orthodoxie locale. L’obsession, la priorité première des différentes juridiction  présentes aujourd’hui en France a été de rassembler leur ressortissants, pour la plus part devenus des citoyens français, dans leur Église Mères d’origines.  Aucune réelle place n’a été envisagé pour une Orthodoxie véritablement locale, et l’expérience malheureuse de l’ECOF a achevé  de décourager les rares Églises qui comme le Patriarcat de Moscou, le   Synode Russe Hors frontière et le Patriarcat de Roumanie s’y sont essayés.  Si en France, il existait aujourd’hui une seule Église orthodoxe véritablement locale, l’argument principal de ces communautés disparaitrait.  La transgression permanente des saints canons à contenu œcuménique et ecclésiologique,  cités au début de notre article,  qui aurait pu se justifier  comme situation provisoire,  si une volonté réelle  existait de fonder  une véritable Église Orthodoxe locale en France, nous fait songer à la Parole éternelle du Christ le Chef de l’Église : « Rendez un  arbre mauvais, il donnera de mauvais fruits. » (Mt XII, 14) Nous ne parlons pas ici des déclarations sporadiques de l’épiscopat orthodoxe en France affirmant son  désir de parvenir à une Orthodoxie Locale, contre toute vraisemblance dans des actes tissés des imbroglios géopolitiques dans lesquels les intérêts des gouvernements de chacune de ces Église Locale des pays de l’Est se confondent historiquement avec ceux de l’Église avec un grand E.  Ne nous exonérons pas de notre responsabilité vis-à-vis de ces communautés Orthodoxes  françaises héritières d’une longue histoire  faite  de quiproquo et d’espérances brisées. Ces communautés, et cela nous sera reproché lors du « terrible Jugement » sont les fruits de notre incapacité en presque cent ans à faire passer l’Église universelle avant les intérêts particuliers et incontestablement politiques des Églises nationales étrangères au sol de la France.
     Mais bien nous ne puissions pas, par manque de foi et d’espérance,  soulever cette montagne d’intérêts si étrangers à la véritable Église Orthodoxe, qui paralysie la plupart des Églises Locales présentes en France, il nous reste l’exercice de l’amour.  Il ne faut pas laisser dans l’isolement ces communautés au prétexte qu’à nos yeux elles ne sont pas parfaitement orthodoxes, (à demis morte). Ne passons plus à côté d’elle comme le prêtre et le lévite qui laissent sur le côté de la route cet homme à demis mort. Prenons-le, prenons-les sur la monture que nous a donnée le Bon Samaritain (Lc X, 29-37) et conduisons-les dans la Bonne Auberge de l’Ecclésia. Engageons des discussions positives avec leurs évêques en laissant de côté la question de la validité ou de la non validité de leur succession apostoliques.  Tous ces problèmes se résoudront facilement si ces communautés sont sincères - et elles le sont - et que nous aussi nous ayons à cœur de les conduire dans  la plénitude de l’ Église Orthodoxe.

    Avec la Croix du Christ, suivons le Christ.

    Ce texte on l’aura compris, n’est pas un simple article, il est une sorte  de retour en arrière sur les choix de ma vie comme prêtre, puis comme évêque, que je réalise dans ce texte, comme un bilan, une explication que je dois en tout premier lieux aux  prêtres, diacres, sous diacres,  les moines les moniales qui m’entourent,  à tous ceux qui ont hier et avant hier croisé ma vie comme j’ai croisé la leur. Avec ce mot Croix présent dans « Croiser » qui  souligne que c’est toujours avec la Croix du Christ en synergie avec la Croix qu’il nous demandé d’assumer pour suivre le Christ que se font dans l’Ecclésia toutes les véritables  rencontres.
    Bien que j’ai pris depuis longtemps, quarante ans,   de très grandes distances, pour des motif sérieux que j’ai tenté d’expliquer dans cet écrit, avec l’œuvre - que certains nomment l’héritage - du Père Eugraph, je revendique d’être l’un des fils spirituel de Monseigneur Jean Kovalevsky qui a déposé en moi les graines de la Foi Orthodoxe, et de la conscience de l’Église Locale ;  mais de la même manière que je revendique tout autant d’avoir eu comme Pères spirituels après la naissance au Ciel de Wladika Jean, le saint Archevêque Téofil Ionescu qui m’initia en premier, jusqu’à sa dormition, aux trésors spirituels de la vie monastique roumaine ; et ensuite celui qui a semé en moi la prière du Nom de Jésus, le  grand Starets roumain Père Béndict Ghius ; sans oublier le Père Cléopas et le Père Pétronios qui bien qu’il ne furent pas mes Pères spirituels, m’ont transmis dans mon cœur la prière Eucharistique du Nom de Jésus.
    L’Orthodoxie ne s’est jamais transmise à travers un seul « Père » et lorsque ce fut le cas, il y a toujours eu des hérésies, du nom de leur fondateur : Arius pour l’hérésie Arienne, Nestorius pour l’hérésie Nestorienne etc… Le danger de rencontrer une personnalité hors norme, incontestablement orthodoxe mais qui a œuvré dans un milieu qui n’était  pas issus de la Tradition Orthodoxe et qui l’ignorait, c’est que son héritage, s’il n’est pas aussitôt réintroduit et confronté à la sainte mesure de l’étalon de la  Sainte  Tradition avec les corrections nécessaires, ne finisse par entrainer tous  ceux qui le suivent à s’éloigner de plus en plus de l’Église. 
    Saint Vincent de Lérins dans son Commonitorium  nous explique comment nous fier au Pères de l’Église susceptibles d’erreur comme n’importe quel homme : « Il faut les croire selon la règle suivante : Ceux qu’ils ont enseigné à l’unanimité ou dans leur majorité, clairement, d’un commun accord, fréquemment, avec insistance - tel un concile de théologiens unanimes - ce qu’ils nous ont transmis, après l’avoir reçu de la Tradition, et avoir eux-mêmes conservés, cela doit être tenu pour indubitable, certains et vrais. Au contraire, tout ce que quelqu’un aura pensé en-dehors de l’opinion général ou même contre elle, quelque saint et savant qu’il fut, fut-il évêque, fut-il confesseur et martyr doit être relégué parmi les opinions personnelles et secrète et privées, dépourvue de l’autorité qui s’attache à un opinion publique et générale. » C’est cette sainte règle qui, selon nous, n’a pas été entièrement appliquée par ceux qui se déclarent comme les disciples ou les héritiers de l’Évêque Jean Kovalevsky. Un jour dans une conversation difficile que j’avais avec des membres du clergé de Monseigneur Germain  l’un d’entre eux me reprochait : « de ne pas suivre Monseigneur Jean » et je lui répondis « Je m’efforce de suivre le Christ que s’est efforcer de suivre Monseigneur Jean. »

    L’Église ne nous enseigne pas de suivre  tel ou tel Père spirituel, ou tel ou tel évêque dans son particularisme, mais à travers leurs saints exemples,  de nous efforcer de suivre le Christ. Et pour cela il n’y a pas de chemin plus sur que d’être fidèle à la Tradition de l’Église. La Tradition Orthodoxe est comme un orchestre : c’est le Christ, l’Icône du Père  (« Qui m’as vu à vu le Père »  Saint Jean) qui est le Chef d’orchestre et l’ensemble des Saint Pères les musiciens et tous suivent, chacun avec son instrument particulier,  sans fausse note, la partition du Saint Esprit. Si d’aventure quelqu’un joue une fausse note, soit il se corrige, soit il est excu en s'excluant lui-même de  l’Orchestre qui est l’Église. Telle est la Tradition ; telle est l’Église.



    +Métropolite Michel Laroche (Patriarcat de Kiev)


    (1) Lire sur ce sujet notre ouvrage « La papauté orthodoxe » Ed. Présence 2004. Ouvrage presqu’épuisé mais que l’on peut  trouver à la Librairie d’Argance-Vachon  84 rue Bonaparte à Paris 75006
    (2) Cette même économie fut de nombreuses fois pratiquées par le patriarcat de Moscou, notamment dans les années 70 avec l’évêque Séraphin de Zurich qui bien que moine vivait avec « sa sœur en Christ » et bienfaitrice ;   il  fut élevé à l’épiscopat dans cette même condition de vie et voyageait dans tous ses déplacements officiels avec elle y compris comme invité du patriarcat. Nous les avons tous les deux bien connu.
    (3) Qu’au moins chaque évêque de leur communion, célèbre dans sa Cathédrale dans l’unité charismatique de l’épiscopat Orthodoxe cette Nuit de la Résurrection, même si par économie il laisse certaines paroisses célébrer à la date du calendrier catholique romain.
    (4) Les trois communauté de rites Occidentaux que  se sont fédérés selon leur propre déclaration en 2006 sont : l’Eglise Orthodoxe Celtique, l’Eglise Orthodoxe Française et l’Eglise Orthodoxe des Gaules. Elles ont, comme les Églises Orthodoxes de l’immigration des diocèses superposés sur le même territoire de la France contrairement aux principes ecclésiologiques qu’elles défendent. Leur vie spirituelle fondée sur l’étude des Pères de l’Église  est sérieuse, avec une forte  vie monastique et selon nos sources pour deux d’entres elles, elles alternent leurs liturgies locales avec la liturgie de Saint Jean Chrysostome et une bonne connaissance du Typikon Byzantin. Seule leur déclaration à propos des cinq derniers Conciles Œcuméniques  est regrettable.
    (5) En réalité la question des canons « porteurs d'exclusions, de séparations et de divisions »  soulevés par ce groupe d’évêques occidentaux a une solution qui est simple : l’étude de la rédaction des canons du Septième Concile Œcuménique nous apprend que  concile qui fut conduit par le patriarche de saint Tarasios, fut celui de l’ « économia » contre le fanatisme de la majorité des moines iconophiles qui ne voulaient pas pardonner aux évêques repentis du premier iconoclasme. L’ensemble des saint canons produits dans le Septième Concile Œcuménique, contrairement à ce que laisse penser cette malheureuse déclaration, donne à l’Église Orthodoxe  tous les moyens d’exercer le principe d’économie qui est le sien. D’autre part, dans chaque patriarcat  ou Église autocéphale, dans chaque éparchie, l’épiscopat a les moyens, sans transgresser un seul saint Canon Œcuménique général ou locale, d’appliquer la sainte économie, sans pour autant rejeter le canon à propos  du quel s’appliquerait cette économie. Et d’une manière générale chaque évêque est dans son éparchie l’unique interprète des Saints Canons.

    Bibliographie sommaire:

    Histoire :

     
    Charlemagne  par Georges Minois   Éd. Perrin
    Charlemagne par Jean Flavier  Éd. Fayard
    Charlemagne par Arthur Kleinclausz  Éd. Tallandier
    Charlemagne et l’Empire Carolingien par Louis Halphen Éd. Albin Michel
    Histoires de Conciles œcuméniques T.4:Nicéee II par Germain Dumiège Éd. De l’Orante
    Histoire de l’Église  T VI l’Epoque Carolingienne par Émile Hamann Éd.  Fliche et Martin 
     

    Liturgie :

    L’ensemble du Typikon Orthodoxe, Liturgie de Saint Jean Chrysostome, Litrugie de Saint Basile, Liturgie des Présanctifiés, Triode de carême, Pentecostère, Ménées, Lectionnaires etc.
    Liturgie de saint Germain de Paris Éd.  CEDD
    Liturgie de saint Germain de Paris par l’archimandrite Alexis van der Mensbrugghe Éd Contact 1962
    Le Canon Eucharistique de l’Ancien rite des Gaules par l’archiprêtre Eugraph Kovalessky Éd. Saint Irénée
    Origine du culte chrétien par L. Duchesnes Éd Albert Fontemoine 1909
    Liturgie comparée par A.  Baumstark Éd. Chevetogne
    Le lectionnaire d’Alcuin par Dom. André Wilmart 1937
    Éd. Roma Ephemerides Liturgicae 1937
    Litrurgia Encyclopédie des connaissance liturgiques par R. Aigrain Éd Bloud et Gay 1947
     

    ECOF :

    Archives personnelles sur l’ECOF  dont « Présence Orthodoxe N°19 ; 1972
    et Romania Orthodoxe Church News  N° 2 ; 1972
    Une Église Orthodoxe de rite occidentale : l’Église Catholique Orthodoxe de France. Thèse de doctorat de Alexis Van Bunnen : Université Catholique de Louvain 375 pages.

     

  • Un articol de actualitate pastorală: Ortodoxie, homofobie si homosexualitate:


    Un articol de actualitate pastorală

    Ortodoxie, homofobie si homosexualitate:
    „Nu judecaţi.”- o învăţătură uitată a lui Hristos

    De Mitropolitul Michel Laroche
    Traduit en roumain  par Madame Mihaela Mihaila

    I. Să ne schimbăm modul în care privim lucrurile.
    În această primă săptămână a Triodului din Postul Mare, m-am gândit că ar fi util să vorbim despre importanţa nejudecării, ca învăţătură ce Îl are pe Hristos în centru, pentru vindecarea sufletului şi trupului fiecăruia din noi. În acest scop, vom aborda un subiect social, care se pretează judecăţii: homosexualitatea şi corolarul ei, homofobia. Nu vom aborda problema homosexualităţii din punctul de vedere al teologiei morale, ci din perspectiva socială şi pastorală a Bisericilor creştine, şi îndeosebi a Bisericii Ortodoxe. Aşadar, îi invităm pe cei care ar dori să aprofundeze latura morală, etică şi teologică a acestei probleme să consulte remarcabilul articol al părintelui şi teologului Marc-Antoine Costa de Beauregard (pe care îl puteţi găsi pe internet, scriindu-i numele), care s-a ocupat de acest subiect delicat cu o rară inspiraţie. 
    Subiectul homosexualităţii ridică numeroase întrebări Bisericilor creştine – deşi, am spune, în aceeaşi măsură ca şi în cazul persoanelor divorţate şi recăsătorite, cărora Biserica Ortodoxă le aduce un răspuns generos, permiţându-le o a doua şi chiar o a treia căsătorie religioasă (1), sau cel al avortului, al contracepţiei, al relaţiilor amoroase dinăuntrul sau din afara căsătoriei, precum şi unei mulţimi de alte teme, în care etica şi morala se întrepătrund şi vizavi de care bisericile încearcă să dea răspunsuri care sunt în acord cu dogmele lor.
    Toate aceste probleme apar zilnic în faţa preoţilor simpli din parohii, care, prin credinţa şi înţelegerea lor, sunt confruntaţi cu o multitudine de situaţii dramatice – care uneori au ajuns la distrugerea unor persoane –, a acestor răniţi ai vieţii şi care necesită din partea preoţilor o îndrumare pe care ei se străduiesc să o ofere în fiecare zi, prin dragostea lui Hristos, ai Căruia sunt cei mai smeriţi martori. În acest articol, încercăm să discutăm această privire plină de compasiune a preotului simplu, de parohie, sau a duhovnicului anonim din mănăstire, care sunt chemaţi de Hristos să-şi exercite capacitatea de a fi milostivi, în duhul dreptăţii credinţei ortodoxe, faţă de toţi cei bolnavi, faţă de toţi aceşti dezmoşteniţi ai soartei. Mă refer mai ales la femeile cu care am avut ocazia să stau de vorbă pe vremea când eram un simplu preot de parohie, timp de peste treizeci de ani, care trăiseră în propriul lor trup drama şi sfâşierea pe care o produce avortul şi care veniseră să ceară rugăciunea Bisericii şi, mai ales, compasiunea ei. Ce trebuia să fac? Să le condamn, făcându-le să se simtă astfel şi mai vinovate, sau pur şi simplu să mă străduiesc să le „înţeleg” şi să le arăt dragoste? Mă gândesc şi la femeile bătute, care, după ce se despărţiseră de soţi şi se recăsătoriseră, nu mai suportau încă o condamnare – această judecată voalată, pentru care în Biserica Catolică se foloseşte expresia „divorţaţii recăsătoriţi” şi care poartă şi ea pe haină un fel de stea a lui David. 
    Judecarea celuilalt începe întotdeauna prin plasarea lui în „ghetou” - fie verbal, fie instituţional. Pentru a-l exclude, pentru a-l condamna pe celălalt, omul începe prin a-l descrie şi a construi în jurul subiectului respectiv o definiţie care depăşeşte toată realitatea persoanei respective. Am făcut trimitere la problema „divorţaţilor căsătoriţi” tocmai din cauză că în Biserica Ortodoxă nu există nici o categorie care să corespundă acestei definiţii. Noi avem în Biserica noastră persoane divorţate şi recăsătorite, dar ele nu se deosebesc de ceilalţi oameni. Însă aşa se referă la ele Biserica Catolică, chiar şi atunci când li se spune că sunt iubite. Or, tocmai aici începe greşeala.
    Cel care spune, de exemplu, că are „prieteni evrei” este, evident, antisemit, pentru că îl numeşte pe celălalt pe baza unei concepţii prin care îl consideră diferit din punctul de vedere al unei categorii şi nu din punct de vedere personal; astfel, el nu spune: „prietenul meu, cutare”. La fel, cel care afirmă că are „prieteni homosexuali” este, în adâncul sufletului său, alergic faţă de persoanele homosexuale, iar cel care pretinde că are „prieteni arabi” are o optică amestecată cu islamismul fundamentalist. Lista acestor exemple este lungă – mult prea lungă.   
    Să ne ocupăm însă acum de subiectul homofobiei. Semantic, cuvântul desemnează, nu cum credem astăzi – greşit – o persoană care ar avea o fobie faţă de homosexuali, ci care are o fobie vizavi de „homo”, pur şi simplu – adică, vizavi de homo sapiens, de fiinţa umană. Dicţionarul Robert dă o definiţie foarte precisă a acestui cuvânt: „din latinul homo, hominis – om. Gen al familiei de hominizi din care face parte specia umană”. Iar această definiţie îmi place foarte mult, pentru că se referă la toată umanitatea, din care facem toţi parte. Ne aflăm în faţa unei noţiuni corecte, care nu limitează şi nu desemnează printr-o definiţie care n-ar exprima absolut deloc taina fiinţei omeneşti.
    Bineînţeles, putem vorbi de evrei, de musulmani şi de creştini şi, nuanţând şi mai mult criteriile, de ortodocşi, de catolici şi de protestanţi şi, de ce nu, de persoane divorţate şi recăsătorite; însă nu ca despre nişte specii aparte, ci ca despre nişte situaţii pe care le întâlnim în viaţă. De ce nu putem face acelaşi lucru şi când e vorba de homosexualitate? Nu trebuie confundate întrebările care se pun în societatea noastră pe un subiect anume cu nişte categorii superficiale care sunt create de noi, numai pentru unicul motiv că ne este teamă de ele sau care ne deranjează într-un fel sau altul. Desigur, creştinii, ca şi evreii, protestanţii sau musulmanii formează „ecclesia” (adunarea). E la fel ca apartenenţa la un partid politic. Spunem despre un membru al partidului socialist că este „socialist”. Toate aceste lucruri ţin de domeniul convingerii religioase sau filozofice personale şi nu pot fi invocate pentru o categorisire în „ghetou” - cu excepţia persoanei însăşi, dacă pretinde lucrul acesta. Nu e nimic blamabil în aceste definiţii, care nu desemnează decât nişte curente de gândire. Pe de altă parte, trecem de o anumită graniţă atunci când vorbim despre un grup de oameni numindu-i „divortaţi”, „homosexuali” sau „femei care au avortat”. Această „punere în ghetou” aduce prejudicii demnităţii persoanei umane ca chip şi asemănare a lui Dumnezeu. Bineînţeles, păcatul acoperă chipul lui Dumnezeu din fiecare om, însă acest lucru e valabil pentru orice păcat, nu numai pentru o anume categorie care ar fi mai blamabilă decât altele. Cine suntem noi, să reducem o persoană la o acţiune vătămătoare, categorisind-o mai mult decât pe alţii şi reducându-i astfel umanitatea, creată după chipul şi asemănarea lui Dumnezeu? Este imperativ să ne schimbăm modul în care-l privim pe celălalt – acest străin, această persoană care ne deranjează şi ne scandalizează.

     II. Să judecăm sau nu, în numele lui Hristos?
     Să judecăm sau nu, în numele lui Hristos? Întrebarea este valabilă. Hristos ne spune în Evanghelie: „Nu judecaţi.”(3) Cu toate acestea, responsabilii religioşi creştini, ca şi fariseii de odinioară, judecă şi condamnă în Numele lui Hristos, separându-se „de facto” de Evanghelie. Ei sunt un grup de oameni de tipul celui pe care-l menţionam la începutul acestui articol.
    Îmi place în mod deosebit Evanghelia în care este adusă în faţa lui Hristos o femeie suprinsă într-un act de adulter şi este condamnată la lapidare, conform tradiţiei iudaice din acea vreme. Pentru a-L pune în încurcătură pe Hristos, a cărui dragoste nestrămutată faţă de oameni îi mai fusese pusă la încercare până atunci de multe ori, fariseii îl întreabă: „Legea noastră condamnă această femeie la uciderea cu pietre; Tu ce spui?” Răspunsul lui Hristos este această frază cât se poate de simplă, care este o adevărată sfidare pentru orice exegeze complicate: „Cel fără de păcat să arunce primul piatra”.(4) Şi toţi (începând, evident, cu persoanele cele mai în vârstă) se retrag, ne spune Evanghelia – fără îndoială, pentru că pe perioada vieţii lor avuseseră, încă şi mai mult decât cei tineri, ocazii de cădere; uneori, neştiuţi de nimeni, căzuseră chiar în acelaşi fel de păcate. Privindu-i pe cei pe care îi numim arbitrar „păcătoşi publici”, asemenea celor care au adus-o în faţa lui Hristos pe femeia adulteră, vrem să spunem că păcatul lor este mai important decât altele; decât propriile noastre greşeli. Stabilim o ierarhie îngrijorătoare, o diferenţă între păcatele invizibile, care ar fi, astfel, mai puţin grave decât păcatele vizibile. Vom reveni mai târziu asupra acestei ierarhizări a greşelilor.
    Toţi – atât persoanele, cât şi Biserica – cei care stigmatizează în acest fel un grup de persoane, încadrându-le într-o anume categorie, precum cele pe care le-am menţionat: prostituate, adulteri, homosexuali, beţivi, drogaţi, persoane care au făcut avorturi (şi altădată, vameşi) participă monstruos la anihilarea tainei persoanei unice, care dispare astfel sub noua etichetare a „păcatului”, în care este denaturată si „dezipostaziată”. Toate semnalele din interiorul acestor persoane private de ipostază, care ar putea să le conducă la pocăinţă şi la sfinţenie, le sunt negate. Privirea pe care ajungem să o îndreptăm spre ele este o privire care ucide, nu una care salvează.
    Hristos nu priveşte păcătosul aşa. Altfel, nu ar mai exista nici o speranţă de mântuire.
    Sfântul Serafim de Sarov aduce un răspuns plin de miez la această întrebare, într-o relatare care se găseşte doar într-o singură lucrare referitoare la viaţa sa, scrisă de marele părinte sârb, Iustin Popovici. Sf. Serafim îi face o profeţie teribilă unuia din ucenicii lui, un colonel rus extrem de virtuos şi evlavios, care respecta toate regulile Bisericii, spunându-i că după ce el, Sf. Serafim, va trece din această viaţă, va deveni un beţiv, dar că la sfârşitul vieţii, se va vindeca şi va muri în pace. Alcoolismul nu este un păcat oarecare; Biserica îl consideră ca o patimă care poate duce la rătăciri grave, cum a fost cazul lui Lot. Acest biet colonel, care avea încredere în sfaturile sfântului, a rămas extrem de îngrozit de profeţia acestuia, iar Sf. Serafim i-a explicat: „Dumnezeu îngăduie uneori sufletelor să cadă în păcate vizibile, pentru ca prin smerenia care apare în urma umilirii publice să poată evita păcate invizibile, mult mai aducătoare de moarte”. Lucrul la care făcea referire sfântul era mândria, care însoţeşte adesea virtuţile noastre exterioare.
     
    Căci cât de comod şi de liniştitor este să poţi să „aranjezi” astfel oamenii, în „sertăraşe” etichetate precis şi să le repartizezi reţeta potrivită, pedeapsa corespunzătoare şi să deosebeşti oaia râioasă, care riscă să contamineze turma!

    III. Astăzi – ucigaş, mâine – sfânt 
    Poate răspunde cineva la o întrebare ca aceasta: care a fost demersul interior al lui Pavel, care l-a condus, în cele din urmă, la Hristos, deşi fusese un prigonitor al primilor creştini? În ce categorie ar trebui el plasat?
    Cei care-l vedeau pe Saul erau convinşi că nu se va schimba niciodată şi că e un duşman înverşunat al lui Hristos. În timp ce Saul asista aprobator la lapidarea lui Ştefan, el era, totuşi, fără să ştie, în prezenţa lui Hristos, care îl transfigura pe Ştefan. Un avvă povesteşte metaforic: privirea lui Saul s-a întâlnit cu privirea Sfântului Ştefan, care nu-l judeca, ci chiar părea că-l iubeşte şi-l admiră. Tulburat, se întreba: „De ce oare, acest om a cărui învăţătură o urăsc, mă iubeşte, în pragul morţii lui? Pentru ce pare să mă admire? E nebun?”. Sfântul Ştefan – explică acest avvă – îl vedea în Saul pe viitorul Pavel. Privirea lui semăna sămânţa cea bună, în partea cea bună a grădinii lui Saul. Astăzi – ucigaş; mâine, poate, sfânt. Aşa ar trebui să privim orice fiinţă umană, chiar dacă ne este duşman, sau ne persecută, sau ne calomniază. Atunci când cineva pare să fie străin de Hristos şi ajunge până la a-I prigoni slujitorii, atunci când cineva îţi face rău, nu-l judeca, pentru că rişti să-l osândeşti pe tâlharul de pe Cruce, care s-a convertit în pragul morţii; rişti, prin privirea ta, să-l împiedici pe Saul să se transforme în Pavel. Pentru că privirea ta rea seamănă sămânţă rea, cu rădăcini puternice, în partea rea a grădinii celui pe care-l judeci. Cum să cunoşti tu planul lui Dumnezeu în privinţa acestui chip al Său? Eşti tu Dumnezeu, în locul Lui? Căci cel care judecă se consideră Dumnezeu. Ci tu fă dimpotrivă; seamănă în partea bună a grădinii fratelui tău; crede că Hristos va lucra în sufletul lui aşa cum a făcut-o şi pentru Pavel. Priveşte-l pe cel care te prigoneşte în numele unui adevăr fals ca şi cum ai şti că într-o bună zi va deveni sfânt, pe când tu nu eşti decât praf şi pulbere. Consideră-te pe tine întotdeauna ca ultimul dintre toţi oamenii şi cel mai netrebnic dintre ei. Roagă-te pentru duşmani şi practică iertarea fără margini şi atunci «pacea lui Dumnezeu, care covârşeşte orice minte» va păzi inima ta şi cugetul tău întru Hristos Iisus. (Ph. IV-7)
    Întrebarea fundamentală este pusă de Hristos în Evanghelia femeii adultere: cine suntem noi, să-i judecăm – şi chiar să-i condamnăm – pe ceilalţi? Respingerea persoanelor homosexuale – căci despre asta este vorba în cazul homofobiei – este, în realitate, mult mai vastă decât subiectul în sine. Unii vor obiecta: «Da, dar Biserica condamnă homosexualitatea!». Dar Biserica respinge în aceeaşi măsură şi adulterul, şi egoismul, şi mândria, şi zgârcenia, şi vorbirea de rău, ura, ţinerea de minte a răului, pizma, zavistia, uciderea, erezia... şi judecarea altuia! Lista este prea lungă pentru a menţiona aici toate subiectele asupra cărora Biserica exprimă rezerve şi chiar mustrări. Nu abordăm în acest articol tipul fiecăruia din aceste păcate pe care le respinge Biserica (nu pentru a condamna persoana, ci pentru a o elibera de patimi). E mai bine să arătăm toată frumuseţea pe care omul o pierde din cauza unui păcat, decât să insistăm pe păcat în sine; pentru că atunci riscăm să identificăm persoana respectivă cu păcatul. Păcatul nu este niciodată definiţia omului; el nu este decât închiderea momentană a unei persoane într-o patimă. A spune: „este egoist” înseamnă să plasezi la nivelul ipostazei o patimă care pătează, poate, temporar, acel suflet. Ar trebui să spunem mai degrabă aşa: „În acest moment, acest om se comportă într-un mod egoist”. Şi atunci, înţelegem că orice alungare a cuiva într-o categorie sau alta, în cadrul ecclesiei – fie că e vorba, aşa cum am spus, de egoişti sau de prostituaţi, sau de vameşi sau de homosexuali – trebuie alungată din mintea noastră.

     Părinţii pustiei, alături de Sf. Serafim de Sarov – care le adoptă, într-o pădure din adâncul Rusiei, modul de trai anahoretic şi învăţăturile – ne spun: „Iubeşte păcătosul, dar urăşte păcatul”. Să nu încurcăm „ţintele”. Prin dorinţa noastră ca alţii să fie perfecţi, ne ridicăm pe noi înşine la înălţimea lui Dumnezeu şi uităm că păcatele noastre mai puţin vizibile sunt, fără îndoială, mai rele decât cel pe care-l denunţăm.

    Omul care-l respinge pe-un altul – indiferent cine ar fi el – respinge, în realitate, toată omenirea. Nu face decât să înceapă prin a-l respinge pe acest „celălalt”: pe acest homosexual, pe acest divorţat, pe acest adulter, această prostituată, acest evreu, arab, bolnav de mongolism; însă mai apoi, această singularizare, care se continuă prin condamnarea celuilalt, se întinde, invariabil, asupra întregii umanităţi. Trebuie să ne aducem aminte că în lagărele de concentrare erau exterminaţi nu numai „evrei”, „ţigani”, „sârbi ortodocşi”, ci şi „homosexuali”, care erau însemnaţi nu cu steaua lui David, ci cu un triunghi roz. Grupul artificial al „homosexualilor” îşi avea propria emblemă (6).
    Hristos ne dă ca exemplu al rugăciunii perfecte pe cel al „vameşului” (7), care, pe vremea aceea, era un om pe care toată societatea civilă aşa-zis religioasă îl condamna în unanimitate. Vameşii erau „colaboraţionişti” care percepeau impozitele pentru ocupanţii romani. Ei aparţineau efectiv unei categorii de păcătoşi asemănătoare acelora în care unele biserici de astăzi „clasează” atât persoanele homosexuale, cât şi divorţaţii recăsătoriţi. Şi totuşi, rugăciunea unuia dinte aceşti reprobaţi, dintre aceşti excluşi este dată ca pildă de către Hristos ca fiind rugăciunea smereniei desăvârşite: vameşul  nu judecă pe nimeni şi îşi priveşte propriile probleme personale, ca om liber, numai în faţa lui Dumnezeu, care îl ascultă. Şi, în aceeaşi parabolă, Hristos face distincţia dintre această rugăciune şi judecarea şi falsa rugăciune pe care vameşul o stârneşte în virtuosul fariseu – şi care nu au nici o valoare duhovnicească. Un părinte al pustiei le spunea ucenicilor lui: „Atâta vreme cât judeci un singur om, n-ai început să te rogi”. Se povesteşte, de asemenea, că un frate s-a dus la un avvă, la părintele lui, pentru a-i denunţa păcatul unui frate din obştea lui. Avva s-a prosternat în faţa ucenicului lui. Acesta a protestat: „Ridică-te, avva! De ce te prosternezi în faţa nevrednicului de mine?” Iar avva îi răspunse: „Pentru că ai devenit, fără îndoială, Dumnezeu, dacă îţi poţi judeca astfel fratele”.  
    Însă pentru un creştin, chestiunea fundamentală, vizavi de judecarea celuilalt, este următoarea: „Întrucât aţi făcut unuia dintre aceşti fraţi mai mici ai Mei, Mie Mi-aţi făcut” (8), ne învaţă Hristos. Nimeni nu face excepţie de la această afirmaţie. Cel pe care noi îl respingem, indiferent ce reproşuri de ordin moral i-am putea aduce, va fi întotdeauna Hristos. Să nu uităm că primul om pe care Hristos îl duce în Paradis, înaintea unei întregi mulţimi de drepţi, este un alt osândit; atunci când îi făgăduieşte tâlharului de pe Cruce – care era, totuşi, şi el, tot un păcătos public: „Astăzi vei fi cu mine în rai”.( 9)
    În rugăciunea Sfântului Efrem Sirul, pe care toţi credincioşii ortodocşi o rostesc în perioada Postului Mare, se spune: „Dăruieşte-mi să-mi văd greşelile mele şi să nu osândesc pe fratele meu”. Fără a analiza această cerere în toată profunzimea ei, trebuie spus că nejudecarea aproapelui este o prioritate duhovnicească, în Biserica Ortodoxă. Homofobia înseamnă, în mod fundamental, judecarea şi condamnarea celuilalt, prin identificarea – în cazul homosexualităţii – a unei acţiuni pe care am reproba-o. Ca atare, ea se opune cuvântului veşnic al Celui care a spus: „Nu judecaţi”. Iar ea contrazice în aceeaşi măsură şi această altă făgăduinţă pe care Hristos le-o face celor mai virtuoşi dintre noi – identificând clar, de data aceasta, categoriile prin care noi îi desemnăm pe aceşti oameni în „judecăţile” noastre; cu alte cuvinte, pe toţi cei pe care îi considerăm condamnaţi automat, prin păcatele lor: „Desfrânatele vor intra înaintea voastră în Împărăţie”(10). „Desfrânatele” nu există ca atare, pentru Hristos. El vorbeşte astfel din cauza osândirii care li se aduce de societatea din vremea Lui. Cu toate acestea, prostituţia ridică nişte probleme de ordin moral, cărora Hristos le aduce, de altfel, răspunsuri, ca şi pentru adulter. Însă Mântuitorul se fereşte să identifice persoana, aplicându-i termeni ca prostituţie sau adulter. Noi aplicăm, în cazul persoanelor homosexuale, ca şi al oricărei fiinţe omeneşti, această nejudecare a lui Hristos. Privirea lui Hristos discerne, dincolo de criteriile noastre limitate, unicitatea persoanei umane şi taina ei, taina relaţiei pe care El, ca Fiu al lui Dumnezeu şi Fiu al omului, o are cu fiecare persoană (şi care este desemnată prin cuvântul „ipostază”; un cuvânt care vine din greacă).

    Să medităm şi la acest cuvânt al lui Hristos, cu un conţinut fără margini, tot aşa cum nădăjduim că sunt şi dragostea şi mila Lui - nemărginite: „N-am venit pentru cei drepţi, ci pentru cei păcătoşi” (11) şi: „Nu cei sănătoşi au nevoie de doctor, ci cei bolnavi”. (12)
    Poate că ne gândim că există „grade” de boli şi bolnavi, pentru care Hristos n-ar fi venit? În adâncul inimii noastre, de fapt, prin acest raţionament, nu facem decât să spunem că Hristos n-a murit pentru toţi păcătoşii; că unor categorii de păcătoşi El nu le va da posibilitatea mântuirii şi că în carnea Lui străpunsă şi pe fruntea Lui încoronată de spini, El nu poartă întreaga omenire.
    Îi îndepărtăm de Hristos pe anumiţi păcătoşi, pentru că îi considerăm prea păcătoşi, prea bolnavi.
    La această întrebare, Hristos răspunde: „Nu cei sănătoşi au nevoie de doctor, ci cei bolnavi. Duceţi-vă de învăţaţi ce înseamnă: Milă voiesc, iar nu jertfă.” (13)
    Şi totuşi aceasta este tocmai concluzia la care ajunsese fiul cel mai mare, căci el stabilise o ierarhie a păcatelor – cele pe care Tatăl le putea ierta şi cele care erau de neiertat –, refuzând iertarea Tatălui său faţă de fratele său „mort” din cauza păcatului. În faţa acestei atitudini, Tatăl răspunde – şi ni-l şi închipuim rostindu-şi răspunsul aproape gemând, în faţa încăpăţânării fiului său mai mare: „Trebuia însă să ne veselim şi să ne bucurăm, căci fratele tău acesta mort era şi a înviat, pierdut era şi s-a aflat”. (15)
    Şi dacă vrem neapărat să stabilim o ierarhie a păcatelor, Sfânta Sinclitichia ne aduce aminte: „Căci diavolii au făcut şi fac mai multe ca tine: căci ei nu mănâncă, nu se căsătoresc (nu cunosc păcatele cărnii), nu dorm; mai mult, trăiesc în pustiu – dacă tu, locuind într-o peşteră, îţi închipui că faci vreo ispravă”. Pentru că, după părinţii şi maicile din pustie, nu carnea este cel mai mare păcat, ci mândria lui satan, care a ajuns la distrugerea zidirii şi primei umanităţi perfecte create de Dumnezeu. Sf. Sinclitichia ne mai aduce aminte şi că: „Raab era o desfrânată, dar credinţa ei a mântuit-o”; totodată, dă şi ea exemplul nostru cu Sf. Pavel: „Pavel, prigonitorul, a devenit un «vas ales», iar „Matei, vameşul: nimeni nu ignoră harul pe care l-a primit”; şi conchide: „Tâlharul de pe Cruce furase şi ucisese: cu toate acestea, a fost primul om care a intrat pe poarta raiului”. Această ultimă interpretare a Evangheliei va fi reluată de toţi Părinţii Bisericii, printre care şi Sf. Efrem Sirul. Ea încheie astfel: „Stai, deci, cu privirea pe aceşti oameni şi nu deznădăjdui”. (16) Iar noi vom adăuga: „Stai cu privirea pe aceşti oameni şi nu mai judeca”.

    IV. Să lăsăm soluţiile pastorale ale întrebărilor noastre în grija preoţilor de parohie şi a monahilor.
    Să lăsăm această problemă acolo unde ar fi trebuit să rămână: adică, la nivelul unei interogaţii referitoare la patimile pentru care credincioşii vin să ceară sfatul părinţilor duhovnici din parohii sau mănăstiri. În activitatea mea de preot, am spovedit tot felul de păcate şi am constatat întotdeauna pocăinţa sinceră a persoanelor care-şi spovedeau nişte acte trupeşti vătămătoare – care, după definiţiile Bisericii, erau: „adulter, necurăţie, homosexualitate – atât masculină, cât şi feminină – ucidere, avort”, etc. Însă această pocăinţă, această smerenie, care este indispensabilă pentru vindecarea noastră interioară, n-am întâlnit-o aproape niciodată la persoanele care îmi spuneau uneori că nu au nevoie de spovedanie, în timp ce mândria se ascundea în ele sub masca virtuţii, acoperind sufletul cu podoabele lui de faţadă. Denumind public o categorie de păcătoşi care, practic, nu puteau fi mântuiţi, Biserica favorizează şi întreţine un păcat mai mare şi nevăzut în rândul multor persoane care nu intră în categoria respectivă, desemnată oprobriului public: mândria. Stabilind bareme de comparaţie între păcătoşi, de la păcate mai importante până la mai puţin importante, Bisericile ne îndeamnă, fără să-şi dea seama, pe fiecare, să ne comparăm cu ceilalţi şi, asemenea fiului, să-i spunem Tatălui: „Dar nu ţi-am fost întotdeauna credincios?”. Mândria şi judecarea încep tocmai în acest punct. Să mai reţinem, de asemenea, pe această temă, cuvântul Sfântului Simeon Noul Teolog, pentru care „nu există păcat mic”.

    V. Către o nouă inchiziţie, sau către porţi pastorale noi?
    Însă asemenea desemnări întru răzbunare publică, precum cea îndreptată către homosexualitate, au existat şi există încă, în Biserica Ortodoxă. Multe biserici ortodoxe locale se află încă pe poziţia fiului mai mare din parabolă, în privinţa acestui subiect dureros. Mă gândesc mai ales la declaraţia dezastruoasă a patriarhului precedent al României, Teoctist (1915-2007), care, alături de Sfântul Sinod al României, în 1996 şi 2000 s-a opus public faptului că în România, Camera Deputaţilor avea în vedere abolirea unei legi care pedepsea cu închisoarea delictul homosexualităţii. Biserica Română s-a mulţumit să ceară în mod virtuos ca legislaţia privitoare la homosexualitate să nu se modifice, în numele moralei creştine. În spatele acestui eufemism fariseic se afla, cu toate acestea, punerea în închisoare a persoanelor cu convingeri homosexuale, care erau condamnate de această lege, fapt pe care, evident, Patriarhia Română nu-l ignora. Nu cred că biserica ar trebui să-i ceară statului să pedepsească o categorie de persoane pentru nişte aspecte de ordin moral care privesc viaţa lor privată, atâta timp cât acest lucru nu afectează copiii. Este ca şi cum Biserica i-ar da ea însăşi pe aceşti oameni pe mâna seculară a statului, pentru a primi o pedeapsă corporală, aplicată în mod instituţional. Aceste biserici uită că marii preoţi au fost cei care l-au vândut pe Hristos, pe motivul hulei, lui Pilat – care era braţul secular al Imperiului Roman – pentru a-L răstigni. Inchiziţia nici nu urmează alt model. După părerea mea, acest păcat este infinit mai mare decât cel pe care Biserica Română încerca să-l condamne prin intermediul statului.
    Prin contrast cu această atitudine, în 1992, Sfântul Sinod al Bisericii Americane s-a exprimat într-o manieră profund pastorală vizavi de acest subiect, subliniind faptul că homosexualitatea ca atare este o revoltă a naturii faţă de Dumnezeu, la fel cum sunt păcatele pentru noi toţi: „Bărbaţii şi femeile care au sentimente şi emoţii homosexuale trebuie trataţi cu înţelegerea, acceptarea, dragostea, dreptatea şi compasiunea pe care le-o datorăm tuturor fiinţelor umane. […] Persoanele [homosexuale] care sunt educate şi care găsesc sfaturi în credinţa creştină ortodoxă şi în viaţa ascetică şi care doresc în continuare să-şi justifice atitudinea nu pot participa la împărtăşirea cu Sfintele Taine ale Bisericii, deoarece acest lucru nu le-ar ajuta ci, dimpotrivă, le-ar face rău”. Să subliniem, totuşi, că această ultimă parte a textului se aplică, în Biserica Ortodoxă, tuturor păcatelor; nu numai pentru un păcat anume.
    Ceea ce nu spune acest text este că în Biserica Ortodoxă se mai practică şi iconomia, care este aplicarea cuvântului Mântuitorului, care spune: „Sâmbăta a fost făcută pentru om, iar nu omul pentru sâmbătă”. (17) Viaţa este mai mare decât moartea. „Cine va fi între voi omul care va avea o oaie şi, de va cădea ea sâmbăta în groapă, nu o va apuca şi o va scoate? Cu cât se deosebeşte omul de oaie!”. (18).

    VI. Primul demers pastoral: să-ţi vezi propriile greşeli şi să nu mai judeci
    „Preot, episcop, monah: uită-te la orice păcătos care vine să ţi se spovedească ca la singura ta oaie şi găseşte toate mijloacele prin care să-l scoţi din groapă. Iar mijlocul potrivit pentru a face acest lucru este ca înlăuntrul tău să te consideri şi pe tine ca fiind cel mai rău dintre toţi, în fundul aceleiaşi gropi”.
    Să lăsăm preoţilor de parohie, în liniştea tainei spovedaniei, pedagogia primirii acestor suflete, care vin să primească o lumină în viaţa lor. Iar când spun asta, bineînţeles, nu mă refer doar la tipul de patimă menţionat, ci la toate patimile ascunse în inima omului.
    Închei această meditaţie din Postul Mare cu câteva gânduri şi rugăciuni ale Părinţilor pustiei:
    Rugăciunea Sf. Efrem Sirul, care punctează toate sarcinile noastre: „Dăruieşte-mi să-mi văd greşelile mele şi să nu osândesc pe fratele meu.”. Efectiv, dacă mintea noastră este preocupată de vederea harică a păcatelor noastre, nu ne vom mai uita la „paiul din ochiul altuia”. Pentru Părinţii pustiei, nejudecarea începe întotdeauna cu vederea propriilor păcate. Sf. Isaac Sirul precizează: „cel care-şi vede propriile păcate este mai mare decât cel care înviază morţii cu rugăciunea.”. „De ce?” şi-a întrebat ucenicul, părintele. Acesta i-a răspuns: „Pentru că cel care înviază un mort nu face decât să recheme la viaţă moartea altuia, pe când cel care-şi vede păcatele înviază din propria moarte, adică îşi înviază propriul suflet din moartea veşnică”.
     La începutul Postului, în Sinaxarul care se citeşte după cea de-a şasea cântare a Duminicii Vameşului şi Fariseului, se spune: „Mai bine este să te pocăieşti după ce ai păcătuit, decât să te mândreşti pentru că ai făcut ce e drept”.
    „Tăcerea va fi limbajul veacului viitor”, spune Sf. Isaac Sirul: iar primul fel de tăcere, în viaţa creştină, este nejudecarea. Aici se află, fără îndoială, o altă învăţătură uitată a lui Hristos.
    + Mitropolit Michel Laroche 
    Text redactat în prima săptămână a Triodului din Postul Mare, în Duminica Vameşului şi Fariseului, 2011

    (1) Pe tema divorţului, citiţi lucrarea «Secondes Noces», editura Bayard/Centurion, Paris, 1996
    (2) Pe tema vieţii în cuplu, citiţi lucrarea: «Une seule chair. L’aventure Mystique du couple», colecţia «Foi vivante», editura Le Cerf, 1998
    (3) Luca VI, 37: «Nu judecaţi şi nu veţi fi judecaţi.»
    (4) Ioan VII, 7-11
    (5) Regimul nazist din Germania practica eutanasierea persoanelor cu mongolism, pentru a proteja rasa ariană de orice „impuritate”. 
    (6) Un fel de rondelă mică, roşie, din material textil, care era purtată pe îmbrăcăminte în Evul Mediu de către evrei, pentru a fi deosebiţi de celelalte persoane.
    (7) Luca XVIII, 10-14
    (8) Matei XXV, 40
    (9) Luca XXIII, 43
    (10) Matei XXI, 31
    (11) Matei IX, 13; Marcu II, 13-17
    (12) Ibidem
    (13) Ibidem
    (14) Luca XV, 32
    (15) Luca XV, 11-32
    (16) În «Vie de Sainte Syclétique», pag. 48 – 49, Spiritualité Orientale N° 9, Editura Bellefontaine
    (17) Marcu II, 27-28
    (18) Matei XII, 11



  • A propos des martyrs de Bagdad

     

     

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    A propos des martyrs de Bagdad.

     

     

    Dans l'Église primitive à juste titre on considérait comme saint les personnes qui avaient dans quelques circonstances que ce soit reçu la couronne de martyre pour leur foi chrétienne de la part des impies. Leurs reliques étaient conservées et souvent l'on érigeait sur le lieu de leur martyr une Église  où leur reliques étaient vénérées. J'entends dire ici et là qu'il faut prier pour ces martyrs; j'aurais tendance à dire qu'il faut prier pour tous les chrétiens confesseurs de la foi qui demeurent dans  la situation que l'on connait aujourd'hui en Irak et en Égypte. j'aurais tendance à dire qu'il faut confier aujourd'hui toutes nos intercession par les prières des nouveaux martyrs Irakiens qui comme dans l' Église copte qui subie elle aussi des actes de barbaries de la part de fanatiques islamiques, en particuliers la dizaine de jeunes adolescents martyrs d'il y a vingt ans, tous massacrés dans une église comme hier à Bagdad. J'aurais tendance à dire  que c'est un signe des temps que l'Église au-delà de ses divisons, Catholique, Orthodoxe, Monophysite Copte, etc... engendre des saints martyrs qui baptisent de leur sang des terres réputées musulmanes, alors que la présence chrétienne ininterrompue depuis presque vingt siècles en font des champs anciens chrétiens sur lesquels le sillon de l'ascèse et la semence de la Parole n'ont jamais cesser de produire les fruits d'une vie chrétienne silencieuse mais fervente. Je pense aussi aux apparitions mariale au dessus de nombreuses églises copte en Égypte  à Alexandrie comme au Caire tant en 2009 qu'en 2010,     filmés par de nombreux téléphones portables munis de caméras  et diffusées immédiatement sur YouTube, et devant une foule de dizaine de milliers de  personnes où Musulman et Copte acclament la Mère de Dieu pour les uns et ou Myriam pour les autres, devant une police présente et muette. Le film "des Dieux et des Hommes" vient de nous rappeler à la fois et à la foi, cette forme de témoignage en terre musulmane mais aussi ce qui précède et qui suit ce martyr, la prière et le silence, la fraternité avec tous en particulier les musulmans qu'il faut distinguer des fanatiques islamiques, ce que faisaient les moines de Thibéride, nous souvenant qu'en toute chose selon la parole du Père Porphyre il faut dans chaque homme  discerner qu'il y a deux jardins l'un rempli de fleurs et de fruits et l'autre de ronces et d'épines, et qu'il appartient aux chrétiens d'arroser uniquement le bon côté du jardin et que l'autre se dessèchera de lui-même si on ne l'arrose plus.

    Souvenons-nous  de la prière du saint hiéromartyr Perse  l'évêque Aceptimas dont nous célébrions la Fête avec l'ancien calendrier,   ce mardi 16-03 novembre 2010, qui versant son sang prononça avant de rendre son âme au Seigneur: "Je te rend grâce Christ, Fils de Dieu, de m'avoir jugé digne de ce second baptême qui me purifie de tous mes péchés."

    Seigneur par les prières de tous  tes saints nouveaux martyrs aie pitié de nous

     

  • A propos de l'avenir du Blog du Métropolite Michel Laroche

    Chers amis

    Vous avez été au mois d'octobre  2226  à venir visiter notre Blog et à consulter 3300 pages sans comper les vidéo des Homélies.

    Cela démontre l'audience croissante des thèmes spirituels de la mystique chrétienne orthodoxe dont je m'efforce de n'être qu'un témoins, le plus tansparent possible au Christ:"Il faut qu'Il croisse et que moi je diminue".

    Comme je l'ai écrit sur ma page FaceBook, je suis absorbé en ce moment par l'écriture d'un nouvel ouvrage qui fera suite à "La voie du silence dans la tradition des Pères du désert" et je passe devant mon ordinnateur et dans ma bibliothèque de longues heures qui m'absorbent, ce qui explique que je ne peux, pour de long mois, placer régulièrement  de nouveaux textes sur ce Blog. En revanche vous  y trouverez  certaines de mes  homélies que je pronone dominicalement et pour les grandes Fêtes.

    je vous encourage à venir sur ma page FaceBook me poser des questions: j'y répond toujours car je donne une priorité à ma vie apostolique et pastorale. Parfois si la question revêt à mes yeux un caractère universel je publirai simultanément la réponse sur faceBook et sur ce Blog.

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    J'espère écriredans quelques jours une méditation sur l'apôtre Thomas   ou celle -ci sera le sujet de ma prochaine homélie.

     

    Avec amour en Christ

     

    +Métropolite Michel Laroche ( Patriarcat de Kiev)

  • La voie du Silence dans la tradition des Pères du désert

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    « La voie du silence dans la tradition des Pères du désert »

    Par Michel Laroche

    Éditions Albin Michel, en librairie à partir du 5 mai 2010 et dès aujourd’hui sur Amazon.com

     

    Le sujet :

    Aujourd’hui de nombreuses personnes sont à la recherche d’un cheminement spirituel qui pourrait les conduire au silence intérieur. D’une manière générale le bruit du monde, le regard des autres qui conditionnent des modes de comportement, sorte de pensée unique à laquelle tous doivent se plier, contribuent à cette recherche. Sans oublier que le rejet général du Christianisme dans notre société et sa méconnaissance, qui font rechercher dans d’autres doctrines ce silence que pourtant les Pères du désert de l’Église d’Orient, éloignés de toute hiérarchie ecclésiastique et souvent en opposition avec elle, ont vécu dans un christianisme spirituel inconnu de nos contemporains. C’est cette doctrine du silence sur soi, à l’image et à la ressemblance du silence et de l’inconnaissance dont Dieu, non seulement, s’entoure, mais dont il enveloppe l’âme qui se tourne vers Lui, qui constitue le sujet de notre ouvrage.

    Tout le monde admet que Dieu est inconnaissable. Plus rares sont ceux qui appliquent à l’homme cette inconnaissance. En effet selon la doctrine chrétienne l’homme est créé à l’image de Dieu et possède en lui l’aptitude à la ressemblance divine. L’image est inscrite dans l’homme, alors que la ressemblance est l’action qu’opère l’énergie de la grâce déposée dans l’homme en synergie avec sa volonté humaine lorsqu’il se tourne vers Dieu. L’homme qui « renaît » de l’Esprit recouvre cette ressemblance avec Dieu, en particulier la ressemblance d’un des attributs divins le plus apophatique : l’inconnaissance.

    Au «Connais-toi-toi-même. » des philosophes, les Pères du désert répondent : «Oublies-toi-toi-même, et rentre ainsi dans l’inconnaissance suprême du silence divin.»